EDITIONS LE BORD DE L'EAU
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PAOLETTI Marion

Cahiers de campagne
Une campagne contre Alain Juppé

Préface de Arnaud MONTEBOURG

Comment s’organise une campagne électorale ?
Son récit au quotidien.
Les affrontements sont présents, l’émotion aussi...
200 pages
ISBN 2-911803-64-7

Prix : 20 euros
Port et emballage compris en CEE
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Une campagne contre Alain Juppé
Préface de Arnaud MONTEBOURG


" Il faut se plonger dans ces pages qui décrivent au jour le jour les longues journées de cette candidature et observer comment Marion surmonte et entraîne avec son énergie. Son discernement et son sens de l'action politique, son charme intellectuel et personnel n'y sont pas pour rien. Mais cette femme de conviction connaît mieux que d'autres, la nécessité de ne pas laisser le monde qui l'entoure tel qu'il est. Le doute de la jeune mère de famille rejoint alors l'espoir de la jeune femme engagée pour l'avenir de ses enfants dans la cité qui s'abîme.
Marion Paoletti traverse le 21 avril 2002 avec les mêmes peurs que celles qui nous ont transpercés et glacés. Elle nous fait voir à quel point l'engagement politique et électoral transfigure la révolte et parfois la colère et transforme les mains qui protestent en mains qui bâtissent."
Arnaud Montebourg
En novembre 2001, Marion Paoletti est désignée par le Parti socialiste pour affronter Alain Juppé aux élections législatives de juin 2002 à Bordeaux. Chaque jour, de janvier à juin 2002, elle notera sur un cahier à spirales le déroulement de ses journées de campagne électorale ; journées où s'entremêlent les courses pour mener les enfants à l'école, la vie professionnelle, les luttes entre " amis politiques ", les joies, les réunions de campagne, le porte-à-porte, les atermoiements, les ruptures, les accolades…

Marion Paoletti est maîtresse de conférences en science politique à Bordeaux IV, auteure de La Démocratie locale et le référendum (éditions de l'Harmattan). Elle est membre du Parti socialiste depuis 1993 et membre fondatrice de l'association Convention pour le 6e République.
 
 
 
 
 

DANS LA PRESSE


13 novembre 2003

Le carnet de Paoletti
par Benoit LASSERRE

AU JOUR LE JOUR.
C'est en novembre 2001 que Marion Paoletti est désignée par le Parti socialiste pour affronter Alain Juppé sur la deuxième circonscription. Cette jeune universitaire, très proche d'Arnaud Montebourg - « Ma vraie rencontre politique », dit-elle - a déjà deux campagnes électorales sur le quatrième canton bordelais.
De janvier à juin 2002, elle a noté ses joumées, partagées entre les réunions, les distributions de tracts sur les marchés, les ma- nifestations mais aussi les soirées à la maison pour passer l'aspira- teur ou faire manger les enfants, ou encore les séances shopping pour s'acheter « des chaussures de fille ». Dans ce journal à chaud, elle ne cache rien des en- gueulades et des ruptures avec certains camarades. Elle ne cache pas non plus que, certaines fois, vaincue par la flemme, elle pré- fère rester chez elle plutôt que battre le pavé, ce qui lui vaut quelques remarques acides des militants. Ce livre devrait lui en at- tirer pas mal d'autres.


« Sud Ouest » Pourquoi publier votre journal de campagne?

Marion Paoletti Ce n'était pas du tout prévu lorsque j'ai commen- cé à noter au jour le jour le dé- roulement de cette campagne. Et puis, j'ai montré mon carnet à Jean-Luc Veyssy, des Éditions du Bord de l'eau. qui est, comme moi, très impliqué dans la Convention pour la sixième République (C6R) et le courant Nouveau Parti socialiste (NPS). Il l'a trouvé intéressant et m'a proposé de le publier. J'ai repris un peu le journal mais j'ai consevé le caractère à chaud de mes impressions. le livre aurait-dû sortir plus tôt mais nous avons été très absorbés par la préparation du congrès PS de Dijon et Jean-Luc Veyssy lui-même a eu son emploi du temps bouleversé par l'affaire Cantat qui venait de publier un livre d'entretiens au Bord de l'Eau.


N'avez-vous pas l'impression que é est un peu immodeste ?

Je ne sais pas. Je me dis que si un éditeur l'a trouvé intéressant, ce- la peut intéresser des lecteurs. Je pense que la politique, ce sont des idées mais c'est d'abord de l'humain. Ce que je souhaitais montrer par le journal, c'est l'aller-retour entre le domestique et le public. Et montrer aussi qu'une femme qui a des enfants et un travail peut aussi faire de la politique tout en préparant la cuisine ou en faisant le ménage certains soirs. Cela dit. il ne faut pas se mentir. Faire de la poli- tique et une campagne électo- rale, cela incite au narcissisme et développe une légère parano.

Votre livre est sous-titré« Une campagne contre Alain Juppé » mais on a !'impression que vous cognez plus souvent votre propre camp.

Ce journal reflète ce qui s'est pas- sé pendant la campagne. Alain juppé. je critique sa conception de la démocratie locale et son au- toritarisme mais je ne peux pas beaucoup parler de lui puisqu'il avait choisi de m'ignorer pendant cette campagne sauf une fois où il m'a serré la main en me la broyant. Concernant le Parti socialiste, je sais que quatre ou cinq personnes se sont senties agressées par certains de mes propos mais j'ai envie de dire que c'est la monnaie de la pièce de leur attitude pendant la campagne. Eux-mêmes n'ont pas été très corrects avec moi. Encore une fois, je note à chaud ce que je ressentais mais je ne rapporte que des propos publics et pas des bruits de couloir ou d'alcôves. J'ajoute enfin que c'est avec mol que je suis la plus dure parce que s'il m'arrive de m'envoyer des fleurs, je n'hésite pas non plus à me trouver super-nulle quand je l'ai été.

Au sein de votre parti, cer tains vous reprochent d'être «une intello» et de n'appa- raître que pour les élections.

Sur l'appellation d'intellectuelle, d'abord. Pour moi, un intellectuel est quelqu'un qui a fait une œuvre considérable et considérée par ses pairs. 1'en suis loin. Cela dit, il est exact que je suis uni- versitaire mais, pendant la campagne, un ouvrier intérimai- re qui figurait dans mon équipe m'a assuré que je n'avais ni à en rougir ni à m'en justifier.
Pour ma présence, je suis au PS depuis 1993 et je me suis présentée pour la première fois sur le quatrième canton en 1994. Après, j 'ai eu des obligations professionnelles qui m'ont fait quitter Bordeaux et il y a eu la naissance de mes deux enfants. C'est vrai que je ne me suis vraiment rendue disponible à la politique qu'à partir de 2000, mais depuis œtte date, je suis vraiment à fond. On a beaucoup travaillé avec le courant NPS, notamment pour la rédaction du livre « Démocratiser la démocratie locale» qui paraîtra en janvier.


Votre nom circule avec insistance pour la liste PS des régio- nales. Vous avez envie de ce mandat ?

D'abord, nous estimons que le courant NPS doit avoir sa place sur la liste des régionales puisqu'il a fait 12,5 % en Gironde. Or, je suis porte-parole de NPS et, en plus, je suis une femme. Donc, oui, je souhaite être élue conseillère régionale et c'est aussi pour cela que je suis au PS. Parce que c'est un parti de gouvernement, ! sur le plan national et sur le plan local. Si je n'étais que dans la contestation, je militerais à l'extrême-gauche. !
Enfin, je considère que la Région est une collectivité très in- téressante et j'estime qu'Alain Rousset a mis en place de vrais mécanismes de solidarité qui font contrepoids à la politique du gouvernement qui est résolu- ment hostile aux démunis.
Cela dit, je vous rassure -, si j'ai ce mandat, je ne ferai pas tout mon possible pour le garder à vie. Je continue de penser que la limitation des mandats est le meil- leur moyen de régénérer la démocratie et nos institutions.

Propos recueillis par Benoît Lasserre

Marion Paoletti, "Cahiers de campagne".
Une campagne contre Alain Juppé.
Préface d'Arnaud Montebourg. Éditions Le Bord de l'eau.
20 euros.
Pour commander
borddeleau@aol.com
 

Samedi 6 décembre 2003
Paoletti au silence

Marion Paoletti et ses amis du courant Nouveau Parti socialiste devaient tenir mardi une conférence de presse pour dénoncer l'éviction de cette dernière de la liste PS que conduira Alain Rousset aux prochaines régionales.
La conférence de presse a finalement été annulée. Il semble que la consigne soit venue de Vincent Peillon. Fondateur de NPS avec Arnaud Montebourg, qui préfère calmer les choses sur le plan départemental et tenter de résoudre le contentieux au niveau national.
A Bordeaux aussi, certains membres de NPS considèrent que Marion Paoletti doit se faire un peu oublier, d'autant plus, rappellent-ils, qu'elle n'est pas porte-parole officielle de NPS. « Le problème de Marion, dit l'un d'entre eux, c'est qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de parler. Et maintenant, voilà qu'elle se met à écrire ». Allusion au journal de campagne contre Alainjuppé qui vaut à Marion Paoletti sa mise au ban du PS.

Vendredi 6 janvier 2004
 
Paoletti est pressée

Suite à la parution des «Cahiers de campagne» de Marion Paoletti, des adhérents du PS ont de mandé la saisine de la commis sion des conflits du PS. Et l'intéressée souhaite que cette procédure aille à son terme ra-pidement. «A l'issue de ce processus, écrit-elle à Alain Anziani, ou .
je serai exclue, ou je pourrai reprendre normalement ma place de militante ».
Pour ce dernier, le cas Paoletti a été réglé une première fois par l'éviction de cette candidate sur la liste des régionales. Pour le reste, il, aurait préféré attendre mais bon, il répondra au souhait de Marion Paoletti.Mais il rappelle toutefois que contrairement à ce qu'elle affirme, les adhérents du PS n'ont pas réclamé son exclusion du parti. Ils ont simplement demandé à ce que la commission des conflits (composée de douze membres n'ayant aucune responsabilité à la fédération) soit saisie de ce différend. La commission reste libre de décider.

Nouvelles vagues
Numéro 24 - Bimestriel - Janvier / février 2004
 
Nous avons essayé de lire " Cahiers de campagne " paru chez une maison d'édition locale de gauche installée sur la lointaine rive droite. L'œuvre de Marion Paoletti (34 ans) ne restera pas dans les mémoires, sauf à Sciences Po où elle a la chance de sévir.
L'outsider (en français, disons plutôt la sparring partner) du PS bordelais a eu en 2002 le mérite de s'engager avec foi dans une cause perdue d'avance : battre Juppé aux élections législatives. Résultat : ballottage, belle perf au pays des premiers tours sur du velours. Voici donc un " Journal d'une campagne contre Alain Juppé " (c'est édifiant, elle se bat non
pas " pour " quelque chose mais " contre " quelqu'un), beaucoup de bruit pour rien dans le landerneau ! C'est aussi chiant que la balade de Fabius, l'ennemi des rénovateurs du PS dont ferait partie la Marion (voir plus loin).
Les petits règlements de compte entre amis foisonnent, tant mieux pour la rubrique de Sud
Ouest " Ne le répétez pas ", ex " Tire-bouchon ", qui adore les querelles de cour d'école. Devinette : mais qui sont donc ces Thierry, Paul, Jacques et les autres ? Les noms de famille sont absents, certainement pour préserver l'anonymat des gentils comme des méchants, comprenne qui connaît le who's who de la militance du cru. On aime bien le qualificatif utilisé par Montebourg, pote de Paoletti et animateur du Nouveau parti socialiste, dans la préface torchée entre une réunion pour la 6è République et une visio-conférence sur l'utilité de la particule au 21E siècle : en bref, Juppé est " irréparable ". Cela me rappelle un sublime dessin de Barros !
Quoi de plus ? Lisez-le livre, vous verrez bien. Honnêtement, j'ai irréparablement décroché au quart des 200 pages. Sympas, les clins d'œil à " Stéphane " (Lhomme, le militant bordelais par excellence quand il garde la tête plus froide qu'un réacteur nucléaire) et à " Karfa " (Diallo, l'homme politique qui s'en défend et qui croit pouvoir donner tout seul des couleurs à la démocratie). Rigolos, les coups de griffe au traître courant de baïne de la " fabiusie locale " : " Rive droite, si tu n'es pas fabiusien, la vie socialiste est très compliquée" (citation de " Seddik ", un sage qui " passe à la maison ").
La jeune maman, elle, reconnaît qu'elle va parfois au Mc Do ! Cela dit, niveau confidence et transparence, on aurait espéré davantage: les arcanes du pou- voir et les clés de la domination sociale d'une élite sur un peuple aliéné à dessein? Rien de tout ça, en tout cas jusqu'à la page 55, ma patience ayant des limites. Allez, de bonnes sorties pour la cause des meufs en politique ou sur la méthode Juppé et sa supercherie des conseils de quartiers et autres outils de promotion municipale et de retournement d'initiatives associatives à l'avantage exclusif du bon maire et de ses sous-fifres. Vous pouvez respirer. On apprend avec un immense intérêt qu'elle est fan du Café des Arts. Celui du monopolisateur dandy Jean-Do ou celui où allaient les ouvriers de chez Courbu au milieu du siècle dernier ?!
Citations: " Le débat à TV? est passablement tronqué. " Pléonasme! " Un militant barbu et édenté de la LCR ". Délit de sale gueule? " Je lui achète Rouge ". Un poil condescendant, mais en progrès, passe en classe supérieure. Allez donc faire comprendre à la France d'en bas sa post-face de tête chercheuse (" Un autre regard, braconnages entre science et politique, un regard croisé de politiste et de politique, une campagne à la croisée des intérêts et des passions, la diffusion de l'utilitarisme dans l'univers militant, avant le calcul: les identités ") !
Depuis la parution de son bouquin, la porte-parole départe- mentale du PS est persona non vraiment grata sur la liste giron- dine aux régionales de mars prochain. Ejectée, au profit d'une autre universitaire, la mère Cocula. Quelle histoire! Bordeaux rive droite champagne, rive gauche caviar, ton univers impitoyable. Pas très intello, comme chute. Je n'ai que bac plus trois. CQFD.
FD
* Le Bord de l'Eau, Latresne (octobre 2003, 20 euros, collection " Hors format"
versant dans le pipole d'aqui, S. Simon, C. Dugarry, B. Cantat, bientôt P. Obispo ?)
 

Samedi 29 mai 2004
Paoletti blanchie
La commission fédérale des conflits du Parti socialiste vient de blanchir Marion Paoletti des demandes de sanction a son encontre réclamées par douze militants girondins qui se disaient « trahis » ou «jetés en pâture» par l'ancienne candidate aux législatives contre Alain Juppé dans son livre, «Cahiers de campagne ». Un livre qui lui avait notamment coûté sa place éligible sur laliste d'AlainRousset aux régionales.Il n'est pas sûr que Marion Paoletti puisse se consoler avec les européennes. Elle figure certes sur la liste du Grand Sud-Ouest, mais à la dix-huitième place, alors que le PS compte avoir au moins trois élus. Pour quelqu'un qui compte siéger à Bruxelles, elle est un peu dans les choux.