Par Françoise Romaine Kwizerimana.
L’ouvrage d’Edgar Tasia est fondé sur une phrase centrale : « mettre de l’ordre dans sa vie ». Celle-ci, redécouverte dans les anciennes notes ethnographiques de son doctorat, lui a donné à penser. À première vue, « ordre » fait sous-entendre « désordre ». Pour interroger les enjeux liés à cette maxime, l’anthropologue amène le lecteur sur ses deux terrains de recherche que sont un groupe de parole aborigène en Australie et les professionnelles du rangement en Belgique. À travers les quatre chapitres constitutifs de cet ouvrage, il tente de comprendre comment, par la manipulation des objets, de l’espace et des discours, les individus peuvent recouvrer un sens à leur existence. Dans le premier chapitre, l’auteur aborde la notion du soi et le concept de drame existentiel. Il interroge ensuite dans le deuxième chapitre les déterminants et les mécanismes des phénomènes étudiés. En s’appuyant sur les théories du psychiatre Donald Winnicott, il essaie dans le troisième chapitre d’élaborer un cadre théorique susceptible d’éclairer les expériences résultant de ses terrains ethnographiques. Enfin, pour comprendre l’importance de diverses techniques de rangement et d’arrangement de soi et du monde, il s’intéresse à l’étude de la « logique dispositive » développée par le sociologue belge Emmanuel Balin.
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