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- FRAENKEL
Boris
Profession : révolutionnaire
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- Collection «
Clair & Net »
- dirigée
par Antoine SPIRE
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- ISBN 2-911803-90-6
Format 14 x 22
- 200 pages
- Date de parution
: mars 2004
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Prix
: 18 Euros
TTC
- Port
et emballage compris en CEE
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«Anonyme
jusquen 1995», Boris Fraenkel apparaît dans
lactualité lorsquil fut question du passé
trotskiste de Lionel Jospin. Dans ce livre Fraenkel apporte la
preuve de lengagement trotskiste de lancien Premier
ministre au cours des années 60.
«Quun jeune Juif de Dantzig, né peu après
la Grande guerre, rejette la religion, devienne sioniste, puis
marxiste a été un itinéraire assez partagé.
Quil ait choisi de renoncer à toute activité
lucrative pour se consacrer à la révolution et
quil ait maintenu cette ligne de conduite toute sa vie
en en payant le prix, lest déjà moins. Je
dois à Boris Fraenkel dêtre entrée
dans le monde davant la catastrophe, dans le Dantzig de
lentre-deux guerres, comme aucun livre naurait pu
my faire entrer, même si, plus dune fois, je
lui reprochais de ne pas en dire assez. Litinéraire
personnel et la trajectoire politique de Boris Fraenkel sinscrivent
de façon presque exemplaire dans lhistoire du court
vingtième siècle circonscrit par Hobsbawm.»
Sonia COMBE, historienne
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- «Né
à Dantzig en 1921, Boris Fraenkel traverse en révolutionnaire
le siècle de la barbarie, en coulisses
le plus souvent et parfois sur le devant de la scène comme,
par exemple, le 22 mars 1967 à Nanterre où il anime,
au sein de luniversité, une conférence intitulée
Jeunesse et sexualité qui annonce
par son succès les événements de mai 68.»
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Cliché
: Dominique-Emmanuel Blanchard |
«Intellectuel sans uvre», Fraenkel a passé
sa vie à lire, à traduire, à vulgariser
les thèses dauteurs tels que Reich, Marcuse, Lukàcs,
Trotsky, bien sûr, dont il traduisit Nos Tâches politiques.
Il rencontre le philosophe Herbert Marcuse avec lequel il entretint
longtemps une conversation intellectuelle empreinte de respect
réciproque.
Animateur de la revue Partisans éditée par François
Maspero, il fonda lOCI lors dune énième
scission trotskiste et en fut chassé dans le plus pur
style «stalinien» par Pierre Boussel alias Lambert
et ses affidés de lépoque. Boris Fraenkel
croisa au cours des années 60 et 70 nombre de personnalités
devenues publiques : des hommes politiques comme Alain Krivine,
universitaires comme Brohm ou Vigarello, journalistes, etc. La
plupart lui reste, aujourdhui encore, intellectuellement
fidèle.
Litinéraire personnel et la trajectoire politique
de Boris Fraenkel sinscrivent de façon presque exemplaire
dans lhistoire du 20e siècle. Il permet de comprendre
ce siècle despoir qui tourna à la tragédie,
sans sombrer dans les équations simplistes.
- DANS
LA PRESSE
juin 2004
- >
Idées
> Intellectuels
> Marxisme
- Boris
Fraenkel - Profession : révolutionnaire
- Il sagit
des mémoires dun militant et passeur didées
charismatique de la gauche cosmopolite, rédigées
avec laide de lhistorienne et archiviste Sonia Combes.
Juif de culture allemande né à Dantzig en 1921,
militant sioniste de gauche pendant les premières années
du IIIe Reich, Boris Fraenkel découvre le trotskisme en
Suisse, où il est interné dans un camp de réfugiés
il y fera connaissance avec Manès Sperber et Lucien
Goldmann avant dêtre expulsé après
la guerre vers la France pour ses activités politiques
« subversives ».
- Marxiste hétérodoxe
et pédagogue doué, Boris Fraenkel jouera, au début
des années 1960, un rôle significatif dans la préparation
de la culture de Mai 1968, en diffusant dans les milieux de la
jeunesse radicalisée les idées de Wilhelm Reich
et de Herbert Marcuse. Cest aussi à cette époque
quil va introduire Lionel Jospin dans les arcanes du trotskisme.
Après les événements de 1968, la police
française tentera en vain de lexpulser en Allemagne,
avant de lassigner à résidence en Dordogne
(il sera libéré grâce à une campagne
de protestation lancée par François Maspero).
Michaël Löwy.
- Paru
dans Charlie Hebdo
N°623, Mercredi 26 mai 2004
Un piolet dans la mémoire
- par
Philippe Corcuff
- Avec les trotskistes,
on est dabord confronté à la pente conspirationniste
des médias : Ils sont partout
Il y a
quelque chose de proche de lantisémitisme dans les
fantasmes récurrents de complot trotskiste.
Pas étonnant, car souvent le trotskisme a été
en France et ailleurs une histoire juive. Trois récits
autobiographiques nous le rappellent : Profession : révolutionnaire
de Boris Fraenkel, Une lente impatience de Daniel Bensaïd
et La dernière génération dOctobre
de Benjamin Stora. Bensaïd est encore militant à
la Ligue Communiste Révolutionnaire. Fraenkel a été
exclu en 1966 de lOrganisation Communiste Internationaliste
(branche dite lambertiste du trotskisme, devenu Parti
Communiste internationaliste, puis Parti des Travailleurs), après
avoir été le tuteur politique de Lionel Jospin.
Lacte daccusation de son exclusion précise
: De même que Garaudy est devenu lagent du
pape, Boris Fraenkel est le doigt du pape dans la culotte du
prolétariat international
(sic). Benjamin Stora quittera le même PCI en 1986.
Fraenkel est né en 1921 à Dantzig. Ses parents
étaient des Juifs venant de Russie. Il militera en pleine
montée du nazisme dans un mouvement de jeunesse sioniste.
Seul Juif de sa classe, il découvre un beau matin en arrivant
dans son lycée quun banc lui est dorénavant
réservé à lécart des autres
élèves. En 1938, il se retrouve en France, puis
devient trotskiste en 1943, alors réfugié en Suisse.
Le père de Bensaïd est un Juif de Mascara. Tenant
un café ouvrier à la sortie de Toulouse, il sera
raflé par la Gestapo en 1943. Grâce à lobstination
de sa femme, qui obtient un certificat de non-appartenance
à la race juive, via lintervention dun
évêque, il restera en sursis à Drancy jusquà
la Libération, contrairement à ses deux frères
expédiés dans les camps de la mort. Létoile
jaune restera toujours à portée de main dans le
café toulousain face à la moindre velléité
antisémite. En 1962, Daniel rejoint les Jeunesses Communistes
au lycée et participe en 1966 à la naissance de
la Jeunesse Communiste Révolutionnaire dissidente. Stora
est né en 1950 dans le quartier juif de Constantine. Il
débarque à Sartrouville en 1962. Il adhère
à lAlliance des Jeunes pour Ie Socialisme (branche
jeune de lOCI) en octobre 1968. Aujourdhui,
une fable (parfois associée à une autre idée
reçue conservatrice selon laquelle les extrêmes
se rejoignent !) se répand : lextrême-gauche
serait antisémite car critique à légard
dIsraël. Parfois linculture politique nourrit
laplomb.
Le trotskisme est aussi une histoire anti-stalinienne. Bensaïd
rappelle qu Ayant lu Victor Serge, Ante Ciliga, Trotski,
David Rousset, nous navons pas découvert le goulag
avec Soljenitsyne. Stora évoque les affrontements
physiques avec les staliniens du PCF. Mais le combat anti-stalinien
a parfois conduit à des formes de mimétisme bureaucratique
avec ladversaire, comme le montrent les expériences
lambertistes de Fraenkel et Stora. Cette soumission aux
chefs dans les organisations trotskistes, construites à
lorigine en réaction à labsence de
démocratie des partis staliniens, na cessé
de métonner, note le premier. Le second sinterroge
sur lépuisement du destin du communisme,
percevant son engagement passé comme un mélange
didéalisme et daveuglement, de romantisme
et dune inquiétante volonté de pureté,
dintelligence et de dogmatisme. Bien quauto-ironique
sur de juvéniles illusions lyriques ou sur une certaine
fascination pour la violence armée,
Bensaïd a toutefois vécu dans une ambiance plus libertaire
à la LCR.
Que dire de ces traversées trotskistes dun siècle
empli de tragédies ? Il convient de tout revoir,
de tout repenser, termine Fraenkel. Stora se révèle
sans illusions, ni reniements. Bensaïd voudrait
transmettre le témoin à de nouvelles générations,
afin que la résistance aux oppressions ne se perde pas,
que lurgence de changer radicalement la société
persiste dans lapprentissage paradoxal de la patience.
Depuis 1990, la maladie est là et la mort rôde (son
avant-dernier chapitre est brutalement et magnifiquement intitulé
Fin et suite), et pourtant il continue à militer
et à écrire : une lente impatience
Dans
les combats renouvelés du XXIe siècle, le corpus
théorique du trotskisme naura vraisemblablement
quun rôle annexe, mais léthique chevillée
au corps des Fraenkel, Bensaïd et Stora demeurera précieuse.
Rester fidèle à ce quon fut, tout reprendre
par le début, chacune des deux tâches est immense,
écrivait Maurice Merleau-Ponty.
- LE TEMPS,
Samedi 15 mai 2004
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- Trotskiste,
et alors?
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- Fraenkel,
qui a révélé le passé militant de
Jospin, raconte ses démêlés avec la Suisse.
- par
Isabelle Paccaud
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- Boris Fraenkel
apparaît dans l'actualité en 1997, alors que la
campagne présidentielle française bat son plein,
en révélant le passé trotskiste de Lionel
Jospin. «On m'a souvent demandé pour quelles raisons
j'avais tenu à faire connaître ce passé-là
de Jospin. Tout simplement parce que j'estime que le trotskisme
n'est pas une maladie honteuse», écrit-il dans son
autobiographie. Mais l'intérêt de son livre dépasse
cette polémique à plus d'un titre. Ses parents
russes, d'origine juive, sont contraints à l'exil après
la révolution bolchevique en raison de leur appartenance
à la minorité menchevik. Boris Fraenkel voit le
jour en 1921 à Dantzig et ne connaît pas son père,
qui meurt peu avant sa naissance. Arrivé en France en
1938, il entreprend des études de chimie et rejoint en
1940 sa mère à Grenoble, où il manque d'être
raflé par la Gestapo.
- Il passe alors
en Suisse et est interné dans le camp de Girenbal à
Zurich. Malgré des conditions très difficiles,
il parvient à suivre des cours d'économie politique.
C'est dans notre pays qu'il milite pour la première fois
dans la cellule clandestine d'un parti trotskiste, conjointement
avec Jost von Steiger dont l'oncle n'est autre que... le conseiller
fédéral Edouard von Steiger, alors chef du département
de Justice et Police! Selon Fraenkel, «ce ministre s'était
déjà illustré par son attachement aux liens
de sang en faisant mettre en taule son neveu (qui avait eu la
polio) à l'issue d'une grève et en l'y laissant
croupir aussi longtemps que possible».
- Expulsé
de Suisse en 1949 pour avoir participé à une conférence
sur le marxisme et le judaïsme, Fraenkel est assigné
à Grenoble par la police française. Il en garde
un souvenir pour le moins amer: «Les Français, je
crois, étaient obligés de me reprendre puisque
à l'origine je venais de France. C'est une hypothèse.
La seule chose dont je sois sûr, c'est que ces ordures
de Suisses m'ont fait accompagner d'une note où j'étais
signalé comme dangereux stalinien. On me l'a dit à
la DST à Mulhouse où l'on comprenait que je n'étais
pas un communiste, mais un malheureux trotskiste: les flics ont
ri en traitant la Suisse d'«Etat policier». Dit par
des flics du contre-espionnage, c'était savoureux.»
- Il rejoint en
1958 le groupe de Pierre Boussel, alias Lambert, mais il en sera
exclu en 1966 pour avoir publié des textes de Wilhelm
Reich sans en avoir obtenu les droits, une rupture dont il dit
ne s'être jamais remis. Fraenkel a consacré une
grande partie de sa vie à la publication en France de
textes de célèbres auteurs marxistes (Reich, mais
aussi Marcuse et Lukacs): des écrits qu'il ne s'est pas
contenté de traduire mais dont il s'est fait le porte-voix.
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- Libération
: jeudi 17 juin 2004
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- Autobiographie
de Boris Fraenkel, qui a consacré sa vie aux idées
révolutionnaires.
-
- Un militant
du XXe siècle
- par
Véronique Soulé
Célèbre pour avoir révélé
le passé lambertiste de Lionel Jospin. Boris Fraenkel
est une espèce en voie de disparition. Juif allemand né
en 1921 à Dantzig (aujourd'hui Gdansk), passé par
le sionisme de gauche avant de venir au trotskisme, il consacra
sa vie à lutter pour des idées révolutionnaires.
Convaincu que ce combat n'a plus de sens - «il convient
de tout revoir; tout repenser» -, il a cessé de
militer et vit quasi reclus dans sa petite maison de Montreuil,
au milieu de tas de livres et de journaux qu'il n'arrive pas
à jeter. Mais il reste l'un des grands témoins
de ce XXe siècle où se côtoyèrent
les pires barbaries et les plus folles utopies.
Intellectel cultivé, dévoreur de livres mais aussi
amateur d'opéra et de peinture, Fraenkel est un personnage
trop narcissique pour être attachant. Mais, au-delà
des vantardises qui l'émaillent - comme affirner qu'il
se « consdère, toutes proportions gardées,
comme le père de Mai 1968» pour avoir animé
en février 1967 à la faculté de Nanterre
une conférence intitulée « Jeunesse
et sexualité » qui eut un fort retentissement
-, son livre-témoignage mérite d'être lu.
Il nous ramène à des temps pas si lointains où
l'on croyait changer le monde avec des mots, où les meilleurs
amis devenaient les pires ennemis en raison de divergens
sur « la ligne ».
L'été 1966, Fraenkel lui-même fut exclu de
l'OCI (Organisation communiste internationaliste), le groupe
trotskiste fondé par Pierre Lambert. Il est accusé
d'avoir fait publier la Lutte sexuelle des jeunes de WllhemReich
parFrançois Maspero, et d'avoir traduit Marcuse et Lukacs.
Lors de son « procès », le réquisitoire
est un sommet d'imbécillité sectaire : « De
même que Garaudy est devenu l'agent du pape, lit-on, Fraenkel
est le doigt du pape dans la culotte du prolétariat international. »
Tous alors l'abandonnent, dont Jospin, ce militant clandestin
qu'il a lui-même formé, « un bon gar
çon quoiqu'un peu trop rigide ». En 1997, Fraenkel
sera de ceux à qui, en voyage à Orvieto, Jospin
enverra une carte postale de Judas après avoir visité
la chapelle de Signorelli.
VÉRONIQUE SOULÉ
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- 16/03/2004
- "Profession: révolutionnaire" de Boris Fraenkel,
initiateur de Jospin au trotskisme
L'ouvrage, qui sera publié à l'occasion du salon
du Livre qui s'ouvre vendredi à Paris, retrace l'itinéraire
singulier de cet intellectuel juif, né à Dantzig
en 1921, de parents d'abord déportés en Sibérie
avant de fuir la jeune Russie soviétique.
Arrivé en France en 1938, Boris Fraenkel échappe
aux persécutions nazies en s'échappant en Suisse
où il est interné comme "réfugié".
Il s'engage plus tard chez les trotskistes et rejoint en 1958
le groupe de Pierre Boussel, alias Lambert. Il en sera exclu
en 1966 au cours d'un procès où on lui reprochera
d'avoir publié un texte de Wilhelm Reich intitulé
"La lutte sexuelle des jeunes".
Il raconte comment au début des années 1960 il
"s'est occupé" de Lionel Jospin, le futur Premier
ministre socialiste, dont il assura "le cours de formation
préalable à l'entrée au Parti" communiste
internationaliste.
"Il m'a plus tard terriblement déçu. (...)
Quand j'ai rompu avec le groupe Lambert, il a disparu du jour
au lendemain, se pliant immédiatement aux consignes; ensuite
lorsqu'on a tenté de m'expulser de France et que j'ai
été assigné à résidence, en
juin 1968, il ne s'est pas manifesté".
"Qu'un jeune juif de Dantzig, né peu après
la Grande guerre, rejette la religion, devienne sioniste, puis
marxiste, a été un itinéraire assez partagé.
Qu'il ait choisi de renoncer à toute activité lucrative
pour se consacrer à la révolution et qu'il ait
maintenu cette ligne de conduite toute sa vie en en payant le
prix, l'est déjà moins", écrit dans
une présentation l'historienne Sonia Combe, qui a recueilli
et mis en forme le récit de Boris Fraenkel.
-
- Boris
Fraenkel invité
de nouvelobs.com
-
- Boris Fraenkel
invité de nouvelobs.com Boris Fraenkel, traducteur en
France de Wilhelm Reich, Herbert Marcuse ou Gyorgy Lukacs, et
qui révéla en 1997 l'engagement trotskiste du Premier
ministre d'alors, Lionel Jospin, sera l'invité, mercredi
7 avril, de 15h00 à 16h30, des forums du Quotidien Perm@nent
nouvelobs.com.
Son dernier ouvrage, "Profession: révolutionnaire"
en librairie depuis le 17 mars, retrace l'itinéraire singulier
de cet intellectuel juif, né à Dantzig en 1921,
de parents d'abord déportés en Sibérie avant
de fuir la jeune Russie soviétique.
Arrivé en France en 1938, Boris Fraenkel échappe
aux persécutions nazies en se rendant en Suisse, où
il est interné comme "réfugié".
Il s'engage plus tard chez les trotskistes et rejoint en 1958
le groupe de Pierre Boussel, alias Lambert. Il en sera exclu
en 1966 au cours d'un procès où on lui reprochera
d'avoir publié un texte de Wilhelm Reich intitulé
"La lutte sexuelle des jeunes".
- La "formation
préalable" de Jospin
- Dans "Profession:
révolutionnaire", Boris Fraenkel raconte comment,
au début des années 1960, il "s'est occupé"
de Lionel Jospin, le futur Premier ministre socialiste, dont
il assura "le cours de formation préalable à
l'entrée au Parti communiste internationaliste".
"Il m'a plus tard terriblement déçu. (...)
Quand j'ai rompu avec le groupe Lambert, il a disparu du jour
au lendemain, se pliant immédiatement aux consignes; ensuite
lorsqu'on a tenté de m'expulser de France et que j'ai
été assigné à résidence, en
juin 1968, il ne s'est pas manifesté".
"Qu'un jeune juif de Dantzig, né peu après
la Grande guerre, rejette la religion, devienne sioniste, puis
marxiste, a été un itinéraire assez partagé.
Qu'il ait choisi de renoncer à toute activité lucrative
pour se consacrer à la révolution et qu'il ait
maintenu cette ligne de conduite toute sa vie en en payant le
prix, l'est déjà moins", écrit dans
une présentation l'historienne Sonia Combe, qui a recueilli
et mis en forme le récit de Boris Fraenkel.
- (Profession:
révolutionnaire - éditions Le bord de l'eau - 200
p - 18 euros).
-
- MORT
DE BORIS FRAENKEL
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- Suicide de l'intellectuel
Boris Fraenkel, l'homme qui a révélé le
passé trotskiste de Lionel Jospin
LE MONDE | 01.05.06 | 18h16 Mis à jour le 01.05.06
| 18h21
L'intellectuel et figure du trotskysme européen, Boris
Fraenkel, s'est suicidé à l'âge de 85 ans
en se jetant d'un pont sur la Seine à Paris dimanche 23
avril. La nouvelle n'a été révélée
que lundi 1er mai par sa famille.
- Né à
Dantzig (actuelle Gdansk) en 1921, il est arrivé en 1938
en France, où il a introduit le philosophe américain
Herbert Marcuse dont il a traduit (avec Jean Nény) "Eros
et civilisation" en 1966, ainsi que le psychanalyste américain
Wilhelm Reich. Il a également traduit des oeuvres de Lukacs
et Trotski.
- Animateur de
la revue Partisans éditée par François Maspero,
il fonda l'OCI (Organisation communiste internationale, trotskyste),
ancêtre du Parti des travailleurs (PT) avec Pierre Boussel
(alias Lambert) et dont il fut exclu à la fin des années
60.
- Il avait révélé
dès 1997 l'appartenance de Lionel Jospin pendant plusieurs
années à l'OCI, ce que le dirigeant socialiste
avait dans un premier temps démenti.
- "On m'a
souvent demandé pour quelles raisons, j'avais tenu à
faire connaître ce passé-là de Jospin. Tout
simplement parce que j'estime que le trotskysme n'est pas une
maladie honteuse. Je crois bien que j'ignorais alors que Jospin
cachait cette période de sa vie. Je supposais encore moins
qu'il était resté si longtemps en contact avec
Lambert, n'ayant plus eu le moindre rapport avec lui depuis 1966",
expliquait Boris Fraenkel dans ses mémoires "Profession
révolutionnaire" (Editions du bord de l'eau, 2004).
- Ci-suit, le
portrait de Boris Fraenkel publié par Le Monde (6 juin
2001) sous le titre "Boris Fraenkel, un militant trotskiste
inclassable"
-
- Boris Fraenkel,
un militant trotskiste inclassable
-
- Il a étiqueté
sa vie de révolutionnaire par thème, sur des étagères,
dans son pavillon-capharnaüm de Montreuil plein de livres
et de poussière. Quatre-vingts années bien remplies,
qui valent à Boris Fraenkel d'être lui-même
bien classé, cote KV 905, sur les rayonnages de la Bibliothèque
de documentation internationale contemporaine (BDIC) de Nanterre.
Un film de cinquante-deux minutes, réalisé l'an
passé, des bobines de rushes, et dix heures d'enregistrements
audio... C'est que ce grand gaillard aux lunettes épaisses
a traversé l'Europe, de Dantzig à la France. Fils
d'un menchevik russe déporté en Sibérie,
il a aussi parcouru le siècle et le mouvement trotskiste.
Mais au passage, pour l'Histoire, l'homme a aussi raconté
aux universitaires de Paris-X qu'il fut le "cornac"
d'un jeune homme devenu premier ministre : Lionel Jospin.
- Boris Fraenkel
répète volontiers, avec le même accent allemand,
l'aventure de sa vie. Elle commence, fragile, quelque part aux
confins de l'Allemagne et de la Pologne, comme celle du Tambour
de Günter Grass : "Il était dans le même
lycée que moi, quelques classes en dessous", dit-il.
Longtemps "seul juif de [sa] classe et finalement assez
fier d'être loin des nazis." Le jour de sa bar-mitsvah,
il envoie promener la synagogue et s'engage dans le mouvement
de jeunesse de gauche Habonim.
- Ses premiers
rêves naissent là. A dix-sept ans, il part à
Nancy commencer des études à l'Institut d'études
agronomiques, dans l'idée de gagner ensuite la Palestine.
Mais les quotas anglais ruinent son rêve sioniste. Il reste
en Europe, échappe de justesse à une rafle à
Grenoble, s'enfuit en Suisse, où on le place dans un camp
d'internement "plein de juifs de gauche". Son "université",
comme il dit : ses compagnons sont le romancier et philosophe
Manes Sperber, le futur spécialiste de Racine, Lucien
Goldmann, ou Aby Wieviorka, grand traducteur de yiddish à
Paris. C'est là qu'il se tourne vers le trotskisme. Boris
Fraenkel est d'abord un intellectuel, amoureux de musique et
d'art religieux, jamais en retard d'une discussion - qu'il ne
veut jamais terminer, aujourd'hui encore, sans faire admettre
qu'il a raison. Parce qu'il faut quand même vivre, il collectionne
quelques "petits boulots". A Paris, il devient le secrétaire
du peintre Sonia Delaunay, puis animateur des Cemea (Centres
d'éducation pédagogiques), où il rencontre
des militants de l'Ecole émancipée, comme sa compagne,
Denise Salomon. Favorable à "l'exercice libre de
la sexualité", lui-même bisexuel déclaré,
il découvre l'oeuvre de Wilhelm Reich et la fait connaître.
- Jean-Marie Bröhm,
aujourd'hui professeur de sociologie à l'université
Montpellier-III, traduit avec lui La Lutte sexuelle des jeunes
en 1966, ouvrage publié par François Maspero. Fraenkel
se charge de le vulgariser : il distribue des tracts, réunit
des conférences à Nanterre et rédige pour
la revue Partisans un article qui fait son effet, "Sexualité
et répression". Il décide de traduire en français
Eros et civilisation, de son ami Herbert Marcuse. "Sans
forfanterie, je suis un peu le père de mai 68", répète-t-il.
- Au fond, Boris
Fraenkel se serait bien contenté d'être ce trotskiste
"désorganisé". Mais quand, en 1958, le
général de Gaulle revenu au pouvoir s'attaque aux
institutions, il se sent obligé de reprendre du service :
"Dans mes schémas, j'étais convaincu que la
France allait vers une dictature militaro-policière."
Avec quelques amis, il fait un bref tour d'horizon du magasin
trotskiste. Le "groupe Frank" est encore plus microscopique
que celui de Pierre Lambert, qui compte alors 52 membres officiels.
Avec sa compagne et deux élèves à l'Ecole
normale d'éducation physique, il choisit le second. Pierre
Lambert apprécie cet homme pédagogue au charisme
indiscutable, ce drôle de Socrate qu'il trouve un peu "prussien"
mais qui fait un malheur à l'Ensep. "C'était
un mage", confirme son ancien élève, Jean-Marie
Bröhm.
-
- UN "GARÇON
CHARMANT"
-
- C'est quelques
années plus tard que Fraenkel fait la connaissance de
Lionel Jospin. Un jour, Robert Lacondemine, l'instituteur qui
dirige la cellule de Dugny où se trouvent Boris et Denise,
mais aussi Pierre Broué, le futur historien du trotskisme,
revient d'un mariage en Bourgogne. "J'ai rencontré
un jeune intello qui m'a l'air bien et qui rentre à l'ENA",
explique-t-il à Fraenkel. Ce dernier se range vite au
diagnostic de Lacondemine. "Je lui explique : "Je suis
en train d'attraper quelqu'un de l'ENA". Je lui propose
que cela reste caché : c'est normal quand on veut servir
d'agent de renseignement au plus haut niveau de l'appareil d'Etat.
Lorsque je recrute Jospin, seuls Lambert et moi le connaissons
dans l'organisation. Je pense même que tant que j'ai été
dans le circuit il n'a pas vu Lambert."
- Denise Fraenkel-Salomon
confirme : "J'ai l'impression que c'est Boris qui s'est
occupé tout seul de Jospin." Cette infatigable militante,
institutrice exclue du PCF, entraînée à l'OCI,
se souvient de ce "garçon charmant" qui venait
régulièrement dîner chez eux à Montreuil.
"C'était un enfant de la maison", raconte-t-elle.
"Il a même passé une nuit ici", ajoute
Boris en montrant le petit lit de l'une des deux pièces
du pavillon où il vit seul aujourd'hui. Fraenkel se rappelle
aussi avoir acheté un pantalon rose en solde en compagnie
de Lionel Jospin, "dans le magasin hommes du Printemps,
près de la gare Saint-Lazare".
- Boris Fraenkel
se souvient aussi de la fin de la scolarité du jeune énarque,
en 1965. "On a discuté sur ce qu'il devait faire.
je lui ai dit pourquoi il devait choisir le Quai d'Orsay. Je
me disais : "personne ne le soupçonnera"."
M. Jospin entre aux affaires étrangères, où
il est affecté à la direction des affaires économiques.
De cette année-là, Boris Fraenkel a gardé
une carte postale postée le 18 avril de Côte d'Ivoire.
"Cher B., chère Denise, ne trouvez-vous pas que ce
masque évoque les coqs portugais ?", écrit
l'auteur derrière un masque africain.
- Depuis, M. Jospin
n'a plus jamais écrit à ses "chers B. et Denise".
Il ne s'est plus manifesté, même lorsque Boris fut
expulsé en Allemagne, le 9 juin 1968, puis assigné
à résidence de longs mois par le pouvoir gaulliste
à Vitrac et où, pour hâter sa sortie, Denise
l'épousa, le 25 décembre 1969, avant de se séparer.
"On a reçu des coups de téléphone de
Sperber, de Vidal-Naquet, de la LCR, de Maspero, mais pas de
lui, dit-elle, et c'est ça qui a fait mal à Boris."
A peine si elle "regrette" de ne pas avoir écrit
au ministre de l'éducation nationale Lionel Jospin lorsqu'elle
travaillait au collège Jean-Baptiste- Poquelin, à
Paris, où elle se battait pour ses élèves
malentendants : "J'ai respecté cette idée
- bête - qu'on ne confond pas la vie militante et la vie
privée", dit-elle. Boris, lui, dit avoir envoyé
une carte au domicile du nouveau premier secrétaire du
PS, en 1981 : "Quelque chose comme : "Bravo, j'aurais
fait la même chose"." Lui ne "lui pardonnera
jamais" son silence, en 1966 puis en 1968 : "C'était
un homme de qualité. Nous avions des rapports vraiment
exceptionnels." Pour le reste... "C'est idiot de mentir.
Le trotskisme, c'est quand même pas la syphilis. Il a tout
refoulé. Pour lui, ça n'a pas eu lieu."
- Le Monde, 6
juin 2001
-
- Mort de Fraenkel,
maître en trotskisme
- Né à
Gdansk en 1921, longtemps apatride, il cofonda l'OCI, dont il
fut exclu, et forma Jospin.
- par Eric AESCHIMANN
QUOTIDIEN : mardi 02 mai 2006
-
- Un intellectuel
sans oeuvre, un militant sans parti, un maître sans disciple.
Boris Fraenkel était tout cela, avec ce que cela suppose
d'enthousiasmes et de déceptions. Figure du trotskisme
européen, il a traduit des oeuvres de Léon Trotski,
Herbert Marcuse et Georg Lukacs. Il avait été exclu
de l'OCI (Organisation communiste internationale) par Pierre
Lambert. Il a aussi été, vers les années
1965-1966, le formateur en trotskisme d'un certain Lionel Jospin,
alors tout jeune. Il s'est donné la mort le 23 avril à
l'âge de 85 ans en se jetant dans la Seine depuis un pont,
près de la gare de Lyon. Son corps a été
retrouvé deux jours plus tard, au niveau du VIIIe arrondissement
de Paris.
- Longtemps, Boris
Fraenkel n'a été connu que dans les cercles intellectuels.
Il a fallu l'ascension politique de son ancien élève
pour qu'il soit projeté sur le devant de la scène.
En 2001, en obtenant de Fraenkel une carte postale que lui avait
envoyée Lionel Jospin à l'époque, avec son
écriture bien reconnaissable, le Monde avait apporté
la preuve que le Premier ministre socialiste avait bien été
un militant trotskiste. Un militant d'exception, même,
dont son professeur était assez fier. «Nous nous
entendions très bien, et, au fil des années, j'ai
cru que nous étions devenus amis. Même si je continuais
à le trouver trop rigide, ce Jospin-là était
un bon garçon», a écrit Fraenkel un peu plus
tard (1).
- A l'approche
de l'élection présidentielle de 2002, la révélation
du passé de Jospin avait donné une illustration
inattendue de l'influence trotskiste dans la gauche française.
- Trotskiste,
Boris Fraenkel était pour ainsi dire destiné à
le devenir. Dans ses souvenirs, il rapportait le récit
d'un meeting en Russie soviétique auquel assistait l'un
de ses oncles, ancien soldat de l'Armée rouge. Trotski
était présent et, mis en minorité par un
vote à l'issue de la réunion, il aurait déclaré,
selon le témoignage de l'oncle: «Tant pis, l'histoire
me donnera raison plus tard.» Mais le premier engagement
du jeune Boris fut d'abord le sionisme : né à Gdansk
en 1921, dans une famille de Juifs ukrainiens mencheviks qui
avaient fui la révolution, il milite dès l'adolescence
chez les Habonim, le mouvement de jeunesse sioniste de gauche.
En 1938, faute de pouvoir immigrer en Palestine, il est envoyé
à Nancy pour étudier l'agronomie. C'est en France
que la guerre et l'occupation nazie le trouvent. Pour fuir les
rafles, il émigre en Suisse.
- Commence alors
une vie d'une grande richesse intellectuelle, au cours de laquelle
il a croisé les plus grands noms de la vie intellectuelle
de l'Europe de la seconde partie du XXe siècle. Secrétaire
de Sonia Delaunay, animateur de la revue Partisans, éditée
par François Maspero, Fraenkel a traduit et introduit
en France les oeuvres du philosophe d'origine allemande Herbert
Marcuse et du psychanalyste américain Wilhem Reich ­
deux tentatives de croiser Marx et Freud. En 1958, il est l'un
des fondateurs de l'OCI, dont il est exclu en 1966 au terme d'un
procès interne d'une rare violence.
- Boris Fraenkel
appartient à la catégorie des «intellectuels
sans oeuvre» qui ont préféré la parole
à l'écrit. Quelques mois avant Mai 68, il organise
à l'université de Nanterre une conférence
sur la répression sociale de la sexualité, qui
eut un grand retentissement et fut l'un des éléments
déclencheurs du mouvement étudiant. Après
les événements, il est assigné à
résidence en Lozère pendant un an. En 1986, il
a fini par obtenir la nationalité française. Apatride
la majeure partie de sa vie, Boris Fraenkel n'aura cessé
de chercher sa place exacte, dans les institutions intellectuelles
comme dans les formations politiques. Sans peut-être jamais
la trouver vraiment.
- (1) Profession
: révolutionnaire, éditions le Bord de l'eau, 2004.
- TROTSKISME
- Boris
Fraenkel est mort
-
- NOUVELOBS.COM
| 01.05.06 | 18:10
- L'intellectuel
Boris Fraenkel a mis fin à ses jours à l'âge
de 85 ans. Il avait révélé en 1997 avoir
initié Lionel Jospin au trotskisme dans les années
1960.
Boris Fraenkel
L 'initiateur de Jospin au trotskisme est mort. Boris Fraenkel,
intellectuel et figure du trotskisme européen, s'est suicidé
à l'âge de 85 ans en se jetant d'un pont sur la
Seine à Paris il y a une semaine, a-t-on appris lundi
1er mai auprès de sa famille.
L'écrivain, qui avait initié l'ancien Premier ministre
socialiste Lionel Jospin au trotskisme dans les années
60, a laissé une lettre à ses proches auprès
desquels il manifestait depuis assez longtemps des intentions
suicidaires.
Il s'est jeté "du pont le plus haut de Paris"
situé derrière la gare de Lyon, dimanche 23 avril
tard le soir et son corps a été retrouvé
deux jours plus tard dans le fleuve au niveau du 8ème
arrondissement, ont indiqué ses proches.
- Marcuse
- Né à
Dantzig (actuelle Gdansk) en 1921, il est arrivé en 1938
en France, où il a introduit le philosophe américain
Herbert Marcuse dont il a traduit "Eros et civilisation"
en 1964 ainsi que le psychanalyste américain Wilhelm Reich.
Il a également traduit des oeuvres de Lukacs et Trotski.
- Animateur de
la revue Partisans éditée par François Maspero,
il fonda l'OCI (Organisation communiste internationale, trotskyste),
ancêtre du Parti des travailleurs (PT) avec Pierre Boussel
(alias Lambert) et dont il fut exclu à la fin des années
60.
Il avait révélé en 1997 l'appartenance de
Lionel Jospin pendant plusieurs années à l'OCI.
Mais Lionel Jospin avait démenti en arguant d'une confusion
avec son frère Olivier, avant de reconnaître, en
juin 2001, un an avant la présidentielle, son passé
trotskyste après la révélation dans la presse
de l'envoi d'une carte postale à Boris Fraenkel
- > Politique
> Boris Fraenkel
- Suicide de Boris
Fraenkel
- L'intellectuel
et figure du trotskysme européen Boris Fraenkel s'est
suicidé à l'âge de 85 ans
-
- Il s'est jeté
"du pont le plus haut de Paris" derrière la
gare de Lyon, dimanche 23 avril et son corps a été
retrouvé deux jours plus tard, selon ses proches.
- Cet intellectuel
trotskyste, né à Dantzig (Gdansk) en 1921, arrivé
en 1938 en France, avait notamment révélé
le passé militant de Lionel Jospin à l'Organisation
communiste internationale.
- Ce militant,
qui commenca (selon Wikipedia) à militer dans le sionisme
de gauche (Hachomer Hatzair), est arrivé en France en
1938. Le nazisme l'oblige alors à se réfugier en
Suisse où il commence son engagement dans le trotskysme.
- De retour en
France en 1949, il traduit et popularise Reich, Marcuse, Lukacs
et Trotsky.
- Collaborateur
de l'éditeur François Maspéro, il est l'un
des fondateurs de l'OCI. Il avait révélé
en 1997 l'appartenance du socialiste Lionel Jospin pendant plusieurs
années à l'organisation trotskyste. Mais celui-ci,
qui était alors premier ministre, avait démenti
en arguant d'une confusion avec son frère Olivier, avant
de reconnaître, en juin 2001, un an avant la présidentielle,
son passé trotskyste après la révélation
dans la presse de l'envoi d'une carte postale à Boris
Fraenkel.
- "On m'a
souvent demandé pour quelles raisons, j'avais tenu à
faire connaître ce passé-là
de Jospin. Tout simplement parce que j'estime que le trotskysme
n'est pas une maladie honteuse. Je crois bien que j'ignorais
alors que Jospin cachait cette période de sa vie. Je supposais
encore moins qu'il était resté si longtemps en
contact avec Lambert, n'ayant plus eu le moindre rapport avec
lui depuis 1966", expliquait Boris Fraenkel dans ses mémoires
"Profession révolutionnaire" (Editions du bord
de l'eau, 2004).
- Publié
le 02/05 à 10:23
-
- L'intellectuel
militant freudo-marxiste Boris Fraenkel s'est suicidé.
Boris Fraenkel, révolutionnaire trotskiste, traducteur
et co-fondateur de l'Organisation Communiste Internationale (OCI),
s'est suicidé dimanche 23 avril, à l'âge
de 85 ans, en se jetant d'un pont sur la Seine à Paris.
Né en 1921 à Dantzig (aujourd'hui Gdansk, Pologne)
de parents russes juifs contraints à l'exil par la révolution
bolchévique, Boris Fraenkel commence ses activités
politiques à l'Hachomer Hatzaïr, un mouvement sioniste
de gauche, sous les premières années du IIIème
Reich. Fuyant le Nazisme, il arrive en France en 1938 où
il entame des études d'agronomie. En 1940 il passe en
Suisse où il est bientôt interné dans un
camp de réfugiés à Zurich. Il y rencontre
plusieurs intellectuels juifs comme, entre autres, Manes Sperber
ou Lucien Goldmann. De là date son engagement dans le
trotskysme. Expulsé pour activités politiques "subversives"
en raison des conférences qu'il tient sur le marxisme
et le judaïsme, il revient en France en 1949. Là,
il devient secrétaire de la peintre Sonia Delaunay et
fréquente les cercles intellectuels freudo-marxistes de
Paris, en particulier au sein des Centres d'Éducation
Pédagogiques (CEMEA). Il est l'un des premiers militants
pour l'homosexualité et la liberté sexuelle et
traduit notamment pour cette cause les oeuvres du psychanalyste
américain Wilhelm Reich. Collaborateur de l'éditeur
François Maspero avec qui il animera la revue Partisans,
il traduit aussi des ouvrages de Léon Trotski (Nos Tâches
politiques), Georg Lukacs et surtout du philosophe Herbert Marcuse
(Eros et civilisation, 1966). Il est l'un des principaux fondateurs
en 1958 avec Pierre Boussel (alias Pierre Lambert) de l'Organisation
Communiste Internationale (OCI), première dénomination
du Parti Communiste Internationaliste puis Parti des Travailleurs
(PT), qui ne comptait alors qu'une cinquantaine de membres, et
dont il sera violemment exclu en 1966 pour avoir publié
les textes de Reich sans autorisation de l'organisation. Auparavant
il aura recruté et formé à l'action politique
révolutionnaire un jeune énarque qui deviendra
plus tard premier ministre, Lionel Jospin. C'est d'ailleurs lui
qui révèlera au public, d'abord en 1997 puis en
2001, un an avant la campagne présidentielle, ce passé
soigneusement caché par le responsable socialiste. Organisateur
en 1967 à l'Université de Nanterre d'une conférence
sur la jeunesse et la répression de la sexualité
qui enflamma les esprits, il fut considéré comme
l'un des premiers leaders du Mouvement étudiant. Il fût
arrêté et condamné en mai 1968 avec un autre
gauchiste juif allemand, Dany Cohn-Bendit, à être
expulsé vers son pays d'origine, mais la RDA le refusa.
Il fût alors assigné à résidence dans
un couvent de province et ne put rejoindre Paris qu'un an plus
tard, après une intense campagne lancée par Maspéro
et la Cimade. Il continua par la suite jusqu'à aujourd'hui
son oeuvre d'intellectuel témoin et militant engagé,
recevant régulièrement mais discrètement
dans sa petite maison de Montreuil, de nombreux responsables
politiques de gauche et d'extrême-gauche, comme par exemple
Alain Krivine, de la Ligue Communiste Révolutionnaire
(LCR). Il obtint la nationalité française en 1986
et publia en 2004 un livre de mémoires intitulé
Profession: révolutionnaire (éditions le Bord de
l'eau).
Âgé de 85 ans, Boris Fraenkel manifestait ses intentions
suicidaires auprès de ses proches depuis quelque temps
déjà.
- mardi 02 mai
2006
www.republique-des-lettres.fr
-
- LCR
- Mort
de Boris Fraenkel
-
- Nous venons
dapprendre le suicide de Boris Fraenkel qui, en se jetant
dans la Seine près de la gare de Lyon, à lâge
de 85 ans, a mis en pratique un projet quil avait mûri
depuis longtemps. La notoriété tardive de ce militant
trotskyste un peu exceptionnel a été suscitée
par la découverte du fait quil fut lun des
formateurs de Lionel Jospin, quand celui-ci était membre
de lOrganisation communiste internationale (OCI) - aujourdhui
Parti des travailleurs -, dans les années 1960.
- Né à
Gdansk, issu dune famille sioniste de gauche, il fit de
nombreuses traductions de Trotsky, Lukacs, Wilhem Reich ou Herbert
Marcuse. Boris Fraenkel fut aussi lun des fondateurs de
lOCI, dont il fut exclu en 1966, au cours dun violent
procès où il fut accusé de défendre
les positions de Reich.
- À la
veille des événements de Mai 68, il a tenu une
conférence à luniversité de Nanterre
qui eut un grand écho, sur la répression sociale
de la sexualité. Il fut ensuite assigné à
résidence en Lozère pendant un an et nobtint
la nationalité française quen 1986. Par la
suite, en 2000, il rejoignit pendant près dun an
la section LCR de Montreuil, avant de la quitter. Militant très
indépendant, sans patrie ni frontière, jamais à
laise dans une organisation, Boris Fraenkel fut un intellectuel
militant qui a toujours préféré la parole
à lécrit (à lire : Boris Fraenkel,
Profession : révolutionnaire, Éditions le Bord
de leau, 200 pages, 18 euros).
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