LE BORD DE L'EAU
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PEILLON Vincent
 
Pierre Leroux
et le socialisme républicain

Essai
 
ISBN 2-911803-78-7
330 pages
Format 14 x 21,5

Prix : 22 euros TTC
Port et emballage compris en CEE
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George Sand : « Il [Pierre Leroux] a la figure belle et douce, l’œil pénétrant et pur, le sourire affectueux, la voix sympathique […]. Il était alors le plus grand critique possible dans la philosophie de l’histoire et, s’il ne vous faisait pas nettement entrevoir le but de sa philosophie personnelle, du moins il faisait apparaître le passé dans une si vive lumière, et il en promenait une si belle sur les chemins de l’avenir, qu’on se sentait arracher le bandeau des yeux comme avec la main. »
***
Pierre Leroux : « Nous ne faisons pas de l’histoire pour faire de l’histoire ; nous ne remuons pas les ruines du passé pour le plaisir de troubler les cendres des morts dans leurs tombeaux ; nous étudions l’histoire et nous nous occupons du passé en vue de l’avenir. »
Au début du 20e siècle, les dictionnaires allemand et anglais citaient encore : « Il existe deux inventeurs du “socialisme” le Français Pierre Leroux et l’Allemand Karl Marx… » Depuis Pierre Leroux (1797-1871) est tombé dans un des nombreux puits de l’histoire des idées.

Vincent Peillon, agrégé de philosophie, est directeur de recherches au CNRS.
Il a publié :
La Tradition de l’esprit, itinéraire de Maurice Merleau-Ponty, Grasset, 1994 ;
Jean Jaurès et la religion du socialisme, Grasset, 2000.
 
 
 
 
 
 

DANS LA PRESSE
Le Nouvel observateur
31 mai - 6 juin 2007
Les boussoles de Peillon
Et si, avant de rénover la gauche, il fallait redécouvrir les grands classiques du républicanisme ?
par François Bazin
 
C'est Philippe Chanial, un sociologue, secrétaire de la " Revue du Mauss ", qui va dire l'essentiel en quelques mots. Il a livré une belle préface à la réédition de " la Morale sociale " de Benoît Malon. Sur cette figure oubliée de la gauche française de la fin du XIX' siècle, théoricien méconnu d'un socialisme réformiste et républicain, il est intarissable. Malon l'éclectique, comme disait Marx avec mépris ? Et alors... Avec lui, autour de lui, parfois même contre lui, c'est toute une école qu'on redécouvre. Pas simplement par goût de l'érudition académique. Derrière " la Bibliothèque républicaine" (1) que lancent les Éditions du Bord de l'Eau, il y a un projet intellectuel et politique de première importance. Philippe Chanial en est conscient : " La droite s'est ressourcée, à partir des années 1970, dans une relecture critique des théoriciens du libéralisme français, Tocqueville ou Constant. Si la gauche réformiste, à son tour, ne fait pas ce travail avec les siens, alors... "
Refondation ? Dites plutôt redécouverte. Le chef d'orchestre de cette opération s'appelle Vincent Peillon. Il est parlementaire européen. C'est un des espoirs du PS, où l'on reste un jeune quand on n'a pas encore 50 ans. Philosophe et militant. Historien et élu. Peillon est un cas. Encore un éclectique... Le drame du socialisme français s'est noué à ses yeux en 1905, quand Jaurès, pour obtenir l'unité de l'organisation, a cédé l'essentiel au marxisme vulgaire de Guesde en comptant sur le temps pour rattraper le terrain perdu. Ce temps lui a manqué un jour d'août 1914. La gauche ne s'en est jamais remise.
C'est tout un continent intellectuel qui a ainsi disparu, il y a de cela un siècle. Des socialistes libertaires, des républicains de progrès, des utopistes, des laïques, des associatifs aussi... Tellement divers mais finalement si proches. Parfois datés mais souvent riches de problématiques qu'une gauche vaguement marxiste n'a eu de cesse de disqualifier. Quoi de commun entre Ferdinand Buisson et Pierre Leroux ? Quel rapport entre Alfred Fouillée et Célestin Bouglé ? Quels liens entre Benoît Malon et Léon Bourgeois ? Ceux-là ne forment pas une école à proprement parler. Ils dessinent plutôt une communauté de pensée. Ils ont tous leur place dans la même bibliothèque.
Curieux hasard - mais en est-ce vraiment un ? - que ce retour à des auteurs oubliés au moment même où la gauche réformiste cherche, dans la défaite, de nouvelles boussoles. D'autant qu'avec Bourgeois, Malon, Fouillée and Co, c'est toute une génération de jeunes historiens, philosophes et sociologues qui s'affirme ou pointe le bout de son nez. Vincent Peillon réédite. Eux préfacent. Leurs noms ? Philippe Chanial mais aussi Jean-Fabien Spitz, auteur il y a quelques années d'un très remarquable " Moment républicain en France " (Gallimard), ou Serge Audier, dont l'ouvrage sur "le Socialisme libéral " (La Découverte) aurait mérité d'être davantage commenté, à gauche notamment. Tous disent finalement la même chose. Le réformisme, dans la tradition française, n'est pas qu'un pragmatisme au [d de l'eau. Le républicanisme est une école qui mérite mieux que les statues de marbre qui lui ont été consacrées. Le reconnaître, n'est-ce pas déjà reconstruire ?  
François Bazin
 
(1) Déjà publié aux Éditions Le Bord de l'Eau : " Pour la laïque et autres textes ", de Jean Jaurès ; " la Morale sociale ", de Benoît Malan ; " la Foi laïque ", de Ferdinand Buisson.


LE MONDE | 09.01.04
 
Vincent Peillon redécouvre le socialisme français prémarxiste
par Nicolas WEILL

Pierre Leroux et le socialisme républicain. Une tradition philosophique, de Vincent Peillon, Le Bord de l'eau éditions, 330 p., 22 € .
Que le socialisme français vive une crise d'identité aggravée par l'échec de Lionel Jospin à l'élection présidentielle de 2002, voilà un constat que Vincent Peillon, ancien porte-parole du PS et l'un des animateurs du courant Nouveau Parti socialiste (NPS), avait sans doute à l'esprit en rendant ce vibrant hommage à Pierre Leroux (1797-1871). En cherchant à restituer la dimension philosophique de cette figure oubliée du socialisme français prémarxiste, cet ouvrage vise aussi un autre objectif : replacer la réflexion au cœur de la politique.
M. Peillon, qui, depuis la présidentielle, reproche à son parti et à sa direction le goût des "synthèses molles et des équilibres d'opportunité" (Le Monde du 30 août 2002), estime en effet que la crispation sur l'orthodoxie marxiste ne sert désormais plus qu'à couvrir l'opportunisme politique. Non sans originalité, il montre que le pragmatisme en politique relève, en réalité, d'un choix théorique. En l'occurrence, une adhésion sans nuance à la fameuse onzième thèse de Marx sur Feuerbach (1845) - "Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, mais il s'agit de le transformer" -, qui a institué en dogme, dans le mouvement socialiste, que la vérité est action et non réflexion.
En cela, M. Peillon risquerait de prendre de front la culture marxisante de nombre de militants à l'heure où se profile une fusion de deux courants minoritaires - NPS et Nouveau Monde, d'Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon - contre les " dérives social-libérales " du PS. Pour éviter que la mise à distance du modèle marxiste, jamais officiellement révoqué par le PS, ne soit interprétée comme un abandon de la "question sociale", la référence à une pensée socialiste d'avant Marx et le marxisme joue ici un rôle-clé.
 
SOUCI DE REFONDATION
 
Pierre Leroux ne se targuait-il pas d'avoir, en 1834, inventé le terme de "socialisme"(en réalité, on le trouve dès 1803 sous la plume d'un certain Giuliani) ? A travers lui, le fil serait renoué avec une tradition que M. Peillon préfère appeler "socialisme républicain" plutôt qu'"utopique". Une tradition qui réconcilie un socialisme réformiste et résolument hostile à la violence révolutionnaire avec des promesses du libéralisme trahies par les libéraux "doctrinaires" à la Guizot.
Bien qu'enfoui sous la vulgate marxiste, ce "socialisme en un autre sens" se serait maintenu au XXe siècle. Le ralliement d'un Pierre Mendès France au mouvement socialiste, en 1959, constituerait la preuve d'une alternative possible à la "déviation marxiste".
Cette démarche de redécouverte militante et érudite ne comporte-t-elle pas toutefois le risque de faire oublier les faces sombres de cette version-là du socialisme ? On peut regretter que M. Peillon, dans son empathie avec cette œuvre, ait insuffisamment rappelé que toutes les conceptions de Leroux ne sont pas forcément transposables aujourd'hui. Celui-ci n'a-t-il pas commis, par exemple, des écrits antijuifs, comme tant d'autres socialistes du XIXe siècle ? L'actualité d'un penseur se mesure à ses quelques zones d'ombre, même s'il ne s'agit pas de l'y réduire.
En revanche, il est une actualité de Leroux particulièrement forte en ces temps de laïcité militante. Celle d'un moderne paradoxal qui s'efforce de réconcilier le socialisme républicain avec l'idée religieuse. Si, pour lui, la religion est avant tout "religion de l'humanité", l'ambition du socialisme républicain n'en reste pas moins d'accomplir ici bas le programme que le christianisme a failli à réaliser. Cette vision, quoique séculière, n'en aboutit pas moins à une véritable théologie laïque. En cela, suggère M. Peillon, auteur chez Grasset d'un Jean Jaurès et la religion du socialisme (2000), elle pourrait porter les prémices d'une laïcité plus conciliante et plus respectueuse du pluralisme.
 
Nicolas Weill
 
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.01.04

Supplément du Tageblatt - An9 - 16 janvier 2004
Pierre Leroux, en Lazare du socialisme
Par Robert Redeker
 
 
Le souvenir de Pierre Leroux (1797-1871) a été effacé – sa figure a été renvoyée à la préhistoire du socialisme, à son enfance autant dire à sa puérilité. Il n’était plus qu’un nom dans les dictionnaires, celui du philosophe qui, le premier, mit en circulation le vocable « socialisme ». Cet effacement n’a nullement été un oubli, mais une occultation dont l’enjeu fut de permettre la mainmise du marxisme, de son dogmatisme et sa vision totalitaire du monde, sur le socialisme. Vincent Peillon – figure de proue du courant rénovateur dans le Parti Socialiste (français), et, comme Jean Jaurès jadis, agrégé de philosophie – tire de l’oubli ce penseur étonnant. Grâce à la composition de ce livre – où à la suite de l’étude de Peillon se trouvent, opportunément, 130 pages de textes auteur volontairement signés Leroux – il est possible de saisir quel philosophe d’envergure fut cet auteur précipité dans la caducité de l’histoire.
 
Malgré Jaurès, le socialisme « français » a été trahi par le marxisme. Ce dernier – un scientisme à la langue de fer – l’a mis à mort. Jaurès lui-même, qui reprend toute la pensée de Leroux et dont l’œuvre ne se peut expliquer sans lui, s’est senti obligé de taire le nom de son inspirateur pour mieux répandre sa pensée. La censure imposée par le marxisme fut si forte dès l’orée du XXème siècle que le nom de Leroux devint, dans la gauche française, un nom aussi maudit qu’interdit. Peillon l’observe : « Jaurès emprunte à Leroux l’essentiel de sa pensée…mais Jaurès ne le cite jamais ». La chape de plomb imposée par le marxisme contraignit très tôt ceux qui souhaitaient faire fructifier l’héritage de Leroux à employer une stratégie intellectuelle analogue à cet « art d’écrire » dont parle Leo Strauss au sujet de Machiavel ou de Maïmonide. En parler sans le citer !
Pourquoi cette malédiction ? Bien avant Marx, « en contradiction, nous dit Peillon, avec la lecture que ce dernier donnera des socialistes français de la première génération », Leroux découvre la division de la société en deux classes : Bourgeois et Prolétaires. La définition proposée par Leroux de ces deux concepts est exactement la même que celle, postérieure, de Marx dans le Manifeste – peut-être, dans l’ostracisme anti-Leroux des marxistes y a-t-il une jalousie de paternité conceptuelle ? Derrière le vol de paternité gisent des enjeux de pouvoir et d’influence sur l’histoire. Pour saisir la véritable cause de cet ostracisme, il convient prendre pour guide cette observation : « le geste spécifique de Leroux, celui d’ailleurs qui constitue le fil conducteur de son œuvre et lui donne son caractère encyclopédique, c’est qu’il prétend constituer le socialisme non comme une tradition, mais comme l’accomplissement de ce qu’il peut y avoir de vrai dans la tradition jusque là ». Nous y sommes : le socialisme n’est pas une rupture, il est un accomplissement, et en particulier l’accomplissement du libéralisme.
La non-rupture entre le libéralisme et le socialisme présuppose une vision de l’homme et une vision de la tradition (le socialisme étant la philosophie qui recueille la tradition de l’humanité). Ces visions se construisent dans une synthèse des trois adversaires de Leroux: le rationalisme géométrique issu de Rousseau et qui allait conduire au socialisme dogmatique (Saint-Simon), l’empirisme venu de Locke qui s’achève dans l’égoïsme libéral de Bentham, et la pensée réactionnaire de Chateaubriand et De Maistre qui a bien vu les causes de l’échec de la Révolution tout en ne proposant rien d’autre que le retour du passé. La Révolution française s’est abîmée dans l’échec du fait de son incapacité à fournir une religion en relais au christianisme. La religion est l’instance unissant de l’intérieur chaque être à l’humanité en actualisant un « lien invisible ». Chaque homme puise la sève de sa vie à la tradition, dont la religion est souvent le vecteur principal, et dans laquelle il importe de voir l’humanité nourrissant chacun d’entre nous de ses produits antérieurs, enrichissant, une génération par dessus l’autre, une innéité dynamique. Tradition : « c’est véritablement de sa vie que nous nous nourrissons, que nous vivons ; seulement, nous nous en nourrissons en proportion de la force assimilatrice qui est en nous », écrit Leroux ; c’est pourquoi connaître « est réellement se nourrir de la vie d’un homme antérieur ». Briser ce lien personnel à l’humanité possibilisé par la tradition et la religion (songeons aux Khmers Rouges) revient autant à détruire l’homme qu’à stériliser ses conditions d’existence. Par suite, il importe pour la réalisation même du socialisme (l’égalité et la reconnaissance de l’autre comme mon semblable) que s’édifie une religion de l’humanité dans laquelle s’accomplirait l’essence commune de toutes les religions passées. Le socialisme républicain, écarté aussi bien de l’individualisme absolu (Bentham) que du socialisme absolu (Saint-Simon), devrait prendre cette religion de l’humanité pour assises. On saisit maintenant les causes de la peur panique que ce socialiste des premiers temps, devenu socialiste maudit, Pierre Leroux, a pu inspirer au socialisme rapté par le marxisme et aux sinistres socialismes réels.
 
La philosophie est enseignante d’avenir. Pour beaucoup de peuples de la terre, « socialisme » est l’autre nom du malheur. Mais le socialisme peut-il prendre un autre cours, peut-il s’entendre en « un autre sens » ? Vincent Peillon le pense – ce salut du socialisme, s’il est possible, doit sauter par dessus « l’histoire rompue », afin de relier la philosophe et la politique à des figures comme celles de Leroux. Nous n’avons pas à nous prononcer ici sur ce point. Par la vertu de Peillon, voilà Leroux devenu une sorte de Lazare du socialisme, le voilà remis à sa vraie place, celle d’un philosophe dont il sera désormais impossible de se passer.
 
ROBERT REDEKER "TAGEBLATT"
 

semaine du 5 au 11 janvier 2004
Socialistes cherchent socialisme, désespérément
C'est un réflexe de survie: quand le socialisme français se perd suffisamment pour se chercher enfin, il revient à sa source, la République.
Cette quête anime deux sans-mandat, Vincent Peillon et Jean-Luc Mélenchon, qui tentent, dans leurs livres, de forger l'alternative au hollando-fabiusisme, ce pragmatisme au fIl de l'eau.
L'un et l'autre ont de la politique une très haute idée; leurs ouvrages planent donc dans des sphères inaccessibles aux « star académiciens».
Sous la plume érudite de l'ex-député de la Somme, le lecteur attentif pénètre la pensée de Pierre Leroux (1797 - 1871), fils de la Révolution française et premier des « socialistes» puisqu'il en a forgé le concept avant sa « trahison» par le marxisme. Dans un autre style, plus sanguin, l'ex-sénateur de l'Essonne creuse le même sillon. La compilation de ses meilleurs textes et discours rappelle que l'esprit des origines du socialisme n'a pas été oublié par tout le monde.
Les deux hommes qui, aux côtés respectivement d'Arnaud Montebourg et d'Henri Emmanuelli,
œuvrent pour un rapprochement des ]courants minoritaires du PS, ne perdent pas espoir de prendre d'assaut la nouvelle « vieille maison », comme on appelait
la SFIO. Irréductibles utopistes !
D.B.


Place au livre
Samedi 17 janvier 2004 à 14h40
Dimanche 18 janvier 2004 à 14h10

 
Nouvel Observateur - N°2049 - Semaine du 12 au 16 février 2004
 
Un autre dirigeant du PS, Vincent Peillon, vient de consacrer à Pierre Leroux (1797-1871), architecte d'un " socialisme républicain" que la vulgate marxiste a voulu réduire au rang d'un simple archaïsme. Peillon, quand il défriche une histoire oubliée et pourtant si féconde, travaille lui aussi au réarmement d'une gauche dont les doutes actuels ne sont peut-être que l'expression de son ignorance.
François Bazin

La Montagne - 22 février 2004
 
PHILOSOPHIE : Vincent Peillon relate l'épopée de l'inventeur du socialisme

Pierre Leroux et sa tradition socialiste
Pierre Leroux a marqué le vie creusoise et profondément influencé George Sand.
Vincent Peillon consacre un essai au théoricien socialiste.
 
Pierre Leroux a donné son nom à de rues de Boussac et de Guéret ? à 20 heures, Vincent Peillon présentera son livre " Pierre Leroux et le socialisme républicain" à Aubusson.
Cet essai qui vient de paraître cerne une tradition philosophique forte. Leroux est généralement considéré comme l'un des inventeurs du socialisme.

UN PHILOSOPHE A BOUSSAC

L'essai de Vincent Peillon, agrégé dé philosophie et directeur de recherches au CNRS, cofondateur de l'association Ensemble pour un nouveau parti socialiste, comble un vide. En effet, bien peu d'études sont consacrées à Pierre Leroux (1797-1871). Ce livre paraît en pleine année George Sand, qui fut profondément influencée par les théories de Leroux (voir également notre édition en page Creuse 3).
Ancien ouvrier typographe, ancien maçon, cofondateur des revues " Le globe" et " L'encyclopédie nouvelle ", mais aussi, avec George Sand, de " La revue indépendante ", Pierre Leroux affirma constamment avec ferveur ses convictions et ses théories.
En 1844, répondant à la proposition de George Sand, il s'installa à Boussac où il fonda une imprimerie.
" Replié avec ses frères et quelques dizaines de proches, il va publier ses anciens ouvrages, mais aussi La Revue sociale (premier numéro : octobre 1845), et imprimer L'Éclaireur de /'Indre. Sa proximité avec George Sand est alors déterminante " écrit Vincent Peillon.
En Creuse, Leroux développa des thèses économiques et philosophiques. Il polémiqua avec les disciples de Fourrier. Il devint maire de Boussac puis député. Défenseur des idées socialistes, Leroux se fit l'avocat des agriculteurs creusois qui se révoltèrent contre la lourde pression fiscale. Il défendait également les insurgés de juin.
" Ses positions sont minoritaires, son style trop philosophique peu adapté aux discours parlementaires, et il a du mal à se faire entendre " écrit Peillon.
Leroux, adepte du socialisme par des moyens pacifiques, fréquenta le club de Barbès, défendit la liberté de la presse. Il définit ainsi son attitude : " Je ne suis pas socialiste, si l'on entend par ce mot une opinion qui tendrait à faire intervenir l'Etat dans la formation d'une société nouvelle. "
Leroux, comme beaucoup d'autres républicains, fut contraint à l'exil au lendemain du coup d'état du 2 décembre. Il se réfugia en Angleterre, tout comme le député creusois Martin Nadaud. Leroux retrouva la France en 1869. Il décéda deux années après. Boussac lui éleva un monument en 1903.

UNE DÉMARCHE ORIGINALE

Vincent Peillon a scindé son livre en deux parties. La première propose " le socialisme en un autre sens ", " les fondements philosophiques du socialisme " et surtout la généalogie du socialisme républicain qui relate l'épopée de Leroux. La deuxième section propose un choix de textes de Leroux assorti d'une introduction montrant la genèse du socialisme républicain.
Vincent Peillon, en adoptant une démarche originale ; éclaire la logique de Leroux qui s'opposa à Karl Marx, qui associa la liberté et l'égalité, qui s'intéressa à l'engagement politique des femmes et à leur émancipation.
La tradition philosophique de Leroux a conservé son actualité. C'est également le propos de Vincent Peillon.

La soirée est organisée par la municipalité d'Aubusson, l'association des Amis de Martin Nadaud et celle des Maçons de la Creuse.
Robert GUINOT