Gérard Berthiot
Jean-Jacques Chavigné
Gérard
Filoche
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- SOS Sécu
!
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- Illustration
de couverture : Siné
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- 240
pages - format 14 x 21,5
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- PRIX
: 16,50
Euros
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Bientôt, les citoyens seront-ils
soignés selon leur porte-monnaie, leur prévoyance,
leur assurance? Ny aura-t-il pas alors lhôpital
du pauvre et lhôpital du riche? Y aura-t-il moins
de médecine du travail, moins de médecine scolaire,
moins de prévention parce que cela « coûte
trop cher» ?
Va-t-on demander des comptes aux grands groupes pharmaceutiques?
à leur politique du médicament? ou va-t-on chercher
à culpabiliser les malades parce quils « gaspillent »?
Doit-on moins dépenser pour la santé que pour les
automobiles ou les téléphones portables? Le système
américain privé qui classe les États-Unis
au 37e rang mondial en matière de santé va être
introduit en France ne va-t-il pas remplacer notre système
public qui classe la France au 1er rang mondial en matière
de santé selon lOMS?
La Sécu a été construite en 1945, quand
la France était en ruine, pourquoi fonctionnerait-elle
moins bien au XXIe siècle alors que la France est 5 fois
plus riche? Quen est-il de ce « trou »
de la Sécu ? Est-il si profond que cela comparé
à dautres déficits? Doù viennent
ces déficits, si ce nest de labsence demploi ?
Pourquoi patronat et actionnaires refusent-ils de mettre la main
à la poche et de cotiser puisque leurs marges bénéficiaires
ne cessent daugmenter?
Les auteurs rappellent ainsi que tout déficit « cache »
un excédent quelque part
Les réponses de ce livre, à la question «Casser
ou sauver la Sécu?» présentent les éléments
dun vrai choix de société et offrent les
outils indispensables pour laborder en toute connaissance
de cause.
- Gérard
Berthiot est médecin chef hospitalier.
Jean-Jacques Chavigné était cadre de banque et
responsable syndical.
Gérard Filoche est inspecteur du travail depuis 1985.
- Tous trois
militent ensemble depuis trente ans, et animent la revue mensuelle
«Démocratie & socialisme» depuis 1992.
- DANS
LA PRESSE
- Jeudi
20 mai 2004
-
- Casse
sur la Sécu
- par
Thierry Brun
La réforme
proposée par le ministre de la Santé va peser lourdement
sur les assurés sociaux et na pas convaincu plusieurs
organisations syndicales. Un pôle de mobilisation se constitue
autour de la CGT, qui appelle à une journée nationale
de manifestations le 5 juin.
Enfin ! La réforme de la « dernière
chance » de Philippe Douste-Blazy est connue. Quelques
propositions pour lassurance-maladie ont été
jetées en pâture. Une grande partie des partenaires
sociaux nont pas été convaincus, en particulier
certains syndicats de salariés qui ont envie den
découdre avec lévidente logique libérale
de ces propositions. Le ministre de la Santé a une fois
de plus donné un cours dart dramatique sur la situation
de lassurance-maladie et culpabilisé les assurés
sociaux, seuls responsables des fraudes à ses yeux, les
médecins libéraux et lindustrie pharmaceutique
étant épargnés.
Ces « grandes lignes » de la réforme,
qui ont été transmises aux partenaires sociaux
ex abrupto, contrairement à ce qua affirmé
Philippe Douste-Blazy lors de lémission « 100
minutes pour convaincre » sur France 2, ne resteront
en discussion que quelques jours. Les conclusions sont attendues
dès le 28 mai. Le gouvernement envisage dadopter
le projet de loi en Conseil des ministres le 16 juin, et la loi
devrait être votée « à la sauvette »
en juillet. Les organisations syndicales ont dénoncé
le court délai imposé par Matignon.
Les mesures gouvernementales se déclinent en trois chapitres :
« La gouvernance de lassurance-maladie, lorganisation
et loffre de soins, lassainissement financier »,
selon les documents remis aux partenaires sociaux. Le volet financier
vise « entre 15 et 16 milliards deuros »
déconomies par an, pour éponger un déficit
de 12,9 milliards deuros à la fin de lannée
et de 20 milliards en 2007. Ces chiffres ont servi décran
de fumée à Philippe Douste-Blazy pour masquer les
véritables causes du déficit. « Entre
1999 et 2001, le régime général de la Sécurité
sociale était excédentaire, note Gérard
Filoche, un des auteurs de SOS Sécu ! (1). La droite
na pas hésité à "charger la barque"
en augmentant les honoraires des médecins. »
Le déficit est tombé à pic pour défendre
la seule logique comptable dans la gestion de lassurance-maladie.
Dénonçant des abus en matière darrêts
maladie, le ministre de la Santé na évoqué
que du bout des lèvres un éventuel relèvement
de 0,16 % du taux de la contribution spécifique de solidarité
sur les sociétés (C3S), assis sur le chiffre daffaires
des entreprises réalisant plus de 750 000 euros dactivité.
Limitée à « environ 790 millions deuros »,
cette mesure est à comparer à la multiplication
des exonérations de cotisations sociales au profit des
employeurs, qui représentent 15 milliards deuros
chaque année, dont 2 milliards non compensés par
lÉtat à la Sécurité sociale.
Mais, pour faire bonne mesure, lÉtat donnera « un
milliard deuros » pour compenser les exonérations
consenties par la Sécurité sociale aux entreprises.
Lensemble des économies à réaliser
pèsera lourdement sur les assurés sociaux. Au-delà
de lardoise laissée aux citoyens, puisque le gouvernement
compte ajouter une dette cumulée de 32 milliards deuros
à la caisse damortissement de la dette sociale (Cades),
« un euro » par consultation sera à
la charge du patient. À cela, il faut ajouter une augmentation
de 0,4 % la CSG « des retraités imposables »,
ce qui représente « à peu près
la moitié des retraités ». « On
voit clairement un désir de baisser la prise en charge
des soins remboursés par le système dassurance-maladie
obligatoire, ce qui rendra plus difficile laccès
aux soins de tous ceux qui nauront pas les moyens de se
payer des assurances complémentaires mutuelles ou privées »,
réagit Marie Kayser, présidente du Syndicat de
la médecine générale (SMG), qui est à
linitiative, avec la Fondation Copernic, dun « Appel
contre la privatisation de lassurance-maladie ».
Le ministre de la Santé sest bien gardé daborder
sur le fond le dossier sensible de la politique du médicament.
Pour Patrice Muller, médecin généraliste,
également du SMG, « le projet ne tient pas
compte des dégradations très importantes des soins
aux patients. Rien dans le projet ne permet daborder les
véritables problématiques de santé. Notre
système de soins est aujourdhui incapable dapporter
les bonnes réponses, par exemple, aux maladies infectieuses
et aux conditions de travail des salariés, cest-à-dire
à des pathologies émergentes créées
par notre société pathogène. Rien nest
dit des cancers et des victimes de la pollution atmosphérique. »
En guise de réponse à lorganisation du système
de soins, le ministre de la Santé a estimé quun
dossier médical informatisé devait être mis
en place « dans les deux ans » et devait
permettre une économie de « 6,5 à 7
milliards deuros » dici à 2007.
« Linformatisation na pas été
chiffrée, contredit le SMG. Cette informatisation répond
surtout aux besoins des compagnies dassurances et à
la nécessité de démocratiser lédifice
"assurance-maladie". »
Lire la suite dans Politis n° 802
(1) SOS Sécu ! Casser ou sauver la Sécu (1)
SOS Sécu ! Casser ou sauver la Sécu ?,
Gérard Berthiot, Jean-Jacques Chavigné et Gérard
Filoche, éditions Le Bord de leau.
-
- L'union,
le 19 mai 2004
- Gérard
Berthiot - Jean-Jacques Chavigné - Gérard Filoche
- SOS
Sécu !
- Gérard
Berthiot (PS) : « L'euro, c'est honteux »
- Le Marnais Gérard
Berthiot, premier vice-président socialiste du conseil
régional Champagne-Ardenne, a participé à
la rédaction d'un livre sur l'avenir du système
de santé, « SOS Sécu ! »,
dont la sortie est prévue aujourd'hui. Il se montre évidemment
très hostile au plan Douste-Blazy.
- Quand et pourquoi
avez-vous décidé d'écrire cet essai ?
Que proposez-vous pour réduire le déficit de l'assurance-maladie ?
- GÉRARD
BERTHIOT : L'idée de ce livre nous est venue à
l'automne 2003. La question que nous nous sommes posée
était la suivante : que va-t-on faire de notre système
de protection sociale ? Pour notre part, nous sommes attachés
au principe de solidarité selon lequel chacun cotise en
fonction de ce qu'il gagne et consomme en fonction de ses besoins.
- Dans la logique
libérale, l'Etat met en place un panier de soins, c'est-à-dire
un minimum au-delà duquel chacun doit payer. Si on le
dit de façon aussi claire, la population ne marchera pas.
- La stratégie
qui a été retenue consiste donc à dramatiser
la situation en annonçant des déficits tellement
importants qu'on n'en voit même plus le fond, à
diviser les assurés selon qu'ils sont, par exemple, actifs
ou retraités, et à procéder par étapes
successives pour favoriser dans les huit à dix ans l'intervention
du privé.
- Que pensez-vous
de la contribution d'un euro ? De la promotion des médicaments
génériques ? Du dossier médical informatisé ?
- G. B. :
L'euro, c'est honteux. Ne pas en exonérer les personnes
qui relèvent de la CMU, cela aurait été
une provocation supplémentaire. Il est également
scandaleux de culpabiliser les retraités au motif qu'ils
coûtent cher parce qu'ils consomment davantage.
- En ce qui concerne
les génériques, l'idée me semble bonne mais
elle ne sera pas suffisante. D'une part, la détermination
du prix des produits se fait dans une totale opacité.
D'autre part, les médicaments représentent 20 %
de l'ensemble des dépenses médicales, ce qui est
colossal.
- Quant au dossier
médical informatisé, c'est un vieux serpent de
mer. Et je constate que l'on réduit le médecin
à un rôle de surveillant, de contrôleur des
dépenses, alors qu'il devrait être un véritable
coordonnateur de soins.
- Vous dites que
les effets de la politique économique et sociale menée
depuis 2002 ont aggravé le déséquilibre
de l'assurance-maladie. Mais avant ? Pourquoi n'avoir pas
proposé plus tôt une réforme ?
- G. B. :
C'est en effet regrettable. Mais au moins, la gauche plurielle
n'a pas mis en place des processus d'attaque des acquis sociaux
tels qu'on en voit depuis 2002. Aujourd'hui, on ne propose même
pas une réforme, à peine un saupoudrage. On prend
le problème par le petit bout de la lorgnette.
- Nous prônons
dans ce livre la prise en charge à 100 % des dépenses
de santé par l'assurance-maladie, les mutuelles ne devant
plus se contenter de co-payer. Elles ont un rôle à
jouer en matière de prévention, de réinsertion,
de réadaptation des patients. Avec quels moyens ?
On en discutera avec elles.
- Recueilli par
Franck Leclerc
-
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MARNE
HEBDO - 26 mai 2004
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- CHÂLONS
Gérard Bhertiot gagne en crédibilité
-
- Les dernières
élections ont fait un bien fou à Gérard
Berthiot. Le secrétaire fédéral du parti
socialiste et chef de file de l'opposition au sein du conseil
municipal a ajouté une ligne sur sa carte de visite
premier vice-président du conseil régional. Sa
crédibilité n'en est que renforcée dans
la capitale régionale. Le tremplin idéal jusqu'aux
municipales de 2007 ?
« Ce n'est pas à moi de juger de ma nouvelle
notoriété, note le chef de file du service de pneumologie
du centre hospitalier. Dans une situation qui est nouvelle, je
représente le conseil régional là où
il est partenaire et donc invité : visite du chantier
de la patinoire, initiatives locales, éducation... Et
cette situation a créé de nouveaux regards, une
nouvelle demande. L'objectif est de travailler avec les élus
locaux. Je suis bien sûr prêt à discuter avec
Bruno Bourg-Broc sur des dossiers de Châlons ou de la CAC. »
- « « SOS
Sécu »
- Au sein du conseil
municipal, il ne tient pas à se mettre en avant. Mais
à se placer dans un rôle de coéquipier. « Le
résultat des élections nous renforce dans notre
rôle d'appréciation, de critique et de proposition. »
Du consultant à l'exécutif, Gérard Berthiot
a désormais dressé un pont qu'il ne se lasse pas
de traverser. Dans l'ombre avec la Ville, à la lumière
pour la Région. La situation est loin de lui déplaire.
« Châlons est sociologiquement parlant une ville
de gauche. Nous allons désormais nous attacher à
donner au PS sa véritable dimension. On l'a fait au niveau
régional. On va le faire au niveau local. Pour nous, ces
élections se situaient dans une perspective de réponse
politique sur le moment donné et de la construction d'un
projet municipal pour 2007. »
Un projet qu'il construit pierre par pierre. Le 29 mai, il fêtera
son dernier pavé jeté dans la mare gouvernementale.
Il dédicacera « SOS Sécu ! »
entre 15 et 18 heures à la librairie Guerlin-Martin. Avec
Jean-Jacques Chavigné (bureau fédéral de
la Somme) et Gérard Filoche (bureau national), il est
le co-auteur de ce livre paru aux éditions « Le
Bord de l'eau ».
F.A
- 29 mai
2004
-
- Ce livre offre
les outils indispensables pour comprendre pourquoi la Sécu,
édifiée en 1945, fonctionne moins bien aujourd'hui
alors que le pays est cinq fois plus riche. Les trois auteurs,
qui animent ensemble la revue "Démocratie et socialisme",
rappellent que tout déficit "cache" un excédent
quelque part, et qu'il est "possible et nécessaire
de résister à la contre-révolution blanche
du Medef, de défendre la Sécurité sociale".
Pour cela, il faut contrer pied à pied "les arguties"
qu'on nous sert : contre le libéralisme, "la rue
et les urnes sont complémentaires".
-
- Bulletin critique du livre
en français
- N°661 - Juillet-août
2004
Bien évidemment, SOS Sécu ! sauver ou casser la
Sécu ? est un ouvrage de circonstance, lié aux
modifications en cours du système d'assurance maladie
(" réforme" Douste-Blazy). Il s'inscrit dans
la lignée des ouvrages de Patrick Alloux ou de la note
de la Fondation Copernic sur ce thème. Mais en même
temps, son contenu excède largement ces questions circonstancielles,
ainsi que le premier chapitre l'indique bien. Ce chapitre reprend
et synthétise les principales analyses que Chavigné
et Filoche avaient développé à propos de
la question des retraites dans un ouvrage précédent
(Ramsay, 2001). Si ce livre consacré à la question
de la Sécurité sociale s'ouvre par un rappel de
l'involution sociale permise par la réforme Fillon des
retraites, c'est que cette dernière s'inscrit dans un
projet, le projet néo-libéral, que les auteurs
entendent pourfendre. Et ils ne s'en privent pas, tout au long
de ce passionnant ouvrage. S'appuyant à la fois sur une
littérature souvent méconnue (issue des multiples
rapports d'expertises publiés au fil des années),
mais aussi sur les travaux de sociologues/politiologues, ainsi
que sur leurs compétences propres (Berthiot est médecin
hospitalier, Chavigné responsable syndical, Filoche inspecteur
du travail), ils démontrent avec brio et finesse comment
cette volonté de "réforme " de la Sécurité
sociale s'inscrit dans un projet l'englobant. Le modèle
(et le contre-exemple, ainsi qu'ils l'analysent), c'est la société
de marché des États-Unis (qui laisse sur le bord
du chemin des dizaines de millions d'individus sans protection
sociale. Les chiffres qu'ils mobilisent confinent parfois au
cauchemar social). S'appuyant sur les travaux de Bernard Friot,
les auteurs montrent de manière informée et très
pédagogique, la supériorité de la cotisation
sociale sur l'impôt en matière de protection sociale.
A travers différents chapitres (le "trou" de
la Sécu, l'hôpital public, la démocratie
sociale, etc.), c'est une alternative claire au projet libéral
qui est esquissé. Un projet reposant sur la reconquête
par les salariés du contrôle de leur salaire socialisé,
dont ni l'État ni le patronat n'ont légitimité
à s'occuper. La démonstration est convaincante,
étayée par de nombreux exemples, le tout est servi
par une plume alerte et polémique. Cet essai fera grincer
bien des dents car bien que ce trio soit membre du parti socialiste,
ils n'hésitent pas à critiquer la direction de
leur parti qui cède un peu trop facilement aux dérives
du social-libéralisme. C'est d'ailleurs sur cet aspect,
la croyance persistante dans la social-démocratie comme
vecteur d'une transformation sociale, que l'ouvrage est le moins
convaincant. Cela n'enlève rien aux mérites de
ce livre qui mérite d'être lu largement.
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- SOS Sécu ! : sauver ou casser
la Sécu? /Gérard Berthiot, Jean-Jacques Chavigné
et Gérard Filoche
Latresne : Le Bord de l'eau, 2004. - 229 p. : tabl. ; 22 x 14
Bibliogr. p. 227-229. - 331 Monde du travail. Syndicalisme. -
Isbn 2-911803-94-9 : 16,50 euros.
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