LE BORD DE L'EAU
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Michel SLITINSKY
 
La nuit des évasions
 
150 évasions et avis de recherche de juifs,
de résistants, de militants politiques
 
Format: 12 x 20,5
160 pages
Date de parution : 26 octobre 2007
EAN : 9782915651850
 
 
 
 
 
TV | 2'10 | 
Réalisation : France 3 Aquitaine

Vidéo | 6'48 |
Réalisation : D.-Emmanuel Blanchard


Prix : 15 TTC
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LE LIVRE
 
Cet ouvrage reconstitue quelque 150 évasions et avis de recherche de juifs, de résistants, de militants politiques. Ces jeunes hommes pour la plupart, s'évadèrent... A quelques secondes près leur vie bascula. A quelques secondes près donc, un homme est caché par des voisins, s'enfuit par les toits, saute d'un train, fuit dans la nuit... sauve sa vie. Michel Slintinsky, parce qu'il a lui-même vécu ce qu'il relate de la vie de ses contemporains, rend hommage à ces évadés de l'ombre qui ont fui la police vichyste ou la Gestapo pour commencer parfois, reprendre pour d'autres, le combat de résistance face à l'ennemi allemand et face à celui de l'intérieur. Le livre est constitué de fac-similés commentés : copies de documents d'époque, photos des personnages en question, lettres officielles, coupures de presse, etc. L'auteur, comme pour l'affaire Papon, a effectué un véritable travail d'investigation qui restitue toute l'ambiance politique de l'époque. Extrait de l'introduction... Avec la Libération du mois d’août 1944, on croyait avoir vaincu l’élite dirigeante de Vichy, forte de l’adhésion de militants de droite et d’extrême droite, de fonctionnaires au garde-à-vous, de policiers répressifs, jusqu’au simple gardien zélé pour qui la vie du détenu ne comptait pas. Tout s’est passé dans l’espace de 24 heures pour effacer le passé de ces marionnettes vouées à la victoire nazie. Certains voudraient faire le parallèle entre un Papon, carriériste, et un Bousquet respectable et respecté par les notables politiques, qui s’en sont fait des amis...
 
L'AUTEUR
 
Michel Slitinsky est né en 1925. Il entre dans la Résistance à 17 ans après la rafle de 1942. Il est à l'origine des poursuites engagées contre le préfet Maurice Papon. Il a publié de nombreux ouvrages, entre autres, Procès Papon, le devoir de justice (l'Aube, 1997), L'Affaire de tout un siècle (Le Bord de l'eau, 2000)



Réalisation vidéo : Dominique-Emmanuel Blanchard

DANS LA PRESSE

SUD OUEST | 19 septembre 2007
 
Dans un nouvel ouvrage, Michel Slitinsky, " tombeur " de Maurice Papon, reconstitue plus de 150 évasions sous le régime de Vichy
 
LA NUIT DES ÉVASIONS
 
Par Francis Schwarz
 
Rescapé de l'occupation nazie, .MIchel Slitinsky témoigne sans relâche, depuis des décennies, en faveur de la vérité. Après avoir obtenu, grâce à une pugnacité exceptionnelle, la condamnation de Mauriœ Papon, haut fonctionnaire au service du régime de Vichy, responsable de la mort de centaines d~ personnes de religion juive, Michel Slitinsky va livrer, fin octobre, le fruit de nouvelles recherches. Un ouvrage intitulé " La Nuit des évasions ", en cours de réalisation aux éditions Le Bord de l'eau.
Il s'agit de l'histoire très documentée, unique même, de 150 juifs, résistants, politiques, fichés et pris en chasse par la police de Vichy. Une reconstitution passionnante, émouvante, révoltante de ces évasions dans les camps, les convois, à l'issue des rafles. Pour les plus jeunes, on peut rappeler que l'État français était présidé par le maréchal Pétain, partisan de la collaboration avec l'occupant allemand.
Dans cet ouvrage rigoureux, écrit avec simplicité, d'une plume alerte, l'auteur évoque le courage d'hommes, de femmes et d'enfants et d'adolescents qui " ont refusé l'esclavage devenu une institution de Vichy ". Lui- même, d'ailleurs, a réussi à fuir par les toits de Bordeaux dans la nuit du 19 octobre 1942 une arrestation fatale à son père Abraham - avant de rejoindre la clandestinité, le maquis, la Résistance et les combats du mont Mouchet, la campagne de France et la poche d'Alsace. Puis il rejoindra une unité chargée de la recherche des réseaux nazis...
Douaniers en délire. Aujourd'hui, Michel Slitinsky se souvient du cas d'Ida Bar : " A cette époque, des douaniers, au col d'Urdos, ont interpellé un groupe de touristes argentins, munis de visas et de passeports, assimilés à des juifs clandestins à la seule lecture de leur prénom. " Nous sommes le 11 novembre 1942, avec l'invasion de la zone libre, et " ces douaniers en plein délire signent leur transfert au camp de Mérignac. Ses cousines et amis seront déportés mais Ida, atteinte d'un diabète comateux prend le chemin de l'hôpital Saint-André, en traitement intensif, surveillée nuit et jour par un policier en faction. "
C'est là qu'Alice Slitinsky, une sœur de Michel, et son fiancé André Gonzalez ont échafaudé un plan d'évasion. Alice avait sympathisé au camp de Mérignac avec la jeune femme diabétique. " Le père d'André était diplomate en poste dans la capitale argentine, le mari d'Ida était un grand fourreur connu. "
Cette amitié scellée dans le malheur pousse André à consulter sœur Gertrude pour s'assurer de dix doses d'insuline, qui lui sont fournies pour un voyage jusqu'à la frontière suisse. " Tout se passe en octobre 1943 ; à 6 heures du matin. alors que le gardien Gassiot s'est assoupi. Ida s'enveloppe de la cape d'infirmière, emprunte une voie de dégage- ment qui débouche sur le parking des ambulances et le poste de concierge. Ida n'a plus qu'à traverser la rue jusqu'à l'entrée de l'église où se tient André. Le refuge de la rue Henri-N est à 50 mètres. "
Alice est là pour l'embrasser et l'encourager. Pendant ce temps, lors d'une "mobilisation policière sans précédent", le commissaire Lescure signe l'avis de recherche diffusé auprès des équipes qui contrôlent les voyageurs à la gare Saint-jean. Mais " le look a changé, les papiers aussi "
Ce livre n'est pas un roman. La vérité fait toujours mal
Après bien des aventures racontées dans ce bouquin passionnant, grâce à la solidarité de ces Bordelais, Ida réussit à s'échapper. Son nom ne figure pas sur la liste des victimes de la dépOrtation. Toujours preuves à l'appui, Michel Slitinsky exprime sa compassion pour les victimes, son admiration pour ces trop rares évadés, et sa colère toujours vive contre des fonctionnaires au garde-à-vous, des policiers répressifs ou des poli- tiques à la responsabilité criminelle. Malheureusement, " La Nuit des évasions " n'est pas un roman. La vérité fait toujours mal.
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