- LE LIVRE
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- Cet
ouvrage reconstitue quelque 150 évasions et avis de recherche
de juifs, de résistants, de militants politiques. Ces
jeunes hommes pour la plupart, s'évadèrent... A
quelques secondes près leur vie bascula. A quelques secondes
près donc, un homme est caché par des voisins,
s'enfuit par les toits, saute d'un train, fuit dans la nuit...
sauve sa vie. Michel Slintinsky, parce qu'il a lui-même
vécu ce qu'il relate de la vie de ses contemporains, rend
hommage à ces évadés de l'ombre qui ont
fui la police vichyste ou la Gestapo pour commencer parfois,
reprendre pour d'autres, le combat de résistance face
à l'ennemi allemand et face à celui de l'intérieur.
Le livre est constitué de fac-similés commentés :
copies de documents d'époque, photos des personnages en
question, lettres officielles, coupures de presse, etc. L'auteur,
comme pour l'affaire Papon, a effectué un véritable
travail d'investigation qui restitue toute l'ambiance politique
de l'époque. Extrait de l'introduction... Avec la Libération
du mois daoût 1944, on croyait avoir vaincu lélite
dirigeante de Vichy, forte de ladhésion de militants
de droite et dextrême droite, de fonctionnaires au
garde-à-vous, de policiers répressifs, jusquau
simple gardien zélé pour qui la vie du détenu
ne comptait pas. Tout sest passé dans lespace
de 24 heures pour effacer le passé de ces marionnettes
vouées à la victoire nazie. Certains voudraient
faire le parallèle entre un Papon, carriériste,
et un Bousquet respectable et respecté par les notables
politiques, qui sen sont fait des amis...
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- L'AUTEUR
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- Michel Slitinsky est né en 1925. Il entre dans la Résistance
à 17 ans après la rafle de 1942. Il est à
l'origine des poursuites engagées contre le préfet
Maurice Papon. Il a publié de nombreux ouvrages, entre
autres, Procès Papon, le devoir de justice (l'Aube,
1997), L'Affaire de tout un siècle (Le Bord de
l'eau, 2000)
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- Réalisation vidéo
: Dominique-Emmanuel Blanchard
- DANS
LA PRESSE
- SUD OUEST | 19 septembre
2007
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Dans
un nouvel ouvrage, Michel Slitinsky, " tombeur " de
Maurice Papon, reconstitue plus de 150 évasions sous le
régime de Vichy
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- LA NUIT DES ÉVASIONS
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- Par Francis Schwarz
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Rescapé
de l'occupation nazie, .MIchel Slitinsky témoigne sans
relâche, depuis des décennies, en faveur de la vérité.
Après avoir obtenu, grâce à une pugnacité
exceptionnelle, la condamnation de Mauri Papon, haut fonctionnaire
au service du régime de Vichy, responsable de la mort
de centaines d~ personnes de religion juive, Michel Slitinsky
va livrer, fin octobre, le fruit de nouvelles recherches. Un
ouvrage intitulé " La Nuit des évasions ",
en cours de réalisation aux éditions Le Bord de
l'eau.
Il s'agit de l'histoire très documentée, unique
même, de 150 juifs, résistants, politiques, fichés
et pris en chasse par la police de Vichy. Une reconstitution
passionnante, émouvante, révoltante de ces évasions
dans les camps, les convois, à l'issue des rafles. Pour
les plus jeunes, on peut rappeler que l'État français
était présidé par le maréchal Pétain,
partisan de la collaboration avec l'occupant allemand.
Dans cet ouvrage rigoureux, écrit avec simplicité,
d'une plume alerte, l'auteur évoque le courage d'hommes,
de femmes et d'enfants et d'adolescents qui " ont refusé
l'esclavage devenu une institution de Vichy ". Lui- même,
d'ailleurs, a réussi à fuir par les toits de Bordeaux
dans la nuit du 19 octobre 1942 une arrestation fatale à
son père Abraham - avant de rejoindre la clandestinité,
le maquis, la Résistance et les combats du mont Mouchet,
la campagne de France et la poche d'Alsace. Puis il rejoindra
une unité chargée de la recherche des réseaux
nazis...
Douaniers en délire. Aujourd'hui, Michel Slitinsky se
souvient du cas d'Ida Bar : " A cette époque, des
douaniers, au col d'Urdos, ont interpellé un groupe de
touristes argentins, munis de visas et de passeports, assimilés
à des juifs clandestins à la seule lecture de leur
prénom. " Nous sommes le 11 novembre 1942, avec l'invasion
de la zone libre, et " ces douaniers en plein délire
signent leur transfert au camp de Mérignac. Ses cousines
et amis seront déportés mais Ida, atteinte d'un
diabète comateux prend le chemin de l'hôpital Saint-André,
en traitement intensif, surveillée nuit et jour par un
policier en faction. "
C'est là qu'Alice Slitinsky, une sur de Michel,
et son fiancé André Gonzalez ont échafaudé
un plan d'évasion. Alice avait sympathisé au camp
de Mérignac avec la jeune femme diabétique. "
Le père d'André était diplomate en poste
dans la capitale argentine, le mari d'Ida était un grand
fourreur connu. "
Cette amitié scellée dans le malheur pousse André
à consulter sur Gertrude pour s'assurer de dix doses
d'insuline, qui lui sont fournies pour un voyage jusqu'à
la frontière suisse. " Tout se passe en octobre 1943
; à 6 heures du matin. alors que le gardien Gassiot s'est
assoupi. Ida s'enveloppe de la cape d'infirmière, emprunte
une voie de dégage- ment qui débouche sur le parking
des ambulances et le poste de concierge. Ida n'a plus qu'à
traverser la rue jusqu'à l'entrée de l'église
où se tient André. Le refuge de la rue Henri-N
est à 50 mètres. "
Alice est là pour l'embrasser et l'encourager. Pendant
ce temps, lors d'une "mobilisation policière sans
précédent", le commissaire Lescure signe l'avis
de recherche diffusé auprès des équipes
qui contrôlent les voyageurs à la gare Saint-jean.
Mais " le look a changé, les papiers aussi "
Ce
livre n'est pas un roman. La vérité fait toujours
mal
Après
bien des aventures racontées dans ce bouquin passionnant,
grâce à la solidarité de ces Bordelais, Ida
réussit à s'échapper. Son nom ne figure
pas sur la liste des victimes de la dépOrtation. Toujours
preuves à l'appui, Michel Slitinsky exprime sa compassion
pour les victimes, son admiration pour ces trop rares évadés,
et sa colère toujours vive contre des fonctionnaires au
garde-à-vous, des policiers répressifs ou des poli-
tiques à la responsabilité criminelle. Malheureusement,
" La Nuit des évasions " n'est pas un roman.
La vérité fait toujours mal.
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