EDITIONS LE BORD DE L'EAU
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Gérard REACH
 
Pourquoi se soigne-t-on ?

Une Esquisse philosophique
de l'observance
Préface de
Pascal ENGEL
Essai (Philosophie & Santé)
Collection : "Clair & Net"
dirigée par Antoine SPIRE
Format: 14 x 21,5 - 305 pages
Date de 1ere parution : février 2005
ISBN : 2-915651-04-3
Nouvelle édition
revue et augmentée

Prix de vente public : 18 euros TTC
Port et emballage compris en CEE
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Le livre
Enquête sur la rationalité morale de l'observance
(deuxième édition augmentée)
 
Comment pouvons-nous accepter d'arrêter de fumer, de suivre un régime, d'avoir une activité physique régulière, de prendre les médicaments qui nous sont prescrits ?
Le but de ce livre est de décrire les mécanismes de l'observance thérapeutique, dont l'Organisation Mondiale de la Santé dit que l'amélioration serait plus bénéfique que n'importe quel progrès médical.
Cela revient à se demander comment nos croyances, nos désirs et nos émotions interviennent dans nos choix. Il s'agit donc d'une investigation sur la rationalité morale de l'observance qui fait appel aux concepts modernes développés dans le cadre de la philosophie de l'esprit. En particulier, elle tente d'expliquer comment nous pouvons choisir entre un plaisir immédiat et une récompense lointaine : conserver sa santé. Elle conduit à postuler qu'un tel choix "intertemporel" peut être orienté par un principe de prévoyance qui nous conduit, lorsque nous l'avons, à accepter de nous soigner, nous enjoignant de donner la priorité à la vie. Cette réflexion, au départ médicale, prend une signification plus large : elle propose que l'observance, ayant un avantage d'un point de vue évolutionniste, est apparue tardivement dans l'histoire de la vie. Son développement est devenu non seulement possible, mais aussi nécessaire, du fait de l'émergence de la rationalité dont elle serait l'aboutissement : l'observance représenterait ainsi un trait essentiellement humain.
Dans cette 2e édition, l'auteur aborde l'observance d'un point de vue éthique ; il clarifie les rapports qui existent entre la notion de principe de rationalité et les concepts de volonté et de personne, permettant d'intégrer le fait d'accepter de se soigner dans un véritable souci, voire un véritable amour de soi.
Préface de Pascal Engel,

L'auteur
 
Gérard REACH est responsable du Service d'Endocrinologie, Diabétologie et Maladies Métaboliques de l'Hôpital Avicenne (APHP). Il enseigne l'endocrinologie et les maladies métaboliques à la Faculté de Médecine de Bobigny, Université Paris 13. Il a également publié Clinique de l'observance, L'exemple des diabètes, John Libbey Eurotext 2006.
Préface de Pascal ENGEL, professeur de philosophie moderne et contemporaine à l'Université de Genève est aujourd'hui considéré comme le grand spécialiste français de la philosophie anglo-saxonne.


Extraits de l'introduction
par Gérard REACH
" Quand un médecin donne à la fin d'une consultation une ordonnance à son malade, il suppose souvent que celui-ci va suivre ses recommandations et prendre jusqu'au dernier les comprimés qu'il a prescrits. Or l'expérience prouve que ce n'est pas toujours, et de loin, le cas. Le malade peut arrêter le traitement au bout de quelques jours alors qu'il était prévu pour un mois. Il peut tout simplement ne même pas acheter les médicaments, qu'ils soient ou non remboursés par la sécurité sociale. Ailleurs, ce seront d'autres recommandations qui ne seront pas suivies : malgré des exhortations bien intentionnées et répétées de la part du médecin, il n'arrêtera pas de fumer, ne suivra pas son régime. Pourtant, le médecin avait des raisons de faire ses prescriptions. Si le malade ne les suit pas, il doit aussi avoir une raison, ou peut-être plutôt, ses raisons.
Il ne s'agit pas de faits isolés. On admet que "globalement, la moitié des patients ne suivent pas à la lettre les prescriptions et conseils que les médecins leur prodiguent". D'ailleurs, ceci n'est pas propre aux malades: il y a bien des médecins obèses qui, eux-mêmes, fument et ne se soignent pas quand ils sont malades.
L'objet de ce livre est de comprendre ce phénomène, qui, évidemment, ne peut que limiter l'efficacité de la médecine et contribuer à l'aggravation du coût de la santé. "
 

Le 14 Novembre 2005 - (APM Santé) : Afin d'aider leurs patients à guérir, les médecins doivent tenter de comprendre pourquoi seule la moitié des patients suivent leur prescription, a estimé le Pr Gérard Reach, endocrinologue à l'hôpital Avicenne (AP-HP, Bobigny, Seine-Saint-Denis), au cours d'une intervention dans le cadre du Salon du diabète.


Diabète: comment aider les patients à se soigner ? Le 14 Novembre 2005 - (APM Santé) : Afin d'aider leurs patients à guérir, les médecins doivent tenter de comprendre pourquoi seule la moitié des patients suivent leur prescription, a estimé le Pr Gérard Reach, endocrinologue à l'hôpital Avicenne (AP-HP, Bobigny, Seine-Saint-Denis), au cours d'une intervention dans le cadre du Salon du diabète."Je me suis longtemps étonné, voire agacé, de voir que les patients ne faisaient pas ce que je leur demandais, jusqu'au jour où j'ai compris que la question n'était pas 'pourquoi ne se soignent-ils pas ?' mais plutôt 'pourquoi se soigne-t-on ?'", a raconté le Pr Gérard Reach, auteur d'un livre du même titre paru en janvier 2005.Un patient va se soigner pour être en bonne santé. Son choix, de se soigner ou pas, sera fonction de ses connaissances, ses compétences, ses croyances, ses émotions et ses désirs.L'éducation thérapeutique permet de lui donner les connaissances et les compétences pour soigner son diabète. Grâce à cela, il sait qu'il doit diminuer sa glycémie et comment ajuster les doses d'insuline.Ensuite, les véritables moteurs du patient seront ses émotions et ses désirs, estime l'endocrinologue. Le phénomène de récompense se trouve au coeur de cette problématique. Or, la récompense de soigner correctement son diabète est lointaine, ce qui ne constitue pas un moteur. "Il est très difficile de donner la préférence à une récompense future : la force du désir dépend de la proximité de la récompense", a commenté le Pr Gérard Reach.C'est ainsi que pour la plupart des patients diabétiques, il est extrêmement difficile de suivre les mesures hygiéno-diététiques."Le régime induit une contrainte car il suppose un changement de comportement, cette contrainte doit être reconnue par les professionnels de santé", a estimé le Dr Philippe Cornet, médecin généraliste, intervenu à l'occasion d'une autre conférence du Salon."Il y a conflit entre vouloir manger sans contrainte et améliorer sa glycémie". Pour motiver les patients, il faut ainsi les aider à se trouver des récompenses intermédiaires. Par exemple, commencer par rentrer dans un vieux pantalon plutôt que de viser les 60 kg sur la balance.Ensuite, il faut favoriser la prise d'un engagement préalable, vis-à-vis du médecin ou d'une tierce personne. "Il est très difficile de se lier soi-même, mieux vaut demander de l'aide aux autres, comme l'a fait Ulysse pour résister aux chants des sirènes", a expliqué le Pr Gérard Reach. "C'est le rôle des consultations mais aussi des associations".