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Reuven FEUERSTEIN
Antoine SPIRE
 
La pédagogie à visage humain
la méthode Feuerstein

essai

C
ollection :"Clair & net – psychologie"
Format: 14x21,5 — 168 pages
Date de parution : janvier 2006
ISBN : 2-915651-34-5

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Prix de vente public : 15 euros TTC
Port et emballage compris en CEE
 
 
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Reuven Feuerstein est ce pédagogue israélien qui a travaillé à récupérer les enfants bouleversés par la Deuxième Guerre mondiale lors de la création de l’Etat d’Israël. Il s’est occupé d’enfants juifs européens et nord-africains rescapés de la shoah. Soumis à des tests psychométriques, ces enfants obtenaient des résultats qui dénotaient un retard intellectuel de 3 à 6 ans par rapport à la norme. Feuerstein s’est aperçu que si les tests pouvaient rendre compte des connaissances de l’enfant, ils ne permettaient pas pour autant de mesurer leur capacité d’apprentissage. Il importait donc avant tout de débloquer le processus intellectuel et émotionnel permettant aux enfants et aux adolescents d’acquérir des connaissances.
À travers des milliers de patients, le Professeur Feuerstein a acquis la conviction qu’il était possible d’apprendre à apprendre, et ce d’une manière continue. Son programme d’enrichissement instrumental consiste donc à créer chez tous ceux qui présentent un immobilisme intellectuel les conditions physiologiques et psychologiques leur permettant de faire face de manière autonome aux différents événements auxquels ils seront confrontés.
Plus largement, la pédagogie de Feuerstein est une pédagogie de la médiation. Elle permet de faire le tour des problèmes pédagogiques, de mettre des mots sur des choses implicitement connues pour devenir mieux armé. En prônant une pédagogie généreuse, active et modifiante, Feuerstein nous invite à quitter des attitudes qui ont trop souvent été chez nous passives et acceptantes. Bref une pédagogie à visage humain...

LE LIVRE
Fait le point sur la manière dont un certain nombre d’intellectuels français abordent aujourd’hui la méthode Feuerstein. Que pouvons-nous en tirer ? Quelles indications permet-elle de donner à une réflexion théorique sur la pédagogie et la transmission de connaissances ?
L’évolution fulgurante des mutations scientifiques et technologiques et des modes de production nécessite pour tout un chacun une adaptation permanente.
La formation continue, en favorisant l’actualisation des connaissances, en facilitant leur conversion, représente un des vecteurs de changement. Il ne s’agit pas de former des individus en fonction des besoins immédiats, rapidement obsolètes, mais d’anticiper les capacités dont les salariés ont besoin. De ce point de vue, la méthode de Monsieur Feuerstein est certainement féconde.
Ce programme d’enrichissement instrumental a pour but de faire bénéficier les sujets, quel que soit leur âge, d’une expérience d’apprentissage médiatisé. Comment ne pas s’associer au pari qui préside à l’initiative du Professeur Feuerstein : « Toute personne est capable de changement quels que soient son âge, son handicap et la gravité de son handicap. »
Cette théorie du changement et de l’apprentissage par médiation s’appuie sur deux applications pratiques : la méthode d’évaluation dynamique du potentiel d’apprentissage, et le programme d’enrichissement instrumental.
Cette méthode pédagogique, ayant depuis longtemps fait ses preuves, vient en contrepoint de la théorie de la "résilience" vulgarisée en France par Boris Cyrulnik.
Ses collègues l’appellent «le Professeur». Il est aussi considéré comme « celui qui transforme ». Il aime à dire : « Les chromosomes ne doivent pas avoir le dernier mot. »
Depuis plus de quarante ans, le professeur Reuven Feuerstein anime et inspire ceux qui le côtoient, par la force de sa pensée, par son optimisme et par son dévouement.
Un livre tout public qui touchera plus particulièrement les enseignants, professionnels, éducateurs, et toute personne confrontée à des enfants en difficulté...

LES AUTEURS


Né en Roumanie, Reuven Feuerstein
y commence ses études. En 1944, il émigre en Israël où il travaille pour l’organisation « Aliayat Ha’noar ». De l950 à 1955, il reprend ses études à l’université de Genève, sous la direction de Jean Piaget et d’André Rey. En 1965 il fonde, avec le Dr Krasilowsky et Mr Tuchman, l’unité de recherche qui devient l’Institut Hadassah­-Wizo-Canada, à Jérusalem. En 1970, il obtient son doctorat en psychologie du développement à la Sorbonne. En 1993, il devient directeur du Centre international pour le développement du potentiel d’apprentissage (ICELP), dérivé de l’institut Hadassah-Wizo-Canada. Ce centre, destiné à l’évaluation et à l’éducation des jeunes présentant des retards intellectuels, est l’aboutissement de plus de 40 ans de recherches novatrices, Reuven Feuerstein a été professeur en psychologie de l’éducation à l’Université Bar-Ilan en Israël et à la Vanderbilt University aux Etats-Unis.

Il a publié de nombreux ouvrages et articles scientifiques. Sa théorie et ses méthodes sont étudiées dans le monde entier. Il est docteur honoris causa de l’université de Turin. Au cours de sa carrière, il s’est vu décerner de nombreuses distinctions, dont le prestigieux «Prix d’Israël pour l’éducation». D’innombrables publications (articles, livres, thèses) et des centaines de colloques s’appuient sur ses travaux.
 
Antoine Spire est Directeur du département Recherches en sciences humaines de l’institut national du cancer (INCa) ; il est aussi Conseiller éditorial du Monde de l’éducation et dirige la collection « Clair et Net » aux éditions Le Bord de l’eau. De 1976 à 1999, il a été producteur d’émissions à France Culture, notamment « Staccato » (1997-1999). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, le plus récent , Dieu aime-t-il les malades ? écrit avec Nicolas Martin (Anne Carrière, 2004) qui a reçu le prix 2005 du MEDEC.
 
 
 
 
 
 
 

DANS LA PRESSE

 
07/03/2006
Le Quotidien du médecin
 
 
Des autistes aux défavorisés sociaux
Feuerstein veut révéler le potentiel de chaque enfant
« Il faut que la France redécouvre la pédagogie à visage humain. »
 
Le cancérologue David Khayat met sa notoriété au service d’une méthode d’apprentissage, celle du pédagogue israélien Reuven Feuerstein, qui veut révéler la richesse cachée en chaque enfant, des autistes aux défavorisés sociaux. Il a préfacé le livre publié en France par Feuerstein et Antoine Spire*.
 
REUVEN FEUERSTEIN, pédagogue israélien, a travaillé, lors de la création de l’Etat d’Israël, à récupérer ceux qu’il appelle les enfants des cendres, rescapés de la Shoah. Ces enfants, après tests psychométriques, présentaient des retards de développement intellectuel de trois à six ans par rapport à leur âge. Si les tests mesurent les connaissances de l’enfant, Reuven Feuerstein s’aperçoit qu’ils ne permettent pas de mesurer leur capacité d’apprentissage. Ils ne permettent pas de répondre à la question que l’on se pose alors : «Ces enfants seront-ils capables d’être éduqués après les grands traumatismes qu’ils ont vécus, après la perte de leurs parents et de leur enfance dans les camps de concentration?» Il importait donc de débloquer le processus intellectuel et émotionnel permettant aux enfants et aux adolescents d’acquérir des connaissances.
Feuerstein est convaincu que l’on peut apprendre à apprendre. Quel que soit le handicap, quel que soit l’âge, l’individu est «modifiable». Sa théorie de la « modifiabilité », qu’il qualifie d’essentiellement optimiste, a pour postulat central la «propension de l’être humain à modifier sa structure cognitive et par cela son niveau de fonctionnement mental, émotionnel, intellectuel et comportemental».
Paradoxalement, le cas des surdoués aide à comprendre la démarche : «Comment expliquer les surdoués en situation d’échec, interroge-t-il, ces enfants ne se sont jamais confrontés aux difficultés; ils résolvent les problèmes sans y penser. Ils n’ont jamais eu à faire face, ils n’ont pas appris à développer des stratégies, ils n’ont pas acquis de modalités d’apprentissage.»
Feurstein a élaboré une méthode (programme d’enrichissement instrumental) qui consiste à créer chez tous ceux qui présentent un immobilisme intellectuel les conditions physiologiques et psychologiques leur permettant de faire face de manière autonome aux différents événements auxquels ils seront confrontés dans la vie.
Les programmes de l’institut consacrés aux enfants handicapés cherchent à favoriser l’insertion de ces enfants dans le circuit scolaire traditionnel. «Pour vraiment atteindre notre but par l’intégration, il faut préparer l’enfant. Il doit arriver à l’école avec des habitudes, des modalités de pensée, des stratégies d’apprentissage. Beaucoup d’enfants ont besoin d’interventions intensives, surtout ceux qui ont de grandes déficiences mentales au niveau sensoriel, linguistique, communicationnel... Ces enfants ont besoin d’une activité individuelle intensive.»
L’apprentissage médiatisé. Comme Piaget dont il fut l’élève, Feuerstein affirme que l’intelligence se construit et qu’on apprend en agissant. Il va plus loin en affirmant que les capacités cognitives ne sont pas figées mais évoluent en fonction de l’environnement socioculturel. Il insiste sur l’interaction entre l’affectif et la cognition en introduisant le « médiateur » et la notion d’« apprentissage médiatisé ». C’est la manière dont le pédagogue prend en compte l’enfant qui fonde la méthode.
Le médiateur est celui qui a changé de regard, qui ne regarde pas l’enfant par rapport à des normes mais par rapport à lui-même, explique Sylvie Bori, psychologue clinicienne formée à la méthode Feuerstein. «Il organise le microenvironnement dans lequel il intervient, de façon que la nouveauté, l’étrangeté de l’activité proposée, déclenche un déséquilibre chez l’enfant. Nous partons de ce déséquilibre pour voir sur quoi nous allons pouvoir nous appuyer et sur quoi l’enfant va pouvoir le faire. A la suite du succès obtenu avec des enfants présentant un retard mental, Feuerstein s’est consacré à l’insertion des trisomiques légers dans la société. «Les résultats obtenus en Israël semblent dépasser toutes les espérances, écrit David Khayat, dans sa préface. Certaines de ces personnes sont, aujourd’hui, auxiliaires dans l’armée ou dans des maisons pour personnes âgées.» Ses équipes travaillent aujourd’hui à mettre sur pied des programmes adaptés aux autistes.
Les concepts et les méthodes d’apprentissage du Pr Feuerstein sont utilisés en Israël dans un grand nombre de domaines : l’intégration sociale des enfants issus des différentes vagues d’immigration, des adultes aussi, afin de réussir leur réintégration dans le travail, la prise en charge de personnes atteintes de graves lésions cérébrales...
«Nous voulons réfléchir à cette expérience, qui constitue incontestablement une richesse pour Israël, explique le Pr Khayat. Peut-elle nous aider, compte tenu de nos spécificités, à avancer ici et maintenant?»
Le PEI (programme d’enrichissement instrumental) est assez connu en France. Il a été diffusé, dans les années 1980, notamment par des universitaires de Paris-V, comme Rosine Debray (psychiatre), Alain Moal (maître de conférences en psychologie). «Il est intéressant que les résultats en soient parfois discutés, mais il a permis à des maîtres exerçant dans des contextes particulièrement difficiles de reprendre courage», conclut David Khayat.
> NELLIE PONS
* « La Pédagogie à visage humain, la méthode Feuerstein », Reuven Feuerstein, Antoine Spire, Le bord de l’eau éditions, 168 pages, 15 euros.