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Marie DELVIGNE
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- ROUGE
Roman
Format: 14 x 21,5
- 72 pages
Date de parution : 4 novembre 2005
- ISBN : 2-915651-33-7en CEE
Prix de vente public : 10 euros TTC
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- Faire l'amour
à une mourante...
- Lentement le
narrateur nous entraîne dans ce labyrinthe où l'amour
et la mort, parfois, parviennent à parler la même
langue. Jusqu'au terme de la maladie qui ronge la femme, le narrateur
évoque l'amour toujours présent.
- La maladie ronge
les corps et lentement l'amour...
D'une écriture sobre, scrutant l'émotion de l'attente
jusqu'au malaise, le texte de Marie Delvigne avance sans gratuité.
Un roman choc ! (Choquant ?)
La
première page Hiver
2003. 23H00
- Il
ne me reste que deux parties de son corps, deux parties que je
peux encore toucher : ses seins et son sexe.
Une main sur le sein gauche, une main sur le sein droit et ne
pas déborder.
Je les malaxe délicatement et je sens ses petits tétons
vibrer.
- Ces
seins-là sont parfaits et le temps qui passe ny
change rien.
Son sexe aussi a gardé sa fraîcheur et surtout le
même goût.
Bien sûr, jai davantage de difficultés pour
lui écarter les jambes et contempler son sexe béant
et rosé, comme je laime.
- Mais
je la mets sur le dos position quelle supporte difficilement
ou sur le ventre ou sur le côté et je goûte
son sexe pendant des heures. Des heures qui nen finissent
pas de senrouler sur elles-mêmes. Comme elle, dailleurs,
qui a tendance à se recroqueviller de plus en plus en
position de ftus. Elle doit vouloir soulager sa colonne
vertébrale.
Tout le reste de son corps est ordure.
Enseignante, Marie DELVIGNE a beau coup travaillé avec
Raymond Federman.
- Elle vit actuellement à
Bordeaux.
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- DANS
LA PRESSE
- Lien : Passion
du livre
- Rouge, lu par Frédéric Vignale
- Lire la critique sur Le Mague
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"Faire lamour à une mourante...
Lentement le narrateur nous entraîne dans ce labyrinthe
où lamour et la mort, parfois, parviennent à
parler la même langue." Ainsi est résumé
ce livre en Quatrième de Couverture. "Rouge",
le premier roman de Marie Delvigne, professeur de Lettres et
Photographe, sent le souffre, a un parfum de scandale car il
touche à un immense tabou, lamour tout court, lamour
total, "physique" jusquà la mort. Lamour
conté avec force de détail, de manière quasiment
chirurgicale, les sentiments et les sensations en plus des visions
anatomiques, des caresses et des envies "naturelles"
de lautre. A quoi sert la Littérature si elle ne
provoque ni némeut le lecteur, même jusquà
la nausée ? Ce court roman de 69 pages est un séisme
intellectuel, un tremblement littéraire, un irruption
syllabique. Un roman extra-ordinaire à ne mettre que sous
les yeux de lecteurs initiés à lArt qui savent
lire lépouvantable nature humaine sans se voiler
la face. "Rouge" est bien plus et bien autre chose
quun roman nécrophile. Ce serait trop simple...
Dabord la couverture, superbe, élégante,
dune beauté plastique épurée inouïe.
Un fond blanc, le titre en rouge superbe et un loeil droit
beau, mélancolique, mystérieux dune très
belle femme entre deux âges. "Rouge" est une
prouesse romanesque, un happening artistique, un roman inventif,
audacieux, écrit au millimètre de la pensée
de la plus saisissante. Une force rare.
Marie Delvigne raconte de manière chirurgicale,
lamour absolu, physique, sexuel dun homme pour une
femme malade, vieille, mourante. Une femme quil a connue
belle et qui, quinze après, se meurt.
Une passion dévorante qui ira jusquà
la vision cadavérique de lamour qui sen va
en quittant son enveloppe décomposée, définitivement.
Il y a une énergie terrible tout du long
de ce roman inclassable, dérangeant, fascinant. Une force
qui prend aux tripes, à lâme, qui chamboule
nos habitudes.
Ce livre nous intérroge sur ce qui est véritablement
gênant, révoltant, même si on peine à
ladmettre ; le tabou du désir sexuel hors norme
avec un corps malade ou bien linsupportable déchéance
physique qui attend tous les corps amoureux un jour ou lautre.
Pourquoi ne pourrait-on pas désirer
jusquau bout, dans la douleur, la putréfaction,
la vieillesse et de décrépitude ? Lamour
fou devrait être de cet ordre même si cela frise
linacceptable et le tabou.
Dans ce livre, le narrateur va simplement
au bout de son amour fou, sans se soucier des conventions, du
regard des autres. Il ne renonce pas à la jouissance,
à lacte sexuel, à la pénétration
même si la mort guette ou sonne son glas.
Nous sommes dans la plus pure tradition
littéraire, à peine modernisée. Les relations
entre lamour et la mort sont fréquemment utilisées
depuis la nuit des temps comme expressions artistiques, notamment
chez les romantiques. La tragédie de "Roméo
et Juliette" de Shakespeare se termine avec les deux jeunes
amants unis dans la mort.
Marie Delvigne renouvelle ce genre de
manière très personnelle, ne se limitant pas à
expliquer ou commenter mécaniquement un acte avec un corps
usé qui devient cadavre à la fin. Elle décrit
un mouvement, une montée crescendo vers la mort mais qui
nest pas finalité mais simplement fatalité
que le narrateur refuse jusquau bout du bout.
La nécrophilie chez Delvigne est
une suite logique, presque normale à un amour, à
un désir au-delà de la réalité physique,
un attachement bien plus spirituel que charnel.
On peut juger le texte obsène mais ce serait
restrictif, lobsénité serait plus certainement
un mauvais regard porté sur le sujet et une incompréhension
du travail de lécrivain.
Nous sommes dans une reconstitution littéraire
dun mécanisme de pensée, dans une epxloration
syntaxique sémantique dune histoire humaine, dune
obsession. Nous sommes dans la catharsis des mots, des gestes,
des douleurs seculaires les plus intimes et trop peu révélées.
Un livre fascinant. Le mot est juste.
- Frédéric
Vignale, le 30/03/2007
- Spirit- mai 2006
Un jeune écrivain et une artiste photographe ont un coup
de foudre réciproque, deviennent d'inséparables
complices amoureux, puis survient le drame de la maladie incurable
dont est atteinte la jeune femme. L'amour, au sens le physique
et érotique du terme, perdure jusqu'à l'issue prévisible
de la tragédie. Ce court récit érotique
constitue à plus d'un titre une gageure. Ecrit dans une
langue presque classique et très polysémique, il
donne la parole en première personne à un narrateur
masculin dont l'impertinence contraste de manière tout
à fait surprenante avec la gravité et le pathétique
de la situation qu'il évoque. Et Marie Delvigne a trouvé
les formules les plus justes et audacieuses pour dire ce qui
se joue aux confins du désir et de la mort, dans le "doux
leurre" de la maladie, pour peu que s'en mêlent l'intelligence
et la liberté d'esprit inhérentes à la traditionnelle
posture libertine. Au passage, l'art de la photographie, la fascination
spéculaire, le voyeurisme, sont envisagés avec
une rare perspicacité.
André Paillaugue
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Site de Philippe Boisnard
Marie Delvigne est professeur de Lettres à
Douai (59). Elle est aussi photographe et anime un site consacré
à la photographie [www.houyet.photo.be].
Elle a réalisé des performances de Barnaba (poésie)
dans le cadre du Festival In d'Avignon en juillet 2005. Elle
prépare des écrits sur l'oeuvre de l'écrivain
américain raymond Federman.
Rouge est son premier
roman.
Premières
impressions : Chloé Delaume, qui vient de découvrir
ce livre, écrit sur son blog : " Rouge de Marie Delvigne,
c'est un tout petit livre, aux Editions Le Bord de l'Eau. C'est
juste stupéfiant. Violent, dérangeant, très
étrange. Je ne m'attendais pas à ça. Je
pense qu'on ne peut pas s'attendre à ça. C'est
la raison pour laquelle vous devez le lire. Et acquérir
un nouveau réflexe, celui de la Carte Bleue." En
effet, comme j'y reviendrai dans ma chronique, derrière
les pages écrites par un narrateur, sur l'amour/mort qui
le lie au corps vivant et déjà putride d'une femme,
d'une enfant, "petite fille de trois ans qui gambade sur
la plage", se dévoile la rage de la passion, le rouge,
tout à la fois celui de la chambre, celui du sang qui
coule du sexe, sang pivoine, celui qui s'échappe des croûtes
arrachées, se dévoile l'interdit même de
nos désirs.
Philippe
Boisnard
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