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Voilà bien un paradoxe ! Comment une aspiration largement partagée et souhaitée, vieillir et vieillir bien, pourrait-elle devenir tyrannique ? En devenant une injonction, discrète voire sympathique.
L’injonction à « bien vieillir » s’insinue progressivement dans nos mentalités au point de donner forme à notre rapport individuel et collectif à la vieillesse. Vieillissez, mais vieillissez bien ! Il faut alors chercher à débusquer cette idéologie du « bien vieillir » là où elle se cache : chez le médecin et dans notre assiette, dans nos vêtements et dans le rapport que nous avons avec notre propre corps, dans les multiples publications sur la vieillesse et dans les médias, dans la peur que nous avons de la mort et dans l’idéologie dans laquelle nous baignons… Si « bien vieillir » devient le projet personnel et politique auquel nul ne saurait déroger, vieillir mal devient une erreur, une faute, presque un délit vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis de ceux qui auront à en assumer les conséquences. Il est alors urgent de mettre en question ce que recouvre cette construction idéologique porteuse d’un sens presque invisible tant elle est liée au désir humain. Tyrannie douce qui a pour effet d’asservir nos contemporains et d’exercer une contrainte sur les années de vie qu’ils ont à vivre en vieillissant… Préface de François Dagognet |
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| La tyrannie du "bien vieillir" Michel Billé & Didier Martz Collection Clair et Net 15 € TTC |
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Prix : 16,50 € TTC
(port et emballage compris) |
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Michel Billé est sociologue, ancien directeur adjoint de l’Institut Régional du Travail Social de Poitiers. Il a notamment publié La chance de vieillir, essai de gérontologie sociale, L’Harmattan, 2004.
Didier Martz est philosophe. Il a notamment coordonné Vous avez dit euthanasie ? Le Bord de L’eau, 2003 et Alzheimer : vous avez dit démence ?, Le Bord de l’eau, 2006. |
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Dans notre pays, les gens vivent de plus en plus longtemps, et très souvent dans de bonnes conditions. Mais évidemment ils ne sont pas à l’abri d’accidents de santé qui altèrent cette situation, sinon cette espérance. S’il apparaît normal de soigner les malades, ou invalides dont les conditions de vie deviennent précaires, il est recommandé par les pouvoirs publics, les médecins et les médias de dépister et prévenir toute anomalie pouvant compromettre la santé des personnes âgées, d’où tant de « prescriptions » diététiques et hygiéniques en matière d’activités physiques et intellectuelles, dont l’observation permettra - c’est à espérer - de maintenir pendant longtemps un état de santé satisfaisant. Mais alors, pourquoi ce titre ? En quoi le « bienvieillir » (en un seul mot), pourrait-il être qualifié de tyrannique ? Tout au long de ces pages les auteurs, un sociologue et un philosophe, échangent leurs réflexions sur divers aspects de la vieillesse et la manière dont elle est ressentie par ceux qui la subissent : certains en vivent les difficultés comme une fatalité liée à l’âge et s’adaptent, d’autres voudraient se conduire comme s’ils étaient encore jeunes, mais tous, sans peut-être s’en rendre compte, sont soumis aux dictats des médias : il faut « prendre soin de soi », « bien se nourrir », « souffrir pour être beau », « continuer à plaire », « bien gérer son capital santé » - toutes choses excellentes d’ailleurs, mais qui devraient être réfléchies et voulues plus qu’imposées. Il est vrai que certaines personnes en arrivent à un état de dépendance, de perte d’autonomie tel qu’il ne peut alors s’agir que d’accueil et d’accompagnement... mais il n’empêche : pour que la vieillesse « ne soit pas une dérisoire parodie de notre existence antérieure, il n’y a qu’une solution, c’est de continuer à poursuivre des fins qui donnent un sens à notre vie ». C’est sur ce dernier conseil de Simone de Beauvoir dans son livre La vieillesse, paru en 1970, que se clôt le propos, très dense, de nos deux auteurs. (François Ruppli) |
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