- Iris
- Rendez-vous
-
- Le
soleil se coupe en deux et s'ouvre
Sur mes pas lents, je viens vous rejoindre
- Sur
le dégradé des saveurs, dans le brouhaha incessant
de quelques têtes pensantes emplies d'écumes et
munies de leurs yeux rapaces,
A la terrasse des cafés, les amants s'accordent un tri
mental,
Leurs sourires ayant gardés la forme d'une bosse ronde
tel un arbre de leurs derniers froissements de draps, s'aiment-ils
vraiment
?
Je traverse ces rues, les curs creux se dévorent
sans conviction.
La vie de chacun se pend au cou de leur cur de pierre.
Le vacarme aux alentours est moins bruyant que le silence de
mes mains, ce choc sourd colore de coquelicot ma blancheur.
- Isolée,
pensive, je vis à l'ombre de ma plume,
Je nomme l'herbe un " symbole ", l'amour " des
pétales tenus sur l'arbre prêt à choîr.
Cris, silences et flots de larmes se noient dans l'encrier se
dessinant tel un drapé de vermeil à l'odeur de
bergamote.
Sous mes dentelles, un frisson les parfume et les éveille.
Je quitte la brassière de ma demeure, j'affronte le regard
des passants, je les fuis craignant d'y apercevoir la forme d'une
bogue noire,
Où vivrait un insecte et troublerait mes pas vers lui
Loin d'eux, de leurs tombeaux aux sabots neufs, derrière
le musée des miroirs, l'aile d'un attrait vient me rejoindre.
- Je
ne connais de lui que l'écho de sa voix, déjà,
elle a orné le ciel de mon lit, colorée ma plume,
nous parlions dans le silence des mots, ma couverture sans lanières
tissées dans du coton fût bavarde,
Nos échanges donnés et reçus furent lavés
de toute souillure, une tendresse souveraine a pris l'allure
d'un parfum éclaté sur mes courbes endormies.
Une rencontre
Un écran
un clavier enchanteur
Au creux de mes mains je tiens un morceau d'arc-en-ciel
Mes mots s'engouffrent dans mes silences légendaires,
Je me coiffe, ma chevelure tombe sur mes épaules nues,
Honteuse de ce désir
J'accroche mes soupirs au bord de mon lit, sous ma robe indolente
un jardin inconnu s'éveille, un vide s'installe, une absence
blesse mes courbes, c'est un rythme sans images, sans couleurs,
J'y brode des mots ils tourmentent mes silences, je peins de
ma plume un décor feutré, je serre les lacets de
mon corsage afin d'en percevoir un égarement frugal, le
bouclier de ce désir n'y est qu'un peu plus incrusté,
Et, si le goût de vos mains dénouait un de mes rubans
Suis-je prisonnière d'un songe, d'un souffle, le temple
de mes mutismes s'entrouvre.
Je cherche votre présence avec une peur délectable,
Sous mes voiles je me soumets à cet éveil
Je voudrai sculpter dans la vallée des légendes
les flammes de nos différences
Percer les oreilles des lingères afin de garder leur blancheur,
m'étrangler sous la force de ce nouveau désir
Inventer des mots nouveaux, voler les arabesques d'or afin de
tisser vos caresses sur mes seins,
Voler aux voleurs de billes leurs couleurs pour enchanter nos
draps froissés,
Emplir ma roulotte d'illets vifs, traverser un instant
ces nouvelles pages près de l'horloge du temps ricanant
dans sa boîte de bois rose sur mes mots tus.
Mes nuits se fragilisent et frissonnent de louanges,
J'y cherche le mouvement
mon nid de velours vivant à
l'automne des rosiers,
J'ose ouvrir pour vous la coquille de mes pudeurs,
Je vous écris dans le manteau de la nuit,
Je ne voudrai d'une vie sacrifiée par des pulsions aux
couleurs fanées, de bonheurs endormis des sourires momifiés
au seuil du lit où la vie s'égorge par la mort
du désamour,
Je crache sur la connerie des ragots de luxe
De leurs vies calquées, bâillonnées de leurs
chimères,
Et, là au crépuscule je vous lis, vous entends
presque
Au chevet de ma vie prostrée,
Un désir nouveau s'éveille, vers où
- Vers
les grilles de l'invisible
- Certaines
émotions n'ont aucunes explications, elles arrivent, on
les ressent, elles nous envahissent sans l'ombre d'un doute.
Votre fiche fut devant moi dans l'abondance de ces relations
futiles et sans intérêts, des tas de profils, photos
qui défilent comme dans un super marché, un vide
grenier où l'on y fait ses emplettes, une vision de terreur
lorsque j'y pense, rencontres fléchées, rencontres
ciblées, les lumières s'étalent dans un
fond de flaque grise
puis, dans un bitume puant sous la
paresse mouvante de leurs vies égorgées par la
grimace du mensonge.
Leurs tristesses se déguisent en lagunes presque accueillantes
- Ce
désir m'envahit, au gré de nos échanges,
rassurant mes montagnes, ornant ma blancheur de géranium
.
Je suis peut être trop enfouie au sein de mes retenues,
je suis si solitaire comme une veine de métal pur, mes
mots se perdent dans un abîme illimité,
Pourtant
dans mes nuits profondes, vous veniez a moi,
Vous me liez à votre fougue,
La nuit, vous êtes si proches de mes silences,
Votre main sur mes lèvres les soumet a ne rien dire mais
ne veux parler, votre sacre me remplit, l'orgueil de votre conquête
m'offre les perles de votre " vous " dans l'antre de
mes " non "
Me suis-je enfin perdu en vous ? Mon corps à peine dévêtue
est aussi fragile et rose que les pivoines,
Emportez-moi dans les braises de nos désirs, de nos mots
-
- .
.
Mes draps transpirent avec moi de vous, mes terres lointaines
m'emportent dans leurs chants. Je vis à l'imparfait ne
pouvant oublier mes poings serrés afin de forcer le pupitre
de l'école communale où vêtue de mes haillons
malgré l'hiver, j'ai dû m'imposer lors de mon retour
par les routes obscures,
Comprendrez vous mes errances ? Les fées m'ouvrent ce
jour une part du ciel.
Pour Vous je découvrirai la voûte de mes interdits
J'érigerai une forteresse imprenable où règnera
la mémoire de mon exil,
Je chanterai si de vos mains vous tressez sur ma peau blanche
vos empressements,
Et, parce que c'est Vous mes monastères étouffés
s'ouvriront.
Vous appartenir en me dressant sur votre arbre, m'envahir de
votre sève, attachée, liée.
Hurler sous le voile posé sur mes seins
..
Absorber votre sacre, en déguster le goût suave,
me soumettre à l'éveil de tous vos désirs.
M'enfuir
Mais vos épaules tisseraient leurs territoires,
Alors, m'ouvrir à Vous telle une étoile jusqu'à
la morsure, mon nid de velours n'aurait alors d'apaisement que
sous votre semence.
L'ortie de mes élans
Le rocher de mes mots se scellant sous mon émotion,
Près ace à Vous j'affronterai mes peurs, emplirai
mon panier de sourires,
Je chasserai les voyeurs du dimanche aux cols crasseux,
Vous accueillerez dans mon refuge, là où les secrets
et les couleurs se teintent
Je ne connais de lui que l'écho de sa Voix
Je l'attends
Une chambre d'hôtel, un numéro de porte, mon amant
du clavier enchanté ouvre la porte de cette chambre, où
mes voiles couvrent encore mon corps
-
Je L'entends
- .
Face à vous je crains l'innocence de mes gestes, la confusion
de mes envies,
Je n'oserai me dévêtir sans vos mots
- Apprenez
-moi à m'agenouiller pour vous découvrir, frôler
votre arbre, vous caresser de ma bouche,
Rassurez-moi, guidez-moi
lentement,
Ensemencez mes terres lointaines,
Votre main ouvre mes secrets, je me sens impudique, sous mes
chaleurs pour vous,
Un ruisseau s'écoule, mon bouton se dresse, empli d'envie,
Votre bouche l'effleure
Mon corps ne vivait plus que par votre pensée que par
vos plaisirs, pour cette attente
Prenez ma jouissance,
Votre souvenir m'éveille, frissonnante face à vous,
Votre bouche s'étant posée sur mon velours offert,
mon cur et mon corps se sont suspendus en plein vol
Mon souffle en un instant s'est arrêté lorsque j'ai
senti mon envie se dresser et fondre sous la chaleur de vos lèvres,
Alors, je voulais ne plus bouger afin de tatouer dans ma mémoire
cet instant inconnu, nouveau,
Laissant la langueur m'envahir en entier et l'émotion
me submergeant,
A cet instant précis vous auriez pu faire de moi ce que
vous vouliez...
Ne partez pas
Apprenez-moi l'effeuillaison des plaisirs,
Emmenez moi nue devant vous, inondée pour vous
Instant magique loin de tout
Torse dans torse, liez mes mains à vous, forcez-moi à
n'être qu'à vous,
La bohême me poursuit, immiscez-vous d'un bout de vous
à l'intérieur de mes départs,
Instant magique, le temps est suspendu
Nos corps enchevêtrés, à bout de souffle,
nos bouches se dévorant, inquisitrices, éperdues,
Gémissements d'impatience aux goûts mouillés,
envies pétries, la vôtre s'en saisissant comme l'eau
de ma source qui n'a jaillit que par vous, pour vous
Se rejoindre l'un dans l'autre encore
Hurler de ne pouvoir m'y fondre s'y fondre s'y perdre
Vous êtes là
je vous bois, le rythme de nos
échanges orne nos soupirs
.
Un désir insoutenable me pousse à crier
Mon écrin se serre à l'approche de votre éclair,
Vous enjambez mon lac
offert
J'aimerais éterniser l'entracte de cet instant, Vous m'enserrez,
enveloppé au mieux de votre désir fier et dressé,
posé, posé au creux de mon soupir à peine
avancé.
Mes terres lointaines m'emportent dans leurs chants, votre semence
m'y ramène
Pour vous mes pudeurs se confondent à ma fontaine offerte
en vous ouvrant mes cuisses de camélia
Je vous aime, je creuse ce mot dans l'escargot de mes regrets,
je le tatoue au creux de mon antre, je bois votre plaisir, vous
retenir
Vous partez,
Mes courbes gardent notre étreinte, le goût de vos
baisers
Je les brode tel un chandail de bruyère autour de mon
joyau,
Vous partez
un vide s'installe, une chaleur frissonne encore
en moi, prenant l'allure des aquarelles de maîtres.
Des frissons dentelés ourlent encore désespérément
mes dunes,
Mes seins cherchent vos mots et vos mains
Vous partez
un vide abyssal s'installe en moi, un manque
douloureux, délicieux manque il vient et reviendra à
ma bouche avide de vous,
Mon désir, Mon ombre
Je vous chercherai au gré de mes pas errants,
Je suis emmitouflée de vous.
Ne fermez pas la porte
-
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Iris
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