Pierre-Simon Ballanche

Une voix crie dans le désert. Anthologie de Pierre-Simon Ballanche

Précédée d’un éloge de Ballanche. Une autre philosophie, une autre modernité par Vincent Peillon

26.00

Pierre-Simon Ballanche a été étudié davantage par les littéraires (Paul Bénichou, Jean René Derré, Frank Paul Bowman) et les spécialistes de l’ésotérisme, Auguste Viatte, Léon Cellier) que par les philosophes. Pourtant son influence fut considérable sur la pensée politique sous la monarchie de Juillet, et ce penseur considéré souvent comme un catholique conservateur, au mieux comme le père du catholicisme libéral, a été pourtant une des sources des premiers républicains et des premiers socialistes avec sa théorie de la palingénésie sociale mais surtout du plébéianisme (saints-simoniens, Buchez, Leroux, etc.).

Ce qui explique cette méconnaissance, c’est le refus français, à la différence de l’Allemagne, de considérer l’existence et la légitimité d’une philosophie romantique et d’une philosophie mystique. En Allemagne, Schelling, Fichte, Hegel, sont influencés par Franz von Baader, et ce dernier est considéré naturellement comme un philosophe. En France, les philosophes romantiques, nourris de mysticisme, Louis-Claude de Saint Martin, Pierre-Simon Ballanche, Pierre Leroux, n’ont pas statut de philosophes. Ce refus est lié à la façon dont, à la même époque, Victor Cousin a constitué, sur la base d’un héritage cartésien, l’institution philosophique et délimité de façon brutale ce qui est philosophique et ce qui ne l’est pas.

 

Il y a donc un quadruple intérêt à republier Ballanche :

– montrer qu’il existe une philosophe romantique française, dont il est sans doute le représentant le plus emblématique ;

– établir que cette philosophie, écrite a la première personne, peut à la fois se nourrir de mysticisme et faire sa place au corps, aux émotions, aux sentiments, anticipant ainsi sur les philosophies existentielles ;

– restituer une source majeure de la philosophie républicaine et socialiste sous la monarchie de Juillet et la révolution de 1848, autour de l’idée de palingénésie sociale, de la théorie du plébéianisme, d’une interprétation libérale et égalitariste du christianisme véritable ;

– perturber les catégories usuelles et convenues de la pensée politique que sont les catégories de conservatisme, de libéralisme, de socialisme en montrant comment elles peuvent être non pas exclusives mais au contraire liées entre elles( puisqu’il est les trois à la fois) et proposer un autre récit de notre modernité que le récit dominant.

 

Ces quatre enjeux sont développés dans l’essai introductif consacré à la présentation de la pensée de Pierre-Simon Ballanche. Le parti-pris de ce travail a été de présenter Ballanche comme un philosophe. Le choix de présenter une Anthologie des textes du Philosophe de l’Abbaye-aux-bois a été retenu dans la mesure où il permet de mettre en évidence les problèmes, les concepts, et les thèses essentielles de sa philosophie, mais aussi d’en dégager le mouvement et l’évolution autour de trois moments qui s’additionnent et s’intègrent autant qu’ils se succèdent : un moment romantique, un moment libéral, un moment républicain.

 

Pierre-Simon Ballanche (1776-1847) est un auteur assez méconnu, même si ces dernières années on a pu bénéficier de quelques rééditions de ses œuvres, l’Essai sur les institutions sociales chez Fayard (1991), les Lettres à Madame Récamier chez Honoré Champion (1995), la Première sécession de la plèbe chez Pontcerq (2017).

Vincent Peillon, ancien parlementaire français et européen, ancien ministre de l’Éducation nationale, est chercheur au CNRS (Pays germaniques, UMR 8547, Archives Husserl). Philosophe, il est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment L’Émancipation, essais de philosophie politique, PUF, 2020, et Une Théologie laïque ? PUF, 2021. Il a fondé la collection « Bibliothèque Républicaine » aux éditions Le Bord de L’Eau.

Informations complémentaires

Format

16,5×23

ISBN

9782356877994

Pages

378

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