DIVAKAR
- Chemins entiers
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- (récit
initiatique)
Depuis 30 ans il vit à Auroville...
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- ISBN : 2-911803-25-6
- 192 pages -
format 15 x 21
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Prix : 15,23
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«Je ne peux pas dire que je sais bien à
qui s'adressent ces lignes.
Il me semble qu'elles s'adressent à ceux qui sont prêts
à comprendre généreusement que, même
si tous les êtres humains ne sont pas également
développés dans leur conscience intérieure,
c'est pourtant toute l'humanité qui s'apprête à
un grand changement.
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- À ceux
qui se sentent eux-mêmes comme des parts du tout, des personnes
humaines, avant de se sentir hommes ou femmes d?un pays ou d'un
autre, d'une culture ou d'une autre, d'une race ou d'une autre
:
qui éprouvent le besoin d?une conduite de soi guidée
par une loi plus vivante et plus consciente, plus directe, plus
universelle et plus vraie ;
qui ne veulent pour drapeau que le grand étendard de la
grâce, et ne cherchent de refuge que dans sa présence
;
à qui les partis, les morales et les religions ne suffisent
plus, pour qui la vie et la pensée ne sont plus des monarques
absolus mais des étapes, des moyens et des instruments
d?un être en devenir ;
qui ont fait le serment, au plus profond d?eux-mêmes, de
ne pas accepter la victoire encore effective de ce qui ment,
ce qui abîme, ce qui ronge et corrompt et défait,
et de lutter, à chaque instant et quoi qu?il arrive, avec
la seule arme qui ne trompe pas : la conscience.»
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Né
à Paris, enfant de Pigalle comme des falaises bretonnes,
de la glycine ou de Montparnasse.
Divakar vit en Inde, où il a reçu son nom, le jour
de ses vingt ans, en 1970.
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- EXTRAIT
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- Le temps est
venu d'une récolte consciente, chacun portant à
l?aire commune le miel longtemps distillé.
Tout comme chacun de nous, dans un instant critique, prend soudain
la mesure réelle du bagage qui tient, de la somme de ces
souvenirs vivants qui portent un sens durable, et réalise
directement qu?il n?y a à emporter ailleurs ou en avant
rien d?autre que ce que l?on est devenu capable d?être
; chacun de nous, dans sa dimension collective, son appartenance
à l?une de ces poussées évolutives, doit
aussi réaliser, et contribuer, l?essence même de
l?expérience acquise.
Cette transmutation véritable de l?expérience en
l?or de la Présence est ce que toutes nos alchimies mythiques
ou scientifiques ont, à travers les âges, mimé
et représenté, depuis la surface des choses et
les miroirs de l?ego séparé.
Nous sommes tous des voyageurs d?un périple innombrable
et pourtant un, et plus nous avons marché, plus nos pas
nouveaux nous rapprochent d?un centre créateur, d?une
fulgurance immobile qui implose, brise paisiblement toutes les
barrières et révèle le continuum de tout
ce qui fut, est, sera.
La somme de nos identités passagères, que ce soit
dans l?espace ou dans le temps, nous enseigne finalement un détachement
qui n?est plus une fuite mais la reconnaissance d?une Conscience
infinie, à la fois source et force créatrice, si
sûre et si libre qu?elle peut choisir, encore et encore,
de se limiter pour la joie de se donner et de croire en se révélant
toujours nouvelle.
***
Je vis donc, depuis près de trente ans, dans un contexte
qui est certainement unique et sans précédent.
Trente ans, c?est relativement beaucoup dans la vie d?un homme
qui est encore sous l?ombre de la mort.
Mais la mort, c?est dégoûtant.
Plus dégoûtante encore est la horde de ses complices
et de ses agents qu?il faut sans cesse débusquer, démasquer,
déréaliser en soi-même.
Oui, nous sommes tous encore, ou presque tous, dans l?ombre de
la mort.
Mille pulsions, mille habitudes, mille réflexes, mille
instincts, justifient encore en nous son entreprise, son pouvoir,
sa nécessité, sa victoire.
Même les disciplines les plus sévères n?ont
jamais, jusqu?à ce jour, permis d?accomplir plus qu?un
contournement de l?action de la mort, une paralysie temporaire
de son influence.
Jamais, jusqu?à ce jour, la conscience du corps n?a pu
s?unir concrètement au devenir de l?âme.
Et pourtant, sans cette union, toute vie se conclut par la même
défaite.
***
Pourquoi évoquer ici la mort, et la question du langage,
et celle de la création, et celle de la rencontre, et
celle de l?évolution, tout à la fois, ou presque
à la fois, quand ces sujets devraient demeurer bien distincts,
distanciés par quelque dissertation, exposé, quelque
histoire ou mise en scène ?
Mais le fait terrestre de la mort affecte tout, détermine
tous nos mouvements, toutes nos attitudes, toutes nos positions,
tous nos besoins ? on ne peut voir clair dans le monde que si
l?on trouve en soi le regard qui traverse la mort.
C?est pourquoi j?en parle et parlerai encore.
Je n?ai pas de plan, pas de stratégie, pas d?autre motivation
que celle d?une soif, ou d?une nécessité impérieuse
que je ne puis nommer.
Peut-être celle d?ouvrir une brèche, de laisser
naître cette poussée compacte, comme ces trous noirs
entre les étoiles, cette masse d?existence qui cherche
son air, cherche sa lumière, cherche son monde vrai.
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