EDITIONS LE BORD DE L'EAU
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Jean Jaurès
 
Pour la Laïque 

Introduction de Vincent Peillon
Présentation de Laurence Loeffel
philosophie politique
Collection : Bibliothèque républicaine
Nombre de pages : 100 pages
Format: 14 x 21,5

Date de parution : mai 2006
ISBN : 2-911803-86-8

 


Prix : 15 euros - Port et emballage compris en CEE
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Dans la même collection

La Foi laïque de Ferdinand Buisson, présentation de Mireille Gueissaz.
La Morale sociale de Benoît Malon, présentation de Philippe Chanial.
Les Idées égalitaires de Célestin Bouglé, présentation de Serge Audier.
Anthologie de Pierre Leroux, présentation de Bruno Viard.

Ces discours, si souvent cités, sont aujourd’hui introuvables alors qu’ils n’ont jamais été aussi actuels.
Jaurès philosophe… Qui s’en soucie encore ? Jaurès philosophe semble disparaître peu à peu, jusqu’à l’anéantissement, sous Jaurès homme politique, historien, socialiste, fondateur de l’Humanité, tribun assassiné, etc. Pourtant, ne parle-t-on pas couramment de la « pensée de Jaurès » ? Alors que le débat sur la laïcité inonde les médias et l’espace public, nombre citoyens, à gauche comme à droite, paraissent sans référence conceptuelle… A la fin du 19e siècle, Jaurès dans quelques célèbres textes, aujourd’hui inaccessibles, pose les éléments d’une mystique de l’action républicaine, bref de la dimension laïque de l’avenir commun. Il écrit : «Les vrais croyants sont ceux qui veulent abolir l’exploitation de l’homme par l’homme, et, par suite, les haines d’homme à homme, les haines aussi de race à race, de nation à nation, toutes haines »…

Jaurès Jean, philosophe et homme politique français (1859-1914), découvre le socialisme sous l’influence de Lucien Herr et Jules Guesde. Il s’engage à fond en faveur de Dreyfus et fonde en 1904 le journal l’Humanité. En 1901, il a été l’un des fondateurs du Parti socialiste français face aux socialistes guesdistes. Il sera constamment réélu député jusqu’à sa mort. Il fut assassiné le 31 juillet 1914. Il a notamment écrit Histoire socialiste 1798-1900, l’Armée nouvelle (1911).


Vincent Peillon a été Directeur de recherches au CNRS. Il est aujourd'hui député européen.
Il a publié La Tradition de l’esprit, itinéraire de Maurice Merleau-Ponty, Grasset, 1994.
Jean Jaurès et la religion du socialisme, Grasset, 2000 ; Pierre Leroux et le socialisme républicain, Le Bord de L’eau 2003 ; Merleau- Ponty : L’épaisseur du Cogito, Le Bord De L’eau, 2004.

La Collection Bibliothèque Républicaine propose des textes politiques majeurs, pour la plupart issus du 19e siècle, période fertile pour la fondation de la République laïque française. Tous ces textes sont aujourd’hui indisponibles, sinon quasi introuvables pour les lecteurs modernes.
A chaque fois, un auteur contemporain, philosophe, politologue, syndicaliste, universitaire, etc. introduira le texte, permettant à chacun de comprendre les enjeux d’une lecture actuelle à la lumière d’un siècle nouveau, appartenant désormais à l’histoire « sociale mondialisée ».

Le Nouvel observateur
31 mai - 6 juin 2007
Les boussoles de Peillon
Et si, avant de rénover la gauche, il fallait redécouvrir les grands classiques du républicanisme ?
par François Bazin
 
C'est Philippe Chanial, un sociologue, secrétaire de la " Revue du Mauss ", qui va dire l'essentiel en quelques mots. Il a livré une belle préface à la réédition de " la Morale sociale " de Benoît Malon. Sur cette figure oubliée de la gauche française de la fin du XIX' siècle, théoricien méconnu d'un socialisme réformiste et républicain, il est intarissable. Malon l'éclectique, comme disait Marx avec mépris ? Et alors... Avec lui, autour de lui, parfois même contre lui, c'est toute une école qu'on redécouvre. Pas simplement par goût de l'érudition académique. Derrière " la Bibliothèque républicaine" (1) que lancent les Éditions du Bord de l'Eau, il y a un projet intellectuel et politique de première importance. Philippe Chanial en est conscient : " La droite s'est ressourcée, à partir des années 1970, dans une relecture critique des théoriciens du libéralisme français, Tocqueville ou Constant. Si la gauche réformiste, à son tour, ne fait pas ce travail avec les siens, alors... "
Refondation ? Dites plutôt redécouverte. Le chef d'orchestre de cette opération s'appelle Vincent Peillon. Il est parlementaire européen. C'est un des espoirs du PS, où l'on reste un jeune quand on n'a pas encore 50 ans. Philosophe et militant. Historien et élu. Peillon est un cas. Encore un éclectique... Le drame du socialisme français s'est noué à ses yeux en 1905, quand Jaurès, pour obtenir l'unité de l'organisation, a cédé l'essentiel au marxisme vulgaire de Guesde en comptant sur le temps pour rattraper le terrain perdu. Ce temps lui a manqué un jour d'août 1914. La gauche ne s'en est jamais remise.
C'est tout un continent intellectuel qui a ainsi disparu, il y a de cela un siècle. Des socialistes libertaires, des républicains de progrès, des utopistes, des laïques, des associatifs aussi... Tellement divers mais finalement si proches. Parfois datés mais souvent riches de problématiques qu'une gauche vaguement marxiste n'a eu de cesse de disqualifier. Quoi de commun entre Ferdinand Buisson et Pierre Leroux ? Quel rapport entre Alfred Fouillée et Célestin Bouglé ? Quels liens entre Benoît Malon et Léon Bourgeois ? Ceux-là ne forment pas une école à proprement parler. Ils dessinent plutôt une communauté de pensée. Ils ont tous leur place dans la même bibliothèque.
Curieux hasard - mais en est-ce vraiment un ? - que ce retour à des auteurs oubliés au moment même où la gauche réformiste cherche, dans la défaite, de nouvelles boussoles. D'autant qu'avec Bourgeois, Malon, Fouillée and Co, c'est toute une génération de jeunes historiens, philosophes et sociologues qui s'affirme ou pointe le bout de son nez. Vincent Peillon réédite. Eux préfacent. Leurs noms ? Philippe Chanial mais aussi Jean-Fabien Spitz, auteur il y a quelques années d'un très remarquable " Moment républicain en France " (Gallimard), ou Serge Audier, dont l'ouvrage sur "le Socialisme libéral " (La Découverte) aurait mérité d'être davantage commenté, à gauche notamment. Tous disent finalement la même chose. Le réformisme, dans la tradition française, n'est pas qu'un pragmatisme au [d de l'eau. Le républicanisme est une école qui mérite mieux que les statues de marbre qui lui ont été consacrées. Le reconnaître, n'est-ce pas déjà reconstruire ?
 
François Bazin
 
(1) Déjà publié aux Éditions Le Bord de l'Eau : " Pour la laïque et autres textes ", de Jean Jaurès ; " la Morale sociale ", de Benoît Malan ; " la Foi laïque ", de Ferdinand Buisson.