Cette collection se propose de politiser la technologie en tant qu’enjeu du siècle : ravages des écrans sur les enfants, réseaux de la haine et érosion de la démocratie, guerres des ressources et techno-colonialisme, matérialité du numérique et catastrophe écologique, intelligence artificielle et régression anthropologique, etc. Selon Lewis Mumford, « par sa confiance excessive dans la technique et l’automatisme, notre génération a commencé à perdre le secret d’éduquer l’humanité de l’homme ». Contre cette sacralisation de la technique, il s’agit de s’opposer au fétichisme de la marchandise redoublé par celui de la technologie. Ce dernier accélère la destruction de la vie administrée par le techno-totalitarisme mondialisé. Max Horkheimer prévenait que celui ou celle « qui ne veut pas entendre parler du capitalisme devrait aussi se taire sur la fascisme », sachant qu’aujourd’hui les Big Tech alimentent l’un et l’autre jusqu’à les faire fusionner. Si « la critique de la technique est devenue une affaire de courage civique » (Günther Anders), elle œuvre pour une société qui « se poserait la question de la transformation consciente de sa technologie » avec pour horizon « une révolution totale sans précédent dans l’histoire » (Cornelius Castoriadis).
Titulaire de deux doctorats (sociologie et information-communication), Fabien Lebrun enseigne à l’université de Nantes. Chercheur en sciences sociales, ses écrits sont axés sur la place de la technologie dans notre société. Il est l’auteur de On achève bien les enfants. Écrans et barbarie numérique (Le Bord de l’eau, 2020) et de Barbarie numérique. Une autre histoire du monde connecté (L’Échappée, 2024).