Dominique-Emmanuel Blanchard Trois
ans d'absence
Martine Silberstein Cheveux dange (dessin : Anne Jalevski)
Corinne van de Walle Le Buisson de Nourith
Louis Bellanti LÉléphant
Michel Bénézech Raymond et Sonia Guérin
en privé
Nicolas Puzenat Le Kyste
Olivier Hadouchi Un Café près de la Santé
( et de Ste Anne)
Feya Reggios Marie Trintignant: et si on parlait de Freud
?
Céline Varlet Questions à Dominique-Emmanuel
Blanchard
Philippe Cohen-Grillet Le Clone de Dieu
Mike Burnley In Petto
Sylvie Doumet Le Sang de mon père à la serpillière
Dandysme
définition
étymologie
Barbey express
Barbey dAurevilly : Esquisse biographique
Une image de Brummell
Jean-Luc Planchais Barbey lHérétique ou
Du Dandysme à lAurevillisme
Barbey dAurevilly : Filmographie
Du dandysme et des insolents
Post-dandysme : Mathieu Terence
Une mise en scène de la défaite : À propos
de Fiasco, de Mathieu Terence
Petits fours réchauffés : Fiasco lu par
Le Matricule des Anges Je ne sais pas combien de fois je me suis masturbé
aujourdhui
Lart de la petite cuillère
Lacan : Quelle angoisse !
Au courrier 115
uvre de Anne Jalevski
L'édito
Trois ans d'absence
par Dominique-Emmanuel Blanchard
Trois ans de silence, dabsence
de la revue.
Trois ans de réflexion peut-être.
Peut-être dun peu de désamour.
Je savais que ça pouvait arriver.
Je sais que ça pourra arriver encore, et qui sait, cette
fois-là, si ce ne sera pas une fois pour toutes !
Ces trois ans, je les ai consacrés à la maison
dédition. Quelque cinquante livres. Je dis ça
au jugé, il faudrait que je compte. Il faudrait que je
revienne dans ce passé dune façon objective,
et je ne sais pas si cest déjà possible.
Aussi, on va faire comme si on était face à face,
à discuter, sans note, sans fil conducteur. Juste pour
vous raconter un peu de tout ce temps.
Trois ans.
Douze numéros absents; alors, je ne sais plus très
bien où on en était. Car, voyez-vous, cest
en somme comme si je reprenais à zéro avec une
mémoire saturée, une mémoire qui ne sait
même plus ce quelle sait.
Du temps de la revue, je navais que cette tribune-là,
ou presque. À part une interview par-ci par-là
on ne me demandait pas grand-chose. On voyait en moi un directeur
de revue littéraire, point final. À cette époque
je navais pas fait les livres qui allaient intéresser
les médias.
Ces livres qui ont intéressé les médias,
je les ai faits, nous les avons faits.
Ces livres, je dirai ce quils ont été. Pour
eux, par eux, il y a eu des télés, des radios,
des papiers dans des journaux, des grands journaux, des grands
magazines.
Dans ces conditions, on se demandera peut-être pourquoi
je reviens à la revue, pourquoi je vais me donner tant
de mal pour deux cents ou trois cents exemplaires périmés
au bout de deux mois.
Je ne vais pas répondre tout de suite.
Je ne vais pas répondre du tout dailleurs.
Je vais simplement parler de ce bonheur, douloureux parfois que
jai connu par cette revue, avec cette revue. Je ne veux
pas oublier que tout est parti de là. De textes dinconnus
que dautres inconnus lisaient. Et, tous ces inconnus, toutes
ces inconnues, ont tissé un réseau damitié.
Beaucoup ont mal accepté la maison dédition.
Quelques-uns, quelques-unes pourtant sont passés de la
revue au livre. Mais, dans lensemble, ce qui marque, ce
dont on continue de me parler bien quelle ne paraisse plus
depuis trois ans, cest la revue.
Alors la revoilà.
Il y a des nouveaux. Parfois ils ont attendu deux, trois ans:
les textes sétaient un peu éparpillés
partout. Avec ça, cette foutue manie que vous avez denvoyer
vos textes avec vos noms adresse et tout ça à part.
Alors suffit que ça se dissocie... Avec le net, cest
pareil, alors je vous en conjure : mettez vos coordonnées,
toutes vos coordonnées sur la pièce jointe, parce
que là aussi lemail et la pièce jointe ont
des sorts différents...
Bon, cela dit, reprenons...
Je dis cela aux anciennes et aux anciens : dites-moi ce que vous
vous êtes devenu(e)s. Cest pour vous que BDL revient.
Pour reprendre un bout de route ensemble. Moi, jai beaucoup
de choses à vous raconter, mais il faut que je sache si
vous êtes là. Et jai beaucoup à entendre,
à lire, de vous. Comment se sont passées toutes
ces années ? Est-ce que vous avez continué décrire
? Est-ce que vous avez publié ? Où ? Quoi ? Quels
souvenirs gardez-vous de BDL ? Tout ça, quoi !
Maintenant il y a le courrier électronique. Cest
bien ça : je peux enregistrer au fur et à mesure,
vous répondre aussitôt...
Je vous attends sur le net : borddeleau@aol.com