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          Frédéric VIGNALE
 
Les Censurés de la télé

Préface de
Maître Gilbert Collard

Genre : document Actu
Format : 12 x 20,5 — 168 pages
Date de parution : janvier 2007
ISBN : 2-915651-60-4
 
 
 
 
 
 
 
   

10'55
Frédéric Vignale à la télé
(Direct 8, 26/02/07)
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3'21
Un clip avec Edouardo Pisani qui participe au livre.
Réalisation : Frédéric Vignale
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7'19
France 3 (avecPaul Wermus)
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0'26
Edouardo Pisani
et Undercover Slut le 22 mars au salon du livre de Paris

Café N°42: Frédéric Vignale - kewego
Café N°42: Frédéric Vignale - kewego
Café N°42: Frédéric Vignale - kewego
Café des lettres avec Frédéric VIGNALE / auteur du livre "Les censurés de la télé" (Editions du Bord de l'Eau) et fondateur du site www.lemague.net

 


Prix : 15 € TTC
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LE LIVRE
Assiste-t-on à un retour de la Censure à la Télévision ? La Télévision est-elle devenue un tel enjeu de pouvoir, de publi-information, de lutte d’intérêts et de spéculation financière qu’on ne peut plus rien y dire de dérangeant, de polémique ou de simplement pertinent ou libertaire ?
Pourquoi la Télévision Française ne représente-t-elle plus les Français et la diversité culturelle ?
La question se pose en ce début d’année électorale, année qui tend à paralyser encore davantage la machine de la liberté d’expression, mais également au vu du climat médiatico-journalistique qui est en pleine mutation. L’Internet est devenu un véritable contre-pouvoir, monde parallèle, au sein duquel on peut encore faire débat, mais pour combien de temps encore ?
Après avoir été victime d’une censure injustifiée lors de l’enregistrement d’une émission sur France 2, Frédéric Vignale a décidé d’enquêter sur ce phénomène particulier de la censure à la télévision dans un livre hors norme, inclassable, qui révèle bien une nouvelle étape de l’écriture et de la pensée, à l’heure des automatismes du web et des nouvelles technologies de l’information.
Les Censurés de la télé, artistes ou personnalités, témoignent dans cet ouvrage qui est à la fois un livre d’enquête, un journal de bord, un essai et une étude socio-médiatique d’une nouvelle donne télévisuelle.

L'AUTEUR
Frédéric Vignale a été tour à tour chargé de communiqué, chroniqueur télé et radio, restaurateur et désormais il se consacre au cinéma, en ayant réalisé deux court-métrages et en préparant un long métrage prévu pour avril 2007.
 
Frédéric Vignale, trublion du Web, est issu de ce nouvel univers médiatique. Depuis la création en 2003 de son Journal Culturel et Sociétal Le Mague.net, il ne cesse d’écrire au jour le jour, avec une grande marge de manœuvre et une audience record (plus de 2 millions de connections en moins de 3 ans).

Le début du livre
 
INCIPIT
 
Comme tous les libertaires, les jeunes chiens fous, les idéalistes épris d'un grand sens de l'équité, j'ai depuis l'enfance une sainte horreur de l'injustice sous quelque forme que ce soit.
N'étant pas a priori paranoïaque ni convaincu qu'une théorie globale du complot régit le monde moderne, ne me sentant nullement la victime expiatoire d'aucune idéologie existante, je me croyais à l'abri de toute forme de censure tant ma croyance en la Justice de mon pays et à la démocratie française était forte.
Pourtant un incident, bien qu'assez anecdotique il faut bien le reconnaître, survenu le 29 septembre 2006 lors de l'émission de télévision "L'Arène de France" sur France 2 présentée par Stéphane Bern a fait de moi, à l'insu de mon plein gré, comme disent les Guignols de l'info, un censuré.
Cet évènement a été le déclencheur d'une prise de conscience. Très tôt j'ai eu envie de dépasser mon cas personnel qui n'était pas bien intéressant pour nourrir une réflexion, j'ai commencé à faire des recherches et à interroger des personnalités très différentes sur ce thème ô combien porteur.
Le résultat de cette petite enquête au cœur de la Censure télé et dans les Médias compose ce livre qui n'est ni un guide, ni un essai et en aucun cas un document à pendre pour argent comptant. Il fixe simplement une époque, une envie de comprendre certains phénomènes nouveaux, une vraie curiosité au monde.
Voilà donc un livre sans haine, ni esprit revanchard sans animosité ou quelconque volonté de nuire à personne.
"Les censurés de la télé" est nourri de rencontres, d'analyses et de synthèses, il a été écrit dans une énergie positive avec une envie farouche de faire avancer les débats et de mettre sur le Forum public - dans la grande tradition antique ou sur Internet - des histoires intimes, particulières ou générales qui sauront certainement trouver un écho pertinent chez vous.

Frédéric Vignale


DANS LA PRESSE

L'écho (Belgique) 3 mai 2007
Le retour de la censure?
Assiste-t-on en France à un retour de la censure dans les médias?

Rien n’aurait-il donc changé depuis le célèbre «Messieurs les censeurs, bonsoir !» lancé par Maurice Clavel en 1971 ? C’est ce que tente de démontrer Frédéric Vignale, issu de ce nouvel univers médiatique qu’est le web.
Après avoir été victime d’une censure injustifiée lors de l’enregistrement d’une émission sur France 2, il a décidé d’enquêter sur le phénomène.Verdict ? Le «sécateur médiatique» est bel et bien encore à l’ouvrage à notre époque, d’après les témoignages
qu’il a recueillis. À ceci près qu’en général, les mises à l’écart sont beaucoup plus subtiles que par le passé.
Le principe de base «consiste à noyer les informations essentielles sous un déluge d’informations insignifiantes diffusées par une multitude de médias au contenu semblable», fait valoir Vignale, qui précise que «la subtilité de la censure moderne réside dans
l’absence de censeurs». Celle-ci se fait désormais par ignorance – on n’est pas invité –, par traficotage – avec les émissions pré-enregistrées – ou encore par copinage. Autre procédé utilisé: le démolissage, au cours duquel on fait venir un clan d’invités hostiles.
La censure, l’écrivain Dominique Lorentz estime elle aussi l’avoir connue. Dans «Des sujets interdits», elle raconte comment elle a subi l’ostracisme du monde de la presse, de l’édition et de la diplomatie pour avoir enquêté sur quelques secrets de l’État français à la fin du siècle passé: l’enjeu nucléaire de l’affaire des otages français au Liban, le rôle de la France dans la nucléarisation de l’Iran, l’histoire de la bombe atomique française. Pour elle, le doute n’est pas permis: quels que soient les moyens, «le pouvoir impose parfois brutalement le silence». O.G.

Les critiques [evene]
La note evene : 4/5La note evene : 4/5
 
En ces temps d’omniprésence médiatique où les sondages font loi, comment supposer que la télévision soit encore le lieu de la liberté d’expression ? Après avoir été le terrain de débats houleux et de critiques acérées, les émissions de télévisions semblent aujourd’hui avoir perdu tout goût de la polémique et de la discussion. On nous sert alors des émissions supposées débattre de questions de société mais qui ne sont au fond que des pantomimes bien orchestrées où le politiquement correct règne à grands coups de coupe de montage. Dans son ouvrage, Frédéric Vignale nous montre ainsi comment la censure d’autrefois a su faire peau neuve pour investir la télévision, se dissimulant derrière de multiples procédés de montage et de copinage, sans oublier les ravages plus subtils encore de l’autocensure. Par une suite de témoignages passionnants, cet ouvrage met à jour comment, pour se soumettre aux exigence de l’audimat, la liberté de ton a cédé la place au politiquement correcte pour aller s’épanouir vers un internet au climat plus clément. Assurément, cet ouvrage sans prétention fait réfléchir et vous fera regarder l’écran différemment. Seul bémol : le schéma très répétitif des questions/réponses lasse vite, mais finalement l’intérêt du sujet fait pardonner les vices de forme. Sans compter que le récit final de Dominique-Emmanuel Blanchard est tout simplement captivant de vérité et d’émotion.
Pauline Klaer


Nouvel obs - 10 au 16 mars 2007

KAELE Le magazine du Léman - Kaële Magazine n° 32 - Lundi 12 Mars 2007
 
En guise d’amuse-gueule avant le premier tour des présidentielles, la satire mise en forme par Frédéric Vignale (lemague.net) secoue gentiment les cerveaux cocacolisés. Marcel Amont, Gogol 1er, Dominique-Emmanuel Blanchard, Gérard Oberlé entres autres, témoignent des nouveaux visages de la censure télévisuelle. De l’époque gaullienne, où « elle faisait quasiment fonction de porte-parole » du pouvoir politique, à l’autocensure d’aujourd’hui soumise aux pouvoirs économiques, le Paf laisse que très peu d’espace à des programmes qui stimulent la curiosité, l’intelligence ou l’esprit critique. Formatée, et parce qu’elle s’adresse à un très large public, ceux qui la font brident leur propre parole, quand ils ne se prostituent pas sur l’autel du Tout-Puisssant cathodique. Et parfois entre les biens pensants et les extrêmes radicaux, l’expression critique est aussi muselée que face à la censure. « La seule censure qui existe à la télé est donc sur la durée : tu ne peux pas parler plus de dix secondes, et bon, en dix secondes, il y a tout de même peu de chance que tu arrives à développer la moindre idée, et a fortiori la moindre idée intéressante et subversive », Romain Bouteille cité par Tristan-Edern Vaquette (artiste performer et musicien). B.M.

Europe 1 - Lundi 12 mars 2007 - 11h30
Avec Jean-Marc Morandini
Les Censurés de la télé, de Frédéric Vignale
Télérama n° 2982 - 10 Mars 2007
 
L'arène de France, mercredi, 20h50, France 2
 
Viré du plateau juste avant un débat sur les « vieux » à cause d’un contentieux avec l’invité fil rouge (Yann Moix), le touche-à-tout Frédéric Vignale (1) a été invité de nouveau quelques semaines plus tard sur le thème « Paris contre province ». « On m’a demandé quel camp je préférais défendre, dit celui qui navigue entre Metz et la capitale, j’ai finalement choisi Paris. » Dans les coulisses, les assistants le chauffent : « Lâche-toi, attaque, n’hésite pas à couper la parole ! » Ce qu’il fait, au-delà de leurs espérances. « Le seul moyen d’exister, c’est de tenir ton personnage, quitte à surjouer, raconte-t-il. Moi, je m’étais fait une coiffure de petit con pour coller à l’archétype du Parisien arrogant. A la fin de l’enregistrement, les autres invités sont venus me féliciter, m’ont demandé si j’étais comédien. Suite à l’émission, j’ai reçu 524 e-mails et obtenu un papier dans Technikart. »
Pour parfaire la mascarade, des avocats défendent chaque camp avec la subtilité d’un menhir. Castés par la production sur les vidéos d’un concours d’éloquence célèbre dans la profession, ces jeunes loups du barreau de Paris détournent les ­effets de manches au nom du rire (gras). « Cet exercice de style donne une image partielle, et pas forcément la meilleure, de notre métier », admet Caroline Mecary, membre du Con­seil de l’ordre des avocats de Paris. « Ce sont des clowns, des danseurs de claquettes, des caricatures de ce que la profession ne veut plus être, estime quant à lui Vincent Delmas, président du Cosal (syndicat des avocats libres). Ils véhiculent l’image d’avocats mercenaires qui défendraient n’importe quoi avec des arguments fumeux. Nous, on est obligés de passer derrière pour donner le change dans les médias. »
Depuis deux semaines, des ténors du barreau (Gilbert Collard, Georges Kiejman…) se joignent donc aux jeunes rhéteurs pour insuffler du crédit à ces débats en berne. Echaudée par l’indignation générale suscitée par les premières émissions (même le médiateur de la chaîne refuse d’en parler), la direction de France 2 encourage ce type d’ajustements. Résultat, l’indigence du concept s’estompe peu à peu, révélant une émission tout simplement « bas du front » et standardisée. Loin d’une certaine promesse de septembre, quand France 2 fanfaronnait sur la « formidable émission de débat qui manquait au service public » .


(1) Il raconte cet épisode dans Les Censurés de la télé (éditions Le Bord de l’eau).

Erwan Desplanques

 

Leblog Médias 27.02.2007
F. Vignale : « On fantasme la télévision »
Propos recueillis par Gaël Lombart
 
Dans votre livre, vous distinguez plusieurs nouveaux types de censures, de la simple omission au lynchage. D’où vient cette classification ?
 
Le mot « censure » est galvaudé. Depuis l’émergence du Net en France, vers 1998, on ne peut plus réfléchir au sujet de la même manière. Ça ne veut plus rien dire. La télévision a changé. Elle est devenue un enjeu commercial. Aujourd’hui, le terrain de la création a été abandonné. Pour s’en rendre compte, il suffit de mettre en relation l’offre audiovisuelle et la situation actuelle du cinéma. Les chaînes de télévision n’ont jamais autant financé les films. Aussi, les invités des émissions de divertissement n’y interviennent plus que pour une seule raison : la promotion des fictions dans lesquelles ils jouent.
 
Est-ce pour cela que vous avez choisi de vous concentrer sur la censure à la télévision ?

D’abord, j’aime la télé. Quand j’étais étudiant en lettres, j’y voyais une fenêtre sur le monde. Le Net n’était pas encore arrivé. Ma petite mésaventure à « L’Arène de France » a été le détonateur de ma démarche (1). Tout le monde est d’accord pour dire que la télévision n’est pas à la hauteur aujourd’hui, que ce soit dans les milieux populaires ou dans les élites. C’est faux de dire que les gens veulent la télé de Cauet. Ce n’est pas incompatible de regarder Cauet et de lire Médias par exemple. Je crois que les Français aiment profondément la télévision et qu’il ne faut pas baisser les bras. Mais il y a une espèce de loi du silence : dès que l’on s’attaque à cette puissance qu’est la télévision, on se confronte à la censure et on pratique l’autocensure. La télévision a peur de déplaire. C’est pourquoi mon livre peut déranger. Je n’ai eu des propositions d’interviews que pour des sites Internet alors que plus d’une centaine d’exemplaires de mon livre ont été envoyés dans les rédactions.
 
On ne peut pas inviter tout le monde sur les plateaux de télévision. On ne peut donc pas donner la parole à tous…
 
Je suis d’accord. C’est comme pour les élites, il en faut bien pour représenter les autres. Dans les émissions où il y a un vrai travail éditorial, un vrai travail journalistique, d’investigation, je comprends. Là où ça ne va pas, c’est quand il faut trouver quarante invités par semaine pour l’émission de Stéphane Bern. On ne peut pas faire de la qualité dans ces conditions. Il faut aussi revenir à la télévision en direct, c’est un gage de spontanéité. Les téléspectateurs fantasment la télévision. J’ai moi-même cru avant de participer à « L’Arène de France » que c’était bien huilé. C’était en fait un amoncellement d’à peu près.
 
Vous avez laissé une grande liberté de ton aux personnes qui témoignent dans votre livre…

A partir du moment où j’ai décidé de faire un travail sur la censure, je devais dépasser mon cas personnel. Pendant deux mois, j’ai rencontré des personnalités bien différentes : Claude Ribbe, Marcel Amont, David Abiker, Jean-Marc Morandini… Je n’ai pas prévenu les uns et les autres de la participation d’autres personnes. Je voulais un happening artistique, une réunion improbable de gens qui réfléchissent sur un même thème. Je n’ai pas changé une virgule. Je ne suis qu’un passeur de plats.
 
Vous consacrez un long chapitre au montage d’une émission de Thierry Ardisson. Que reprochez-vous à cet animateur ?

Au début de sa carrière, Ardisson a innové. Depuis, il s’est « druckerisé ». Il a voulu plaire et durer. C’est l’école de la complaisance. Il a commencé à se réconcilier avec ses ennemis. Quand il invitait un Arabe, il se débrouillait pour qu’il y ait un Juif sur le plateau. « Tout le monde en parle », c’était une cérémonie du samedi soir finalement très consensuelle.
 
Vous prônez une éducation aux médias dès le plus jeune âge…

Je trouve aberrant que personne n’ait eu l’idée de faire cela. Pourquoi l’instruction civique existe-t-elle à l’école et pas l’instruction aux médias ? Ce serait bien que les professionnels viennent expliquer leur travail. On ne valorise aujourd’hui la démarche analytique que pour les sciences. Il faut pourtant l’acquérir aussi pour comprendre les médias.
 
(1) Invité à une émission de Stéphane Bern, Frédéric Vignale a dû quitter le plateau avant l’enregistrement à la demande de l’invité principal, Yann Moix, dont il avait critiqué les romans sur Internet.
PARU VENDU
Édition - Paris - 1ère couronne - N°116 - Du jeudi 22 au 28 février 2007
L'hebdo des bons plans et des petites annonces
 

Premier livre qui traite du thème de la censure à la télévision de manière diversifiée et documentée avec de nombreux témoignages. Enfin ! Car si la censure et la télévision ont toujours fait bon ménage, force est de constater que depuis quelques années le phénomène s'est amplifié. Pire : elle est devenue pernicieuse en prenant de nouvelles formes. Il est vrai qu'elle est devenue un tel enjeu de pouvoir, de publi-information, de lutte d'intérêts et de spéculation financière qu'on ne peut plus rien y dire de dérangeant, de pertinent ou libertaire. Résultat : la télévision est de plus en plus aseptisée et sans diversité culturelle. Seul internet est devenu un contre-pouvoir au sein duquel on peut encore faire débat mais pour combien de temps encore ? Toutefois, la censure ne s'exerce pas qu'à la télévision mais aussi au cinéma. Et qui l'exerce ? La télévision, je vous le fais pas dire !
Comment ? En étant le principal pourvoyeur de fonds qui fait peser sur les créateurs des contraintes qui empêchent la réalisation de films dérangeants, ou simplement hors normes au risque d'un appauvrissement de la production. Il en va ainsi, à titre d'exemple, de Josiane Balasko qui voulait faire un film sur une femme d'âge mûr ayant recours à l'amour tarifé et qui a essuyé un rejet des décideurs. Même chose pour Yves Boisset qui a dû renoncer à deux projets, l'un sur la guerre d'Algérie, l'autre, sur les massacres perpétrés dans le pays de Bouteflika ou du long métrage d'Emmanuelle Bercot, qui a subi bien des coupes de ses producteurs car le film était suspecté d'incitation à la pédophilie.
De même, un film adapté du livre de Véronique Vasseur, ancien médecin de la prison de Fresnes, a été annulé. Et que dire de Michel Ocelot, auteur de Kirikou, à qui on voulait imposer qu'il mette dans son dessin animé des soutiens-gorge aux femmes ! Aujourd'hui, plus un film ne peut se faire sans l'obole des chaînes de télévision. Et, pour avoir une chance d'être accepté, un projet doit être bien propre et se conformer à la normalité vue par le petit bout de la lorgnette des chaînes.
Si ce n'est pas de la censure déguisée…

Dominique PARRAVANO
Rédacteur en chef


Le littéraire.com - 4 mars 2007
 
Si vous croyez tout ce que l'on vous dit. Si vous pensez par télé interposée. Si vous gobez le JT de 20 h. Si vous avez veillé - jadis - pour ne pas rater Tout le monde en parle. Si vous faites confiance à la presse. À la radio. Et surtout à la télé. Alors oui. Lisez ce livre. Apprenez-le par cœur. Devenez dans la foulée mature. Adulte. Informé.
Sous la forme de témoignages, d'entretiens, F. Vignale fait parler les censurés. Fondateur de l'e-magasine satirique Le Mague, F. Vignale n'a jamais eu la langue dans sa poche. Il n'allait donc pas en rester là. Quoi ? Vous n'êtes pas au courant ? Vous ne regardez plus la télé ? J'entends celle qui compte. Sur la TNT. Ou le Web. La télévision interactive. En direct live. Sans pub ni crétineries. Sans prompteur ni oreillette. Alors oui, vous semblez l'ignorer. Hé bien F. Vignale s'est vu obligé de quitter le plateau de L'arène de France car Yann Moix ne voulait pas le voir. On rêve ! C'est véridique. Un caprice. Une crise de l'écrivaillon. Vignale a eu l'insigne honneur de lire Partouz et de ne pas aimer. Ici non plus d'ailleurs, on n'a pas aimé Partouz. Et il s'est fait un ennemi à vie. Et personne sur le plateau pour dire à Moix de la mettre en berne. Même pas Stephan, l'animateur. Rien. Vignale sacrifié. Donc son sang n'a fait qu'un tour.
Et l'idée lui est venue. Durant le voyage de retour. De faire le point. Entre deux clics et quelques coups de téléphone, les rendez-vous sont pris. Les nouvelles tombent. Il n'est pas le seul ! La censure prend alors toute sa place. Son ampleur. Sournoise. Insidieuse. Insolente. Souvent ignorée (coupure au montage), parfois justifiée (l'invité est attaqué dès le début de l'émission). Parfois elle s'habille autrement. Sous couvert de copinage on s'invite entre potes d'une chaîne l'autre. Et l'on oublie les autres. C'est pour cela que vous pensez, grands naïfs, que BHL est le seul philosophe français, car c'est celui que vous voyez le plus. Mais c'est le plus mauvais. Voire l'imposteur suprême car ce triste sire n'est en rien philosophe. Tribun. Homme d'affaires. Homme d'influence, oui. Comme Alain Minc qui n'écrit pas ses livres et ruine les PDG qu'il conseille. Mais on vous le cite comme la perle de l'analyse financière. Demandez donc à De Bennedetti ce qu'il en pense, lui qui a mangé sa chemise lors de l'OPA sur la Générale de Belgique il y a un peu plus de quinze ans...
Ainsi par ce livre vous aurez accès à d'autres idées. À d'autres sons de cloches. À d'autres personnes : Morandini. Corbier, Oberlé, Gogol 1er, Siguret, Banon, Pourriol, Pisani, Delépine... Je ne vous ai pas donné les prénoms volontairement. Pour que vous puissiez juger votre incapacité à mettre un visage sur ces noms, un rapport avec leur métier, leur art... Vous comprenez alors l'urgence qu'il y a à acheter ce livre ?

Annabelle Hautecontre
4 mars 2007