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Cairn.info | Compte-rendu de « Les Révolutions corses et l’idée républicaine. Pascal Paoli face à ses innovations, limites et contradictions » d’Erick Micelli


Publié le : 6 juillet 2026 | Dans : Voir l'article dans la presse ⟶

Par Patrick Cerutti.

Il y a cinquante ans, le grand historien néo-zélandais John Pocock a transformé notre représentation de l’histoire des idées politiques en montrant qu’une tradition républicaine a existé en Europe dès les débuts de la Modernité, à côté de l’idéologie libérale et marchande. La formation de cette tradition républicaine, qui nous a livré un grand nombre de paradigmes et de problèmes, comme celui du gouvernement équilibré, de la virtù, du rôle des armes et de la propriété dans la formation de la personnalité civique a été indissociable, selon lui, d’un « moment machiavélien » (J. G. A. Pocock, Le Moment machiavélien (1975), trad. L. Borot, Puf, 1997). Le Machiavel des Discours sur la première décade de Tite-Live aurait été un des pères de la Modernité, car son héritage, celui de la liberté civile, se serait transmis en Angleterre, avant d’être récupéré par la Révolution américaine. Il est encore possible de tester la validité de cette conjecture et de mesurer la diffusion de cet héritage à travers un exemple particulier, celui de la Corse, car la question disputée du républicanisme et du « machiavélisme » du « Père de la Nation », Pascal Paoli, occupe aujourd’hui encore un assez grand nombre de chercheurs insulaires.
Ainsi, dans ce livre issu de sa thèse de doctorat, Erick Miceli se demande si l’idée républicaine est vraiment pertinente pour comprendre ce qu’ont été l’aventure paoline et une grande partie de la « Révolution de quarante ans ». Si l’on se place en effet au plus près de ce qu’ont fait les acteurs, ces deux entreprises apparaissent moins comme une quête de liberté que comme un projet politique mû par la concurrence entre groupes de notables…


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