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Tout commence dans les années 60, lorsqu’il faisait bon aller passer ses vacances sur la côte dalmate, de l’Istrie jusqu’à Dubrovnik, avant de s’engager dans l’intérieur de la Yougoslavie pour aller admirer les fresques byzantines des monastères du Kosovo et de la Macédoine, les minarets de Sarajevo ou le pont de Mostar. C’est dans ces lieux mêmes, que se succèdent dans les années 90 guerres, opérations de nettoyage ethnique, déplacements de populations, massacres et atrocités en tous genres, sous les regards d’une Europe impuissante et divisée.
Celle-ci entreprend maintenant d’aider les pays des Balkans occidentaux à se préparer à la grande aventure de l’intégration européenne, seule en mesure de panser les plaies et d’instaurer une paix durable dans la région. Cela passe par des mesures dans tous les domaines de la vie économique et sociale où l’éducation et la formation prennent une place essentielle. Tous les pays concernés conduisent des réformes, dans des conditions extrêmement difficiles... il est crucial de les aider à y parvenir. L’auteur y contribue en travaillant avec leurs responsables et en observant les changements à l’œuvre. C’est à ce voyage dans les Balkans qu’il nous invite. Voilà un récit qui croise rappels historiques, repères géographiques, chroniques de voyage, références littéraires... C’est aussi une invitation à la lecture de quelques grands auteurs parmi lesquels, Andric, Kadaré, Magris, Pistalo ou Sperber, ainsi qu’à la découverte d’un cinéma « balkanique » riche et talentueux. |
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| Voyage dans les Balkans Avant et après les guerres Jean-Raymond Masson Collection Clair et Net 18 € TTC |
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Prix : 19,80 € TTC
(port et emballage compris) |
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Jean-Raymond Masson travaille au sein de la Fondation européenne pour la formation. Cependant, il s'exprime ici à titre personnel.
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Les Balkans entre la Yougoslavie et l'Union Européenne Jean-Raymond Masson, qui travaille depuis de nombreuses années au sein de la Fondation européenne pour la Formation, a eu l'excellente idée de nous faire partager sa connaissance et ses expériences des Balkans, à travers un essai de deux cents pages publié aux éditions " Le Bord de l'eau ". Pour un européen convaincu titrer son livre: " Voyage dans les Balkans, avant et après les guerres " laisse supposer qu'il éprouve pour cette région, à la fois sympathie et lucidité. L'auteur, dès la première phrase, se présente comme " un amoureux des Balkans " où il a effectué de nombreux séjours, comme jeune touriste d'abord émerveillé qu'il était par ce pays aux multiples facettes, et curieux qu'il fut de l'expérience Titiste de l'autogestion. Il est vrai que dans les années soixante la Yougoslavie, bien que pratiquant le système du parti unique et sous la férule d'un Maréchal tout puissant, avait séduit en Occident, et particulièrement en France, une partie de la gauche, et surtout les jeunes anti-staliniens. Séduit par la beauté et l'extrême diversité des paysages qu'il visitait régulièrement, JR Masson nous fait pénétrer, dès les premières pages, dans les cultures, les histoires et la géographie, aussi riches que compliquées, d'un pays dont il aimait, et dont il aime toujours, le caractère attachant, exigeant et parfois explosif de ses peuples. Pour un lecteur intéressé par cette région, mais qui ne se souviendrait pas comment, dans la dernière décennie du XXe siècle, y ont explosé des guerres atroces entre ceux là même qui y vivaient ensemble depuis plus de soixante dix ans, l'exposé de l'auteur lui sera bien utile. Normalement, cette lecture pourrait entraîner un sentiment critique à l'égard de Clemenceau qui par esprit de vengeance envers l'Empire Austro-Hongrois et avec l'intention de récompenser le " vaillant " peuple Serbe, avait créé avec ses alliés vainqueurs du premier conflit mondial, un nouveau pays surchargé de peuples rivaux depuis toujours et de multiples ethnies différentes. On pourrait éprouver le même sentiment pour les tergiversations, aux conséquences dramatiques, de Mitterrand qui, se voulant fidèle à la traditionnelle amitié Franco-Serbe, n'a pas su, ou voulu, décourager, quand il en était encore temps, Milosevic dans son aventure sanglante et destructrice. Certes, le Président français de l'époque ne fut pas le seul à mal jauger la situation de la Yougoslavie en voie d'éclatement, au moment même où elle se libérait, comme tous les pays d'Europe Centrale et Orientale, des pesanteurs du système socialiste. Helmut Kohl fut pour sa part coupable de précipitation en reconnaissant, sans le préalable d'un accord européen, l'indépendance de la Slovénie et de la Croatie. Jean-Raymond Masson a choisi de tourner la page des conflits, sans occulter les désastres humains dont bien des conséquences perdurent, pour démontrer pays par pays leur vocation à rejoindre l'Union européenne, suivant l'exemple de la Slovénie, de la Bulgarie et de la Roumanie. L'auteur du "Voyage dans les Balkans " n'ignore évidemment pas les antagonismes religieux qui ont nourri les guerres balkaniques de relents moyenâgeux. Même si ces antagonismes ont creusé entre les peuples des Balkans Occidentaux des fossés qui auront bien du mal à se combler, il n'en demeure pas moins que la " majorité silencieuse " serait ,presque partout, à nouveau disposée à une cohabitation, encouragée et protégée par l'Europe . Néanmoins, il existe encore quelques grosses difficultés à surmonter et Jean-René Masson ne les oublient pas. Il s'agit principalement, mais pas exclusivement, de l'entité Serbe de la Bosnie-Herzégovine et de l'enclave, également Serbe, au nord du Kosovo. En réalité, la question Balkanique ( je demande pardon à nos amis Croates qui à juste raison géographique contestent cette appellation ) aurait du être principalement traitée par les européens. Hélas, bien que disposant des nouveaux instruments politiques issus du Traité de Maastricht, les dirigeants de l'époque de l'Union européenne n'ont pas été en mesure de tester leur efficacité en se saisissant des conflits du Sud-Est européen pour tenter d' y rétablir la paix. Pire encore, ils ont fait appel aux Américains, sans le concours desquels ils s'estimaient incapables d'intervenir militairement. C'est dire la cruelle déception de ceux qui s'imaginaient soixante ans après le Mémorandum Briand/Coudenhove-Kalergi, quarante cinq ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale, quarante ans après l'appel de Robert Schuman, et deux ans après l'effondrement du Communisme, qu'enfin l'Europe unie allait pouvoir s'épanouir hors des cendres encore chaudes d'un siècle " horribilis ". Avec l'auteur nous partageons sa conclusion sur la nécessité de ne plus tarder à ouvrir les portes de l'Union européenne aux pays qui manquent encore à l'appel : la Croatie, largement prête à l'effort commun, la Bosnie-Herzégovine, pour l'aider à surmonter ses difficultés institutionnelles, le Monténégro, pour qu'il se détourne des tentations malsaines, l'Albanie, pour favoriser son développement, la Macédoine, que même les Grecs appellent ainsi hors des tribunes politiciennes et de la paperasse mondialisée, le Kosovo qui n'existera pas sans le concours durable de l'UE et la Serbie, naturellement, qui serait depuis plusieurs années déjà un Etat Membre de l'Union, si elle ne s'était pas fourvoyée dans l'expansionnisme guerrier de Milosevic. Sans qu'il le dise expressément, il paraît évident à Jean-Raymond Masson qu'en donnant à leur territoire une visibilité spatiale supplémentaire par l'intégration prochaine de tous les pays de l'Europe du Sud-Est au sein de l'UE, les Européens s'accorderaient à eux-mêmes, comme au regard du monde, une nouvelle et indiscutable perspective géopolitique. Alors pourquoi ne pas choisir pour cette perspective la date, ô combien symbolique, du 28 juin 2014 ? Alain Terrenoire |
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