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Abolir La Condition Humaine : Entre Chimères Et Calamités

20.00

Thémes :
ÉcologiePolitique

Éditorial

Deux présidents dans une civilisation à hauts risques, Jean-Paul Deléage

 

Dossier : ABOLIR LA CONDITION HUMAINE : ENTRE CHIMÈRES ET CALAMITÉS

Dossier coordonné par Mathias Lefèvre et Jacques Luzi

 

La dynamique des technosciences, qui participe de la mondialisation du capital et du néocolonialisme, en est venue, dans sa guerre d’extermination de la nature vivante, au projet de lui substituer une nature artificielle (biologie de synthèse, géo-ingénierie), préparant la construction de technocosmes et la colonisation de l’univers. À ce dessein d’artificialiser la nature correspond celui d’artificialiser l’humain, découlant des progrès médicaux, génétiques et informatiques : cyborgisation du corps, extension illimitée des capacités physiques et corporelles, prise en charge technoscientifique de la reproduction, eugénisme, allongement indéfini de l’existence. Soutenue par le mouvement transhumaniste aussi bien que par l’imaginaire propagé par les médias de masse, qui portent la religiosité du Progrès à son paroxysme, disposant de puissants soutiens politiques et financiers, cette résolution de s’extirper de la condition humaine est-elle désirable et vraisemblable ? Ne va-t-elle pas conduire, plutôt qu’à l’avènement d’un « paradis artificiel », à la généralisation de conditions inhumaines, voire infrahumaines ? N’est-elle pas la tentative désespérée et suicidaire de maintenir intacts les invariants de la domination industrielle ?

 

Homo industrialis, ou le culte funeste de l’artificiel

Mathias Lefèvre et Jacques Luzi

 

Le capitalisme transhumaniste et la mort

Jacques Luzi

 

La planète Terre, les humains et la condition d’errance : un antéhumanisme

Frédéric Neyrat

 

Le transhumanisme ou l’adieu au corps

David Le Breton

 

La haine de la condition humaine. Le posthumanisme est un antihumanisme

Christian Godin

 

L’abolition de la condition humaine de Bernal à Kurzweil

Michel Barrillon,

suivi de Possibilité de J. D. Bernal

 

 

 

Variations

 

À propos de La société écologique et ses ennemis de Serge Audier

Jean-Paul Deléage

 

« Biocolonialité du pouvoir » et mouvements sociaux en Amérique latine

Luis Martínez Andrade

 

 

Sources et fondements

 

La persistance de la poésie et la destruction du monde

Robert Bringhurst

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Revue Écologie & Politique

Face à la crise écologique et sociale globale qui affecte l’ensemble des sociétés humaines et met en péril la survie de leurs habitants, Écologie & Politique constitue un forum théorique où se discute la pluralité des visions du monde et des modes de vie offerts par les divers courants de l’écologie politique.

Depuis 1992, année de la création de la revue Écologie & Politique, la scène politique mondiale de l’écologie a changé. L’année 1992 avait été dominée par la Conférence de Rio, elle-même préparée par le rapport Brundtland. Le début du xxie siècle a été marqué par un changement sensible du contexte théorique avec l’article retentissant du géochimiste Paul J. Crutzen proposant le nouveau concept d’Anthropocène (« Geology of Mankind », Nature, 3 janvier 2005). Cet article-manifeste a été traduit pour la première fois en langue française dans la revue Écologie & Politique (n° 34, 2007). Nous sommes ainsi passés de la litanie du développement durable née dans le contexte de Rio à un nouveau catalyseur de la réflexion où se noue une alliance inédite entre l’analyse historique et l’investigation écologique, qu’elle soit politique ou scientifique. Dans cette nouvelle conjoncture sociale, écologique et politique, Écologie & Politique veut renouveler l’approche de ces problèmes au cœur des rapports société-nature. Il en va évidemment non seulement de la rigueur de la pensée, mais aussi de l’analyse indispensable des conditions de survie de notre espèce sur la planète Terre.


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Mis en ligne : Oct 2020