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LE LIVRE
- Assiste-t-on
à un retour de la Censure à la Télévision ?
La Télévision est-elle devenue un tel enjeu de
pouvoir, de publi-information, de lutte dintérêts
et de spéculation financière quon ne peut
plus rien y dire de dérangeant, de polémique ou
de simplement pertinent ou libertaire ?
Pourquoi la Télévision Française ne représente-t-elle
plus les Français et la diversité culturelle ?
La question se pose en ce début dannée électorale,
année qui tend à paralyser encore davantage la
machine de la liberté dexpression, mais également
au vu du climat médiatico-journalistique qui est en pleine
mutation. LInternet est devenu un véritable contre-pouvoir,
monde parallèle, au sein duquel on peut encore faire débat,
mais pour combien de temps encore ?
Après avoir été victime dune censure
injustifiée lors de lenregistrement dune émission
sur France 2, Frédéric Vignale a décidé
denquêter sur ce phénomène particulier
de la censure à la télévision dans un livre
hors norme, inclassable, qui révèle bien une nouvelle
étape de lécriture et de la pensée,
à lheure des automatismes du web et des nouvelles
technologies de linformation.
- Les
Censurés de la télé, artistes ou
personnalités, témoignent dans cet ouvrage qui
est à la fois un livre denquête, un journal
de bord, un essai et une étude socio-médiatique
dune nouvelle donne télévisuelle.
L'AUTEUR
Frédéric Vignale
a été tour à tour chargé de communiqué,
chroniqueur télé et radio, restaurateur et désormais
il se consacre au cinéma, en ayant réalisé
deux court-métrages et en préparant un long métrage
prévu pour avril 2007.
-
- Frédéric
Vignale, trublion du Web, est issu de ce nouvel univers médiatique.
Depuis la création en 2003 de son Journal Culturel et
Sociétal Le Mague.net,
il ne cesse décrire au jour le jour, avec une grande
marge de manuvre et une audience record (plus de 2 millions
de connections en moins de 3 ans).
- Le début
du livre
-
- INCIPIT
-
- Comme
tous les libertaires, les jeunes chiens fous, les idéalistes
épris d'un grand sens de l'équité, j'ai
depuis l'enfance une sainte horreur de l'injustice sous quelque
forme que ce soit.
- N'étant
pas a priori paranoïaque ni convaincu qu'une théorie
globale du complot régit le monde moderne, ne me sentant
nullement la victime expiatoire d'aucune idéologie existante,
je me croyais à l'abri de toute forme de censure tant
ma croyance en la Justice de mon pays et à la démocratie
française était forte.
- Pourtant
un incident, bien qu'assez anecdotique il faut bien le reconnaître,
survenu le 29 septembre 2006 lors de l'émission de télévision
"L'Arène de France" sur France 2 présentée
par Stéphane Bern a fait de moi, à l'insu de mon
plein gré, comme disent les Guignols de l'info, un censuré.
Cet évènement a été le déclencheur
d'une prise de conscience. Très tôt j'ai eu envie
de dépasser mon cas personnel qui n'était pas bien
intéressant pour nourrir une réflexion, j'ai commencé
à faire des recherches et à interroger des personnalités
très différentes sur ce thème ô combien
porteur.
- Le
résultat de cette petite enquête au cur de
la Censure télé et dans les Médias compose
ce livre qui n'est ni un guide, ni un essai et en aucun cas un
document à pendre pour argent comptant. Il fixe simplement
une époque, une envie de comprendre certains phénomènes
nouveaux, une vraie curiosité au monde.
- Voilà
donc un livre sans haine, ni esprit revanchard sans animosité
ou quelconque volonté de nuire à personne.
- "Les
censurés de la télé" est nourri de
rencontres, d'analyses et de synthèses, il a été
écrit dans une énergie positive avec une envie
farouche de faire avancer les débats et de mettre sur
le Forum public - dans la grande tradition antique ou sur Internet
- des histoires intimes, particulières ou générales
qui sauront certainement trouver un écho pertinent chez
vous.
Frédéric Vignale
|
DANS
LA PRESSE
- L'écho (Belgique)
3 mai 2007
- Le retour de la censure?
Assiste-t-on en France à un retour de la censure dans
les médias?
Rien naurait-il donc changé depuis le célèbre
«Messieurs les censeurs, bonsoir !» lancé
par Maurice Clavel en 1971 ? Cest ce que tente de
démontrer Frédéric Vignale, issu de ce nouvel
univers médiatique quest le web.
- Après avoir été
victime dune censure injustifiée lors de lenregistrement
dune émission sur France 2, il a décidé
denquêter sur le phénomène.Verdict
? Le «sécateur médiatique» est bel
et bien encore à louvrage à notre époque,
daprès les témoignages
quil a recueillis. À ceci près quen
général, les mises à lécart
sont beaucoup plus subtiles que par le passé.
Le principe de base «consiste à noyer les informations
essentielles sous un déluge dinformations insignifiantes
diffusées par une multitude de médias au contenu
semblable», fait valoir Vignale, qui précise que
«la subtilité de la censure moderne réside
dans
labsence de censeurs». Celle-ci se fait désormais
par ignorance on nest pas invité ,
par traficotage avec les émissions pré-enregistrées
ou encore par copinage. Autre procédé utilisé:
le démolissage, au cours duquel on fait venir un clan
dinvités hostiles.
La censure, lécrivain Dominique Lorentz estime elle
aussi lavoir connue. Dans «Des sujets interdits»,
elle raconte comment elle a subi lostracisme du monde de
la presse, de lédition et de la diplomatie pour
avoir enquêté sur quelques secrets de lÉtat
français à la fin du siècle passé:
lenjeu nucléaire de laffaire des otages français
au Liban, le rôle de la France dans la nucléarisation
de lIran, lhistoire de la bombe atomique française.
Pour elle, le doute nest pas permis: quels que soient les
moyens, «le pouvoir impose parfois brutalement le silence».
O.G.
- Les
critiques [evene]
La note evene : 4/5La note evene : 4/5
-
En ces temps domniprésence
médiatique où les sondages font loi, comment supposer
que la télévision soit encore le lieu de la liberté
dexpression ? Après avoir été le terrain
de débats houleux et de critiques acérées,
les émissions de télévisions semblent aujourdhui
avoir perdu tout goût de la polémique et de la discussion.
On nous sert alors des émissions supposées débattre
de questions de société mais qui ne sont au fond
que des pantomimes bien orchestrées où le politiquement
correct règne à grands coups de coupe de montage.
Dans son ouvrage, Frédéric Vignale nous montre
ainsi comment la censure dautrefois a su faire peau neuve
pour investir la télévision, se dissimulant derrière
de multiples procédés de montage et de copinage,
sans oublier les ravages plus subtils encore de lautocensure.
Par une suite de témoignages passionnants, cet ouvrage
met à jour comment, pour se soumettre aux exigence de
laudimat, la liberté de ton a cédé
la place au politiquement correcte pour aller sépanouir
vers un internet au climat plus clément. Assurément,
cet ouvrage sans prétention fait réfléchir
et vous fera regarder lécran différemment.
Seul bémol : le schéma très répétitif
des questions/réponses lasse vite, mais finalement lintérêt
du sujet fait pardonner les vices de forme. Sans compter que
le récit final de Dominique-Emmanuel Blanchard est tout
simplement captivant de vérité et démotion.
Pauline Klaer
 
- Nouvel
obs - 10 au 16 mars 2007
- KAELE
Le magazine du Léman - Kaële Magazine n° 32 -
Lundi 12 Mars 2007
-
En guise damuse-gueule avant le
premier tour des présidentielles, la satire mise en forme
par Frédéric Vignale (lemague.net) secoue gentiment
les cerveaux cocacolisés. Marcel Amont, Gogol 1er, Dominique-Emmanuel
Blanchard, Gérard Oberlé entres autres, témoignent
des nouveaux visages de la censure télévisuelle.
De lépoque gaullienne, où « elle faisait
quasiment fonction de porte-parole » du pouvoir politique,
à lautocensure daujourdhui soumise aux
pouvoirs économiques, le Paf laisse que très peu
despace à des programmes qui stimulent la curiosité,
lintelligence ou lesprit critique. Formatée,
et parce quelle sadresse à un très
large public, ceux qui la font brident leur propre parole, quand
ils ne se prostituent pas sur lautel du Tout-Puisssant
cathodique. Et parfois entre les biens pensants et les extrêmes
radicaux, lexpression critique est aussi muselée
que face à la censure. « La seule censure qui existe
à la télé est donc sur la durée :
tu ne peux pas parler plus de dix secondes, et bon, en dix secondes,
il y a tout de même peu de chance que tu arrives à
développer la moindre idée, et a fortiori la moindre
idée intéressante et subversive », Romain
Bouteille cité par Tristan-Edern Vaquette (artiste performer
et musicien). B.M.
- Europe
1 - Lundi 12 mars 2007
- 11h30
- Avec
Jean-Marc Morandini
- Les
Censurés de la télé, de Frédéric
Vignale
- Télérama
n° 2982 - 10 Mars 2007
-
- L'arène de France,
mercredi, 20h50, France 2
-
Viré du plateau juste avant un
débat sur les « vieux » à cause dun
contentieux avec linvité fil rouge (Yann Moix),
le touche-à-tout Frédéric Vignale (1) a
été invité de nouveau quelques semaines
plus tard sur le thème « Paris contre province ».
« On ma demandé quel camp je préférais
défendre, dit celui qui navigue entre Metz et la capitale,
jai finalement choisi Paris. » Dans les coulisses,
les assistants le chauffent : « Lâche-toi, attaque,
nhésite pas à couper la parole ! »
Ce quil fait, au-delà de leurs espérances.
« Le seul moyen dexister, cest de tenir ton
personnage, quitte à surjouer, raconte-t-il. Moi, je métais
fait une coiffure de petit con pour coller à larchétype
du Parisien arrogant. A la fin de lenregistrement, les
autres invités sont venus me féliciter, mont
demandé si jétais comédien. Suite
à lémission, jai reçu 524 e-mails
et obtenu un papier dans Technikart. »
Pour parfaire la mascarade, des avocats
défendent chaque camp avec la subtilité dun
menhir. Castés par la production sur les vidéos
dun concours déloquence célèbre
dans la profession, ces jeunes loups du barreau de Paris détournent
les ­effets de manches au nom du rire (gras). «
Cet exercice de style donne une image partielle, et pas forcément
la meilleure, de notre métier », admet Caroline
Mecary, membre du Con­seil de lordre des avocats
de Paris. « Ce sont des clowns, des danseurs de claquettes,
des caricatures de ce que la profession ne veut plus être,
estime quant à lui Vincent Delmas, président du
Cosal (syndicat des avocats libres). Ils véhiculent limage
davocats mercenaires qui défendraient nimporte
quoi avec des arguments fumeux. Nous, on est obligés de
passer derrière pour donner le change dans les médias.
»
Depuis deux semaines, des ténors du barreau
(Gilbert Collard, Georges Kiejman
) se joignent donc aux
jeunes rhéteurs pour insuffler du crédit à
ces débats en berne. Echaudée par lindignation
générale suscitée par les premières
émissions (même le médiateur de la chaîne
refuse den parler), la direction de France 2 encourage
ce type dajustements. Résultat, lindigence
du concept sestompe peu à peu, révélant
une émission tout simplement « bas du front »
et standardisée. Loin dune certaine promesse de
septembre, quand France 2 fanfaronnait sur la « formidable
émission de débat qui manquait au service public
» .
(1) Il raconte cet épisode dans Les Censurés de
la télé (éditions Le Bord de leau).
Erwan Desplanques
-
- Leblog Médias
27.02.2007
F. Vignale : « On fantasme la télévision
»
- Propos recueillis par
Gaël Lombart
-
Dans votre livre, vous distinguez plusieurs
nouveaux types de censures, de la simple omission au lynchage.
Doù vient cette classification ?
-
Le mot « censure » est galvaudé.
Depuis lémergence du Net en France, vers 1998, on
ne peut plus réfléchir au sujet de la même
manière. Ça ne veut plus rien dire. La télévision
a changé. Elle est devenue un enjeu commercial. Aujourdhui,
le terrain de la création a été abandonné.
Pour sen rendre compte, il suffit de mettre en relation
loffre audiovisuelle et la situation actuelle du cinéma.
Les chaînes de télévision nont jamais
autant financé les films. Aussi, les invités des
émissions de divertissement ny interviennent plus
que pour une seule raison : la promotion des fictions dans lesquelles
ils jouent.
-
Est-ce pour cela que vous avez choisi
de vous concentrer sur la censure à la télévision
?
Dabord, jaime la télé. Quand jétais
étudiant en lettres, jy voyais une fenêtre
sur le monde. Le Net nétait pas encore arrivé.
Ma petite mésaventure à « LArène
de France » a été le détonateur de
ma démarche (1). Tout le monde est daccord pour
dire que la télévision nest pas à
la hauteur aujourdhui, que ce soit dans les milieux populaires
ou dans les élites. Cest faux de dire que les gens
veulent la télé de Cauet. Ce nest pas incompatible
de regarder Cauet et de lire Médias par exemple. Je crois
que les Français aiment profondément la télévision
et quil ne faut pas baisser les bras. Mais il y a une espèce
de loi du silence : dès que lon sattaque à
cette puissance quest la télévision, on se
confronte à la censure et on pratique lautocensure.
La télévision a peur de déplaire. Cest
pourquoi mon livre peut déranger. Je nai eu des
propositions dinterviews que pour des sites Internet alors
que plus dune centaine dexemplaires de mon livre
ont été envoyés dans les rédactions.
-
On ne peut pas inviter tout le monde
sur les plateaux de télévision. On ne peut donc
pas donner la parole à tous
-
Je suis daccord. Cest comme
pour les élites, il en faut bien pour représenter
les autres. Dans les émissions où il y a un vrai
travail éditorial, un vrai travail journalistique, dinvestigation,
je comprends. Là où ça ne va pas, cest
quand il faut trouver quarante invités par semaine pour
lémission de Stéphane Bern. On ne peut pas
faire de la qualité dans ces conditions. Il faut aussi
revenir à la télévision en direct, cest
un gage de spontanéité. Les téléspectateurs
fantasment la télévision. Jai moi-même
cru avant de participer à « LArène
de France » que cétait bien huilé.
Cétait en fait un amoncellement dà
peu près.
-
Vous avez laissé une grande liberté
de ton aux personnes qui témoignent dans votre livre
A partir du moment où jai décidé de
faire un travail sur la censure, je devais dépasser mon
cas personnel. Pendant deux mois, jai rencontré
des personnalités bien différentes : Claude Ribbe,
Marcel Amont, David Abiker, Jean-Marc Morandini
Je nai
pas prévenu les uns et les autres de la participation
dautres personnes. Je voulais un happening artistique,
une réunion improbable de gens qui réfléchissent
sur un même thème. Je nai pas changé
une virgule. Je ne suis quun passeur de plats.
-
Vous consacrez un long chapitre au montage
dune émission de Thierry Ardisson. Que reprochez-vous
à cet animateur ?
Au début de sa carrière, Ardisson a innové.
Depuis, il sest « druckerisé ». Il a
voulu plaire et durer. Cest lécole de la complaisance.
Il a commencé à se réconcilier avec ses
ennemis. Quand il invitait un Arabe, il se débrouillait
pour quil y ait un Juif sur le plateau. « Tout le
monde en parle », cétait une cérémonie
du samedi soir finalement très consensuelle.
-
Vous prônez une éducation
aux médias dès le plus jeune âge
Je trouve aberrant que personne nait eu lidée
de faire cela. Pourquoi linstruction civique existe-t-elle
à lécole et pas linstruction aux médias
? Ce serait bien que les professionnels viennent expliquer leur
travail. On ne valorise aujourdhui la démarche analytique
que pour les sciences. Il faut pourtant lacquérir
aussi pour comprendre les médias.
-
- (1) Invité
à une émission de Stéphane Bern, Frédéric
Vignale a dû quitter le plateau avant lenregistrement
à la demande de linvité principal, Yann Moix,
dont il avait critiqué les romans sur Internet.
PARU VENDU
Édition - Paris - 1ère couronne - N°116 - Du
jeudi 22 au 28 février 2007
L'hebdo des bons plans et des petites annonces
-
Premier livre qui traite du thème de la
censure à la télévision de manière
diversifiée et documentée avec de nombreux témoignages.
Enfin ! Car si la censure et la télévision ont
toujours fait bon ménage, force est de constater que depuis
quelques années le phénomène s'est amplifié.
Pire : elle est devenue pernicieuse en prenant de nouvelles formes.
Il est vrai qu'elle est devenue un tel enjeu de pouvoir, de publi-information,
de lutte d'intérêts et de spéculation financière
qu'on ne peut plus rien y dire de dérangeant, de pertinent
ou libertaire. Résultat : la télévision
est de plus en plus aseptisée et sans diversité
culturelle. Seul internet est devenu un contre-pouvoir au sein
duquel on peut encore faire débat mais pour combien de
temps encore ? Toutefois, la censure ne s'exerce pas qu'à
la télévision mais aussi au cinéma. Et qui
l'exerce ? La télévision, je vous le fais pas dire
! Comment
? En étant le principal pourvoyeur de fonds qui fait peser
sur les créateurs des contraintes qui empêchent
la réalisation de films dérangeants, ou simplement
hors normes au risque d'un appauvrissement de la production.
Il en va ainsi, à titre d'exemple, de Josiane Balasko
qui voulait faire un film sur une femme d'âge mûr
ayant recours à l'amour tarifé et qui a essuyé
un rejet des décideurs. Même chose pour Yves Boisset
qui a dû renoncer à deux projets, l'un sur la guerre
d'Algérie, l'autre, sur les massacres perpétrés
dans le pays de Bouteflika ou du long métrage d'Emmanuelle
Bercot, qui a subi bien des coupes de ses producteurs car le
film était suspecté d'incitation à la pédophilie.
De même, un film adapté du livre de Véronique
Vasseur, ancien médecin de la prison de Fresnes, a été
annulé. Et que dire de Michel Ocelot, auteur de Kirikou,
à qui on voulait imposer qu'il mette dans son dessin animé
des soutiens-gorge aux femmes ! Aujourd'hui, plus un film ne
peut se faire sans l'obole des chaînes de télévision.
Et, pour avoir une chance d'être accepté, un projet
doit être bien propre et se conformer à la normalité
vue par le petit bout de la lorgnette des chaînes.
Si ce n'est pas de la censure déguisée
Dominique PARRAVANO Rédacteur
en chef
- Le
littéraire.com - 4 mars 2007
-
- Si
vous croyez tout ce que l'on vous dit. Si vous pensez par télé
interposée. Si vous gobez le JT de 20 h. Si vous avez
veillé - jadis - pour ne pas rater Tout le monde en parle.
Si vous faites confiance à la presse. À la radio.
Et surtout à la télé. Alors oui. Lisez ce
livre. Apprenez-le par cur. Devenez dans la foulée
mature. Adulte. Informé.
Sous la forme de témoignages, d'entretiens, F. Vignale
fait parler les censurés. Fondateur de l'e-magasine satirique
Le Mague, F. Vignale n'a jamais eu la langue dans sa poche. Il
n'allait donc pas en rester là. Quoi ? Vous n'êtes
pas au courant ? Vous ne regardez plus la télé
? J'entends celle qui compte. Sur la TNT. Ou le Web. La télévision
interactive. En direct live. Sans pub ni crétineries.
Sans prompteur ni oreillette. Alors oui, vous semblez l'ignorer.
Hé bien F. Vignale s'est vu obligé de quitter le
plateau de L'arène de France car Yann Moix ne voulait
pas le voir. On rêve ! C'est véridique. Un caprice.
Une crise de l'écrivaillon. Vignale a eu l'insigne honneur
de lire Partouz et de ne pas aimer. Ici non plus d'ailleurs,
on n'a pas aimé Partouz. Et il s'est fait un ennemi à
vie. Et personne sur le plateau pour dire à Moix de la
mettre en berne. Même pas Stephan, l'animateur. Rien. Vignale
sacrifié. Donc son sang n'a fait qu'un tour.
Et l'idée lui est venue. Durant le voyage de retour. De
faire le point. Entre deux clics et quelques coups de téléphone,
les rendez-vous sont pris. Les nouvelles tombent. Il n'est pas
le seul ! La censure prend alors toute sa place. Son ampleur.
Sournoise. Insidieuse. Insolente. Souvent ignorée (coupure
au montage), parfois justifiée (l'invité est attaqué
dès le début de l'émission). Parfois elle
s'habille autrement. Sous couvert de copinage on s'invite entre
potes d'une chaîne l'autre. Et l'on oublie les autres.
C'est pour cela que vous pensez, grands naïfs, que BHL est
le seul philosophe français, car c'est celui que vous
voyez le plus. Mais c'est le plus mauvais. Voire l'imposteur
suprême car ce triste sire n'est en rien philosophe. Tribun.
Homme d'affaires. Homme d'influence, oui. Comme Alain Minc qui
n'écrit pas ses livres et ruine les PDG qu'il conseille.
Mais on vous le cite comme la perle de l'analyse financière.
Demandez donc à De Bennedetti ce qu'il en pense, lui qui
a mangé sa chemise lors de l'OPA sur la Générale
de Belgique il y a un peu plus de quinze ans...
Ainsi par ce livre vous aurez accès à d'autres
idées. À d'autres sons de cloches. À d'autres
personnes : Morandini. Corbier, Oberlé, Gogol 1er, Siguret,
Banon, Pourriol, Pisani, Delépine... Je ne vous ai pas
donné les prénoms volontairement. Pour que vous
puissiez juger votre incapacité à mettre un visage
sur ces noms, un rapport avec leur métier, leur art...
Vous comprenez alors l'urgence qu'il y a à acheter ce
livre ?
Annabelle Hautecontre 4 mars 2007
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