- Antoine SPIRE
- & Nicolas MARTIN
(coordination)
-
- Sous la direction du
Pr David KHAYAT
-
- Cancers & vieillissement
Essai
Collection :"Sante & philosophie"
Format : 14 x 21,5 148 pages
Date de parution : décembre 2006
ISBN : 2-915651-27-2
Prix :15 TTC
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LE
LIVRE
Les études confirment la prévalence
du cancer chez les personnes âgées. Plus l'âge
augmente, plus le pourcentage de cancers dans une génération
croît. En France, 5% des plus de 50 ans déclarent
être atteints par un cancer. Si le cancer du sein, le cancer
du côlon, etc. sont des maladies qui touchent d'abord les
personnes âgées, c'est parce qu'un ensemble de mutations
et d'événements concourt à leur formation.
Par exemple, l'infection des nourrissons par le virus de l'hépatite
B peut provoquer des cancers autour de 50 ans... Comme l'espérance
de vie de millions d'individus s'accroît grâce aux
progrès scientifiques et aux nouvelles conditions sociales,
la fréquence des cancers augmente. Les cancers de la personne âgée créent
des situations spécifiques, plus en raison de lâge
de la personne (importance des maladies associées) que
du cancer lui-même. Bien sûr, certains cancers sont
plus fréquents que dautres chez la personne âgée,
cest notamment le cas du cancer de la prostate chez lhomme,
du cancer du sein chez la femme, des cancers colo-rectaux ou
gastriques chez lhomme et la femme. Les auteurs répondent sans jagonner en s'appuyant
sur le témoignage de spécialistes. Un livre qui vulgarise une question de santé
publique.
-
- Voir
la collection sur la question du cancer
-
LES
AUTEURS
-
- Antoine SPIREest directeur du département
Recherches en sciences humaines de linstitut national du
cancer (INCa) ; il est aussi Conseiller éditorial
du Monde de léducation et dirige la collection « Clair
et Net » aux éditions Le Bord de leau.
De 1976 à 1999, il a été producteur démissions
à France Culture, notamment «Staccato» (1997-1999).
Il est lauteur de nombreux ouvrages, les plus récents,
Dieu aime-t-il les malades ? écrit avec Nicolas
Martin (Anne Carrière, 2004) qui a reçu le prix
2005 du MEDEC, et La Pédagogie à visage humain.
La méthode Feuerstein, avec le Prof. Feuerstein.
Nicolas MARTIN a travaillé à France Culture.
Il a notamment publié avec le philosophe Robert Misrahi
Un Combat philosophique (Le Bord de Leau), avec Antoine
Spire Dieu aime-t-il les malades? (Anne Carrière), et
avec Patrick Dupont La dernière cigarette (Le Bord de
L'eau, 2006).
- David KHAYAT, cancérologue
de réputation internationale, a mis en place l'Institut
National du cancer (INca).
-
Table
des matières
-
- Vieillesse et
cancers : une spécificité inexplorée ? par
Antoine Spire & Nicolas Martin
-
- Réflexion
sur le grand âge et la maladie, par Robert Misrahi
-
- Des formulations
anciennes à celles d'aujourd'hui, parGeorges Vigarello
-
- Réflexions
sur l'oncogériatrie, par Véronique Girre
-
- Santé
et longévité Questions éthiques, par Claudine
Attias-Donfut
-
- Oncogériatrie
: un développement nécessaire, par Olivier Saint
Jean & Marie Hélène Rodde-Dunet
-
- Le
débat
-
- Les essais cliniques
chez la personne âgée... : Alain Vergnenègre,
H. Le Caer,
H. Jullian & M. Druet-Cabanac
-
- Le droit à
la santé : un héritage universel : Claude Jasmin
-
- Cancers du grand
âge : modifions nos habitudes : François Vincent
Le début
du livre
-
- UNE QUESTION PEU ABORDEE
.
Antoine Spire : " Vieillissement et cancer " reste
une problématique finalement peu explorée. Pour
m'être penché avec Nicolas Martin sur la question
depuis un certain nombre de mois, je suis obligé de constater
que trop de nos contemporains croient à la scientificité
et à la rigueur d'une médecine qui saurait faire
le partage entre des gens prétendument vieux et des gens
qui ne le seraient pas ; or, j'ai l'impression, au terme de ce
petit travail de préparation, que pour l'instant les choses
restent un peu floues. Paul Ricur parle en général
d'un jugement " prudentiel " (" accordé
à la singularité des cas ") résultant
à la fois de ce que le praticien a appris au cours de
sa formation puis tout au long de sa vie professionnelle, parce
que, dans un sens, le médecin est " prudent ",
réserve son jugement.
Face à une personne âgée, dans la mesure
où la littérature, en définitive, se montre
peu abondante sur ce sujet en matière scientifique, il
fait à peu près comme avec une personne qui ne
serait pas âgée, bien qu'il se rende compte d'une
certaine spécificité. Vous allez dire que j'exagère,
mais on a l'impression, à lire ce qui est dit de la pratique
médicale des cancérologues vis-à-vis des
personnes âgées, qu'il y règne une assez
grande improvisation. J'ai découvert, en préparant
cette " cession ", que les essais cliniques concernant
les personnes âgées sont extrêmement peu nombreux
et pour le moins non pratiqués, avec des résultats
peu éloquents. Comme si on ne s'était pas lancé
vraiment encore dans ce domaine de réflexion.
-
- PROPOSITIONS
D'ORDRE DU JOUR
-
- Ma première interrogation portera
sur le cancer comme maladie, essentiellement, du sujet âgé,
dans la mesure où l'âge moyen de la population va
croissant. Tout un chacun, parlant du cancer, prédit :
" Nous aurons de plus en plus de cancers. " En effet,
les études épidémiologiques confirment la
prévalence du cancer chez les personnes âgées
: plus l'âge augmente, plus le pourcentage de cancers dans
une génération s'accroît. En Europe, 5% des
plus de 50 ans se déclarent atteints par un cancer, ce
qui est quand même assez important, et l'âge moyen
des personnes atteintes de cancer en France est de 62 ans : le
cancer des personnes âgées est donc un fait presque
banal, mais peu traité. Telle sera notre première
question.
Ensuite nous discuterons de ce qu'est l'âge : à
partir de quel âge est-on une " personne âgée
" ? L'âge civil est-il susceptible de déterminer
ce qu'est une personne âgée ? Puis nous essaierons
de savoir si les cancers des personnes âgées sont
bien sous-traités comme je l'ai dit jusqu'ici, ou bien
si les professionnels qui interviendront ici, François
Vincent, jeune cancérologue, ou Claude Jasmin, cancérologue
éprouvé, nous disent que nous aurions déjà
quelque chose de consistant dans la littérature médicale.
Nous aborderons aussi tout ce qui se fait de façon, je
dirais, non dite, tout ce qui n'est pas avoué, qui n'est
pas transparent, en matière de traitements des vieux atteints
de cancer, un peu comme s'il y avait des sélections, des
traitements qu'on n'osait pas appliquer aux vieux, mais sans
en parler, sans le dire. Nous tenterons de savoir si ce non-dit
n'est pas préoccupant, s'il ne faut pas se diriger vers
une plus grande transparence.
Nous évoquerons également les essais cliniques,
et la question de la qualité de vie des patients atteints
de cancer : qu'en est-il en particulier des patients vieux, isolés
sur les plans affectif et socio-économique ?
Nous terminerons par les possibilités d'organisation de
ces patients âgés : n'allons-nous pas - et heureusement
- vers une pression plus grande des organisations de patients
? Sans être pour autant trop optimiste, est-ce que les
personnes âgées atteintes de cancer ne sont pas
susceptibles (au moins autant que d'autres sinon plus) de s'organiser
et de faire pression sur le système de soins ? Telles
sont les questions que nous avons l'ambition de traiter ici.
C'est immense.
-
- Êtes-vous
d'accord pour dire que la plupart des cancers sont des maladies
du sujet âgé, et sur le manque d'abondance de littérature
médicale par rapport à l'importance de ce problème
?
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