LE BORD DE L'EAU
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Arnaud MONTEBOURG
Vincent PEILLON
Benoît HAMON 
 
Au coeur de la gauche
Eléments pour un projet politique
Essai (politique)
Collection : documents
Format: 14 x 21,5
340 pages
Date de parution : octobre 2004
ISBN : 2-915651-00-0
 
 
 
 



Prix de vente public :
20 euros TTC
Port et emballage compris en CEE (livraison, en France métropolitaine, 48 heures hors week end)
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Les auteurs : Avocat, député de Sâone-et-Loire, ARNAUD MONTEBOURG est aujourd’hui un homme politique reconnu de tous.
Agrégé de philosophie, ancien directeur de recherches au CNRS et ancien porte-parole du Parti socialiste, VINCENT PEILLON est aujourd’hui député européen.
Ensemble, il ont fondé le NOUVEAU PARTI SOCIALISTE (NPS) mouvement qui entend redonner du souffle à la pensée et à l’action politique socialistes.
 

Le Livre : Avant le référendum sur la constitution européenne programmé pour le second semestre 2005 et les échéances de l’année 2007 (élections présidentielle, législative et municipale), le Parti socialiste prépare son projet politique.
Ce livre fait la démonstration que le Nouveau Parti Socialiste défend avec toujours autant de pugnacité et d’originalité des idées neuves pour un projet politique plus juste et résolument socialiste. « Etre de gauche, c’est être un homme en colère », disait Léon Blum. Montebourg et Peillon font, tous deux, la preuve que d’une colère née de la défaite du candidat socialiste à l’élection présidentielle du 21 avril 2002, on peut faire surgir une ardeur nouvelle qui tente de répondre aux injustices sociales, aux nouvelles exigences politiques sans renier le passé, avec audace, pour le bien-être de tous les citoyens.
La colère s’est peu à peu transformée en propositions. Ce livre vif et argumenté les présente et les offre ainsi au débat public.
Un livre tout public porté par deux figures médiatiques.
Un livre qui s’inscrit à la fois dans le débat interne du plus grand parti de France, le Parti socialiste, et dans le débat national qui ne manquera pas de s’amorcer pour répondre d’une part à l’éventuelle adoption de la constitution européenne et, d’autre part, en 2007 à la droite ultra-libérale défaite des derniers oripeaux gaullistes.
Les deux auteurs vont prôner le « non » au projet de constitution européenne et militer pour une « autre constitution qui, elle, ne grave pas dans le marbre l'ultralibéralisme économique ».
Ce livre présentera les motivations d'un « non authentiquement de gauche » au projet de Constitution Giscard...
Ce livre se présente comme un véritable livre de « rentrée politique ».


Vincent Peillon a notamment publié Jean Jaurès et la religion du socialisme, Grasset, 2000,
Pierre Leroux et le socialisme républicain, le Bord De L'eau, 2003.
 

Egalement au sommaire :

Benoît HAMON, député européen, « Réagir à la concentration dans la presse et dans l’édition » ;
Yvette ROUDY, ancienne ministre de François Mitterand « Mon expérience d’ancienne Ministre, un exemple du blocage institutionnel de la 5e République »
Christian PAUL, ancien ministre de Lionel Jospin «  La société de l’info »;
Gérard FILOCHE, inspecteur du travail  « Non, le coût du travail en France n’est pas trop élevé »;
SOS Sécu !
Thierry MANDON, ancien député, maire de Ris-Orangis « Une Politique industrielle pour lutter contre les délocalisations »
Françoise MESNARD, conseillère régionale « La souffrance au travail » 
David ASSOULINE, adjoint au maire de Paris « Discriminations »
Géneviève PERRIN-GAILLARD, députée « La question environnementale et la politique énergétique »,
Christian MARTIN, conseiller régional « La culture & la sauvegarde des services publics ».
Lucile SCHMID « L'intégration au coeur de la crise politique »
Claude SAUNIER « Réguler l'économie: une alternative nécessaire »
Régis JUANICO « Vers une armée nouvelle »
 

DANS LA PRESSE

Conférence de presse de Arnaud MONTEBOURG, Vincent PEILLON, Benoît HAMON
le 5 novembre 2004 au Musée Social, 5 rue Las Cases- 75007 PARIS
Pour voir le reportage photographie
http://www.jbvnews.com/11,527,.html

Le Parlement Européen
Emission du 24 Février 2005
Le Parlement Européen
© Europarl
Tous les jeudis, rendez-vous, en direct et en public, au café Le Michel – 20, avenue de La Marseillaise, à Strasbourg.
A l'occasion de la visite en Europe du Président américain, Jean Lebrun consacre ce soir son émission au rôle et à la place du Parlement de Strasbourg en Europe et de son influence sur la scène internationale. Pour débattre de ce sujet, Jean Lebrun accueille James Elles, député européen de Grande Bretagne, membre du Parti populaire et Benoît Hamon, député européen de France, membre du Parti Socialiste.
Ensemble ils parleront des rapports transatlantiques, de la question de la coopération américano-européenne mais aussi ce qui oppose les deux grands espaces occidentaux, en particulier sur le plan stratégico-militaire. Jean Lebrun fera également réagir nos deux invités à la place de la Russie et de l'Ukraine sur l'échiquier international. Enfin, nous profitons, ce soir de la présence de deux euro-députés pour débattre de la Constitution, quelques jours après le référendum espagnol.
Une émission fabriquée par Alexis Ipatovtsev, Peiré Legras & Véronique Samouiloff.

La Médiathèque Culturelle




Avant le référendum sur la constitution européenne programmé pour le second semestre 2005 et les échéances de l’année 2007 (élections présidentielle, législative et municipale), le Parti socialiste prépare son projet politique. Ce livre fait la démonstration que le Nouveau Parti Socialiste défend avec toujours autant de pugnacité et d’originalité des idées neuves pour un projet politique plus juste et résolument socialiste. « Etre de gauche, c’est être un homme en colère », disait Léon Blum. Montebourg et Peillon font, tous deux, la preuve que d’une colère née de la défaite du candidat socialiste à l’élection présidentielle du 21 avril 2002, on peut faire surgir une ardeur nouvelle qui tente de répondre aux injustices sociales, aux nouvelles exigences politiques sans renier le passé, avec audace, pour le bien-être de tous les citoyens. La colère s’est peu à peu transformée en propositions. Ce livre vif et argumenté les présente et les offre ainsi au débat public. Un livre tout public porté par deux figures médiatiques. Un livre qui s’inscrit à la fois dans le débat interne du plus grand parti de France, le Parti socialiste, et dans le débat national qui ne manquera pas de s’amorcer pour répondre d’une part à l’éventuelle adoption de la constitution européenne et, d’autre part, en 2007 à la droite ultra-libérale défaite des derniers oripeaux gaullistes. Les deux auteurs vont prôner le « non » au projet de constitution européenne et militer pour une « autre constitution qui, elle, ne grave pas dans le marbre l'ultralibéralisme économique ». Ce livre présentera les motivations d'un « non authentiquement de gauche » au projet de Constitution Giscard...
Ce livre se présente comme un véritable livre de « rentrée politique ».
- Note de l'éditeur -


Libération samedi 6 novembre 2004
Pas moins de trois ouvrages de ténors du PS abordent le traité européen.
Au salon du livre socialiste
Par Didier HASSOUX et Paul QUINIO
Après avoir (peut-être) lu la Constitution européenne, les militants socialistes vont pouvoir se détendre. Pas en prenant une bonne BD, mais avec un, puis deux, puis trois livres écrits par leurs éléphants préférés. Celui de Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et leurs amis du Nouveau Parti socialiste (NPS), Au coeur de la gauche (1), compile des «éléments pour un projet politique» du PS. Mais le premier chapitre, consacré au «non de l'espérance européenne», explique que «dire oui, c'est s'interdire le sursaut nécessaire (...). Dire non, ce n'est pas inviter au chaos, c'est provoquer une prise de conscience». Laurent Fabius, lui, explique dans Une certaine idée de l'Europe (2) qu'il a «choisi de dire "non" (...) pour ne pas avoir à formuler, plus tard, devant le spectacle d'une Europe impuissante, ce regret : "A l'époque, j'aurais dû agir." (...) Le "oui", c'est la renonciation (...) à la grande idée de l'Europe-puissance. Le "non", c'est la possibilité d'un rebond». Partisan du oui, Dominique Strauss-Kahn a choisi la formule d'une Lettre ouverte aux enfants d'Europe (3) pour assurer que «ce n'est pas le même projet que les socialistes peuvent proposer aux Français pour 2007, selon que le non ou le oui l'emporte. Dans le premier cas, on y trouvera une mouture remise au goût du jour de propositions que les socialistes ressassent depuis vingt ans (...). Dans le second (...) nous pourrons ambitionner d'écrire ensemble un projet pour la France et pour l'Europe».
Contexte «agité». Ni Laurent Fabius, ni Dominique Strauss-Kahn, ni Arnaud Montebourg ne sont en piste pour le Goncourt. Ils rivalisent en revanche pour le prix de célérité. Si l'ouvrage du NPS est sur les rails depuis le printemps, Vincent Peillon reconnaît que «le contexte éditorial est agité». Comme va l'être le dernier mois de campagne avant le référendum interne au PS sur le traité constitutionnel. Chez DSK et Fabius, c'est en tout cas à celui qui a eu l'idée d'abord. Et au premier à être invité à la télé. Là, le député de Seine-Maritime a gagné. Mais de peu. Il était sur TF1 vendredi soir. Son rival du Val-d'Oise lui succédera dimanche. Fabius s'exprimera dans le Journal du dimanche. DSK le fera mercredi dans le Nouvel Obs.
Le numéro 2 du PS aurait eu l'idée de produire son opuscule après un déplacement à Landerneau (Finistère), le 25 septembre. «Face à 300 personnes, il a compris que les militants voulaient comprendre.» A partir des fiches d'argumentaires antitraité commandées à ses collaborateurs, il décide de faire un «petit livret» pédagogique et dédramatisant. Une première ébauche produite par des «eurotechnos» est lissée par trois collaborateurs ­ Stéphane Israël, Denis Pingaud et Aquilino Morelle. Mi-octobre, Fabius s'approprie le manuscrit, y apporte sa touche personnelle lors de ses week-ends en Ariège. Son recueil de discours, intitulé Réconcilier deux France, d'abord prévu pour novembre, est finalement reporté à 2005. Sans doute pour le printemps.
Selon les amis de Dominique Strauss-Kahn, ce serait en fait la parution d'un écho dans l'Express du 18 octobre, confirmant l'imminente production livresque de DSK, qui aurait incité Fabius à se lancer. «C'est totalement faux», s'insurge un proche de l'ancien Premier ministre. Une chose est certaine : Laurent Fabius aime griller la politesse à son rival. En février 2002, il avait abreuvé les rédactions d'une note sur «Les destins de la gauche moderne», l'avant-veille de la parution du livre-programme (la Flamme et la cendre) du député du Val-d'Oise. Cette fois, DSK s'étonne, à moins qu'il ne se réjouisse, de voir Fabius le «positionner» en rival en lui emboîtant ainsi le pas.
«Et moi et moi ?» Et François Hollande dans tout ça ? Son entourage assure regarder cette compétition avec le sourire. «Pendant trois jours, ils vont s'exciter sur le thème : "Et moi et moi, et mon livre et mon livre ?"» Tout juste se plaint-on de la «personnalisation» qu'induit cette flambée littéraire. Pour personnaliser le débat fin novembre, le premier secrétaire préférera peut-être les médias audiovisuels... Pour la production écrite, il devrait se contenter d'un «grand article» sur sa vision pour l'Europe. En petits caractères.
(1) Au coeur de la gauche, Ed. le Bord de l'eau, 341 pp., 20 €.
(2) Une certaine idée de l'Europe Plon, 125 pp., 8 €. En vente lundi.
(3) Lettre ouverte aux enfants d'Europe, Grasset, 173 pp., 9 €. En librairie mardi.
 

L'UNION - Lundi 8 novembre 2004
http://www.lunion.presse.fr/dep/20041107.UNA5641.html?0803
Au cœur de la gauche » ce mardi à Hirson
 
La présentation du livre « Au cœur de la gauche » aura lieu le mardi 9 novembre à 19 heures à la mairie d'Hirson. Le titre de cet ouvrage collectif s'accompagne du sous-titre Eléments pour un projet politique. Ce livre sera présenté par Dominique Jourdain, maire de Château-Thierry, président de la communauté de communes de cette même ville et président des Eco-maires, par Jean-Jacques Thomas, maire d'Hirson, président de la communauté de communes des Trois-Rivières et premier vice-président du conseil général, mais aussi premier secrétaire de la fédération socialiste de l'Aisne et membre du bureau national.
Parmi les nombreux autres signataires de cet ouvrage on trouve aussi Vincent Peillon, député européen depuis 2004. L'ancien porte parole du PS entre 2000 et 2003 et auteur de nombreux ouvrages sera présent lui aussi mardi prochain à Hirson.
D'autres noms, connus ou moins connus, apparaissent dans la préface : Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Thierry Mandon, Christian Paul, Yvette Roudy.
« Depuis 2002, la France vit un destin médiocre. ». Destin médiocre ? ! Fatalité de la politique ? Depuis sa création, le nouveau parti socialiste (NPS) combat cette impuissance publique érigée en doctrine de gouvernement et de renoncement, indiquent les auteurs.
On l'aura compris, ce livre se veut la feuille de route du NPS, le courant du PS animé par Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, et auquel s'est rallié, notamment dans l'Aisne, le premier fédéral Jean-Jacques Thomas.
« Ce livre écrit à plusieurs mains vient opportunément rappeler que l'avenir n'est jamais écrit nulle part, qu'il dépend aujourd'hui comme hier de femmes et d'hommes déterminés à agir à gauche pour demain et pour tous », continuent les auteurs.
Ces derniers critiquent la droite, mais n'épargne pas la gauche : « A gauche trop de conservatisme et de frilosité demeurent, qui ne permettent pas de remobiliser les énergies : un devoir d'audace et d'invention s'impose ».
Certains, au PS, se reconnaîtront. Quelques jours avant le vote interne chez les socialistes sur le projet de constitution européenne, ce livre ouvre le débat. Les militants du NPS étant partisans du non.
M.M.
« Au cœur de la gauche », Le bord de l'eau éditions, prix de vente public 20 euros TTC.


LE MONDE | 08.11.04 | 14h25
Au PS, partisans du "oui" et du "non" à la Constitution européenne s'affrontent à livre ouvert.

Dans trois ouvrages publiés quasi simultanément, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg développent leurs arguments avant le vote des militants.
Le "oui" et le "non" au projet de Constitution européenne avaient déjà leurs orateurs de meeting, leurs tribunes et leurs avocats dans la presse. Ils possèdent, désormais, leur littérature. Trois livres paraissent simultanément. Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn publient deux courts essais, jumeaux dans la forme, mais diamétralement opposés sur le fond.
Le premier a choisi un titre aux accents gaulliens pour défendre le "non" : Une certaine idée de l'Europe (Plon) ; le second affiche clairement la couleur : Oui ! Lettre ouverte aux enfants d'Europe (Grasset). Le troisième ouvrage, Au cœur de la gauche. Eléments pour un projet politique (Au bord de l'Eau), fruit d'un travail collectif des responsables du courant Nouveau Parti socialiste (NPS), aborde plusieurs sujets. Ses deux principaux animateurs, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, signent toutefois tout un chapitre - le premier - sur "Le non de l'espérance européenne".
La compétition est telle, au sein du Parti socialiste, pour convaincre les militants qui doivent se prononcer sur la Constitution, par vote, le 1er décembre, que chacun s'est dépêché d'achever son plaidoyer. En rendant public le sien le 8 novembre, M. Fabius a réussi à griller la politesse d'une journée à M. Strauss-Kahn, dont le livre est mis en vente le 9 novembre. Cette course de vitesse a pour résultat amusant d'offrir, du moins entre ces auteurs, deux objets en apparence identiques : même format, même prix ou presque - 8 euros l'un, 9 euros l'autre -, même ton direct et pédagogique, mêmes références (à François Mitterrand surtout), même technique consistant à retourner les arguments du camp adversaire.
C'est au point que les deux hommes qui s'affichent chacun "socialiste et européen" en arrivent à correspondre. Les mêmes exemples, au service de deux points de vue opposés, abondent. Ainsi, lorsque M. Strauss-Kahn justifie son "oui" en estimant qu'il mettra fin au célèbre mot de Kissinger "l'Europe quel numéro de téléphone ?", M. Fabius, lui, écrit : "Fort bien, mais on aimerait que quand on lui téléphone, l'Europe soit capable de répondre d'elle-même. A force d'être molle, cette Europe-là sera bientôt morte." M. Strauss-Kahn juge que "l'Eurogroupe dispose désormais de bien des attributs d'un véritable gouvernement économique" ; pour M. Fabius, "le gouvernement économique ne s'installera pas". La détermination des auteurs est entière. M. Strauss-Kahn "enrage". M. Fabius a "confiance".
Ancien premier ministre, aujourd'hui numéro deux du PS, M. Fabius se livre à une vigoureuse critique du traité constitutionnel. Pour lui, "le oui revient à prendre un plus grand risque que le non". Le texte, écrit-il, aboutira à "durcir" la compétition entre Etats "pour attirer les capitaux, les sièges sociaux, les emplois", et place l'Europe "sous influence anglo-saxonne et dépendance de l'OTAN". "Voulez-vous prendre un aller simple, interroge-t-il, sans retour possible, pour une Europe diluée, libérale et atlantiste ?" Sa démonstration s'appuie, pour une bonne part, sur le fait que "l'élargissement a été mal négocié", que l'Europe, de ce fait, "dérive" depuis une dizaine d'années et qu'elle manque aujourd'hui d'exigence sur le terrain social.
M. Fabius considère que les avancées brandies par les tenants du "oui" socialistes et sociaux-démocrates "ont une portée juridique délibérément limitée, voire nulle." "Le projet constitue un ensemble à dominante libérale, où les oasis sociales sont rares", ajoute-t-il. Accepter les termes du compromis reviendrait donc, à ses yeux, à "constitutionnaliser une Europe au rabais".
"LAISSER-FAIRE, LAISSER-ALLER"
Pour M. Strauss-Kahn, ancien ministre, député du Val-d'Oise, le projet marque tout au contraire des "progrès" dans sa conception comme dans ses objectifs. "Pour la première fois, nous avons un traité politique", affirme-t-il, précisant : "La Commission va devenir le gouvernement démocratique de l'Union. Son président sera issu de la majorité parlementaire, il sera le premier ministre d'Europe." Et, assure "DSK", "les objectifs de l'Union sont désormais sociaux-démocrates, et non plus libéraux". L'auteur s'en prend avec vigueur à la "culture du non", la culture de ceux qui, écrit-il en paraphrasant Péguy à propos de Kant, "ont les mains propres parce qu'ils n'ont pas de mains". "Il n'y a qu'au sein du Parti socialiste français que le besoin d'être au plus près des communistes ou de l'extrême gauche peut encore servir de viatique", accuse-t-il.
Respectivement député européen et député de Saône-et-Loire, MM. Peillon et Montebourg participent à cet échange. Comme M. Fabius, ils estiment qu'"il y va d'une certaine idée de l'Europe, mais aussi d'une certaine conception de l'action politique". Précurseurs de la bataille pour le "non", ils combattent l'idée que cela aboutirait au "chaos" : "Dire "non", c'est provoquer une prise de conscience, c'est construire une nouvelle étape. Dire "oui", c'est s'interdire le sursaut nécessaire, ne pas faire l'Europe et laisser se défaire la France." Tout comme M. Fabius, qui dit avoir choisi contre le "laisser-faire, laisser-aller". En face, M. Strauss-Kahn répond par la culture du compromis qui, assure-t-il, "est à la racine même de la démocratie comme de la social-démocratie". Sur le champ de bataille, le dialogue continue.
Isabelle Mandraud

L'Humanité - Lundi 8 novembre 2004
politique
La constitution à livres ouverts
À quelques semaines de la consultation interne, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et le Nouveau Parti socialiste prennent l’opinion publique à témoin de leurs désaccords.
Au Parti socialiste, il y a les « pro-oui ». Et aussi les « pro-non ». La nouveauté est peut-être l’apparition d’un nouveau positionnement : les « anti-non ». Ce qui n’est pas sans signification sur l’évolution du débat qui se développe au sein de la principale force politique de gauche française à propos du texte constitutionnel européen.
[...]
Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Benoît Hamon (Nouveau Parti socialiste), dans Au coeur de la gauche (Éditions Le Bord de l’eau) rappellent, certes, leur « Manifeste pour un "non" socialiste », mais situent surtout leur réflexion sur le terrain du projet socialiste, qui constitue l’autre débat organisé au sein du PS avant un congrès extraordinaire. Lequel sera sans doute fort différent selon que le « oui » ou le « non » l’emporte parmi les militants. Quel que soit le sort du référendum national proposé par Jacques Chirac. Si toutefois il a lieu.
Dominique Bègles
 

Canal + - Lundi 8 novembre 2004 - La Matinale -
7h38 à 7h48 Vincent PEILLON avec Bruce TOUSSAINT & Valérie ASTRUC

LE FIGARO - 9 Novembre 2004
Les arguments de Montebourg et Peillon
Le NPS refuse la «pensée binaire»
N. B.
[09 novembre 2004]
Avec Au coeur de la gauche, éléments pour un projet politique, les trois animateurs du Nouveau Parti socialiste, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Benoît Hamon, voudraient «revisiter les fondamentaux de la gauche depuis vingt ans». En préparation depuis le printemps, cet ouvrage de 340 pages recueille vingt-trois contributions de membres de la minorité, sur des sujets divers comme la «VIe République», les «médias», la redistribution, et bien sûr «le non de l'espérance européenne». Le NPS rejette le texte de la Constitution européenne.
 
Premier chapitre du livre, celui consacré à l'Europe, a été rédigé par Vincent Peillon et Arnaud Montebourg. Les auteurs adressent d'abord un avertissement à ceux qui voudraient «éviter le débat». Ils refusent deux façons de faire. Tout d'abord, «noyer l'essentiel sous l'accessoire et transformer un grand débat en foire d'empoigne et concurrence des ambitions». Les animateurs du NPS l'affirment : la direction du parti ne serait pas remise en cause en cas de victoire du non. Deuxième refus : «Caricaturer le débat par une pensée binaire, polémique et approximative.» Eux aussi revendiquent le fait d'être pro-européen.
 
Sur ce terrain, le livre du NPS rejoint largement celui de Laurent Fabius, y compris dans les termes : «Dans notre refus de la Constitution, il y va d'une certaine idée de l'Europe», écrivent Vincent Peillon et Arnaud Montebourg. «C'est au nom d'une Europe puissante, intégrée, capable de préserver son modèle et jouer sa partition sur la scène internationale, que nous refusons ce traité», affirment-ils.
 
Soucieux de dédramatiser eux aussi les risques de crise annoncés par les partisans du oui, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon refusent «l'idée que le choix serait entre, d'un côté, l'approbation de ce traité et, de l'autre, le chaos». Mais «le non n'est pas en soi une fin, ajoutent-ils. Une initiative doit lui succéder, à construire ensemble, avec tous nos partenaires européens. Dire oui, c'est s'interdire le sursaut nécessaire».
 
Dans leur analyse, si la crise n'est pas à venir, c'est parce qu'elle est déjà là : crise «démocratique», «économique» et «sociale». La Constitution aggraverait la situation : «Ce traité prend le risque de décourager l'idéal européen, de faire progresser l'abstention de nourrir les extrémismes, de diluer et d'affaiblir durablement le projet européen. Ne pas vouloir le comprendre et ne pas vouloir en tenir compte, c'est faire preuve de cécité historique et prendre le risque d'une lourde responsabilité.»
 
En interne, les membres du NPS ne sont pas tendres envers la majorité actuelle du parti. Ce qui leur permet de renvoyer dos à dos François Hollande et Laurent Fabius qui en sont membres tous les deux. «Cette majorité, qui ne reposait que sur la coalition conservatoire d'intérêts particuliers, n'aura pas survécu au premier débat de fond, celui portant sur la Constitution européenne», accusent-ils. Leur constat est sévère : «Si la gauche refuse d'ouvrir un nouveau cycle politique, elle se condamne, et sa responsabilité sera grande dans le déclin français.»
 
Au coeur de la gauche, de Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon. Le bord de l'eau éditions, 345 p., 20 euros.
 

LE FIGARO - Mardi 9 novembre 2004
GAUCHE Livres, meetings, colloques : partisans et adversaires du traité cherchent à dynamiser leur campagne auprès des militants socialistes
Constitution européenne : au PS, les positions se radicalisent
Elsa Freyssenet
[09 novembre 2004]
A moins d'un mois du référendum militant qui déterminera, le 1er décembre, la position du PS sur la Constitution européenne, la concurrence s'exacerbe entre socialistes. «Refuser le traité européen au prétexte qu'il y aurait des politiques qui ne nous plairaient pas, c'est refuser tout ce que nous avons engagé, nous les socialistes, pour l'Europe», a déclaré hier le premier secrétaire du PS, François Hollande, venu plaider pour le oui en meeting à Vaulx-en-Velin. A ses côtés, Jack Lang est allé plus loin : «Pour un socialiste, un non à l'Europe est contre nature, contre l'Histoire, contre nos traditions, notre culture, notre identité.»
[...]
 
Cette personnalisation du débat autour des présidentiables agace les minoritaires du NPS, qui n'en ont pas. Aussi, lors de la présentation, vendredi, de leur livre, Au coeur de la gauche, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Benoît Hamon ont-ils mis en avant le «collectif» et le débat d'idées. Leur ouvrage traite de l'Europe et de bien d'autres sujets. Histoire de prouver que leur horizon ne s'arrête pas au 1er décembre, ils comptent réclamer de nouvelles consultations militantes, notamment sur la réforme des institutions françaises ou la redistribution. «Partout, le monde bouge, sauf au PS. Si le référendum peut y contribuer, vive le référendum !», s'est exclamé le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg. Réclamer de telles consultations est une manière de démentir à nouveau toute volonté de s'allier avec Laurent Fabius pour renverser François Hollande si le non à la Constitution européenne l'emporte au PS.
AU CŒUR DE LA GAUCHE
par Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon (dir.)
Ed. Le bord de l’eau, 2004, 343 p., 20 euros.
 

AU CŒUR DE LA GAUCHE
Le débat sur l’Europe va-t-il avoir la vertu de nous faire croire que nos hommes politiques ont des idées et pas seulement des ambitions ? C’est la conclusion à laquelle on est tenté de se rallier après la lecture des ouvrages de Laurent Fabius, Dominique Strauss-Khan et celui présentant, au-delà de l’Europe, les idées du Nouveau Parti socialiste de Vincent Peillon et Arnaud Montebourg. Petites phrases assassines et grandes déclamations sont bien là. Mais les deux éléphants du PS ont aussi étudié de près le projet de traité constitutionnel et nous en livrent leur interprétation et ce sont bien deux convictions politiques, au sens noble du terme, qui nous sont proposées. A cette aune, le court article de Peillon et Montebourg – dans un ouvrage qui brasse bien d’autres sujets (sécurité, environnement, médias, etc.) – en reste à de grandes généralités, mais la convergence d’analyse avec Laurent Fabius, pour étonnante, crève les yeux.
par Christian Chavagneux (n° 231)