Filles de Mai
collectif
Préface
de Michelle PERROT
- Genre : récit
- Collection :
document
Nombre de pages : 120 pages
Format: 12 x 19
Date de parution : février 2004
ISBN : 2-911803-84-1
Prix de vente public
: 15 euros
TTC
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Elles
témoignent de leur expéreince de mai 1968. En voici
quelques exemples
Anne Feig. En 68, j'ai 25 ans et je finis ma licence d'allemand.
L'année 68-69, je pars enseigner le français dans
un lycée allemand. C'est donc à Francfort que je
peux apprécier, dans les manifs, l'intelligence et les
qualités d'orateur d'un certain Cohn-Bendit...
- Chantal Cambronne-Desvignes. En 68, j'ai 32 ans,
et je suis enceinte de mon quatrième enfant. Enseignante,
je suis durement chahutée au collège, et l'échec
de mon couple me plonge dans le plus profond désespoir.
Ce qui se passe en mai est pour moi le début d'une re-naissance.
Florence Herlin. En 68, je viens davoir 25 ans.
Je suis depuis un an professeur dhistoire dans un lycée
du nord de la France. Année riche en expériences :
mon premier poste, lindépendance, la vie de province,
enfin lirruption de mai.
Françoise Bonnot-Jörgens. En 68, j'ai 24 ans,
je fais des études de lettres modernes à la Sorbonne,
je finis ma licence et depuis la rentrée 67 je milite
au GLM (Groupe de Lettres modernes) de l'UNEF.
Gisèle Moyroud. En 68, j'ai 30 ans, deux filles,
ma carte au SNI. J'enseigne aux Abrets (Isère) à
500 m de mon domicile, dans un collège rural en préfabriqué,
le français, l'histoire-géo, et accessoirement
le dessin, la cuisine, l'instruction civique...
Luce Haccard-Perrin. En 68, jémerge tout
juste d'une interminable et douloureuse adolescence, d'un long
séjour dans les couloirs d'une mort programmée
et jamais achevée. Bref, je suis mûre pour NAITRE,
vraiment, cette fois. Pour les autres, j'ai 27 ans, je suis documentaliste
à l'Educ Naze, et viscéralement rebelle à
toute autorité. Mûre, donc, pour le gauchisme
Marie Manet. J'ai 25 ans le 2 mai 1968. Je suis infirmière
de nuit dans une clinique d'Aix-en-Provence. J'élève
seule ma fille de trois ans.
Marion Page. Je sors de l'Ecole normale de Nantes en 1960.
En 68, j'ai 30 ans tout juste, et j'ignore tout du monde ouvrier,
et aussi du monde des étudiants
Mariée à
un cadre technique travaillant dans les arts graphiques, jai
deux filles, de 5 ans et 14 mois. J'habite la banlieue sud où
nous venons de faire construire grâce au Crédit
Foncier. Je travaille à Paris 14e, dans une école
maternelle près du boulevard Brune, et j'y emmène
ma fille. Je songe vaguement à un troisième enfant
(qui naîtra en 70), mais pas encore au divorce, je quitterai
le domicile conjugal en 1983 seulement !
Salima Fanton. En 68, j'ai 17 ans. Lycéenne à
Paris. J'habite en proche banlieue et je prends le bus et le
métro tous les jours, et DONC, je commence à faire
l'expérience d'une "certaine" LIBERTE. J'ai
un petit ami qui m'aime et que j'aime. J'ai une bonne copine
de lycée. Elle est catho de gauche et sappelle Marie-Jeanne.
Ma vie amoureuse est très secrète. Je me retrouve
enceinte. J'avorte dans une grande SOLITUDE
.
Simone Gipouloux. En 68, j'ai 54 ans et je suis professeur
de psychopédagogie à l'Ecole normale d'institutrices
de Bordeaux. Je vis les événements sur deux plans
en même temps : mon fils, en terminale, est très
engagé, et je suis témoin de ce qu'il vit ; moi-même,
dans ma profession, je m'implique complètement dans ce
qui se passe.
Sylvette Dupuy. En 68, j'habite New York où j'ai
suivi mon mari, j'ai un bébé, des nattes dans le
dos et encore mes joues d'adolescente, je porte de longues jupes,
je suis heureuse et néanmoins en quête. Sous les
pavés, la plage bruisse. Et je suis convaincue que « les
marges, c'est ce qui fait tenir la page » (Jean-Luc
Godard).
-
- Un Livre fort,
émouvant
qui rappelle ce que fut aussi mai 68 :
une renaissance pour les femmes.
- Un livre tout
public.
-
- DANS
LA PRESSE
- MARIE-CLAIRE
- JUIN 2004
-
- CAMARADES
- Elles avaient
entre 20 et30 ans en 1968, et leur vie a basculé. VlNGT-DEUX,
«Filles de mai», nous racontent leur mois de mai,
et leurs souvenirs éclatés forment une farandole
qui court d' «Adolescence » à «Vérité »,
en passant par « Barricades », « Famille »,
« Militantisme » et « Sexualité ».
Ces « mémoires de femmes » sont
nés d'un atelier d'écricure et de conversations
qu'on imagine tour à tour nostalgiques et débridées.
Les fragments de récits sont regroupés sous la
forme d'un dictionnaire et préfacés par MICIIELE
PERROT. Enseignantes, infirmières, émdiantes ou
femmes au foyer, les filles de mai nous rappellent que, pour
beaucoup, le printemps 1968 fut l'irruption d'une conscience
plus aiguë et de la possibilité d'un changement,
voire d'une rupture dans leur vie. Aux plus jeunes, ce livre
rappellera que la pilule, l'avortement, la mixité et la
parole des femmes sont des acquis récents. Chez les plus
âgées, il réveillera les souvenirs d'une
époque où sous les pavés rêvait encore
la plage.
- Evelyne Bloch-Dano
bulletin de liaison
des études sur
les mouvements révolutionnaires
-
- Filles de mai.68
mon mai à moi. Mémoires de femmes, Editions Le
bord de l'eau, 2004
- Vingt-deux femmes,
inconnues (elles sont brièvement présentées
à la fin de l'ouvrage), (se) racontent leur Mai 68, sous
la forme d'un dictionnaire à voix multiples. Telle est
l'ambition de ce livre, préfacé par Michelle Perrot.
Cette histoire d'un Mai vu par les femmes trouve son origine
dans une association initiée par Philippe Lejeune (l'auteur
du Pacte autobiographique), l'OPA, Association pour l'Autobiographie,
qui avait d'ailleurs précédemment publié
dans ses cahiers ce texte. Si l'on peut regretter qu'aucune présentation
méthodologique ne soit présente (M. Perrot pointe
le fait que ce pacte autobiographique mériterait des précisions
sur sa nature), grâce à ces paroles, on pénètre
dans l'ébranlement existentiel qu'a constitué cet
évènement.
Agées de 15 à 54 ans au moment des faits, ces différentes
femmes ne sont guère militantes (bien sûr, il y
a des exceptions), mais vivent au plus profond de leur chair
l'impact de Mai. Si l'on est d'accord que le privé aussi
est politique, c'est bien un vécu de femme de Mai qui
est offert à la lecture. Et en effet, si figurent les
termes de tracts, ouvrier, barricades, révolution, maoïsme,
y figurent aussi adolescence, famille (étouffante), contraception
(absente ou réduite à la méthode Ogino),
avortement (conséquence, parfois, de la méthode
précitée). En tant que femmes, les participantes
à ce volume vivaient avant (c'est d'ailleurs une des entrées)
dans un " ancien régime ", fait de carcans,
d'interdits, de statut dévalorisé (la moitié
des témoins sont mariées et mères de famille).
Pour elle, Mai fut un commencement, souvent marqué par
la séparation ou le divorce d'avec le mari/le compagnon.
Le ton, parfois violent (" ma vie, c'est de la merde "),
traduit bien ce malaise (dont le principe d'énonciation
et de reconstruction se perçoit néanmoins, 35 ans
après Mai). Ce livre participe à sa manière
à l'évocation de la période ouverte par
Mai, sous l'angle peu présent de paroles, originales,
de femmes communes. Un témoignage important.
- Georges Ubbiali.
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