Par Haouès Seniguer.
Dissolutions, propositions de loi, commissions d’enquête, accusations d’islamo-gauchisme : tandis que l’islamophobie se répand dans la société, la France multiplie les offensives contre toute manifestation musulmane dans l’espace public – le tout sur fond de progression électorale de l’extrême droite.
Le 3 mai 2026, dans un entretien au Monde, le ministre de l’intérieur français Laurent Nuñez a livré quelques clefs sur sa politique de gestion de l’islam. Il y annonçait la rédaction prochaine par le gouvernement d’une proposition de loi, l’énième sur le sujet, censée cette fois lutter contre « l’entrisme islamiste ».
Au cours de cet entretien, il revenait sur sa décision, contredite in extremis par une décision du tribunal administratif, d’interdire la 40ᵉ édition de la Rencontre annuelle du Bourget organisée par l’association Musulmans de France (MdF, ex-UOIF [Union des organisations islamiques de France]), prévue du 3 au 6 avril. Laurent Nuñez avait alors initialement invoqué un contexte tendu, un risque terroriste élevé – lié principalement à la guerre en Iran – et des craintes de troubles à l’ordre public. Pour le quotidien national, il changeait toutefois de discours, relevant plutôt la vente sur les stands de livres « qui posent problème ».
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