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Le livre L'écrivain sacrifié a reçu le prix Charles Oulmont-Fondation de France 2009 et le Grand Prix de la Critique 2009 (du P.E.N. Club).
Tout commence il y a 50 ans, lorsque les théories structuralistes annoncent la mort de l’auteur, au moment même où la télévision se met à le porter au pinacle et fait de lui le « représentant » de son livre. Le texte, peu à peu, disparaît au profit d’un plébiscite autour de son image. L’émission littéraire devient alors un passage obligé pour l’écrivain, icône cathodique dont les performances audiovisuelles comptent plus que la qualité littéraire de son œuvre. L’émission littéraire, exception culturelle à la française, née avec Lectures pour tous, en 1953, aura connu son apogée dans les années 80 et 90, avec un modèle jamais égalé Apostrophes puis une lente déchéance. Elle est, aujourd’hui, reléguée à des horaires plus que tardifs ou avalée par le règne de la télé-réalité et du divertissement qui s’arroge le quasi-monopole de la promotion du livre. Dans le sillage des évolutions que connaît la télévision de service public en matière de réglementation, l’avenir marquera-t-il un retour du littéraire sur les plateaux sous la pression de l’État ? |
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| L'écrivain sacrifié Patrick Tudoret Collection INA | Penser les médias 18 € TTC |
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Prix : 19,80 € TTC
(port et emballage compris) |
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Patrick Tudoret est docteur en sciences politiques et chercheur en sciences de l’information et de la communication.Également romancier et auteur dramatique, il est l’auteur d’une douzaine de livres publiés notamment aux éditions de la Table Ronde : La Gloire et la cendre (2008), Créances douteuses (2003), La Nostalgie des singes (1997) Les Jalousies de Sienne (1994). |
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Tant de livres à la télévision française et si peu de littérature. Dans son étude, Patrick Tudoret, docteur en sciences politiques à la Sorbonne, radiographie ce désastre et montre que, malgré les avertissements de Gilles Deleuze - «il faut refuser, faire valoir des exigences, devenir producteurs, au lieu d'être des auteurs qui n'ont plus que l'insolence des domestiques ou les éclats d'un clown de service» -, la «sur-télévision» n'accepte aujourd'hui que des auteurs «cathodisés» dont cet essai dresse une habile typologie. On regrettera peut-être que Patrick Tudoret n'ait pas disséqué la manière dont l'édition crée aujourd'hui ses auteurs pour la télévision et comment cette dernière, orpheline à tout jamais de Pivot (le fossoyeur de la littérature sur le petit écran ?), peine à sortir des émissions de plateau. François Aubel [...] Car après l'arrêt en 2001 de "Bouillon de culture", qui a pris la suite d'"Apostrophes", sans avoir le même impact, c'est bien la mer médiatique qui s'est retirée, laissant le livre à quai, comme en témoigne à son tour l'ouvrage de Patrick Tudoret. Pour cet universitaire également, il existe un avant et un après Pivot. Sous le titre L'Ecrivain sacrifié, le spécialiste des médias dissèque les émissions littéraires depuis l'apparition de la télévision jusqu'à nos jours. "D'emblée, écrit-il, un constat s'impose, l'émission littéraire est une exception à la française", sans équivalent en Europe ni aux Etats-Unis. Tudoret distingue trois grandes époques. Avant Pivot, d'abord, c'est l'ère de la paléotélévision : l'auteur et son oeuvre sont célébrés; c'est par eux que l'émission littéraire acquiert sa légitimité. Le "grand écrivain" est encore recherché et magnifié. Avec Pivot, ensuite, "nous entrons dans l'ère de la télévision relationnelle, nimbée d'une affectivité travaillée", explique-t-il encore. L'art de la conversation est cultivé. Pourtant, l'écrit (romans, essais) n'est déjà plus au coeur de l'émission, et sert surtout à la mise en valeur d'auteurs médiatiques, voire de "bons clients." Mais la télévision, à force d'exhiber les auteurs, a fini par les tuer. Elle promeut "des auteurs sans oeuvre", constate Tudoret. D'où une brutale dégradation qui marque la troisième époque, quand les émissions de divertissement prennent le relais pour parler de littérature. Dès lors, le livre se transforme en alibi et l'auteur est convié à un "grand concert narcissique et téléréaliste". A ce stade, le "grand écrivain" a définitivement disparu du paysage. Face à cette décrépitude, suggère l'auteur, l'avenir de l'écrit se jouerait plutôt du côté de la Toile. Internet représente un saut dans l'inconnu - et, peut-être, une planche de salut. Alain Beuve-Méry |
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