
Il y a un an, quelques semaines après le retour de Donald Trump au pouvoir aux États-Unis, près de trois- quarts des chercheurs travaillant dans le pays déclaraient envisager de partir. Depuis, leurs conditions de travail se sont considérablement dégradées. Exemple avec deux jeunes chercheurs français.
Raphaël Demias-Morisset est chercheur en sciences politiques au sein de l’Illiberalism Studies Program de la prestigieuse George Washington University. À l’issue de sa thèse, soutenue à l’université de Bordeaux et intitulée « L’illibéralisme, aboutissement ou lendemain du néolibéralisme », il a obtenu un post-doc (un contrat à durée déterminée) en juin 2025 pour travailler sur l’appropriation des nouvelles technologies par les illibéraux. Mais il ne profite pas du vaste campus arboré de son établissement, il travaille depuis Bordeaux, entre les quatre murs de son appartement, car il n’est pas autorisé à se rendre aux États-Unis. « Il a fallu s’organiser pour que je puisse mener cette recherche en restant en France. Il paraissait en effet inenvisageable d’obtenir le visa spécifique, le visa J1, pour pouvoir travailler en tant que chercheur aux États-Unis, notamment parce que j’ai une présence publique sur les réseaux sociaux et dans les médias français. J’ai adopté une posture critique à l’égard des phénomènes sur lesquels j’avais travaillé, dont l’administration Trump 2. »
« Depuis l’élection de Trump, ils se sont mis à virer des gens à tour de bras en disant que le NIH coûtait trop cher. »
De plus, certains objets de recherche sont systématiquement refusés par l’administration, considérés comme problématiques ou comme des marqueurs idéologiques. Travailler sur le genre, les inégalités, les discriminations, l’extrême droite ou le fascisme n’est pas bienvenu. « Je cochais presque toutes les cases du bingo des mots bannis », plaisante le jeune chercheur.
Coupes budgétaires
Manon (1), la trentaine, n’a pas eu de problème de visa pour entrer aux États-Unis. Elle bénéficie même d’une « green card », la « carte verte » qui lui permet de vivre dans le pays en tant que résidente permanente. Elle est arrivée à New York en 2016 pour un post-doc. Puis, à l’issue de…
Pour lire la suite de l’article de Stéphanie Lacaze, rendez-vous sur le site de Sud-Ouest.
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