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- LE LIVRE
Michel
Briat est un vrai peintre : il vit pour peindre, la musique
est sa plus fidèle compagne. Parfois il peint pour vivre.
Un jour son ex-femme vendit à un brocanteur sa collection
de disques pour changer sa serrure. La perte de ses vinyles le
rendit inconsolable. Mais il fit ce quon attend dun
peintre : Il peignit. Sur un carré noir de trente
centimètres de coté, il fit réapparaître
les images qui lavaient marqué : La femme noire
magique de Santana, les dragons de Yes, les pin-up de Roxy Music,
les papiers collés des Sex Pistols
Il inventa ainsi des histoires, une pour chaque vinyle perdu.
Ce nétait pas difficile : il les avait vécues.
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- « My lost vinyls » ce sont
des chroniques adolescentes et peintures acryliques qui ont la
musique comme intersection commune. La fin des seventies, les
premiers concerts, son deuxième dépucelage et les
derniers disques noirs achetés à la FNAC. On croise
Led Zeppelin, Robert Smith, la prof. de musique du lycée
de Montgeron et Delphine D. lamante pornographique... On
prend les trains de la banlieue sud-est, avec Mick et Gerry,
Franck Zappa, des gentils dealers de shit, le père mélomane,
une sur sweet sixteen.
- Parfois, limage prend le dessus et laisse
lauteur sans voix. Parfois lhistoire fait oublier
la pochette.
Mais la musique se fait toujours entendre.
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L'AUTEUR
Après avoir obtenu
son diplôme à lEAP (École des Affaires
de Paris), Michel Briat choisit sa vraie vocation et devient
artiste-peintre. Il est également art-thérapeute
en clinique. Il édite la revue la Loire le Brésil,
revue décrits dartistes. Il est lauteur
dun ouvrage défendant la cause du végétarisme
Le Végétarien sans peine publié (2003
aux éditions Belfond) sous son pseudonyme de Gabriel Bertaud.
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LES PREMIÈRES LIGNES DU LIVRE
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- Intro
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- Quand javais treize - quatorze ans, au milieu
des années
soixante-dix, les disques mesuraient trente centimètres
de
diamètre et étaient fabriqués en vinyle
noir.
Ils étaient recouverts dune belle pochette qui brillait.
Je les auscultais dans le métro juste après les
avoir achetés. Je vérifiais le bon état
de la galette. Je lisais les noms de musiciens qui remerciaient
rarement Dieu et jamais leur maman, découvrais les illustrations
intérieures, humais lodeur du vinyle neuf et détaillais
les images en couverture : Les pin-up somptueuses de Roxy
Music, les
étranges perspectives des pochettes de Genesis,
les dragons de Roger Dean, la Black Magic Woman de Santana,
la photo floue de Machine Head, le crépuscule californien
des Eagles
.
Au début des années 80 on nous incita à
acheter des CD. Des tous petits disques «laser »
avec des toutes petites pochettes dans un affreux boîtier
en plexiglas. En nous disant que les C.D. «étaient
éternels » que le son était bien meilleur,
plus de rayures, de bruit de fond.
Avec les variations Goldberg, ça faisait son effet. Mais
pour « No fun » des Stooges, le résultat
nétait pas probant. Ceux qui ont décidé
de nous imposer le CD nécoutaient que de la musique
classique ou parfois les jours de grande débauche, du
jazz.
A la fin des eighties il ny avait plus le choix. Cétait
la fin des vinyles. Jai donc cessé dacheter
les disques noirs sous leur bel emballage. Mais je gardais précieusement
les anciens. Ma collection ma suivi dans tous mes déménagements,
lourde à porter, facile à ranger.
Un jour le trésor disparut. Une « ex » Josette
S. sest vengée et a vendu à un pauvre soldeur
tous les disques, les étapes sur le chemin de ma vie,
pour se payer une serrure trois points, avec une clef creusée
de petites cavités hémisphériques, une Kezo.
Jai hésité à partir déminer
en Angola, puis jai songé monter une association
genre «SOS-hommes-abattus ».
Jai failli en parler à Lama Gyourme puis
jai écouté ses deux disques Souhaits pour
léveil etRain of blessing. Trois ans
plus tard, jai décidé de reproduire avec
de la
peinture acrylique blanche quelques-unes des pochettes manquantes
sur des tableaux carrés de trente centimètres de
côté. Sur fond noir.
Il fallait en finir avec cette histoire, je nallais pas
éternellement pleurer sur mes vinyles perdus.
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- EXTRAITS
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- The Dark side of the Moon- Pink Floyd
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- Je me suis fait offrir le disque pour
Noël. Ma grande cousine Martine ma dit :
-- Ah, ce disque cest la mort du Floyd, cest trop
commercial.
Elle les avait vus en concert à Londres en 1968.
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- ***
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- Je nai jamais acheté de
disques de Cure. Pourtant jaimais bien leurs morceaux Pop,
comme le générique des Enfants du Rock.
Delphine D. et moi étions amants. Je trompais Odyssée
avec Delphine. Cela durait depuis des mois. Mais je ne voulais
pas quitter Odyssée. Delphine habitait avec son frère
Cyrille, à côté dune cour décole.
Cest la récréation de 10h15 qui nous réveillait.
Cyrille nous considérait comme des branleurs parce que
nous étions aux Beaux-Arts. Mais un petit doute lempêchait
de nous mépriser totalement : Et si nous étions
les futurs Delaunay ou Tinguely et Niki de Saint-Phalle ? Il
étudiait le cinéma, un cursus
plus responsabilisant que le nôtre. Il écoutait
le grand orchestre de Montovani et envisageait la musique surtout
comme une bande son.
Cela ma permis de découvrir la variété
italienne des années 50 et 60, les « Successi italiani
». Delphine avait adopté les mêmes goûts
musicaux que son frère elle reniait alors ses premières
amours rock.
Un jour, elle a voulu faire le ménage et sest débarrassée
de certains disques. Elle ma donné le disque des
Cure en affirmant quelle ne laimait plus. Jai
accepté le cadeau comme on recueille un animal abandonné.
Je ne connaissais pas cet album. Jen découvris le
titre avec stupeur : « Pornography ». Elle avait
raison ; notre relation était pornographique. Je la quittai.
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- Live in the airage - Be-bop Deluxe
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Je me souviens uniquement
que la pochette contenait deux disques, un noir et un blanc.
Le vinyle blanc ma beaucoup intrigué, je me demandais
sil allait en sortir de la musique.
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- LA
PRESSE
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- Pochettes surprise
Michel Briat est peintre. Et amateur de rock. Sa collection de
disques, il la commencée dans les années
70. Puis deux drames ont jalonné sa vie de mélomane
esthète : larrivée du CD suivi d'une ex,
traîtresse, qui a liquidé ses précieux vinyls.
Mais ces pochettes sont restés gravées dans sa
tête. Ils les a repeintes de mémoire, accompagnant
chaque tableau dune anecdote, dun souvenir, dune
histoire. De Tommy (The Who) à Hoppkorv (Hot Tuna) en
passant par Cohen, les Stones, Santana ou Cure : un carnet intime
offert à tous sous la forme d'un livre touchant. ? H.C.
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