La Morale sociale
La Morale sociale (1885), justement préfacée par Jaurès, est certainement, avec son Socialisme intégral (1890), l’œuvre la plus représentative de la singularité du socialisme de Malon. Développant son rapport critique au matérialisme, manifestant sa volonté de contenir, au double sens du terme, le marxisme dans une nouvelle synthèse doctrinale qui laisserait toute sa place à la tradition socialiste française (Saint-Simon, Fourier, Pecqueur, Blanc, Proudhon), ce texte défend un socialisme moral.
De la même façon que Jaurès cherchait dans les replis du socialisme allemand, derrière son bouclier matérialiste, le souffle de l’idéalisme, Malon vise à intégraliser la pensée socialiste, à ranimer son « sentimentalisme généreux » contre le trop exclusif et réducteur fatalisme économique de ses lois historiques. Résolument évolutionniste, cette somme, passant en revue le développement de la morale sous ses formes religieuses, philosophiques, matérialistes et panthéistes, montre comment à chaque période historique réciprocité, altruisme et sociabilité progressent, combien le « frisson vivifiant de la sympathie universelle » s’y diffuse. Parce que la morale est avant tout le produit de l’organisation sociale, de l’association des hommes, son accomplissement exige le plus grand perfectionnement de l’association. C’est ce perfectionnement qu’incarne, pour Malon, le socialisme, et c’est par lui que s’instaurera une « forme d’association toujours plus étendue et plus perfectionnées [qui] amènera forcément une prédominance croissante des sentiments altruistes sur les sentiments égoïstes et, par suite, une forme socialiste ou solidariste des groupements humains ».
L’introduction à l’ouvrage, au-delà de la présentation de ce texte, tentera de restituer le parcours politique et l’ensemble de son œuvre doctrinal dans son contexte, mais aussi de souligner l’héritage malonien, fondamental de la genèse du socialisme républicain et réformiste français.
Présenté par Philippe Chanial. Reproduction de l’introduction originale de la 2e édition de 1895 par Jean Jaurès.
| ISBN | 978-2-915651-62-1 |
|---|---|
| Pages | 396 |
| Format | 13×20.5 |

Faut-il comprendre l’importance d’une relation amicale lorsque l’autre s’en est allé… faut-il croire à la vie alors que la mort, là maintenant, semble encore gagner la partie,