- LE
LIVRE
La religion, contrairement à ce
que prétend une fausse étymologie, ne sert nullement
à « relier » les peuples, ce dont
nous aurions pu nous douter : trop souvent dans le monde,
elle sert de prétexte à la guerre ou, du moins,
la cautionne et lenvenime en sous-main. Cet ouvrage souhaite au contraire mener sinon à
une réconciliation du moins y contribuer, en mettant en
parallèle les aspects festifs des trois grandes religions
monothéistes du monde, soit par ordre dapparition
le judaïsme, le christianisme et lislam, trop souvent
en butte aux incompréhension et aux affrontements mutuels.
L'auteur
présente, de façon anecdotique parfois, les fêtes
religieuses de ces trois religions : leur date dans les
divers calendriers, leur mise en place progressive ou leur histoire,
les rites et liturgies qui sy rapportent, les coutumes
plus ou moins profanes qui sy rattachent, et bien sûr
leur signification spirituelle, car il ne saurait être
question de les détacher de leurs racines existentielles.
Avant-propos : Histoire
dune double étymologie
-
- Le mot « religion »
qui « relie » les hommes viendrait
du latin « religare », « relier ».
Cette version souvent utilisée se référe
à Lucrèce ( - 98 / - 55), qui suppose
cette étymologie dans son De Natura rerum. Largument
est le suivant : Lucrèce, bien plus proche des sources
de la langue latine que nous ne le serons jamais, serait le mieux
placé pour faire autorité en matière détymologie
Or il nest rien de plus hasardeux. Nos ancêtres les
Antiques ne posssédaient pas la moindre notion de la science
étymologique actuellement en usage...
- Ainsi, Noël vient du latin « natalis
dies », jour de la naissance du Sauveur. Ce mot napparaît
pas avant le XIIIe siècle. Noël se fête, en
Occident, le 25 décembre. Certains affirment que cette
date aurait été choisie en fonction de la position
des étoiles dans le ciel : un trou dans le ciel se
trouve précisément entre les constellations de
lAne et du Buf, de part et dautre dun
espace vide appelé, depuis les Assyriens, la crèche...
Mais ce nest quau VIe siècle que cet usage
sest établi, afin de faire coïncider Noël
avec la fête du renouveau du soleil ou solstice dhiver.
Cest à partir de cette date en effet que les jours
recommencent à augmenter. [...] Auparavant, cette célébration
variait entre le 19 avril et le 20 mai. [...] A Rome, dans lAntiquité,
les Saturnales ou fêtes de Saturne se célébraient
du 19 au 26 décembre... [...] Le sapin de Noël na
rien à voir lui non plus avec le christianisme. Cest
tout simplement un message despoir et déternité,
puis quil perd ses aiguilles tout au long de lannée,
et non pas à lautomne, symbolisant ainsi le renouveau
infatigable des saisons.
Les 10 derniers jours du Ramadan sont considérés
comme hautement bénis, et en particulier la 27e nuit,
la nuit du destin, Laylat al-Qadr, nuit pendant laquelle le Coran
a été révélé à Mohammed.
Roch Hachanna : le Nouvel An juif («la Tête de lannée»).
Et cest même en ce jour que le monde fut créé.
A la plus antique religion revenait en effet lidée
de commémorer la date même de la création
de lunivers ! Toute naissance est accouchement. Cest
ce qui se passe egalement à Roch Hachana, qui est appele
« jour de laccouchement du monde ».
- Un
livre tout public essentiel pour mieux comprendre le monde tel
qu'il est.
Un livre référence qui permet de
comprendre l'histoire et l'origine des fêtes religieuses.
Bref un indispensable !
-
Lauteur
-
Bernard Collignon, professeur
de lettres, a publié un roman Ommaet Pourquoi ont-ils tué Péguy ?, essai salué
par la critique aux éditions Le Bord de Leau. Il
vit à Bordeaux.
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Les premères
pages du livre
- AVANT-PROPOS
-
- Le
mot " religion " - qui " relie " les hommes
- viendrait du latin " religare ", " relier
". Cette version souvent utilisée se référe
à Lucrèce (- 98/- 55), qui suppose cette étymologie
dans son De Natura rerum. L'argument est le suivant :
Lucrèce, bien plus proche des sources de la langue latine
que nous, serait le mieux placé pour faire autorité
en matière d'étymologie
-
- Histoire
d'une double étymologie
- Or
il n'est rien de plus hasardeux. Nos ancêtres les Antiques
ne possédaient pas la moindre notion de la science étymologique
actuellement en usage. Ils ne pouvaient se référer
qu'aux " on-dit ". Ils interprétaient par exemple
le mot " amazone " comme " celle qui n'a qu'un
sein ", " a " = " un ", " mazos
" : le sein, ces guerrières ayant paraît-il
la coutume de se couper le sein droit pour avoir plus d'aisance
(dans le tir à l'arc, ce qui est aussi barbare et inefficace...)
que la coutume des anciens Hottentots de se trancher un testicule
pour être plus légers à la course...
Eh
bien non ; " amazone " veut dire " qui rassemble
son corps " (" hama ") à l'aide
d'une ceinture (" zôna ") - qui ne " fait
qu'une avec sa ceinture ". Erreur monumentale des Grecs
! Passons aux Latins : " Sepulchrum ", "
le tombeau ", proviendrait du préfixe " se ",
signifiant " absence de " (nulle part attesté...),
et de " pulchrum ", " beau. " Le sépulchre
signifierait donc " le pas beau ", par crainte superstitieuse
de le nommer directement... Or, ce mot est de la même famille
que " sepelire ", qui signifie " ensevelir
"...
Passons sur les élucubrations moyenâgeuses concernant
les étymologies de noms de saints, " Agnès
" venant de " agnoscendo ", " connaître
", parce qu'elle " connut la voie de la vérité
" (Légende Dorée de Jacques de Voragine),
" Vincent " de " incendiant le vice " et
autres balivernes. N'en déplaise aux tenants de l'archaïsme,
nos connaissances sur le passé s'accroissent à
mesure que nous nous en éloignons...
C'est pourquoi il devient de plus en plus difficile d'accepter
le terme " religion " comme devant " relier "
les humains, parce que c'est étymologiquement faux.
-
- Que
signifie "religio"
?
- "
Religio " signifie " scrupule " ; c'est
à la page 1336 du Gaffiot. " Il se fait une religion
de respecter ses engagements " signifie " il se fait
un scrupule... ". La " religio ", c'est
l'" attention scrupuleuse ", la " délicatesse
", la " conscience " (" se faire conscience
de "), et le " sentiment religieux ", la "
crainte pieuse ". Enfin le " culte ", les "
pratiques religieuses ". Il fallait par exemple prononcer
telle prière sept fois et non six, offrir un taureau blanc
à Jupiter, et si l'on n'en trouvait pas, on passait à
la craie le flanc de l'animal à sacrifier. Il s'agit donc
là ni plus ni moins de rituels magiques. " Religion
" ne viendrait pas de " religare " "
relier ", mais de " relegere ", "
recueillir de nouveau ", " repasser en revue dans la
pensée (pour ne rien oublier) ", comme indiqué
dans le Gaffiot.
Mais qui sait cela à présent, que le latin lui-même,
autrefois langue des Dieux, puis langue de Dieu, n'est plus même
considéré comme obligatoire dans les études
ecclésiastiques, au séminaire... Mais cette fonction
de " relier ", à laquelle certains paraissent
(à juste titre) si attachés se manifeste essentiellement
lors des cérémonies et des fêtes justement,
caractérisées par leur destination collective.
Toutes les fêtes ainsi rappellent, à intervalles
réguliers, l'appartenance de chaque individu à
une collectivité, ou d'une collectivité à
une autre plus vaste, telles les fêtes de Jupiter Latin
affirmant l'identité latine de cités primitivement
indépendantes.
-
- Comment
et pourquoi y a-t-il des fêtes religieuses ?
C'est donc non seulement un élément de cohésion,
mais une occasion aussi de défoulement collectif, de rupture,
de folie. Jusqu'au XVIIe siècle la Fête des Fous,
donnant lieu à toutes sortes de débordements, et
finalement interdite (dernière célébration
courant XVIIIe siècle à Antibes. Maurice Lever,
Le Sceptre et la Marotte, Fayard, 2000), autorisait un
débordement du monde profane, voire des profanations.
La fête en soi s'interprète donc comme un élément
de désordre dans un monde que domine l'ordre.
Et malgré les mises en garde, les fêtes religieuses
risquent toujours de se transforment en beuveries ou en "
foire à tout " comme disent les enseignes commerciales.
(Le site " Noël " sur internet vous proposera
pendant des pages toutes les connections commerciales imaginables
sans qu'il soit question le moins du monde d'une quelconque signification
religieuse.)
Aussi les fêtes religieuses proprement dites, dans les
trois religions monothéistes qui nous intéressent
ici, tendant à renforcer la cohésion et l'ordre,
se sont bien souvent efforcées de se substituer, tant
bien que mal, à des célébrations plus ou
moins orgiaques, en leur fournissant, en leur superposant leurs
prétextes cultuels et liturgiques, récupérant
et confisquant l'inévitable reliquat de désordres
au profit de ses seuls prêtres ou illuminés dont
elle se défiait d'ailleurs.
-
-
- DANS
LA PRESSE
-
- LE MAGUE
- le 01/10/2006
- Les
Fêtes religieuses expliquées aux Nuls
- par
Frédéric Vignale
Reçu au Mague ces jours-ci un petit livre violet
(la couleur nest pas anodine) sur les Grandes Fêtes
religieuses du Judaïsme, du Christianisme et de lIslam.
Lauteur Bernard Collignon me met un petit mot en dédicace
"En détestation commune de tous les fanatismes"
et il a raison, ce livre est dutilité publique,
il devrait être offert gracieusement dans toutes les écoles,
être en lecture libre sur tous les portables, il est un
outil remarquable contre la bêtise et lignorance.
- En ces temps troublés de guerre de religieux,
de racisme ordinaire et dintégrisme forcené,
il est bon de revenir aux textes, aux significations premières,
de relire les dates, les calendriers, les rites et les liturgies
pour ne pas tout mélanger, pour ne pas faire de graves
erreurs dappréciations par manque de culture, de
référent.
- Pessah, Pentecôte, Aïd el Kébir,
Ascension, Yom Kippour, Roch Hachanah, Aïd el Fitr (...),
voici le dictionnaire des religions le plus accessible et abordable
du monde fait de mains de maitre par un professeur de lettres
qui rend lisible lhistoire et les spécificités
de chaque religion avec rigueur et bienveillance.
- Simple, efficace, bien documenté et mis
en page, on peut lire cet ouvrage dans tous les sens, dans sa
chronologie ou alors en allant chercher la notion quon
avait oublié ou que lon maîtrisait mal.
- Ce nest pas parce quon est athée
ou non croyant que lon doit faire limpasse sur ce
qui fait partie intégrante de notre histoire et passé
commun. Dans un pays laïc comme la France, ce type de livre
doit vraiment avoir une large audience et faire le maximum de
didactique.
- Un livre indispensable
pour un prix modique et qui peut éviter bien des incompréhensions
réciproques.
- Bravo lauteur
pour tant de limpidité et de lucidité de la situation,
voilà un bon livre, contre tous les préjugés
et jugements faciles, qui finit par nous dire, en filigrane,
que chaque religion dans sa différence peut exister sans
nier lautre que tout cela créait, finalement, un
fond commun riche et passionnant.
- A lire durgence
cette séance "divine" de rattrapage !
-
- Le petit livre
des grandes fêtes religieuses, Judaïsme, Christianisme
& Islam, Editions Le Bord de lEau (2006) 160 pages,
15 euros
le 01/10/2006
-
- http://www.lemague.net/dyn/article.php3?id_article=2492
Vallée FM 96.6
-
- Le petit
livre des Grandes Religions de Bernard Collignon
-
- Ce petit éditeur que j'ai découvert
par hasard est extrêmement riche dans le domaine qui nous
concerne. D'ailleurs, les ouvrages sont abordés d'une
manière rigolote et très claire pour apporter au
public, les choses essentielles par le chemin plus court !
- L'ouvrage de Bernard Collignon est une porte ouverte
à l'entente cuménique, au dialogue et à
une reconnaissance mutuelle des trois grandes religions monothéistes.
D'ailleurs nous apprenons au fil des pages, des quantités
de choses que nous ignorions et qui nous faisaient défaut
pour une meilleure compréhension de notre propre religion
!
On y apprend également, la tolérance, le savoir,
le respect et la passion qui anime les fidèles ou les
connaisseurs avant-gardiste d'une réconciliation cordiale
et partagée !
Un livre qui pourrait servir à ouvrir les esprits !
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Ouvrage présenté dans l'émission du 5
novembre 06
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