En 2022, il nous avait confié un de ses derniers textes publiés, Construire l’alternance (1971-1997) Militant, élu, responsable d’État : un parcours (entretien avec Emeric Bréhier, co-édité avec la Fondation jean Jaurès).
Je me souviens de nos conversations souvent le soir « après une promenade », pour discuter des derniers ajustements concernant le texte, d’une venue à Bordeaux en mars qui ne se fera pas… nous étions à la veille du 1er tour de l’élection présidentielle de 2022. Parler du livre certes, et surtout ne rien dire de la défaite cuisante de son camp qui se donnait à voir aux perspicaces. Il était de ceux-là.
Je me souviens d’un adieu d’un soir d’élection perdue… et pourtant, vous avez été Monsieur le dernier des socialistes ardents, de ceux qui agissent, une fois au pouvoir, en hommes de toutes les gauches.
Ces mots tirés de la conclusion du livre déjà cité résonnent encore «…nous avons cherché à réunir à nouveau les fractions séparées de la gauche et des écologistes. Une équipe remarquable s’est attelée avec moi à cette double démarche sans laquelle la victoire surprise de 1997 n’aurait pu se comprendre. S’agissait-il d’une génération Jospin ? Peut-être. De toute façon, dans toute génération, chacun fait son destin. Mon successeur pendant dix ans à la tête du Parti socialiste, François Hollande, deviendra président de la République. D’autres s’accompliront, certains se perdront. À l’heure où prospèrent l’individualisme dans la société et l’égotisme dans la vie politique, j’aime me souvenir de tous ceux, dirigeants ou militants, qui se sont investis passionnément au service de leurs idées en inscrivant leur histoire personnelle dans une aventure collective. »
Votre confiance nous honore.