LE BORD DE L'EAU
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Azadée NICHAPOUR
 
 
Pour l'amour d'une langue

Lettre ouverte d'une immigrée "intégrée" au Président de la République et aux Français
 

Format: 12 x 20,5
100 pages
parution : septembre 2007
ISBN : 978-2-915651-80-5
 
 
 
Prix : 10 € TTC
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 le livre
 
Ce récit, écrit dans un état d'urgence, témoigne de la complexité et de la "violence" de l'intégration en raison de toutes les concessions intimes et sociales que cela exige.
La France a élu en mai 2007 un nouveau président de la République qui se présente à l'occasion comme un Français issu de l'immigration... et qui dans le même temps invoque "l'immigration choisie". "Choisie" par qui ? Comment, dans ces conditions, sentir le drame de l'étranger ?
Ce n'est pas en cela qu'il sont frères
L'étranger ne comprend pas mieux l'étranger
Ailleurs est notre lien à l'Autre
Unique est notre lien à la Terre
Azadée Nichapour fait la démonstration que c'est par la langue française et la création littéraire autant que par le travail qu'elle vit le sentiment d'être bien ici.
Bref, elle fait la démonstration que l'immigration peut être envisagée autrement que dans l'affrontement.

Les premiers mots du livre...
 
Monsieur le président de la République,
Je suis un exemple de ce que l’on appelle communément une immigrée qui a réussi son intégration.
Mais je ne me trouve pas exemplaire, tant je connais le prix et toute la complexité de cette adaptation pour pouvoir en tirer une recette à l’usage de tous. Je crois cependant à la force du témoignage personnel pour sensibiliser les cœurs et les mentalités.
Trop de clichés, trop de préjugés circulent encore dans notre société et à travers nos médias au sujet de l’intégration.
Depuis vingt-huit ans que je vis en France, combien de fois ai-je vu, avant et après que je ne travaille dans le milieu politique, la question de l’immigration instrumentalisée à l’approche de telle ou telle élection ? C’est une blessure de plus pour ces personnes à demi brisées qui vivent déjà au quotidien la blessure du déracinement.
Non, aujourd’hui je ne m’habitue toujours pas à voir avec indifférence le temps d’un reportage de quelques minutes à la télévision, ces êtres désespérés qui perdent leur vie tragiquement sur le chemin périlleux de l’exil, parfois à quelques mètres de leur Terre Non-Promise.
 
l'auteur

Poète français d'origine irannienne, Azadée Nichapour a quitté enfant sa terre de naissance et vit depuis à Paris. Elle a publié de nombreux recueils de poésie, des nouvelles et des contes aux éditions, entre autres, Gallimard, Le Temps des cerises, Phébus. Elle a aussi enregistré un CD "Parfois la Beauté" (AK Prod). Pour l'Amour d'une langue est son premier récit publié.

Dans la presse

L'Hebdo des socialistes | N°461 | 13octobre 2007

Confrontée à des discours qui mettent en avant " l'identité nationale " pour mieux stigmatiser l'immigration, l'auteur, qui vit en France depuis 28 ans, a écrit ce livre " dans un état d'urgence ". L'écrivain et poète livre le récit d'une enfance heureuse et insouciante en Iran et du brutal exil en France, adouci toutefois par l'humanisme et la dignité de ses parents et par son amour de la langue française et des grands auteurs. Mais cette foi en la culture ne suffit pas toujours à transcender la dureté des conditions de vie d'une famille appauvrie par l'exode. Ni à oublier l'hostilité des regards, ou la curiosité intrusive, fut-elle bienveillante, à l'égard d'une jeune femme désormais française mais sans cesse sommée de rendre compte de ses origines. Ce récit émouvant touche le lecteur par sa sobre justesse, comme dans ses pages où l'auteur, se rendant à la préfecture de police de Paris dans un cadre professionnel, ressent la même angoisse que 17 ans auparavant, quand elle y faisait la queue pour obtenir une carte de séjour. En quelques lignes, tout est dit de la terrible fragilisation des êtres à l'œuvre dans notre société.
 

LE MONDE | 17.09.07
Article paru dans l'édition du 18.09.07.
Immigration, intégration : lettre d'une "Persane"

Ce recueil se présente comme une "lettre ouverte d'une immigrée "intégrée" au président de la République et aux Français". En réalité, il s'agit bien d'une lettre d'amour... à la langue française. Cette langue dont, enfant, Azadée Nichapour a perçu les premières notes à l'école Jeanne-d'Arc de Téhéran et qui sera son véritable passeport pour la liberté. Cette langue par laquelle elle a "le sentiment d'être davantage possédée qu'elle ne la possède" et dont elle entretint longtemps la crainte de rester toujours "étrangère face à elle".
 
De son arrivée en France, à l'âge de 11 ans, la jeune "Persane" garde le souvenir du premier matin, lorsqu'elle entendit les éboueurs s'interpeller "dans la langue de Molière". Elle a, depuis, acquis la nationalité française, a été la collaboratrice de ministres et de députés, prêté sa plume à certains d'entre eux et publié plusieurs ouvrages littéraires. Elle ne peut toutefois s'empêcher d'être étonnée quand elle s'entend encore présentée comme une poétesse "qui vient d'Iran". "Oui, répond-elle, je viens d'Iran. Mon avion s'est posé pas plus tard qu'il y a (vingt-huit ans) et je n'ai jamais repris l'avion dans l'autre sens."
Aussi, au moment où arrive au Parlement un nouveau texte visant à "encadrer les conditions" du regroupement familial - pour le restreindre -, en imposant notamment aux candidats une évaluation de leur connaissance de la langue française, a-t-elle voulu porter témoignage.
Témoigner de cette "blessure du déracinement" qui jamais ne se referme totalement. De cette angoisse qui l'envahit lorsqu'un jour elle dut représenter un député à une réunion de travail à la préfecture de police, cette même préfecture où, des années durant, elle avait fait la queue avec ses parents pour leur servir d'interprète, "tremblants de peur, à chaque fois, que nous soyons renvoyés dans notre pays". "Lorsque j'ai vu des policiers venir vers moi, raconte-t-elle, j'ai cru un instant qu'ils ordonneraient à l'étrangère d'aller intégrer l'interminable file d'attente des demandeurs de carte de séjour." Expliquant précipitamment qu'elle avait rendez-vous avec le préfet, elle fut alors "aimablement escortée jusqu'à la salle de réunion".
Ce livre, elle l'a dédié à ses parents, "qui ont eu le courage de partir". Elle évoque le visage baigné de larmes de sa mère lui avouant "combien l'exil avait brisé sa vie de femme" et confiant son désir de faire un dernier voyage en Iran, mais que retient la peur de ne pas revenir en France.
L'auteur craint que la volonté inépuisable de légiférer dans le domaine de l'immigration ne se transforme en projet contre l'intégration. "Dans la solitude et l'angoisse de l'exil, c'est la force d'être unie qui permet à une famille de surmonter les difficultés", déclarait à la tribune de l'Assemblée nationale un député socialiste, en novembre 2003, alors qu'était examiné - déjà - un précédent projet de loi sur l'immigration présenté par Nicolas Sarkozy. Assise dans une loge réservée aux collaborateurs, la jeune assistante écoutait non sans trouble "ces phrases tout droit sorties de (sa) vie".
"Je ne suis pas pareille, je suis comme toi." Azadée Nichapour pensait-elle au futur président lorsqu'elle rédigea naguère ces mots ? "La France a élu en mai son nouveau président de la République, qui se fait le porte-drapeau de l'identité nationale tout en se présentant à l'occasion comme un Français issu de l'immigration. Pour autant, sentira-t-il mieux en lui-même le drame de l'étranger ?", interroge-t-elle. Avec cette "lettre ouverte", c'est une supplique d'espoir qu'au nom de tous ces déracinés qui, "depuis le ventre de la mère jusqu'au ventre de la terre", n'ont que "la frontière (pour) seul territoire", elle implore le chef de l'Etat : "Soyez chef d'orchestre et non chef de guerre !"
 
"Pour l'amour d'une langue" d'Azadée Nichapour. Ed. Le
Bord de l'eau, 104 pages, 10 €

Patrick Roger

 

Libération | 18 | 09 | 2007

Plus tôt, le premier secrétaire (François Hollande), cible, lui aussi, de la mitraille jospiniste, avait répliqué : «Si on a des leçons à tirer des campagnes, on regardera toutes les campagnes qu’on n’a pas réussies.» Dans sa main, un livre. Pas celui de Lionel Jospin, mais de l’écrivaine Azadée Nichapour : Pour l’amour d’une langue.

David Revault d’Allonnes