EDITIONS LE BORD DE L'EAU
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Michel BRIAT
 
My lost Vinyls
 
collection "Musique & Chansons"
Format : 20 x 20 — 128 pages
Date de parution : février 2007
ISBN : 2-915651-58-2

 

Clip : 4'03
Présentation de quelques illustrations du livre
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Prix : 15 € TTC
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LE LIVRE

Michel Briat est un vrai peintre : il vit pour peindre, la musique est sa plus fidèle compagne. Parfois il peint pour vivre.
Un jour son ex-femme vendit à un brocanteur sa collection de disques pour changer sa serrure. La perte de ses vinyles le rendit inconsolable. Mais il fit ce qu’on attend d’un peintre : Il peignit. Sur un carré noir de trente centimètres de coté, il fit réapparaître les images qui l’avaient marqué : La femme noire magique de Santana, les dragons de Yes, les pin-up de Roxy Music, les papiers collés des Sex Pistols…
Il inventa ainsi des histoires, une pour chaque vinyle perdu. Ce n’était pas difficile : il les avait vécues.
 
« My lost vinyls » ce sont des chroniques adolescentes et peintures acryliques qui ont la musique comme intersection commune. La fin des seventies, les premiers concerts, son deuxième dépucelage et les derniers disques noirs achetés à la FNAC. On croise Led Zeppelin, Robert Smith, la prof. de musique du lycée de Montgeron et Delphine D. l’amante pornographique... On prend les trains de la banlieue sud-est, avec Mick et Gerry, Franck Zappa, des gentils dealers de shit, le père mélomane, une sœur sweet sixteen.
Parfois, l’image prend le dessus et laisse l’auteur sans voix. Parfois l’histoire fait oublier la pochette.
Mais la musique se fait toujours entendre.
 

L'AUTEUR

Après avoir obtenu son diplôme à l’EAP (École des Affaires de Paris), Michel Briat choisit sa vraie vocation et devient artiste-peintre. Il est également art-thérapeute en clinique. Il édite la revue la Loire le Brésil, revue d’écrits d’artistes. Il est l’auteur d’un ouvrage défendant la cause du végétarisme Le Végétarien sans peine publié (2003 aux éditions Belfond) sous son pseudonyme de Gabriel Bertaud.
 

LES PREMIÈRES LIGNES DU LIVRE
 
Intro
 
Quand j’avais treize - quatorze ans, au milieu des années
soixante-dix, les disques mesuraient trente centimètres de
diamètre et étaient fabriqués en vinyle noir.

Ils étaient recouverts d’une belle pochette qui brillait. Je les auscultais dans le métro juste après les avoir achetés. Je vérifiais le bon état de la galette. Je lisais les noms de musiciens qui remerciaient rarement Dieu et jamais leur maman, découvrais les illustrations intérieures, humais l’odeur du vinyle neuf et détaillais les images en couverture : Les pin-up somptueuses de Roxy Music, les
étranges perspectives des pochettes de Genesis, les dragons de Roger Dean, la Black Magic Woman de Santana, la photo floue de Machine Head, le crépuscule californien des Eagles….

Au début des années 80 on nous incita à acheter des CD. Des tous petits disques «laser » avec des toutes petites pochettes dans un affreux boîtier en plexiglas. En nous disant que les C.D. «étaient éternels » que le son était bien meilleur, plus de rayures, de bruit de fond.

Avec les variations Goldberg, ça faisait son effet. Mais pour « No fun » des Stooges, le résultat n’était pas probant. Ceux qui ont décidé de nous imposer le CD n’écoutaient que de la musique classique ou parfois les jours de grande débauche, du jazz.

A la fin des eighties il n’y avait plus le choix. C’était la fin des vinyles. J’ai donc cessé d’acheter les disques noirs sous leur bel emballage. Mais je gardais précieusement les anciens. Ma collection m’a suivi dans tous mes déménagements, lourde à porter, facile à ranger.
Un jour le trésor disparut. Une « ex » Josette S. s’est vengée et a vendu à un pauvre soldeur tous les disques, les étapes sur le chemin de ma vie, pour se payer une serrure trois points, avec une clef creusée de petites cavités hémisphériques, une Kezo.
J’ai hésité à partir déminer en Angola, puis j’ai songé monter une association genre «SOS-hommes-abattus ».
J’ai failli en parler à Lama Gyourme puis j’ai écouté ses deux disques Souhaits pour l’éveil etRain of blessing. Trois ans plus tard, j’ai décidé de reproduire avec de la
peinture acrylique blanche quelques-unes des pochettes manquantes sur des tableaux carrés de trente centimètres de côté. Sur fond noir.
Il fallait en finir avec cette histoire, je n’allais pas éternellement pleurer sur mes vinyles perdus.
 
***
 
EXTRAITS
 
***
The Dark side of the Moon- Pink Floyd
 
 
Je me suis fait offrir le disque pour Noël. Ma grande cousine Martine m’a dit :
-- Ah, ce disque c’est la mort du Floyd, c’est trop commercial.
Elle les avait vus en concert à Londres en 1968.
 
***
 
 
Je n’ai jamais acheté de disques de Cure. Pourtant j’aimais bien leurs morceaux Pop, comme le générique des Enfants du Rock.
Delphine D. et moi étions amants. Je trompais Odyssée avec Delphine. Cela durait depuis des mois. Mais je ne voulais pas quitter Odyssée. Delphine habitait avec son frère Cyrille, à côté d’une cour d’école. C’est la récréation de 10h15 qui nous réveillait.
Cyrille nous considérait comme des branleurs parce que nous étions aux Beaux-Arts. Mais un petit doute l’empêchait de nous mépriser totalement : Et si nous étions les futurs Delaunay ou Tinguely et Niki de Saint-Phalle ? Il étudiait le cinéma, un cursus
plus responsabilisant que le nôtre. Il écoutait le grand orchestre de Montovani et envisageait la musique surtout comme une bande son.
Cela m’a permis de découvrir la variété italienne des années 50 et 60, les « Successi italiani ». Delphine avait adopté les mêmes goûts musicaux que son frère elle reniait alors ses premières amours rock.
Un jour, elle a voulu faire le ménage et s’est débarrassée de certains disques. Elle m’a donné le disque des Cure en affirmant qu’elle ne l’aimait plus. J’ai accepté le cadeau comme on recueille un animal abandonné. Je ne connaissais pas cet album. J’en découvris le titre avec stupeur : « Pornography ». Elle avait raison ; notre relation était pornographique. Je la quittai.
 
***
 
Live in the airage - Be-bop Deluxe
 
 
Je me souviens uniquement que la pochette contenait deux disques, un noir et un blanc. Le vinyle blanc m’a beaucoup intrigué, je me demandais s’il allait en sortir de la musique.
***

LA PRESSE

 
Pochettes surprise
Michel Briat est peintre. Et amateur de rock. Sa collection de disques, il l’a commencée dans les années 70. Puis deux drames ont jalonné sa vie de mélomane esthète : l’arrivée du CD suivi d'une ex, traîtresse, qui a liquidé ses précieux vinyls. Mais ces pochettes sont restés gravées dans sa tête. Ils les a repeintes de mémoire, accompagnant chaque tableau d’une anecdote, d’un souvenir, d’une histoire. De Tommy (The Who) à Hoppkorv (Hot Tuna) en passant par Cohen, les Stones, Santana ou Cure : un carnet intime offert à tous sous la forme d'un livre touchant. ? H.C.