Dans la presse

Publié le : 22 juin 2026

Corse matin | « La langue corse est maintenue sous oxygène », estime Marina Branca, docteure en langues et cultures régionales

Dans son ouvrage « Les locuteurs du corse aujourd’hui »*, issu de ses travaux de thèse, Marina Branca, docteure en langues et cultures régionales à l’Université de Corse, livre une analyse des pratiques langagières des Corses, et du recul de l’usage de la langue.

La langue corse compterait 105 000 locuteurs. Avec un locutorat vieillissant et une transmission familiale quasi inexistante, il faudra compter, écrivez-vous, sur de nouveaux locuteurs pour que sa pratique perdure. Comment en créer ?

Depuis le Riacquistu, on a beaucoup misé sur l’école. Celle-ci a bien sûr un rôle à jouer et l’on voit bien que, depuis les années 2000, le bilinguisme s’y développe considérablement. Or, cela ne suffit pas. Il ne faut pas confondre néolocuteurs et élèves. Nous avons aussi des néolocuteurs à créer parmi les adultes, en dehors du cadre scolaire. Cela passe notamment par les associations et la formation pour adultes mais aussi par la responsabilité des locuteurs transmetteurs lambda.

Qui sont les néolocuteurs actuels du corse ?

Les profils sont variés et les motivations diverses. Il y a d’abord des néo arrivants qui n’ont pas d’attaches dans l’île et voient la langue comme un vecteur d’intégration. Il y a aussi – et c’est la part la plus importante – des locuteurs qui ont entendu la langue dans leur enfance sans la pratiquer. Ils sont de plus en plus nombreux à tenter de se la réapproprier et font – souvent par honte – un apprentissage seul avant d’oser…

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