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Vous avez dit euthanasie ?

avec
François BLANCHARD - René DAVAL
Charbanou JOCHUM - Didier MARTZ
Isabella MORRONE - Jean-Luc NOVELLA
Elisabeth QUIGNARD - Mireille SIGAL
 
ISBN 2-911803-68-x
128 pages
Format 12 x 19

 Prix : 12 Euros TTC
Port et emballage compris en CEE
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Confrontées à l’allongement progressif de l’espérance de vie de ses citoyens, les sociétés occidentales tentent, chacune à sa manière, de répondre à la question de la «fin de vie». Le débat en France ne fait que commencer. Il ne peut pas se contenter de quelques comptes-rendus journalistiques dont l’actualité nous abreuve parce qu’il faut bien commenter un fait divers: là à l’hôpital, ici un drame de la vie privée, etc.
Évoquant la posture antique comme point de départ possible qui fait «du malade le maître du médecin», les auteurs interrogent et analysent les logiques sociales, individuelles, morales et éthiques qui traversent aujourd’hui notre société. Sur quoi fonder une éthique répondant «au face-à-face» ultime? Comment répondre à cette personne «le mourant» qui déjà n’a presque plus rien de commun avec le soignant puisqu’il perd sous ses yeux ce qui le rendait encore humain: la vie?
 
Au début des années 2000, un groupe de réflexion — JALMAV — composé de médecins, de soignants, de psychologues et de philosophes s’est constitué afin de réfléchir à la question de l’euthanasie. Les auteurs enseignent et vivent à Reims. Leurs travaux font aujourd’hui référence sur la question de l’euthanasie.
 

Le livre a été coordonné par Didier Martz, professeur de philosophie. Il enseigne à l’Université de Reims Campagne Ardennes.
Didier MARTZ a également publié : Alzheimer, vous avez dit démence ?
 

DANS LA PRESSE
 

L'Union, mardi 22 janvier 2004
 
Réflexion collective autour de l'euthanasie
 
Très régulièrement, depuis quelques années, le débat sur l'euthanasie et sa légalisation éventuelle refont surface. Des praticiens rémois ont réfléchi sur le sujet et en ont tiré un livre en six chapitres. Le tout sous la coordination de Didier Martz, professeur de philosophie.
 
L'union: Quelle impérieuse nécessité a-t-elle conduit votre collectif à réfléchir sur le sujet?

Didier Martz : Notre association sur les soins palliatifs avait besoin d'un groupe d'étude sur la fin de vie. L'actualité et nos journées nationales nous ont tournés vers l'euthanasie. C'est un sujet majeur et quotidien pour les praticiens. Pour le philosophe,le sujet, et celui de la mort, est ancien.
 
Les progrès de la médecine ont-ils engendré cette situation, où des individus sont maintenus en vie alors que la nature les aurait «éliminés » d'elle-même?

Oui, c'est une raison. L'évolution de.la médecine laisse entendre qu'on peut reporter l'échéance fatale. Elle suscite l'espoir. D'où la contradiction de, l'allongement de la vie... Mais on doit mourir. Les conditions de la fin de vie s'aggravent. C'est une tranche de vie qui perd son sens. Et si ça na plus de sens, à quoi bon vivre?...
 
En 1947, les médecins devaient sauver la vie ; en 91, ils ne devaient pas s'obstiner. En 2004 on débat sur une institutionnalisation de l'euthanasie. N'allons-nous pas vers une transgression d'un interdit fort de la société (donner la mort)?

Oui, c'est mon avis. On est dans un devoir naturel de ne pas donner la mort. Avec, ou sans loi, on ne règle pas le problème. Ce qui crée des tensions actuellement, c'est qu'avec la loi, on contredirait l'arrangement fondamental de ne pas tuer.
 
Qui doit prendre l'ultime décision ?

Il faut distinguer le sujet conscient qui demande à mourir, et les raisons de sa demande, et le sujet inconscient. Dans tous les cas, la décision doit être prise par un collectif, dans lequel se trouve la famille, selon son éthique. Chaque cas étant différent, il ne faut pas de loi généralisatrice.
 
Quelle est la position des autres pays?

Dans de nombreux pays, se développent « des" dispositifs » pour organiser une pratique. Le cadre juridIque permettra-t-il de limiter les abus? Il ne doit pas les favoriser. Et il faut utiliser les soins palliatifs pour permettre au sujet de reconsidérer sa demande.
À noter que notre livre a été largement diffusé au Québec.
 
Propos recueillis par J.F. Scherpereel .