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Le socialisme face aux rivalités mondiales #4

15.00

Thémes :
PolitiqueRevues
Collection :
Germinal

La mondialisation constitue pour le socialisme une difficulté sérieuse. Avec l’allongement des chaînes de production et la constitution d’un marché mondial de plus en plus intégré au fonctionnement des économies nationales, les systèmes sociaux se trouvent fortement soumis à la pression de la concurrence internationale. Les institutions de l’État social apparaissent alors comme autant d’entraves à la compétitivité des économies et en particulier à l’efficacité de leur marché du travail. Cette situation a donné naissance à gauche à un clivage entre ceux qui, par réalisme, affirment que le seul horizon pour les nations européennes est de s’engager pleinement dans la construction d’un marché concurrentiel global et ceux qui condamnent la mondialisation en tant que réalisation du projet néolibéral, destructeur des solidarités sociales et de l’environnement. Ces deux positions s’avèrent pourtant insuffisante : le socialisme ne peut se passer d’un rapport critique à l’organisation actuelle de la mondialisation qui produit des effets d’intégration mais aussi de déstabilisation sociale et écologique, mais il ne peut non plus se contenter de la rejeter en bloc en faisant abstraction des interdépendances internationales et des rapports de force qui les structurent.

Pour lever cette difficulté il convient de ne pas réduire notre approche de la mondialisation à celle de l’économie normative. Si les chaînes de production sont désormais internationales et les économies intégrées au niveau mondial, il n’existe pas de marché mondial structuré de manière uniforme. Les échanges internationaux dépendent largement de l’organisation institutionnelle des nations et des acteurs économiques, qui elles-mêmes reposent sur des équilibres sociaux et politiques et les font évoluer. Pour affronter de manière efficace la question de la mondialisation, le socialisme doit donc arrimer la compréhension des luttes sociales et politiques, concentrée sur la considération du rapport salarial et des inégalités entre les classes, à celle des conditions géopolitiques et géostratégiques des politiques internes de justice.

Ce numéro de Germinal entend donc contribuer à la définition d’un réalisme critique porté sur la considération des interdépendances qui déterminent les conditions extérieures d’évolution de nos systèmes sociaux. Ce programme de travail suppose d’envisager la situation des États sociaux européens en la rapportant aux évolutions institutionnelles et géopolitiques de la mondialisation : conséquences stratégiques de la crise écologique, rivalité sino-américaine, politique industrielle, économique et monétaire européenne.

 

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Revue Germinal

Germinal est la rencontre trois ambitions : républicaine, socialiste, écologique. Réunissant une équipe de quarante jeunes chercheurs, de hauts-fonctionnaires et d’intellectuels issus de grandes institutions de recherche européennes et internationales, la revue se donne pour objectif de penser les fondements théoriques et les formes concrètes d’une économie politique écologique et socialiste et leurs conséquences sur la pensée républicaine.

La revue manifeste le souci de la jeune génération, malgré un rejet massif des institutions politiques, de mener le combat d’idées face à la crise du lien social, à l’affaiblissement du débat public et au délitement des partis. L’enjeu de ses travaux est de s’opposer à la bipolarisation libérale et identitaire du débat public qui précipite le délitement social par la défense et la définition d’un socialisme écologique, au sens théorique.

Format

16,5×23

ISBN

9782356878595

Pages

288

Mis en ligne : Mai 2022

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