LE BORD DE L'EAU
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Pascal LAFARGUE
 
Rencontres d'automne
sur les chemins d'Emmaüs
 

Format: 15 x 23
280 pages
ISBN : 978-2-35687-013-1
Prix public : 18 € TTC
 
Parution : septembre 2008
 
 
 
 
 
 
 
 Clip par DEB
 

 TV 7 | 09-10-08
 


 France 3 | 17-10-08 
 


AREPA 30-10-08
 

 
TF 09-01-08


 

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Président d'Emmaüs Gironde depuis 20 ans, Pascal Lafargue fut un proche de l'abbé Pierre qu'il rencontra (pour la 1ère fois) en automne 1989.
- Il est considéré aujourd'hui comme le principal opposant à Martin Hirsch.
- Il conteste l'action du secrétaire d'Etat, et propose une autre façon d'envisager la solidarité.
Il est ici question d'engagement... aux services des autres.
Comment devient-on compagnon d'Emmaüs, puis président d'Emmaüs Gironde et vice-président d'Emmaüs France ?
Que signifie aujourd'hui l'engagement bénévole ?
En suivant le cours de sa vie, Pascal Lafargue nous parle de l'abbé Pierre, des actions solidaires ici et maintenant : en autres, comment Emmaüs a "géré" les hommes et les femmes appelés "Les Dons Quichotte"... Bref "on ne naît pas compagnon d'Emmaüs, on le devient".
Comment Pascal Lafargue, personnalité laïque, anime-t-il cette structure créée par l'abbé Pierre ?
Cet ouvrage nous apprend beaucoup sur le fonctionnement d'Emmaüs, structure qui pour l'essentiel vit du travail de ses membres.
Fondée pour venir en aide aux plus pauvres, aux SDF, Emmaüs démontre, depuis l'appel (1949) de l'abbé Pierre, qu'un autre monde est possible...

l'auteur
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pascal Lafargueest président d'Emmaüs Gironde depuis plus de 17 ans.
Il a été vice-président d'Emmaüs France et candidat à la présidence d'Emmaüs France face à Martin Hirsch en 2002.

L'abbé Pierre, commémoration à Bordeaux du premier anniversaire de sa mort | 7'32 | avec Pascal Lafargue.
Réalisation vidéo : Dominique-Emmanuel Blanchard

C'était le 22 janvier 2008, à Bordeaux, place Pey Berland.
L'abbé Pierre a quitté le monde des corps un an plus tôt. Mais la force de son esprit est toujours là.
Emmaüs et son président, Pascal Lafargue, ont voulu cette commémoration
devant un chalet construit en une journée par les Compagnons devant la cathédrale de Bordeaux..

Quelques élus sont là, le temps est gris, la lumière désastreuse...
J'ai voulu ce noir & blanc d'un autre âge, peut-être celui d'un hiver 54...

DEB

 Un extrait du livre
 
 
RSA : Abbé Pierre | Emmaüs | Hirsch | RSA | Sarkozy
 
 
On a vu que la confusion préjudiciable au mouvement Emmaüs autour de la « filiation supposée » Abbé Pierre / Emmaüs / Hirsch / RSA / Sarkozy n’était qu’un raccourci journalistique dont le président de la République avait su jouer avec un talent incontestable. Pour celui qui a laissé dire, faire, croire, il relève de la malhonnêteté intellectuelle. Quand on évoquait l’immensité de son œuvre, l’abbé avait la malice d’affirmer « Emmaüs, ce n’est pas ce que j’ai fait, c’est ce qui m’est arrivé », associant ainsi, par cet aphorisme empreint d’humilité, les milliers de personnes qui pendant plus de 50 ans ont œuvré avec lui à la réalisation du mouvement Emmaüs
J’insiste, Martin Hirsch n’est pas le successeur de l’abbé Pierre, il est le successeur de Jean Rousseau (président de 1996 à 2002) qui lui-même avait succédé à Raymond Étienne… Il est le prédécesseur de Christophe Deltombe élu le 26 mai 2007. 
Presque toute la presse a largement usé de l’image du « successeur de l’abbé Pierre au gouvernement », montrant ainsi que le travail de fond enclenché dès février 2004 et les cérémonies commémoratives de l’appel de l’abbé Pierre (et que nous avions déjà dénoncé à Bordeaux) avait été efficace.
Cet amalgame est d’autant plus gênant que le RSA est assez éloigné des fondements d’Emmaüs dans la mesure où ce dispositif ne concerne pas les plus faibles.  
 
Le paquet plus beau que le cadeau ? 
 
Le RSA doit permettre aux bénéficiaires des minima sociaux le retour à l’emploi sans perte de revenus. Il s’agit en clair de compenser la perte des aides publiques qui affectant celui qui, sortant d’une « position d’assisté », devient « salarié ». 
L’idée semble a priori généreuse, simple. À la réflexion elle apparaît bien gênante. Elle place le débat à partir d’une référence — le seuil de pauvreté — qui s’éloigne du salaire minimum. Elle ne concerne ni ceux qui sont trop éloignés de l’accès à l’emploi ni ceux qui ont déjà un emploi à temps partiel subi et qui grossissent le nombre des travailleurs pauvres. Le RSA se résume en réalité à une série de subventions aux bas salaires et donc à un encouragement à accepter ces emplois-là. En tentant d’éliminer les « trappes à inactivité » que représentent, selon le Haut-commissaire, les minima sociaux, le RSA risque d’inventer les « trappes à bas salaires ».
On voit mal où est le progrès !
Alors que l’Aide au retour à l’emploi existe depuis longtemps, c’est la PPE (Prime pour l’emploi) créée par Jospin. Il aurait suffi de veiller à ce qu’elle soit versée à ceux qui en avaient vraiment besoin, et elle aurait été beaucoup plus élevée, donc plus « incitative ».  
 
Sans approche globale
des problématiques de l’exclusion
il n’y a pas de solutions cohérentes 
 
Il est par ailleurs contraire à la philosophie d’Emmaüs de présenter les bénéficiaires du RMI comme des pauvres qui se complairaient dans une position d’assistés. Très gênante cette idée d’un système qui fonctionnerait en dehors des réalités, à la fois du monde du travail et du monde de l’exclusion. La réalité, c’est qu’il n’y a pas de travail pour tous. La réalité, c’est que tous ne peuvent pas travailler. Sait-on vraiment que les problèmes financiers ne sont évoqués que par 3 % des bénéficiaires du RMI pour expliquer qu’ils ne recherchent pas un emploi. Très loin derrière les problèmes de santé, les contraintes familiales fortes, l’éloignement, le découragement… Le RSA ne serait-il pas seulement une bonne idée qui donne des solutions qui ne répondent pas aux besoins ? 
Le Haut-commissaire se fait malheureusement l’écho d’une idée bien ancrée à droite qui assimile les pauvres aux fainéants. C’est ce qui heurte le plus parce que cela relève du populisme et parce que cela augure mal de la « réconciliation » annoncée par le président de la République. Martin Hirsch enfonce le clou d’une culpabilisation des exclus : ils sont pauvres parce qu’ils ne veulent pas travailler.
Curieuse présentation qui fait peu de cas de l’immense détresse des millions de pauvres qui vivent dans ce pays riche, et qui fait référence explicitement à l’opposition ancestrale entre les « bons pauvres » et les « mauvais pauvres », au temps où l’on enfermait les seconds dans l’Hôpital général, et où les premiers suscitaient, déjà, la compassion des riches. Dans une France, « fille aînée » de l’Église, donner aux pauvres c’était donner au Christ.
La Révolution française puis la République ont quand même depuis « inventé » la solidarité en reconnaissant aux pauvres des droits en tant que citoyens.
 
Beaucoup d’interrogations sur le fond et beaucoup d’incertitudes aussi sur les réalités de la mise en place du RSA. Et plus la mise en place semblait complexe, plus le Haut-commissaire se répandait en annonces tonitruantes dès l’été 2007 (Libé : « La fin du RMI », « RSA en place dès 2008 », le JDD : “Le RSA doit remplacer le RMI ! ») alors que rien n’était encore décidé tant de très nombreuses questions très concrètes se posaient, et se posent toujours, auxquelles nul ne peut répondre aujourd’hui encore tant nous sommes dans cette affaire dans le flou le plus total. Le Premier ministre François Fillon le reconnaît lui-même : « On a choisi de faire de l’expérimentation, parce que c’est quand même très compliqué et on peut se tromper. Cette expérience va s’inscrire dans la durée si les choses fonctionnent. » C’est le message en creux qui est le plus intéressant et l’expérience peut ne pas aller au-delà de… l’expérimentation.
 
En clair, on n’en sait rien, il est donc urgent d’attendre et le Haut-commissaire demande de la patience pour les pauvres.
Les pauvres sont pauvres depuis tellement longtemps qu’ils peuvent bien attendre ! Alors que la droite « décomplexée » sert les riches ou les plus aisés sans attendre. Je rappelle un des slogans préférés de l’abbé Pierre : « L’urgence est au partage. » Martin Hirsch ne doit plus avoir la même notion de l’urgence, ni du partage.

Que retient-on de ces quelques mois de débat autour du RSA ?
En réalité peu de choses si ce n’est que le RSA ne sera finalement qu’un coup de pouce donné à ceux qui reprennent un travail. Tout ça pour ça ? Inutile d’annoncer la fin du RMI, inutile d’accabler les Rmistes en les culpabilisant.
 
Sur les inquiétudes suscitées par le système RSA ?
Rien.
 
Sur la crainte de la multiplication des petits boulots ? Rien, alors que l’on sait bien que ce qui fait les travailleurs pauvres, ce sont justement ces petits boulots à temps partiels subis.
 
Sur la discrimination que cette mesure peut susciter entre les bons pauvres et les mauvais pauvres ?
Rien.    
 
Pour ceux qui ne peuvent pas travailler et qui constituent l’écrasante majorité des 7 millions de pauvres ?
Toujours rien.  
 
 
Le président de la République l’a déclaré au mois de mai 2008, le RSA sera généralisé… l’année prochaine (si tout va bien). Martin Hirsch avait exigé 3 milliards, mettant sa démission dans la balance. On se souvient qu’il parlait de 7 à 8 milliards au printemps 2007.
Il aura autour d’un milliard.
 
Surtout, Nicolas Sarkozy a précisé que l’argent serait pris sur la PPE (prime pour l’emploi) pour financer le RSA. C’est l’emploi qui va financer le RSA et non l’impôt. Ce sont les classes populaires, ceux qui touchent entre 1 et 1,3 SMIC, qui vont financer les précaires. L’opposition et les associations sont montées au créneau, criant au scandale. Même dans les rangs de la majorité, cette idée saugrenue est très mal passée. Martin Hirsch a tenté de la justifier en prenant l’exemple d’un couple qui aurait 50000 euros de revenus et qui toucherait la PPE ! Combien sont-ils dans ce cas — si ce cas existe — sur les 8 millions de personnes qui ont bénéficié de la PPE ?
 
Gageons que Martin Hirsch, qui avait déclaré au printemps 2008 qu’il ne ferait pas un RSA au rabais, restera quand même au gouvernement.
 
 
Finalement, on est plutôt soulagés. Comme ce sont les smicards qui vont le financer, un RSA au rabais leur coûtera moins cher.


Objectif Aquitaine
n° 160 novembre 2008

SUD OUEST | 26 SEPTEMBRE 2008
 
La question du jour
 
Vous publiez aujourd'hui « Rencontre d'automne, sur les chemins d'Emmaüs » aux éditions Le Bord de l'eau. Quelle est la genèse de ce projet ?
 
Pascal LAFARGUE : L'éditeur m'a contacté, tout simplement. Il m'a dit : « Je veux savoir comment vous êtes devenu Pascal Lafargue ». En clair, pourquoi je me suis engagé dans cette démarche de service aux autres, dans cette dimension collective. Que signifie l'engagement bénévole dans la lutte contre toutes les formes d'exclusion. Ce projet littéraire m'a mis face à moi-même, l'année de mes 50 ans. J'ai réalisé le chemin parcouru, personnellement, celui qui m'a mené à ce que je suis aujourd'hui. J'ai envie de témoigner et de transmettre aussi, pour apporter sans doute un peu de compréhension du monde qui nous entoure.

SUD OUEST DIMANCHE
5 octobre 2008
Pascal Lafargue : Une Vie à partager
par Isabelle Catéra