EDITIONS LE BORD DE L'EAU
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Jean-Luc VEYSSY
Bernard COLLIGNON
 
FEMMES EN POLITIQUE
dans le monde
Angela, Michèle, Ségolène...

Essai de vulgarisation - lexique
Collection : Le petit livre des...
Format : 12 x 20,5 — 210 pages
Date de parution : février 2007
ISBN : 2-915651-57-4
 


Prix : 18 € TTC
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LE LIVRE LU PAR LA PRESSE

L'écho de Bruxelles du 10 au 12 mars 2007

LE LIVRE

Michèle Bachelet (Chili), Angela Merkel (Allemagne), Helen Clark (Nouvelle-Zélande) Tarja Halonen (Finlande), Gloria Arroyo (Phlippines), Mary McAleese (Irlande), Vaira Vike-Freiberga (Lettonie), etc. Toutes sont présidentes ou chefs de gouvernement en exercice de leur pays... Qui sont-elles ? Combien sont-elles ? Dans quel pays ? et en France ?... Ségolène Royal serait-elle « un mythe » comme ils disent ?
 
Le livre dresse un tableau de la situation des femmes en fonction de pouvoir depuis les dernières années du XIXe siècle, jusqu’à nos jours.


Extrait de l'avant-propos
 
« Qui va garder les gosses ? » (à la maison, s'entend) Cette réflexion, qui s’est voulue drôle, échappée à l’un de nos plus célèbres aspirants à la fonction présidentielle française, résume on ne peut mieux le sentiment, plus ou moins voilé, de certains machos face aux aspirations des femmes à plus de représentativité politique. Les mentalités n’ont pas tellement évolué depuis que telle championne olympique se voyait vilipendée en 1948 par une bonne partie de la presse pour délaisser (prétendument) ses enfants, « au lieu de gambiller sur les stades ». Nous en étions là. Et nous aimerions pouvoir conserver l’imparfait.
 
L'ordre alphabéthique plus démocratique
 
Les auteurs ont choisi l’ordre alphabétique, démocratique s’il en est, le meilleur moyen aussi de préserver les susceptibilités. Les femmes en question seront classées selon leurs fonctions réelles : présidentes, premiers ministres, sénatrices ou députées, candidates, personnalités diverses.
 
La simple logique démocratique
 
Les femmes apportent-elles quelque chose de nouveau en politique ? déclenchent-elles moins de guerres ? peut-être. Cèdent-elles moins facilement aux sirènes de la corruption ? rien n’est moins sûr. Ont-elles davantage le sens des réalités pratiques ? On l’entend dire...

Amener les femmes à la tête de l’Etat ou d’un ministère relève non d’un désir de revanche ou d’un postulat de supériorité ou d’altérité, mais simplement de la logique démocratique. Il y a 50% de femmes au monde ; il doit donc y avoir 50 % de femmes à de hautes fonctions politiques. A l’heure actuelle, onze en tout et pour tout exercent la magistrature suprême, soit l’effectif d’une équipe de foot, sans remplaçantes...
Chaque personnalité politique féminine sera présentée en quelques lignes : pays, état civil, fonctions successives et actuelles, résussites, échecs, projets, ambitions... ce qu'elles ont dit, ce que l'on dit sur elles.
 
Un livre indispensable qui dresse le portrait de la vie politique mondiale (passée, présente et future) conjuguée au féminin.

LES AUTEURS
 
Jean-Luc Veyssy, professeur de philosophie a publié aux éditions Le Bord de l'eau Le Tabouret (1995), Dugarry l'insoumis (2002), Noir Désir ou l'expérience des limites avec Bertrand Cantat (2003).
 
 
 
 
 
Bernard Collignon, professeur de lettres, a publié un roman Omma et Pourquoi ont-ils tué Péguy, essai salué par la critique aux éditions Le Bord de L’eau, et Le Petit livre des grandes fêtes religieuses (octobre 2006). Il vit à Bordeaux.
 
 


EXTRAITS DU LIVRE
EXTRAITS DE LA DECLARATION DES DROITS DE LA FEMME ET DE LA CITOYENNE (1791) - OLYMPE DE GOUGES (Femme de lettres devenue femme politique et polémiste de 1788 à sa mort sur l'échafaud en 1793.
 
Préambule
Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation, demandent d'être constituées en assemblée nationale. Considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d'exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de tous. [...]
 
Article premier. - La Femme naît libre et demeure égale à l'Homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Article IV - La liberté et la justice consiste à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.
Article X - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales ; la femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune, pourvu que ses manifestations ne troublent pas l'ordre public établi par la loi.
 
***
 
CRESSON ÉDITH

Née Campion en 1934 à Boulogne-Billancourt, elle est toujours la seule femme à avoir accédé au poste de Premier ministre de la France. Elle est aussi l'unique femme à avoir été ministre de l'Agriculture. Voici son témoignage : " La première fois que je suis arrivée devant les agriculteurs, il y avait une grande banderole où il était écrit : ''Édith, on t'espère meilleure au lit qu'au ministère !'' J'ai dit : ''Cela tombe bien que je sois à l'Agriculture parce que vous êtes des porcs et je vais pouvoir m'occuper de vous.'' Incroyable ! Cela a été assez chaotique, ils ont voulu me jeter dans des fosses à purin, etc., et puis finalement je leur ai obtenu à Bruxelles les meilleurs prix de leur histoire (jamais merci, ni rien), et quand je suis partie ils ont dit qu'ils regrettaient, sauf le président de la FNSEA dont je ne citerai pas le nom par charité, qui a dit : ''Ah, enfin, je vais pouvoir discuter les yeux dans les yeux avec un homme.''
En mai 1991, elle succède à Michel Rocard, et emmenage à Matignon. Cruellement attaquée puis caricaturée par l'ensemble de la classe politique, Édith Cresson se vit aussitôt accusée d'avoir été nommée par favoritisme, quand ce n'était pas pire. Laissons encore une fois la parole à Édith Cresson : " Lorsque vous êtes une femme [...] on ne vous attaque pas sur votre politique, mais on dit : ''Pourquoi elle est coiffée comme ça, pourquoi elle est habillée comme ça, pourquoi elle a dit ça, pourquoi elle a fait ça ?'' Et, pendant qu'on réfléchit à la façon dont on va répondre et parer les coups, on ne travaille pas, ce qui est contraire à l'intérêt du pays. […] Si c'était à refaire je ne le referais pas. En plus, pour ma famille cela a été extrêmement pénible. "
Son franc-parler, qui n'eût pas détonné dans la bouche d'un homme, lui fut souvent imputé à un manque de diplomatie. Édith Cresson affirma pêle-mêle que 25% de la population masculine britannique était constiuée d'homosexuels, que les Japonais étaient des " fourmis jaunes ", etc.
Sa marionnette dans le Bêbête show était une panthère nommée " Amabotte ", ne s'exprimant que pour qualifier mielleusement le Président d'un sonore " Chéri-Chéri " inspiré d'Alice Sapritch. Cet acharnement la traumatisa.
C'est sous son ministère que l'ENA fut transférée à Strasbourg, dans le cadre de la décentralisation.
 
En mars 1992, l'opposition remporte une écrasante victoire aux élections régionales ; excellente occasion de la remplacer par Jean-Pierre Bérégovoy (le 2 avril 1992) ; sa cote de popularité s'était effondrée de 49 à 22% entre le début et la fin de son court mandat. Édith Cresson aura exercé à Matignon moins d'une année, la plus brève période pour un chef de gouvernement depuis 37 ans.
Nommée à la Commission européenne, elle sera chargée de la Science, de la Recherche et du Développement (janvier 1995-septembre 1999). Elle y œuvra essentiellement dans les domaines de l'éducation, de la formation et de la recherche. En 1999, convaincue de favoritisme (attribution de fonctions fictives bien rémunérées à son meilleur ami, René Berthelot, chirurgien-dentiste, décédé en 2000) et refusant de démissionner, elle entraîna la démission collective de la commission Santer. Le journal Le Monde parla de " gâchis ". Dernièrement encore, après épuisement de tous les moratoires légaux, la Cour de justice européenne l'a jugée coupable : les travaux bien rémunérés de ce collaborateur tenaient en 24 pages. Édith Cresson s'était pourtant déclarée choquée de ce qu'elle appelait un " acharnement " : " Je ne vois pas très bien ce que l'on peut me reprocher. "
Elle peut s'estimer heureuse de ne pas avoir subi de sanction financière, les juges l'estimant assez punie par la publicité ainsi faite autour d'elle… Une espèce de " blâme moral ", en somme…
Retirée de la vie politique - elle n'exerce plus aucun mandat - elle soutient Ségolène Royal dans le cadre de la présidentielle 2007.
 
Elle a dit - Ils ont dit d'elle:
" Un homme qui n'est pas intéressé par les femmes est, d'une certaine façon, un peu handicapé. " The Observer, 16 juin 1991.
" La bourgeoisie sue l'ennui. " Le Nouvel Observateur, 23 mai 1991.
 
Fonctions politiques principales:
De 1983 à 1997 : maire de Châtellerault.
De 1983 à 1984 : ministres du Commerce extérieur et du Tourisme du gouvernement Mauroy.
De 1984 à 1986 : ministre du Redéploiement industriel et du Commerce extérieur du gouvernement Fabius.
De 1986 à 1988 : députée de la Vienne.
De 1988 à 1990 : ministre des Affaires européennes du gouvernement Rocard.
Du 15 mai 1991 au 12 avril 1992 : Premier ministre.
Du 1994 au 1999 : Commissaire européenne, chargée de la Science, de la recherche et du développement.
 
***
 
BACHELET MICHELLE

Le Chili, pour nous, c'est encore et toujours un fameux et sinistre Onze Septembre, celui de 1973, où les troupes du Général Pinochet bombardèrent le palais de la Monnaie. Le Président Allende, démocratiquement élu, y périt les armes à la main.
Nous avons encore entendu parler du Chili quand le juge Garzon inculpa le pitoyable Général Pinochet, qui se traînait sous sa potence de perfusion, et qui d'un seul coup se releva de son fauteuil roulant sitôt touché la première piste d'atterrissage chilienne, pour se précipiter dans les bras de son comité d'accueil dûment galonné : l'air du pays, sans doute.
Mais l'histoire galope, et l'aube se lève à grande vitesse sur le Chili, où s'est produit ce que les médiocres observateurs ont appelé un " miracle " : dans ce pays catholique, paraît-il bigot, une agnostique, une femme donc, fille d'un général mort en détention " d'un arrêt cardiaque ", mère de trois enfants, divorcée, accédait au pouvoir au nom du Parti Socialiste chilien. Ce fut un triomphe. Certes, ce mandat ne doit durer que quatre ans, sans rééligibilité. Mais la nouvelle présidente, elle-même torturée, joue la réconciliation.
Michelle Bachelet, reçut lors de sa campagne le soutien de Ségolène Royal, de socialiste à socialiste, et il faut le dire également, de femme à femme, car la Présidente du Chili, se trouve être la première femme au pouvoir de toute l'histoire de l'Amérique du Sud.
Michelle Bachelet, de lointaine ascendance bourguignonne, est née le 29 septembre 1951. En 1982, elle obtient le diplôme de chirurgien. Elle fut minsitre de la Santé (2000) et de la Défense (2002), première femme à ce poste en Amérique du Sud. Le scrutin du 11 mars 2006 l'a portée à la présidence de la république du Chili. Son gouvernement est composé de 10 hommes et de 10 femmes, comme elle l'avait promis. Elle compte mettre en œuvre les projets en cours du président sortant Ricardo Lagos (issu lui aussi de la "Concertacion", coalition de centre gauche) : inscription automatique sur les listes électorales, régulation des lobbies. Dans les projets également, la réforme des retraites excessivement privatisées, et la création d'un superministère de la Sécurité publique. Les défis qui lui sont proposés sont considérables : maintenir une économie en croissance soutenue (+6% en 2005), promouvoir une politique du logement, et tenter de réduire les inégalités. L'école et la santé publique sont à la dérive. Il faudra aussi maintenir de bonnes relations avec la Bolivie du président Morales (dont le pays est privé de tout accès à la mer depuis la victoire du Chili au XIXe siècle), sans remettre en cause la bonne entente avec les États-Unis
 
Elle a dit:
"Je tiendrai parole. Je vous dirai ce que je pense et je ferai ce que je dis. Je vous donne ma parole en tant que femme. "
Son surnom populaire : la chica superpoderosa (" la fille superpuissante ").
 

CRITIQUES


Voici un livre résolument d’actualité. Même s’il décrit la situation des femmes en politique depuis le début du siècle dernier. Par ordre alphabétique et en deux grandes parties : les femmes françaises, puis les femmes étrangères – moitié/moitié –, et une petite pour commencer : les femmes pionnières. Pas de reine, seulement des femmes dans des régimes de nature républicaine, donc des femmes tout de même des quelques royautés. « Qui va garder les gosses ? » Rien de neuf. Ça dure, les poncifs sont même ce qui se distribue le plus aisément. Que Lolo se rassure, il n’est ni le premier ni, tout porte à le craindre, le dernier. « Mais de quoi ont-ils peur ? » s’exclamait Yvette Roudy, née en 1929 à Pessac, comme les Aquitains l’oublie souvent. On y trouvera aussi les Jupettes chères au maire de Bordeaux, Marielle de Sarnez, Marine Le Pen, Arlette Laguiller, Dominique Voynet, Marie-George Buffet (j’espère n’avoir pas oublié trop de tendances)… et, hors de nos frontières, la Cicciolina, Evita Perón, Ioula Timochenko, Michelle Bachelet, Angela Merkel… et tant et tant d’autres. C’est bien fichu : bonne bio, un petit peu de people, les grands événements sont retracés, les phrases grandes ou petites y sont… bref, c’est tout sauf morose. Allez, un petit quizz pour finir :
1. Qui a été ministre de la Santé du 7 mai au 29 mars 1977 ?
2. Qui a dit : « Ne pas être belle fut une bénédiction » ?
3. Qui est encore à ce jour l’otage des Farc depuis le 23 février 2002 ? Des femmes bien sûr, des drôles de dames, engagées mais femmes absolument.

Claude Chambard

ARPEL

 
 

 

 
 

 
 
 

 
 
Février 2007