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Nouvelle édition augmentée.
Texte intégral précédé de Penser le néo-libaralisme. La crise économique et financière que nous traversons a remis au cœur des interrogations la question des origines du "néo-libéralisme". Sait-on même d’où vient ce concept, et s’il a toujours signifié la même chose ? C’est en 1938, à Paris, lors du Colloque Walter Lippmann, que le mot perce dans le débat : pour répondre à la crise du libéralisme, plusieurs économistes réputés Mises, Hayek, Röpke, etc. posent les bases d’un renouveau des idées libérales. En rééditant les actes de ce Colloque, ce livre apporte un document capital de l’histoire de la contre-offensive des libéraux. Mais il montre aussi à quel point la nébuleuse dite néo-libérale fut clivée entre plusieurs tendances, liées à des particularités nationales qui perdureront dans la Société du Mont Pèlerin fondée en 1947. Dans cette nouvelle édition, enrichie de nombreux éléments d’archives, la présentation de Serge Audier revient sur le contexte et la postérité du Colloque Lippmann, en retraçant les différentes voies, souvent divergentes, de la nébuleuse néo-libérale. |
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| Le colloque Lippmann. Aux origines du néo-libéralisme Serge Audier Collection Les voies du politique 12 € TTC |
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Serge Audier est maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France. Il est l’auteur de Néo-libéralisme(s) (Grasset, 2012).
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Prix : 13,20 € TTC
(port et emballage compris) |
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Il fallait enfin offrir aux lecteurs le document essentiel de la naissance du courant néo-libéral : les actes du Colloque Lippmann. Tenu en août 1938, ce Colloque est considéré comme l'acte fondateur de l'offensive libérale dans le monde. Souvent mentionné ou évoqué de " seconde main " par les histoires officielles du néo-libéralisme, presque jamais lu, ce texte devenu très difficilement accessible méritait d'être exhumé pour comprendre les enjeux idéologiques et politiques ayant présidé à la naissance d'une internationale libérale dont le rôle deviendra essentiel dans les transformations économiques planétaires de la fin des années 1970. La présentation de Serge Audier met en lumière les tensions, voire les contradictions, qui ont marqué ce moment inaugural de l'histoire du néo-libéralisme. Exhumant nombre de textes oubliés de ce courant, elle montre qu'il ne correspond pas à la vulgate aujourd'hui dominante, tant à droite qu'à gauche. A travers ces tensions internes au néo-libéralisme se dessinent aussi les impasses de la doctrine néo-libérale telle qu'elle a été mise en œuvre, dans les années 1980, avec la contre-révolution thatchérienne et reaganienne. Denis Olivennes Docteur libéralisme et Mister néolibéralisme ? par Cynthia FLEURY La messe est dite : la rigueur ne sera pas. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, Monsieur ès pédagogies de la rig… pardon de la réforme, le répète à tout-va. Il s’agit de récupérer « quelques » milliards, certains osent dire « plusieurs » d’ici à 2011 : 140 mesures doivent s’atteler à la dure tâche de récupérer 7 milliards d’euros. Quand on sait que ce même gouvernement, en moins de quelques mois et une seule mesure, en a dilapidé 15, on s’interroge sur la méthodologie. En démocratie, la sophistique fait régulièrement des messes : parfois pour masquer l’innommable, parfois pour légitimer l’inique, toujours pour asseoir au pouvoir une illusion, une idole, une idéologie, qu’elle aura par ses soins fait émerger. De réalité, il n’est nullement question. Ou alors, la sophistique sait depuis longtemps qu’elle se fabrique. L’une des dernières grandes fabriques de notre environnement-conditionnement libéral a été l’oeuvre de la Société du Mont-Pèlerin (1947). Le dernier ouvrage de Serge Audier (1), maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne, lève le voile sur cette organisation, les actes du colloque Lippmann, considérés comme l’acte fondateur de l’offensive libérale dans le monde, et la création en 1955 du britannique Institute of Economic Affairs, un think tank qui inspirera très directement le programme économique de Margaret Thatcher. En ces temps de « sous-thatcherisme » et « sous-blairisme », il était temps de reprendre les fondamentaux ! Cela commence souvent par un pseudo-grand principe, « l’individualisme méthodologique », défini en ces termes : « Un point de vue où les seuls éléments pertinents dans l’étude du social sont les individus considérés comme rationnels, c’est-à-dire capables d’adapter de façon la plus avantageuse les moyens aux fins assignées. » Chacun pressent les dérives. La force du néolibéralisme réside notamment dans le fait de procéder à un nouvel arrimage scientifique. « Sur la base de cette nouvelle crédibilité épistémologique, poursuit Serge Audier, le néolibéralisme présenterait l’originalité de vouloir étendre l’approche microéconomique des échanges marchands hors du champ économique traditionnel. » Et de procéder également à quelque « effet pragmatique » en légitimant les politiques de déréglementation et de désengagement de l’État. Tout le monde n’est pas dupe. Dans un texte de 1998, Pierre Bourdieu définira le néolibéralisme comme une « utopie (en voie de réalisation) d’une exploitation sans limites ». Le néolibéralisme est désormais promu au rang de description scientifique du réel. Dans le monde du travail, la conséquence de ces mutations économiques est drastique : avènement d’un monde « darwinien », « fait de flexibilité, d’insécurité, de stress et de souffrances, sur fond d’individualisation de la relation salariale ». En somme, comme l’a très justement nommée le sociologue, « la misère du monde… », d’autant plus misérable qu’elle fait l’objet d’une offensive mathématisée, « modélisée » d’une idéologie politique qui ne dit pas son nom. Que voulez-vous, la misère est sociale, rarement mathématique. Telle est son erreur. Revenons au colloque Lippmann. Serge Audier nous montre à quel point la nébuleuse néolibérale est contrastée. Difficile d’assimiler la pensée d’un Louis Baudin, qui fustige le « parasitisme » favorisé par la doctrine socialiste : « Tout effort individuel est immédiatement sanctionné, frappé d’une amende au bénéfice de la masse. » À ce compte, « mieux vaut être le déshérité »… Avec celle d’un Bernard Lavergne, identifié à tort comme un théoricien libéral alors qu’il est l’apôtre du socialisme coopératif, ou encore avec celle d’un Louis Rougier, qui revendique l’interventionnisme juridique de l’État pour mieux légaliser l’ordre économique et mettre en place un « cadre légal le mieux approprié au fonctionnement le plus souple, le plus efficace et le plus loyal des marchés » ! Sans parler des écoles allemande et autrichienne (plus tard de Chicago - avec Rüstow, Röpke d’une part, Hayek et Mises, d’autre part) qui s’y affrontent également. La version qu’en fera le Mont-Pèlerin sera plus « consensuelle ». Hayek reprend la main. Si nombre de participants au colloque avaient plaidé, rappelle Serge Audier, pour une « révision radicale du libéralisme (…), d’où les termes de néolibéralisme, mais aussi de libéralisme social, de libéralisme constructeur et même de libéralisme de gauche », l’économiste autrichien désocialise définitivement le geste libéral. À quand un nouvel acte pour faire cesser le monopole « montpèlerinesque » du libéralisme ! ? (1) Serge Audier, Le Colloque Lippmann, aux origines du néolibéralisme. Éditions le Bord de l’eau, 2008. |
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