- LE LIVRE
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- "Regarder
les hommes vivre occupe une bonne partie de ma vie. Je mattache
aux détails, je les suis du regard, je maccroche
à leurs yeux, à leurs gestes, à leur corps,
à leur démarche, à leur peau
Non,
je ne maccroche pas, je les aime libres.
Je les croise, je me mets, l'espace d'un instant, d'une heure,
d'une nuit, à leurs côtés, parfois je ne
les touche même pas vraiment, je les effleure, je les frôle.
Je ne leur cours pas après, je ne les vampe pas. Ils surgissent
dans ma vie quand je ne les attends pas et ils y jettent le trouble.
Ces frôlements font trembler leau calme de ma vie
de célibataire, puis ils disparaissent.
Je me souviens de tous, ils me touchent tous... sans calcul du
souvenir que je leur laisse."
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- L'AUTEUR
-
Cadre en entreprise, découverte
sur le net grâce à son blog, Nathalie Cachin est
l'auteur d'une nouvelle une nouvelle dans le recueil publié
par France Inter en octobre 2007Paroles de femmes. Elle
a fait l'objet d'un portrait dans Femmes actuelles. Les
Trophées de Constance & autres objets de désir
est son premier livre publié.
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- Critiques| échos| presse| web
- Buzz littéraire
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- "Les
trophées de Constance & autres objets de désir"
par Nathalie Cachin : Du blog de "la parisienne" à
l'édition
- Retrouver cet artcicle sur le web
-
- Internet et
littérature
L'actualité des blooks est riche ces derniers mois ! Une
nouvelle blogueuse (Nathalie), cadre en entreprise (et joueuse
de tennis !) fort discrète, accède à son
tour au sésame de l'édition avec un recueil de
nouvelles ciselées, sensibles et féminines à
l'image de son blog : "Les trophées de Constance
& autres objets de désir". "Mes petites
histoires, je les visualise, ce sont des scènes de films
qui nexistent que dans ma tête, je nai plus
quà raconter ce que je vois.", explique-t-elle
sur son blog. Elle y raconte les hommes qui traversent la vie
de son héroïne citadine et célibataire. "Je
mattache aux détails, je les suis du regard, je
maccroche à leurs yeux, à leurs gestes, à
leur corps, à leur démarche, à leur peau
Non, je ne maccroche pas, je les aime libres. Je les croise,
je me mets, l'espace d'un instant, d'une heure, d'une nuit, à
leurs côtés, parfois je ne les touche même
pas vraiment, je les effleure, je les frôle. Je ne leur
cours pas après, je ne les vampe pas. Ils surgissent dans
ma vie quand je ne les attends pas et ils y jettent le trouble.
Ces frôlements font trembler leau calme de ma vie
de célibataire, puis ils disparaissent." Une écriture
et un univers qui rappellent un peu Anna Rozen, Héléna
Villovitch ou une nouvelle "conversation amoureuse"
(d'Alice Ferney). Découverte sur son blog par David Abiker
(qui lui écrit poétiquement : « il y a une
pluie fine qui tombe sur le visage quand on vous lit »),
son "aventure" éditoriale de blogueuse est assez
atypique. L'auteur et son "découvreur" - presque
coach parfois ! David Abiker donc- ont accepté de répondre
à quelques questions du Buzz littéraire :
Buzz littéraire : Pouvez-vous nous expliquer comment
s'est passé le passage du blog au livre ? Quelles ont
été vos démarches ? Comment s'est passé
la rencontre/le travail avec votre éditeur (aviez-vous
essayé de contacter plusieurs éditeurs, etc) ?
- Nathalie Cachin
: Mon blog existe depuis mai 2006, c'est un ami écrivain
(un vrai lui !) qui m'en a donné l'idée. J'y ai
pris goût assez rapidement en augmentant le rythme des
chroniques, en essayant de varier. Cela parle de ma vie mais
en même temps cela n'a rien à voir avec un journal
intime. Je n'y raconte rien d'intime justement, je prends des
éléments de mon quotidien (mes sorties, mes voyages,
mon boulôt
) que « j'arrange », que je
déforme, que j'exagère pour en faire des textes
qui se tiennent et qui ont une chute. Le ton se veut plutôt
léger et je m'amuse beaucoup à le faire. Je n'ai
jamais eu idée du nombre de mes lecteurs, on a bien essayé
de m'expliquer comment mettre en place un compteur
- Je ne suis pas une tout une « bloggeuse
typique » en fait. Je ne lis aucun autre blog (je préfère
de loin les livres et il y en a tant !), je n'écris jamais
de commentaire chez les autres, j'écris dans mon coin
en répondant à mes lecteurs.
- A un certain
moment j'ai sans doute senti que je tournais en rond, il fallait
inventer autre chose
J'ai fait une chronique sur Nicolas
Demorand, journaliste à France Inter, la voix qui me réveille
le matin et là je me suis rendu compte qu'il était
très populaire alors j'ai eu l'idée d'en faire
mon « compagnon virtuel », de nous inventer une vie
de couple.
- Une de mes
amies a envoyé à David Abiker (alors chroniqueur
de « Blog à part » sur France Inter) l'adresse
de mon blog, sans me prévenir (je n'aurais jamais fait
cette démarche !). Cela l'a amusé et il a chroniqué
mon blog, j'ai donc pu déclarer ma flamme à Nicolas
Demorand sur les ondes d'Inter. Cela aurait dû rester une
petite anecdote amusante mais David Abiker a vraiment lu mon
blog en intégralité et il a accroché sur
les chroniques. Nous nous sommes rencontrés, il m'a encouragé
à écrire, à aller au-delà du blog,
à me persuader que j'en étais capable. Je lui ai
envoyé un texte (l'ébauche d'une des nouvelles
du livre) qu'il a bien aimé. La suite c'est plutôt
la deuxième question en fait
-
- - Comment
s'est déroulé l'écriture ? Votre livre est-il
une adaptation de votre blog, l'un a-t-il nourri l'autre et dans
quelle mesure ? Combien de temps cela vous a-t-il pris et quelles
ont été les difficultés ?
Puis je lui ai envoyé un deuxième texte. J'ai commencé
à croire que c'était possible
Il m'a aidé
à structurer le projet, pas un roman évidemment,
je n'en suis pas capable mais des formats courts, moins immédiatement
efficaces que les chroniques. La méthode de travail s'est
mise en place très naturellement, j'écrivais le
soir ou le week-end et j'envoyais par mail à David Abiker.
Il a toujours été très disponible pour lire,
pour critiquer, pour m'encourager ou me « booster »
quand cela n'avançait plus. L'écriture était
facile car toujours ludique, en parallèle j'ai continué
mon blog mais il n'a pas du tout nourri les nouvelles. Le travail
était très différent, pour les nouvelles
j'ai vraiment pris du plaisir à inventer des personnages,
à créer des situations, à écrire
de la fiction pour la première fois (même si tout
est écrit avec « je »), à regarder
et écouter autour de moi pour « voler » des
moments.
- Tout s'est
fait très vite, David Abiker me disait qu'il fallait finir
avant le mois d'août (j'ai dû commencer en mars à
écrire). Avant de partir en vacances je lui ai tout envoyé
sur un seul fichier en choisissant un ordre, j'ai eu beaucoup
de mal à trouver un titre.
- Là
encore je n'ai fait aucune démarche, je ne l'ai envoyé
à aucun éditeur, c'est David Abiker qui s'en est
occupé et à la rentrée de Septembre, Jean-Luc
Veyssy des Editions du Bord de l'Eau m'a contacté et très
vite nous avons signé un contrat.
C'est une deuxième phase qui a commencé, celle
de la relecture, des corrections
Je n'aime pas trop me
relire, j'écris assez vite, de manière spontanée,
je ne cherche pas mes mots pendant des heures. Il m'a fait retravailler
certains passages, ajouter « plus de sensualité
» à certaines histoires. Là aussi les contacts
étaient essentiellement par mail car l'éditeur
est à Bordeaux. Nous avons cherché ensemble, un
titre, une couverture, un texte de quatrième de couverture,
une amie photographe a fait la photo de quatrième de couverture
et le livre est né !
-
- - Comment
"résumeriez"-vous votre ouvrage ? Qu'est ce
qui vous intéressait et comment vous inscrivez-vous par
rapport à cette littérature féminine "de
célibataire" (dont Bridget Jones est devenue un peu
la chef de file même si ce que vous faites est bien différent)
?
(pouvez-vous aussi nous préciser vos influences/goûts
littéraires personnels aussi bien classiques que littérature
contemporaine)
Je crois que j'avais envie de raconter des « non-aventures
», une rencontre entre un homme et une femme, à
chaque fois dans un contexte différent, et qui n'aboutit
pas forcément sur une histoire. Des personnes qui se ratent
un peu, des choses qui auraient pu arriver et puis finalement
non
des moments, de la suggestion, du désir, des
frôlements.
- Je voulais éviter deux écueils
au cours de ces nouvelles :
- les clichés sur la jeune femme célibataire style
« j'ai 30 ans, je n'ai pas de mec, je commence à
flipper ». Je ne voulais pas du tout ça. Je ne voulais
pas que ce soit trop « fille » justement, que des
lecteurs masculins puissent le lire sans trouver ça ridicule.
- Un discours aigri sur les hommes style « tous des salauds
». Je voulais qu'ils aient aussi le beau rôle, les
magnifier parfois.
Tout ça pour dire que je ne m'inscris pas du tout dans
la littérature féminine « de célibataire
», ceci dit sans aucun mépris. C'est juste que cela
n'est pas ma culture, je n'y connais rien, je ne lis pas du tout
ce genre de livre (je n'ai pas lu Bridget Jones
).
- J'ai été
élevée entourée de livres. Mon livre culte
est sans doute « Les liaisons dangereuses » de Laclos,
le livre que j'ai le plus relu, peut être « Madame
Bovary » de Flaubert. Les livres qui m'ont marqué
adolescente : « Une vie » de Maupassant, «
Les hauts de hurlevent » de Emily Bronte, « Crime
et châtiment » de Dostoievski. J'aime beaucoup la
littérature américaine avec un faible pour Paul
Auster. Je garde un souvenir très marquant de «
Pastorale américaine » de Philip Roth, de «
Middlesex » de Jeffrey Eugenides, « Dolce Agonia
» de Nancy Huston
J'ai découvert l'année
dernière l'auteur hongrois Sandor Marai, j'ai tout lu
de lui. Parmi les auteurs français contemporains, j'aime
Olivier Adam, Arnaud Catherine, Anne Wiazemski, Vincent Delecroix,
Philippe Claudel, Laurent Gaudé, Marc Weitzmann, Alice
Ferney
. Et beaucoup d'autres encore
Bien sûr
ce ne sont pas des influences, eux sont des auteurs, de mon côté
je bricole
- Retrouvez sur le blog de Nathalie ces
chroniques légères et touchantes mais aussi les
coulisses de l'édition de son livre à travers ses
billets "BUZZ" (eh oui toujours lui !). Elle y livre
un "making-of" de son livre depuis les corrections
avec l'éditeur, le choix du titre, l'écriture de
la 4e de couv' (ses doutes sur l'emploi du "je") jusqu'à
l'illustration de la couverture, la dédicace d'exergue
ou sa campagne de promo sur Facebook..., toujours dans son style
très vivant et son humour : "Ce matin jai rendez-vous
avec « mon » éditeur, cest très
chic de dire « mon » éditeur ! Javais
mon dentiste, mon ophtalmo, ma chef et maintenant jai «
mon » éditeur
" Un régal !
A voir aussi le site de son éditeur : Les
éditions du Bord de l'eau où vous découvrirez
d'autres jeunes auteurs.
- Buzz... littéraire : Qu'est
ce qui vous a "accroché" dans la plume de Nathalie
?
David Abiker : C'est
simple, une amie de Nathalie Cachin que je ne connais pas m'a
recommandé son blog. Je l'ai lu un soir où j'étais
plutôt détendu et réceptif. j'ai trouvé
son style agréable. Je le lui ai écrit. On s'est
vu une fois. Je l'ai encouragée. Je lui ai également
dit qu'il manquait un je ne sais quoi : sans doute de l'engagement,
une forme de sincérité plus appuyée. Ensuite
je l'ai poussée à faire des nouvelles autour du
sujet développé dans la nouvelle intitulée
"2e vague", cette femme qui passe à côté
des hommes sans les accrocher ni les retenir mais en les regardant.
Je trouvais que ça résumait bien l'angle de ce
livre. Vous n'allez pas me croire mais j'ai vu Nathalie une seule
fois et une demi heure. Le reste s'est fait par mail et par texto.
Quand son texte a été prêt, j'ai appelé
le Bord de l'eau pour le leur proposer. Ma mission officieuse
et informelle était terminée.
-
- Pourquoi
avez-vous décidé de l'aider dans son écriture
et comment s'est passé ce travail d'accompagnement ?
En fait j'avais recommandé le blog de Bénédicte
Desforges à mon éditeur (la flic). Avant cela,
j'avais encouragé un garçon à ouvrir son
blog, le blog est devenu un livre. Plus globalement, j'ai eu
personnellement beaucoup de chance dans ce métier de chroniqueur
et j'ai toujours eu soin d'encourager ou d''aider les gens qui
me paraissaient avoir du talent ou quelque chose qui les animait.
Je l'ai fait à plusieurs reprises mais on ne peux pas
dire que ce soit industriel. Je ne veux pas en faire un métier.
Nous devrions tous aider les plus jeunes quand nous avons le
sentiment d'avoir été aidés ou d'avoir reçu
un coup de pouce. Moi, on m'a aidé, je trouve que c'est
bien d'aider à mon tour, si je peux et de temps en temps,
quand j'ai envie.
-
- Est-ce
une nouvelle vocation d'éditeur ou d'agent qui se profile
pour vous et de façon plus générale quel
est votre avis/regard sur les différents "blooks"
français édités ces derniers mois si vous
avez suivi ?
Mon regard sur les les blogs et sur les écritures du web
? Je n'en ai pas vraiment. Je milite seulement pour la pénallisation
des smileys et l'interdiction de séjour en France des
gens qui utilisent l'abominable LOL. J'ai le sentiment que le
plus souvent, les gens écrivent trop long, trop perso
et pas assez pour les lecteurs. Nathalie sait raconter des petites
histoires : il y a un début, un milieu, une fin et un
propos. Il faut commencer comme ça avant de sonder les
profondeurs de son moi égotique, si vous voyez ce que
je veux dire... Un métier ? Je ne crois pas. Ce que j'aime
c'est tomber par hasard* sur quelqu'un qui a des choses à
dire et le recommander à deux ou trois éditeurs
que je connais. Je laisse faire le destin. Une ou deux rencontre
par an ça suffit.
-
- *Je ne souhaite pas recevoir les adresses
de blogs ou les manuscrits des jeunes auteurs du web. Merci.
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- Le
blog de David Abiker
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