Erick Miceli

La Corse et les Corses dans les tempêtes du XVIIIe siècle

24.00

Certains ont pu avoir tendance à réduire l’Histoire de la Corse au récit d’un territoire éternellement en proie au désir des puissants.

Si la Corse a effectivement constamment attiré l’œil des puissants, les Corses ont parfois habilement profité de ces situations pour chercher à faire passer l’île sous la protection de la grande puissance du moment. Ainsi, quand la République de Gênes qui les domine depuis les xive-xve siècle commence à perdre de son influence internationale à la fin du xviie siècle, les insulaires commencent à regarder ailleurs. Ne pourrait-on pas songer à une alliance davantage profitable ? En direction, par exemple, du royaume de France de Louis XIV qui s’impose de plus en plus comme l’un des principaux acteurs européens ? Voilà une question qui s’est concrètement posée pour certains.

La Corse fut en réalité une île ouverte ou, pour reprendre les mots de Michel Fontenay, d’une semi-ouverte. Que ce soient les femmes ou les hommes, ils « courent le monde » comme l’énonçait fièrement un anonyme du xviie siècle. Ils commercent, s’implantent, trafiquent et reviennent parfois même chez eux. La Corse est bien plus qu’une île, elle est un réseau de communautés diasporiques.

Cette forte mobilité permet de lier les Corses à d’autres puissances que celle qui exerce sa souveraineté sur le territoire. Et c’est cette réalité qui a donné cette teinte aussi particulière à la série de révolutions menées contre la République de Gênes (1729-1769). Si ces quatre décennies d’insurrection ont été un si fort moment d’internationalisation, c’est parce que les insulaires sont liés à toutes les puissances méditerranéennes, et ce, même lors des terribles tempêtes du xviiie siècle : la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), de Succession de Pologne (1733-1738), de Succession d’Autriche (1740-1748), de Sept Ans (1756-1763), la Révolution française et les guerres révolutionnaires (1789-1802), etc.

En réunissant des chapitres d’historiens spécialistes de l’Époque moderne, cet ouvrage montre que les sociétés ne sont pas prisonnières des déterminismes géographiques, mais qu’elles peuvent s’y appuyer pour y fonder leur quête d’émancipation.

 

Auteurs : Valécien Bonot-Galluci, Paolo Calcagno, Loïk Folliot, Sophie Garrone, Antoine-Marie Graziani, Luca Lo Basso, Erick Miceli, Jean-Dominique Poli, Jean-Pierre Poli, Géraud Poumarède.

Ouvrage sous la direction scientifique : Erick Miceli

Collection dirigée par Isabelle Latour et Erick Miceli

 

Après avoir soutenu un doctorat en histoire moderne en codirection à l’Université de Corse et de Gênes, Erick Miceli poursuit ses recherches sur les dynamiques politiques dans la Corse de l’Époque moderne. Il est l’auteur de Les révolutions corses et l’idée républicaine : Pascal Paoli face à ses innovations, limites et contradictions (1755-1769), Le Bord de L’eau, 2024.

Isabelle Latour est directrice du musée Pasquale Paoli.

Informations complémentaires

Format

16,5 x 23

ISBN

9782385192518

Pages

196

Disponible sur commande

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