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- le livre
Tenu en 1938, le colloque Lippmann
est considéré comme un acte fondateur de loffensive
libérale dans le monde (bien avant la naissance de la
Société du Mont Pélerin).
Plus souvent cité que lu,
il mérite dêtre exhumé pour comprendre
les enjeux idéologiques et politiques qui ont présidé
à la naissance dune internationale libérale
dont le rôle sera essentiel dans les transformations économiques
planétaires de la fin des années 1970.
Serge Audier met en lumière les tensions,
voire les contradictions, qui ont marqué ce moment inaugural
de lhistoire du néo-libéralisme. À
travers ces tensions se dessinent aussi les impasses de la doctrine
néo-libérale telle quelle a été
mise en uvre, dans les années 1980, avec la contre-révolution
thatchérienne et reaganienne.
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- Les premières
lignes du livre...
Les
historiens du " néo-libéralisme " retiennent
en général deux ou trois moments fondateurs de
ce courant international. Le premier, de loin le plus connu,
est celui qui correspond à la naissance de la Société
du Mont-Pèlerin, en avril 1947. Un peu moins connue, mais
d'une importance décisive, est la création en 1955
de l'Institute of Economics Affairs, un laboratoire d'idées
ou think tank dont le développement a été
lié à la Société du Mont-Pèlerin,
et qui inspirera directement le programme économique de
Margaret Thatcher. Si le courant dit " néo-libéral
" trouve ses assises institutionnelles les plus visibles
dans l'après-guerre, on peut toutefois chercher son moment
fondateur encore plus tôt, durant les années 1930.
Pour certains historiens, ce moment a un nom : il s'agit du Colloque
Walter Lippmann qui, dès août 1938, aurait posé
les bases de ce qui allait devenir la Société du
Mont-Pèlerin. Il est d'ailleurs notoire que certains des
participants de ce colloque devaient ensuite se retrouver dans
la Société du Mont-Pèlerin, en particulier
Friedrich Hayek, considéré comme l'un des maîtres
d'uvre du " néo-libéralisme ".
Souvent mentionné, le Colloque Lippmann est toutefois
très mal connu, y compris des spécialistes de l'histoire
du libéralisme, et même du néo-libéralisme...
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- l'auteur
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Serge Audier, agrégé et docteur en
philosophie, est maître de conférences à
lUniversité Paris-IV Sorbonne. Il a publié
notamment Tocqueville
retrouvé(Vrin/EHESS), Les Théories de la
République (La Découverte), Machiavel, conflit
et liberté(Vrin/EHESS5), Le Socialisme libéral
(La Découverte, 2006), Célestin Bouglé,
Les Idées égalitaires (Le Bord de L'eau, 2007),
Léon Bourgeois. Fonder la solidarité, (Michalon,
2007).
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Texte maintes fois cité dans les débats
politiques actuels mais pas disponible aux lecteurs.
Acte de fondation du Néo-libéralisme.
Ont participé 26 économistes et intellectuels libéraux,
entre autres, Aron, Hayek, Rueff (conseiller de de Gaulle), Rougier.
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- Table des matières
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- Le colloque Lippmann ou la face cachée
du néo-libéralisme
- Le « néo-libéralisme »,
lautre nom de lultra-libéralisme ?
La fausse transparence du « néo-libéralisme »
Un contexte défavorable au libéralisme ?
Rougier avant Lippmann : repenser le libéralisme
« Ladmirable livre de Walter Lippmann »
La faillite historique du libéralisme selon Lippmann
Vers un « libéralisme constructeur »
Le « néo-libéralisme » en
débat
Quel bilan du colloque Lippmann ?
Complexité et diversité du « néo-libéralisme »
français
La « troisième voie » de lordo-libéralisme
Hayek, le vrai fondateur ?
La nouvelle utopie ultra-libérale
Libéralisme conflictuel et néo-libéralisme
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- Le Colloque Walter Lippmann
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- Avant propos
Programme du colloque Lippmann
Colloque Walter Lippmann
Allocution du professeur Louis Rougier
Allocution de Walter Lippmann
Discussions
- I- Le déclin du libéralisme
est-il dû à des causes endogènes ?
II- Le libéralisme et léconomie de guerre
III- Le libéralisme et le nationalisme économique
IV- Le libéralisme et la question sociale
V- Causes psychologiques et sociologiques,
causes politiques et idéologiques du déclin du
libéralisme
VI- Lagenda du libéralisme
VII -Les problèmes théoriques
et pratiques du retour du libéralisme
- DANS LA PRESSE
- Tribune libre - Article paru
le 17 avril 2008
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- La chronique de Cynthia Fleury
Docteur libéralisme et Mister néolibéralisme
?
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La messe
est dite : la rigueur ne sera pas. Frédéric Lefebvre,
porte-parole de lUMP, Monsieur ès pédagogies
de la rig
pardon de la réforme, le répète
à tout-va. Il sagit de récupérer «
quelques » milliards, certains osent dire « plusieurs
» dici à 2011 : 140 mesures doivent satteler
à la dure tâche de récupérer 7 milliards
deuros. Quand on sait que ce même gouvernement, en
moins de quelques mois et une seule mesure, en a dilapidé
15, on sinterroge sur la méthodologie.
En démocratie,
la sophistique fait régulièrement des messes :
parfois pour masquer linnommable, parfois pour légitimer
linique, toujours pour asseoir au pouvoir une illusion,
une idole, une idéologie, quelle aura par ses soins
fait émerger. De réalité, il nest
nullement question. Ou alors, la sophistique sait depuis longtemps
quelle se fabrique.
- Lune des dernières grandes
fabriques de notre environnement-conditionnement libéral
a été loeuvre de la Société
du Mont-Pèlerin (1947). Le dernier ouvrage de Serge Audier
(1), maître de conférences à luniversité
Paris-Sorbonne, lève le voile sur cette organisation,
les actes du colloque Lippmann, considérés comme
lacte fondateur de loffensive libérale dans
le monde, et la création en 1955 du britannique Institute
of Economic Affairs, un think tank qui inspirera très
directement le programme économique de Margaret Thatcher.
En ces temps de « sous-thatcherisme » et «
sous-blairisme », il était temps de reprendre les
fondamentaux !
Cela
commence souvent par un pseudo-grand principe, « lindividualisme
méthodologique », défini en ces termes :
« Un point de vue où les seuls éléments
pertinents dans létude du social sont les individus
considérés comme rationnels, cest-à-dire
capables dadapter de façon la plus avantageuse les
moyens aux fins assignées. » Chacun pressent les
dérives.
- La force du néolibéralisme
réside notamment dans le fait de procéder à
un nouvel arrimage scientifique. « Sur la base de cette
nouvelle crédibilité épistémologique,
poursuit Serge Audier, le néolibéralisme présenterait
loriginalité de vouloir étendre lapproche
microéconomique des échanges marchands hors du
champ économique traditionnel. » Et de procéder
également à quelque « effet pragmatique »
en légitimant les politiques de déréglementation
et de désengagement de lÉtat. Tout le monde
nest pas dupe.
Dans
un texte de 1998, Pierre Bourdieu définira le néolibéralisme
comme une « utopie (en voie de réalisation) dune
exploitation sans limites ». Le néolibéralisme
est désormais promu au rang de description scientifique
du réel. Dans le monde du travail, la conséquence
de ces mutations économiques est drastique : avènement
dun monde « darwinien », « fait de flexibilité,
dinsécurité, de stress et de souffrances,
sur fond dindividualisation de la relation salariale ».
En somme, comme la très justement nommée
le sociologue, « la misère du monde
»,
dautant plus misérable quelle fait lobjet
dune offensive mathématisée, « modélisée
» dune idéologie politique qui ne dit pas
son nom. Que voulez-vous, la misère est sociale, rarement
mathématique. Telle est son erreur.
- Revenons au colloque Lippmann. Serge Audier
nous montre à quel point la nébuleuse néolibérale
est contrastée. Difficile dassimiler la pensée
dun Louis Baudin, qui fustige le « parasitisme »
favorisé par la doctrine socialiste : « Tout effort
individuel est immédiatement sanctionné, frappé
dune amende au bénéfice de la masse. »
À ce compte, « mieux vaut être le déshérité
»
Avec celle dun Bernard Lavergne, identifié
à tort comme un théoricien libéral alors
quil est lapôtre du socialisme coopératif,
ou encore avec celle dun Louis Rougier, qui revendique
linterventionnisme juridique de lÉtat pour
mieux légaliser lordre économique et mettre
en place un « cadre légal le mieux approprié
au fonctionnement le plus souple, le plus efficace et le plus
loyal des marchés » ! Sans parler des écoles
allemande et autrichienne (plus tard de Chicago - avec Rüstow,
Röpke dune part, Hayek et Mises, dautre part)
qui sy affrontent également.
- La version quen fera le Mont-Pèlerin
sera plus « consensuelle ». Hayek reprend la main.
Si nombre de participants au colloque avaient plaidé,
rappelle Serge Audier, pour une « révision radicale
du libéralisme (
), doù les termes de
néolibéralisme, mais aussi de libéralisme
social, de libéralisme constructeur et même de libéralisme
de gauche », léconomiste autrichien désocialise
définitivement le geste libéral. À quand
un nouvel acte pour faire cesser le monopole « montpèlerinesque
» du libéralisme ! ?
- (1) Serge Audier, le Colloque Lippmann,
aux origines
- du néolibéralisme. Éditions
le Bord de leau, 2008.
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