EDITIONS LE BORD DE L'EAU
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Bernard COLLIGNON
 
Le petit livre des grandes
Fêtes religieuses
Judaïsme, Christianisme & Islam

Histoire des religions et des idées...
 
Format : 12 x 19 — 196 pages
Date de parution : 22 septembre 2006
ISBN : 2-915651-48-5

Prix : 15 eurosTTC
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LE LIVRE

La religion, contrairement à ce que prétend une fausse étymologie, ne sert nullement à « relier » les peuples, ce dont nous aurions pu nous douter : trop souvent dans le monde, elle sert de prétexte à la guerre ou, du moins, la cautionne et l’envenime en sous-main.
Cet ouvrage souhaite au contraire mener sinon à une réconciliation du moins y contribuer, en mettant en parallèle les aspects festifs des trois grandes religions monothéistes du monde, soit par ordre d’apparition le judaïsme, le christianisme et l’islam, trop souvent en butte aux incompréhension et aux affrontements mutuels.
L'auteur présente, de façon anecdotique parfois, les fêtes religieuses de ces trois religions : leur date dans les divers calendriers, leur mise en place progressive ou leur histoire, les rites et liturgies qui s’y rapportent, les coutumes plus ou moins profanes qui s’y rattachent, et bien sûr leur signification spirituelle, car il ne saurait être question de les détacher de leurs racines existentielles.


Avant-propos : Histoire d’une double étymologie
 
Le mot « religion » — qui « relie » les hommes — viendrait du latin « religare », « relier ». Cette version souvent utilisée se référe à Lucrèce ( - 98 / - 55), qui suppose cette étymologie dans son De Natura rerum. L’argument est le suivant : Lucrèce, bien plus proche des sources de la langue latine que nous ne le serons jamais, serait le mieux placé pour faire autorité en matière d’étymologie
Or il n’est rien de plus hasardeux. Nos ancêtres les Antiques ne posssédaient pas la moindre notion de la science étymologique actuellement en usage...
Ainsi, Noël vient du latin « natalis dies », jour de la naissance du Sauveur. Ce mot n’apparaît pas avant le XIIIe siècle. Noël se fête, en Occident, le 25 décembre. Certains affirment que cette date aurait été choisie en fonction de la position des étoiles dans le ciel : un trou dans le ciel se trouve précisément entre les constellations de l’Ane et du Bœuf, de part et d’autre d’un espace vide appelé, depuis les Assyriens, la crèche... Mais ce n’est qu’au VIe siècle que cet usage s’est établi, afin de faire coïncider Noël avec la fête du renouveau du soleil ou solstice d’hiver. C’est à partir de cette date en effet que les jours recommencent à augmenter. [...] Auparavant, cette célébration variait entre le 19 avril et le 20 mai. [...] A Rome, dans l’Antiquité, les Saturnales ou fêtes de Saturne se célébraient du 19 au 26 décembre... [...] Le sapin de Noël n’a rien à voir lui non plus avec le christianisme. C’est tout simplement un message d’espoir et d’éternité, puis qu’il perd ses aiguilles tout au long de l’année, et non pas à l’automne, symbolisant ainsi le renouveau infatigable des saisons.

Les 10 derniers jours du Ramadan sont considérés comme hautement bénis, et en particulier la 27e nuit, la nuit du destin, Laylat al-Qadr, nuit pendant laquelle le Coran a été révélé à Mohammed.

Roch Hachanna : le Nouvel An juif («la Tête de l’année»). Et c’est même en ce jour que le monde fut créé. A la plus antique religion revenait en effet l’idée de commémorer la date même de la création de l’univers ! Toute naissance est accouchement. C’est ce qui se passe egalement à Roch Hachana, qui est appele « jour de l’accouchement du monde ».
Un livre tout public essentiel pour mieux comprendre le monde tel qu'il est.
Un livre référence qui permet de comprendre l'histoire et l'origine des fêtes religieuses. Bref un indispensable !
 

L’auteur
 

Bernard Collignon, professeur de lettres, a publié un roman
Ommaet Pourquoi ont-ils tué Péguy ?, essai salué par la critique aux éditions Le Bord de L’eau. Il vit à Bordeaux.
 
 
 
 
 

Les premères pages du livre
AVANT-PROPOS
 
Le mot " religion " - qui " relie " les hommes - viendrait du latin " religare ", " relier ". Cette version souvent utilisée se référe à Lucrèce (- 98/- 55), qui suppose cette étymologie dans son De Natura rerum. L'argument est le suivant : Lucrèce, bien plus proche des sources de la langue latine que nous, serait le mieux placé pour faire autorité en matière d'étymologie
 
Histoire d'une double étymologie
Or il n'est rien de plus hasardeux. Nos ancêtres les Antiques ne possédaient pas la moindre notion de la science étymologique actuellement en usage. Ils ne pouvaient se référer qu'aux " on-dit ". Ils interprétaient par exemple le mot " amazone " comme " celle qui n'a qu'un sein ", " a " = " un ", " mazos " : le sein, ces guerrières ayant paraît-il la coutume de se couper le sein droit pour avoir plus d'aisance (dans le tir à l'arc, ce qui est aussi barbare et inefficace...) que la coutume des anciens Hottentots de se trancher un testicule pour être plus légers à la course...
Eh bien non ; " amazone " veut dire " qui rassemble son corps " (" hama ") à l'aide d'une ceinture (" zôna ") - qui ne " fait qu'une avec sa ceinture ". Erreur monumentale des Grecs ! Passons aux Latins : " Sepulchrum ", " le tombeau ", proviendrait du préfixe " se ", signifiant " absence de " (nulle part attesté...), et de " pulchrum ", " beau. " Le sépulchre signifierait donc " le pas beau ", par crainte superstitieuse de le nommer directement... Or, ce mot est de la même famille que " sepelire ", qui signifie " ensevelir "...
Passons sur les élucubrations moyenâgeuses concernant les étymologies de noms de saints, " Agnès " venant de " agnoscendo ", " connaître ", parce qu'elle " connut la voie de la vérité " (Légende Dorée de Jacques de Voragine), " Vincent " de " incendiant le vice " et autres balivernes. N'en déplaise aux tenants de l'archaïsme, nos connaissances sur le passé s'accroissent à mesure que nous nous en éloignons...
C'est pourquoi il devient de plus en plus difficile d'accepter le terme " religion " comme devant " relier " les humains, parce que c'est étymologiquement faux.
 
Que signifie "religio" ?
" Religio " signifie " scrupule " ; c'est à la page 1336 du Gaffiot. " Il se fait une religion de respecter ses engagements " signifie " il se fait un scrupule... ". La " religio ", c'est l'" attention scrupuleuse ", la " délicatesse ", la " conscience " (" se faire conscience de "), et le " sentiment religieux ", la " crainte pieuse ". Enfin le " culte ", les " pratiques religieuses ". Il fallait par exemple prononcer telle prière sept fois et non six, offrir un taureau blanc à Jupiter, et si l'on n'en trouvait pas, on passait à la craie le flanc de l'animal à sacrifier. Il s'agit donc là ni plus ni moins de rituels magiques. " Religion " ne viendrait pas de " religare " " relier ", mais de " relegere ", " recueillir de nouveau ", " repasser en revue dans la pensée (pour ne rien oublier) ", comme indiqué dans le Gaffiot.
Mais qui sait cela à présent, que le latin lui-même, autrefois langue des Dieux, puis langue de Dieu, n'est plus même considéré comme obligatoire dans les études ecclésiastiques, au séminaire... Mais cette fonction de " relier ", à laquelle certains paraissent (à juste titre) si attachés se manifeste essentiellement lors des cérémonies et des fêtes justement, caractérisées par leur destination collective. Toutes les fêtes ainsi rappellent, à intervalles réguliers, l'appartenance de chaque individu à une collectivité, ou d'une collectivité à une autre plus vaste, telles les fêtes de Jupiter Latin affirmant l'identité latine de cités primitivement indépendantes.
 
Comment et pourquoi y a-t-il des fêtes religieuses ?
C'est donc non seulement un élément de cohésion, mais une occasion aussi de défoulement collectif, de rupture, de folie. Jusqu'au XVIIe siècle la Fête des Fous, donnant lieu à toutes sortes de débordements, et finalement interdite (dernière célébration courant XVIIIe siècle à Antibes. Maurice Lever, Le Sceptre et la Marotte, Fayard, 2000), autorisait un débordement du monde profane, voire des profanations. La fête en soi s'interprète donc comme un élément de désordre dans un monde que domine l'ordre.
Et malgré les mises en garde, les fêtes religieuses risquent toujours de se transforment en beuveries ou en " foire à tout " comme disent les enseignes commerciales. (Le site " Noël " sur internet vous proposera pendant des pages toutes les connections commerciales imaginables sans qu'il soit question le moins du monde d'une quelconque signification religieuse.)
Aussi les fêtes religieuses proprement dites, dans les trois religions monothéistes qui nous intéressent ici, tendant à renforcer la cohésion et l'ordre, se sont bien souvent efforcées de se substituer, tant bien que mal, à des célébrations plus ou moins orgiaques, en leur fournissant, en leur superposant leurs prétextes cultuels et liturgiques, récupérant et confisquant l'inévitable reliquat de désordres au profit de ses seuls prêtres ou illuminés dont elle se défiait d'ailleurs.
 
 

DANS LA PRESSE
 

LE MAGUE
le 01/10/2006
Les Fêtes religieuses expliquées aux Nuls
par Frédéric Vignale


Reçu au Mague ces jours-ci un petit livre violet (la couleur n’est pas anodine) sur les Grandes Fêtes religieuses du Judaïsme, du Christianisme et de l’Islam. L’auteur Bernard Collignon me met un petit mot en dédicace "En détestation commune de tous les fanatismes" et il a raison, ce livre est d’utilité publique, il devrait être offert gracieusement dans toutes les écoles, être en lecture libre sur tous les portables, il est un outil remarquable contre la bêtise et l’ignorance.
En ces temps troublés de guerre de religieux, de racisme ordinaire et d’intégrisme forcené, il est bon de revenir aux textes, aux significations premières, de relire les dates, les calendriers, les rites et les liturgies pour ne pas tout mélanger, pour ne pas faire de graves erreurs d’appréciations par manque de culture, de référent.
Pessah, Pentecôte, Aïd el Kébir, Ascension, Yom Kippour, Roch Hachanah, Aïd el Fitr (...), voici le dictionnaire des religions le plus accessible et abordable du monde fait de mains de maitre par un professeur de lettres qui rend lisible l’histoire et les spécificités de chaque religion avec rigueur et bienveillance.
Simple, efficace, bien documenté et mis en page, on peut lire cet ouvrage dans tous les sens, dans sa chronologie ou alors en allant chercher la notion qu’on avait oublié ou que l’on maîtrisait mal.
Ce n’est pas parce qu’on est athée ou non croyant que l’on doit faire l’impasse sur ce qui fait partie intégrante de notre histoire et passé commun. Dans un pays laïc comme la France, ce type de livre doit vraiment avoir une large audience et faire le maximum de didactique.
Un livre indispensable pour un prix modique et qui peut éviter bien des incompréhensions réciproques.
Bravo l’auteur pour tant de limpidité et de lucidité de la situation, voilà un bon livre, contre tous les préjugés et jugements faciles, qui finit par nous dire, en filigrane, que chaque religion dans sa différence peut exister sans nier l’autre que tout cela créait, finalement, un fond commun riche et passionnant.
A lire d’urgence cette séance "divine" de rattrapage !
 
Le petit livre des grandes fêtes religieuses, Judaïsme, Christianisme & Islam, Editions Le Bord de l’Eau (2006) 160 pages, 15 euros
le 01/10/2006
 
http://www.lemague.net/dyn/article.php3?id_article=2492

Vallée FM 96.6
 
Le petit livre des Grandes Religions de Bernard Collignon
 
Ce petit éditeur que j'ai découvert par hasard est extrêmement riche dans le domaine qui nous concerne. D'ailleurs, les ouvrages sont abordés d'une manière rigolote et très claire pour apporter au public, les choses essentielles par le chemin plus court !
L'ouvrage de Bernard Collignon est une porte ouverte à l'entente œcuménique, au dialogue et à une reconnaissance mutuelle des trois grandes religions monothéistes. D'ailleurs nous apprenons au fil des pages, des quantités de choses que nous ignorions et qui nous faisaient défaut pour une meilleure compréhension de notre propre religion !
On y apprend également, la tolérance, le savoir, le respect et la passion qui anime les fidèles ou les connaisseurs avant-gardiste d'une réconciliation cordiale et partagée !
Un livre qui pourrait servir à ouvrir les esprits !
 

Ouvrage présenté dans l'émission du 5 novembre 06