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Le Crépuscule de la Corse génoise

Une impasse biographique collective ? xviie-xviiie siècles

28.00

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Préface de Géraud Poumarède

Tout commence le 27 décembre 1729, lorsqu’un vieillard refusant de payer un nouvel impôt est malmené par un collecteur fiscal dans un village de montagne. Soudain, la confiance s’en trouve rompue. La boîte de Pandore est ouverte. Immédiatement, la République de Gênes est dépassée par les événements. Personne n’en a alors conscience, mais c’est le début d’une série de révolutions qui ne dureront pas moins de quarante ans. 

Si le système politique en vigueur ne fonctionnait plus, la société, en revanche, bouillonnait sur tous les plans : culturel, intellectuel et juridique. Tout au long du siècle précédent, la volonté de réformer était pourtant bien présente. Les sénateurs génois progressistes voyaient même cette île comme un espace d’expérimentation pour les réformes capables de transformer leur vieille république en un État moderne. La Corse ne pouvait-elle ainsi devenir un formidable laboratoire pour le républicanisme génois ? Certains insulaires qui adhéraient aux idées d’une nouvelle culture administrative avaient aussi été partisans de projets de réformes qui prévoyaient une autonomie plus large de leur territoire au sein de la République. Mais si la volonté de réformer est forte, les blocages le sont davantage encore. Dans l’île, les élites traditionnelles se révèlent particulièrement réfractaires à tout changement institutionnel susceptible de renforcer l’influence des nouveaux groupes émergents tant économiques que juridiques. Ils rejoignaient en ce sens la branche conservatrice du patriarcat génois pour qui tout développement de la Corse était à proscrire. 

La relation contrariée entre les Corses et la Sérénissime est ici étudiée de façon inédite. Quel avenir Gênes proposait-elle aux populations sous sa tutelle ? Quelle possibilité d’ascension sociale leur offrait-elle ? En l’absence de réelles perspectives, de quelle manière la société corse en est-elle venue à élaborer une alternative politique qui choisissait la voie révolutionnaire ? Et comment la révolution s’avérait-elle alors une option raisonnable ?

Telle pourrait être la leçon qui est ici proposée. Pour éviter la violence sociale et perdurer, un pouvoir ne doit-il pas, de temps à autre, apprendre à céder ?

À propos de l’auteur ⟶

Erick Miceli

Erick Miceli est docteur en Histoire moderne, chercheur associé à l’UMR LISA de l’Università di Corsica-Pasquale Paoli et au Centro di Ricerca Fernand Braudel de l’Università degli Studi di Genova. Dans ses recherches, il explore les tensions, les réformes et les blocages institutionnels en jeu dans la période finale de la présence de la République de Gênes en Corse, tout en s’intéressant à l’environnement culturel de la société. 

Format

16,5×23

ISBN

9782385193515

Pages

362

Mis en ligne : Août 2026

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