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N° 67 | Penser la démocratie avec et contre Lefort

20.00

Thémes :
RevuesSociologie
Collection :
La Revue du Mauss

L’idéal démocratique vit-il ses dernières heures ? N’est-il qu’un vieux rêve, qui ne tient jamais ses promesses et qu’il vaudrait mieux abandonner une fois pour toutes ? Nos sociétés peuvent-elles encore espérer échapper à la domination et à l’exploitation ? Ces questions sont aussi vieilles que la démocratie elle-même, mais elles revêtent aujourd’hui une acuité toute particulière.

Après-guerre, en France, ce sont les deux fondateurs du groupe Socialisme ou Barbarie (dont le MAUSS peut être vu comme un héritier), Cornelius Castoriadis et Claude Lefort, qui les ont posées avec le plus de force. Après Hannah Arendt, Lefort est celui qui aura le mieux saisi la dialectique, la réversibilité possible de la démocratie et du totalitarisme.

Il faut donc en revenir à cette pensée, aujourd’hui où les mouvements antidémocratiques fleurissent partout. Or, on le verra, si elle nous éclaire toujours, elle nous laisse aussi trop démunis pour penser notre monde. En figurant le pouvoir démocratique comme un « lieu vide », Lefort a su en saisir quelque chose d’essentiel mais aussi de singulièrement problématique. En effet, une société sans détermination, sans visée et sans incarnation, peinera toujours à mobiliser les peuples qu’elle est censée représenter. Et c’est pourquoi elle peut si facilement céder sous les coups de boutoir d’un capitalisme de plus en plus brutal et prédateur, qui n’en garde que les formes les plus superficielles, pour progressivement les détruire.

Malgré cela, il y a dans l’élan démocratique quelque chose de singulièrement puissant, qui tient au lien social même, et qui continue de résister à l’autoritarisme ambiant. Un lien social tissé par des myriades de relations de don enchevêtrées. Voilà pourquoi il nous faut penser à nouveaux frais la démocratie, dans le cadre du paradigme du don, avec et contre Lefort.

Sommaire Revue du Mauss semestrielle n°67

Alain Caillé et Ahmet Insel – Présentation

Introduction. Penser les crises de la démocratie avec Lefort

Stéphane Pasquier et Stéphane Vibert – Introdution
Robin Freymond – Genèse et jeunesse de Claude Lefort

Lefort, notre contemporain ?

Federico Tarragoni – Lefort, la crise de la démocratie et le populisme
Andrea Lanza – Claude Lefort face à l’écroulement de son vieux monde
Sylvain Pasquier – La globalisation, point aveugle de la pensée de Lefort
David Ledent @ Éducation et démocratie : la conception anti-utilitariste de Claude Lefort

Concepts et conceptions du politique

Gilles Labelle – Retour sur quelques concepts lefortiens : totalitarisme, servitude volontaire, démocratie, idéologie invisible
Claudia Terra – Y a-t-il « deux corps du peuple » ? Paradoxes de la démocratie lefortienne face aux perspectives populistes
Samuel de Brouwer @ Complications lefortiennes : libéralisme et démocratie sauvage
Stéphane Corbin @ Altérité positive et Altérité négative : Claude Lefort, l’usurpation à l’ombre des révolutions manquées

Une ontologie du social

Mattia di Pierro – Qu’est-ce que la division originaire ? Ontologie politique et vérité dans l’institution du social chez Claude Lefort
Stéphane Vibert – Holisme du sens et « lieu vide » du pouvoir, ou le paradoxe de la normativité démocratique chez Claude Lefort
Philippe Chanial @ « Le souverain Invisible ». Indétermination démocratique, anti-institution et institution politique du social

Ricochets

Daniel Bougnoux – Pour saluer Régis Debray
François Bordes – La part de l’encre
Emmanuelle Guattari – Autour du paradis

Varia

Jean-Michel Landry – Sortir de soi. Atmosphère morale et éthique politique dans la banlieue sud de Beyrouth
Guillaume Étienne @ Des dons en faveur d’un culte chrétien : dire sa place dans la sociabilité locale
Stéphane Corbin – Un autre Rousseau ? Les rêveries d’un promoteur identitaire
Vincent Rigoulet – La crise du pouvoir de faire. Valeur vécue, compensation consumériste et logique du bouc émissaire
Irène Théry – Le concept de civilité sexuelle
Christian Laval – La guerre totale comme mode de gouvernement néofasciste
Christophe Petit @ Pour une monnaie démocratique. Contre l’avènement de la société de prédation à l’ère de l’intelligence artificielle
Alain Caillé et Ahmet Insel – L’idéal d’une République européenne. Un projet impossible ?

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La Revue du Mauss

Depuis 1981, La Revue du M.A.U.S.S. s’est imposée comme une des toutes premières revues interdisciplinaires et un des lieux importants du débat public en France. Elle offre des perspectives inédites en sciences économiques, en anthropologie, en sociologie ou en philosophie politique.

Aux antipodes de l’encyclopédisme, et grâce à la variété de son questionnement et de ses angles d’attaque, La Revue du M.A.U.S.S. procède à un bilan permanent et raisonné des sciences sociales.

Parce qu’elle s’est toujours refusée à dissocier les discussions proprement scientifiques de leurs enjeux éthiques et politiques, La Revue du M.A.U.S.S. est à l’origine de nombreux débats de société aujourd’hui cruciaux.

« Anti-utilitariste », elle critique l’économisme dans les sciences sociales et le rationalisme instrumental en philosophie morale et politique. Rendant hommage par son nom à Marcel Mauss, elle incite à penser le lien social sous l’angle des dons (agonistiques) qui unissent les sujets humains.

Cette revue de recherche, de vulgarisation et de débats s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à ce qui se produit à l’intersection des sciences sociales, du politique et de l’histoire, et plus spécialement aux universitaires, aux chercheurs et aux étudiants.

Fondée par Alain Caillé,

Dirigée par Philippe Chanial

Format

16,5 x 23

Pages

262

ISBN

9782385192747

Mis en ligne : Juin 2026

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