Stéphanie Courouble Share

Les idées fausses ne meurent jamais…

Le négationnisme, histoire d’un réseau international

26.00

« Salut, je m’appelle Anon, je pense que l’Holocauste n’a jamais eu lieu. » Tels furent les mots que prononça Stephan Ballet avant de commettre un attentat devant une synagogue à Halle (Allemagne – 9 octobre 2019). Le négationnisme, terme qui désigne la négation de la réalité du génocide des Juifs durant la Seconde guerre mondiale, est ancré dans l’idéologie de ces militants extrémistes. Puisque les négationnistes affirment, haut et fort, que le génocide des Juifs est une supercherie de l’histoire, les Juifs ne sont plus des victimes de ce crime, mais des menteurs ; le nazisme, non seulement n’est plus coupable d’un crime de masse, mais il est légitime.

 

L’observation et l’étude négationnisme sont incontournables pour qui veut comprendre le « réveil » actuel des mouvements néonazis et la menace certaine qu’ils constituent. Exhumant des archives de France, d’Angleterre, d’Allemagne, des États-Unis et du Canada, l’historienne Stéphanie Share, qui durant dix ans, a travaillé aux côtés de Pierre Vidal-Naquet, a enquêté sur l’émergence d’un négationnisme international, sa pénétration dans la sphère publique des démocraties occidentales, et présenté les réactions politiques, institutionnelles, juridiques, associatives, médiatiques, intellectuelles face à ce phénomène. C’est la première fois qu’un ouvrage observe et analyse le négationnisme dans sa dimension internationale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours.

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, philosophes, historiens, professeurs d’universités ou chercheurs accusent les Alliés, d’autres historiens, les Juifs et l’État hébreu d’avoir inventé le génocide des Juifs. Ce qui aurait dû être considéré comme de folles allégations, a au contraire, instillé un doute sur la véracité du crime nazi. Pourquoi la question de l’existence des chambres à gaz a-t-elle acquis une forme de légitimité ? Pourquoi des magistrats ont-ils été convoqués au tribunal de l’Histoire ? Pourquoi des survivants ont-ils été sommés de prouver des faits déjà reconnus quelques années auparavant ? Comment le négationnisme, suscitant controverses et oppositions, a-t-il envahi le débat au point que les autorités diligentent des actions publiques ?

 

L’analyse des scandales négationnistes qui ont défrayé la chronique de ces différents pays met également en lumière la naissance d’une idéologie où l’antisémitisme et l’antisionisme sont étroitement intriqués, et où le « brun » (de l’extrême droite) se lie au « rouge-vert » (rouge de l’extrême gauche, vert de l’islamisme). En mettant en évidence l’apparition et la construction de ces phénomènes, Stéphanie Share alerte sur l’urgence qu’il y a, à déconstruire le succès médiatique des négationnistes.

 

Stéphanie Courouble Share est historienne, spécialiste du négationnisme, petite-fille de déporté. Ancienne élève de l’historien Pierre Vidal-Naquet, elle est actuellement chercheure associée à l’Institute for the Study of Global Antisemitism and Policy (ISGAP-New York).

 

En librairie en septembre 2021

Informations complémentaires

Format

16,5 x 23

ISBN

9782356877871

Pages

480

Indisponible

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