- Le
livre
- Enquête sur la
rationalité morale de l'observance
(deuxième
édition augmentée)
-
Comment pouvons-nous accepter d'arrêter
de fumer, de suivre un régime, d'avoir une activité
physique régulière, de prendre les médicaments
qui nous sont prescrits ?
Le but de ce livre est de décrire
les mécanismes de l'observance thérapeutique, dont
l'Organisation Mondiale de la Santé dit que l'amélioration
serait plus bénéfique que n'importe quel progrès
médical.
Cela revient à se demander comment nos croyances, nos
désirs et nos émotions interviennent dans nos choix.
Il s'agit donc d'une investigation sur la rationalité
morale de l'observance qui fait appel aux concepts modernes développés
dans le cadre de la philosophie de l'esprit. En particulier,
elle tente d'expliquer comment nous pouvons choisir entre un
plaisir immédiat et une récompense lointaine :
conserver sa santé. Elle conduit à postuler qu'un
tel choix "intertemporel" peut être orienté
par un principe de prévoyance qui nous conduit, lorsque
nous l'avons, à accepter de nous soigner, nous enjoignant
de donner la priorité à la vie. Cette réflexion,
au départ médicale, prend une signification plus
large : elle propose que l'observance, ayant un avantage d'un
point de vue évolutionniste, est apparue tardivement dans
l'histoire de la vie. Son développement est devenu non
seulement possible, mais aussi nécessaire, du fait de
l'émergence de la rationalité dont elle serait
l'aboutissement : l'observance représenterait ainsi un
trait essentiellement humain.
Dans cette 2e édition, l'auteur
aborde l'observance d'un point de vue éthique ; il
clarifie les rapports qui existent entre la notion de principe
de rationalité et les concepts de volonté et de
personne, permettant d'intégrer le fait d'accepter de
se soigner dans un véritable souci, voire un véritable
amour de soi.
- Préface
de Pascal Engel,
- L'auteur
-
- Gérard REACH est
responsable du Service d'Endocrinologie, Diabétologie
et Maladies Métaboliques de l'Hôpital Avicenne (APHP).
Il enseigne l'endocrinologie et les maladies métaboliques
à la Faculté de Médecine de Bobigny, Université
Paris 13. Il a également publié Clinique de
l'observance, L'exemple des diabètes, John Libbey
Eurotext 2006.
- Préface de Pascal ENGEL, professeur
de philosophie moderne et contemporaine à l'Université
de Genève est
aujourd'hui considéré comme le grand spécialiste
français de la philosophie anglo-saxonne.
Extraits de l'introduction
- par
Gérard REACH
- " Quand un médecin donne à la
fin d'une consultation une ordonnance à son malade, il
suppose souvent que celui-ci va suivre ses recommandations et
prendre jusqu'au dernier les comprimés qu'il a prescrits.
Or l'expérience prouve que ce n'est pas toujours, et de
loin, le cas. Le malade peut arrêter le traitement au bout
de quelques jours alors qu'il était prévu pour
un mois. Il peut tout simplement ne même pas acheter les
médicaments, qu'ils soient ou non remboursés par
la sécurité sociale. Ailleurs, ce seront d'autres
recommandations qui ne seront pas suivies : malgré des
exhortations bien intentionnées et répétées
de la part du médecin, il n'arrêtera pas de fumer,
ne suivra pas son régime. Pourtant, le médecin
avait des raisons de faire ses prescriptions. Si le malade ne
les suit pas, il doit aussi avoir une raison, ou peut-être
plutôt, ses raisons.
Il ne s'agit pas de faits isolés. On admet que "globalement,
la moitié des patients ne suivent pas à la lettre
les prescriptions et conseils que les médecins leur prodiguent".
D'ailleurs, ceci n'est pas propre aux malades: il y a bien des
médecins obèses qui, eux-mêmes, fument et
ne se soignent pas quand ils sont malades.
- L'objet de ce livre est de comprendre ce phénomène,
qui, évidemment, ne peut que limiter l'efficacité
de la médecine et contribuer à l'aggravation du
coût de la santé. "
-
Le 14 Novembre 2005 - (APM Santé)
: Afin d'aider leurs patients à guérir, les médecins
doivent tenter de comprendre pourquoi seule la moitié
des patients suivent leur prescription, a estimé le Pr
Gérard Reach, endocrinologue à l'hôpital
Avicenne (AP-HP, Bobigny, Seine-Saint-Denis), au cours d'une
intervention dans le cadre du Salon du diabète.
Diabète: comment aider les patients
à se soigner ? Le 14 Novembre 2005 - (APM Santé)
: Afin d'aider leurs patients à guérir, les médecins
doivent tenter de comprendre pourquoi seule la moitié
des patients suivent leur prescription, a estimé le Pr
Gérard Reach, endocrinologue à l'hôpital
Avicenne (AP-HP, Bobigny, Seine-Saint-Denis), au cours d'une
intervention dans le cadre du Salon du diabète."Je
me suis longtemps étonné, voire agacé, de
voir que les patients ne faisaient pas ce que je leur demandais,
jusqu'au jour où j'ai compris que la question n'était
pas 'pourquoi ne se soignent-ils pas ?' mais plutôt 'pourquoi
se soigne-t-on ?'", a raconté le Pr Gérard
Reach, auteur d'un livre du même titre paru en janvier
2005.Un patient va se soigner pour être en bonne santé.
Son choix, de se soigner ou pas, sera fonction de ses connaissances,
ses compétences, ses croyances, ses émotions et
ses désirs.L'éducation thérapeutique permet
de lui donner les connaissances et les compétences pour
soigner son diabète. Grâce à cela, il sait
qu'il doit diminuer sa glycémie et comment ajuster les
doses d'insuline.Ensuite, les véritables moteurs du patient
seront ses émotions et ses désirs, estime l'endocrinologue.
Le phénomène de récompense se trouve au
coeur de cette problématique. Or, la récompense
de soigner correctement son diabète est lointaine, ce
qui ne constitue pas un moteur. "Il est très difficile
de donner la préférence à une récompense
future : la force du désir dépend de la proximité
de la récompense", a commenté le Pr Gérard
Reach.C'est ainsi que pour la plupart des patients diabétiques,
il est extrêmement difficile de suivre les mesures hygiéno-diététiques."Le
régime induit une contrainte car il suppose un changement
de comportement, cette contrainte doit être reconnue par
les professionnels de santé", a estimé le
Dr Philippe Cornet, médecin généraliste,
intervenu à l'occasion d'une autre conférence du
Salon."Il y a conflit entre vouloir manger sans contrainte
et améliorer sa glycémie". Pour motiver les
patients, il faut ainsi les aider à se trouver des récompenses
intermédiaires. Par exemple, commencer par rentrer dans
un vieux pantalon plutôt que de viser les 60 kg sur la
balance.Ensuite, il faut favoriser la prise d'un engagement préalable,
vis-à-vis du médecin ou d'une tierce personne.
"Il est très difficile de se lier soi-même,
mieux vaut demander de l'aide aux autres, comme l'a fait Ulysse
pour résister aux chants des sirènes", a expliqué
le Pr Gérard Reach. "C'est le rôle des consultations
mais aussi des associations".
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