MISRAHI
Robert
- & Martin
Nicolas
Un combat
philosophique
-
- (entretiens)
« Rien n'est généreux comme l'engagement
qui fonde cette philosophie intempestive: ouvrir pour tous les
portes du bonheur véritable !»
- Nicolas Martin
Collection «Clair & Net»
-
- Format :15 x
21 - 192 pages
ISBN : 2-911803-21-3
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Prix
: 15,23
Euros
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et emballage compris en CEE
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Préface
- Ce «Combat
philosophique» est loin de découper l'image lisse
du fou chantant que Cabu croqua affectueusement dans «Charlie
Hebdo» : le chapeau coiffe l'occiput, les joues sont pleines,
le regard gourmand. Il dévoile la correspondance secrète
et distanciée qui unit la vie d'une pensée sur
le bonheur à celle d'un philosophe, né en 1926,
qui a connu le malheur. Pourquoi Misrahi, lui si instruit de
la fragilité de l'existence, est-il l'auteur d'une doctrine
de la joie ? C'est oublier son intention politique: il vise à
un universel concret. La cohérence de sa pensée
dit son amour de l'autre. La clarté de son langage aussi.
- L'énigme
du commencement...
- C'est dans l'ombre
glacée du fascisme que Robert Misrahi, adolescent, entreprend
de relier le désir et la réflexion. Doit-on s'étonner
de ce premier pas philosophique ? Précisons: pour Misrahi,
ce n'est pas le refus de la barbarie mais la référence
active au désir de joie qui ordonne le combat contre la
barbarie. Contre le triomphe aveugle de l'économie de
marché il installe la joie d'exister et la liberté.
Et rien n'est généreux comme l'engagement qui fonde
cette philosophie intempestive: ouvrir pour tous les portes du
bonheur véritable!
- Nombreux pourtant
sont ces auteurs dont le désir de joie soudain se défait
comme un vol de papillons. Ils s'endeuillent. Robert Misrahi
n'est pas de ceux-là. «Être heureux. Quelle
corvée !» «Pourquoi ne pas l'avouer : ma préférence,
toujours, va vers ce qui vacille, chancelle, flageole et menace
à tout instant de sombrer.» Danse alors «au-delà
de cet horizon indécis» la voix de Robert Misrahi
: «Je m'aperçois que les philosophies tragiques
sont des philosophies de la solitude.»
- En poursuivant
la cohérence de cette recherche sur le sujet et son désir
? jusque dans ses retranchements les moins débattus ?
c'est la capacité de la philosophie à orienter
l'existence que l'auteur interroge. Une mise à l'épreuve
qui se double d'une pédagogie, puisque les réponses
apportées mobilisent l'essentiel de la philosophie : Platon,
Kant, Husserl, Heidegger, Lévinas ou encore Ricoeur. Sans
omettre le piquant échange avec «les pragmatistes»
ni la fréquentation permanente de Spinoza, mais jamais
pour étaler une érudition qui n'est convoquée
ici que pour soutenir le propos vif et aigu.
- Et Sartre ?
Quand paraît «L'être et le néant»,
Misrahi a 17 ans. Ça l'emballe. Il écrit à
l'auteur: «Sartre, Café de Flore.»
- Ils se verront
plusieurs années...
- Il est rare
qu'un dialogue, engagé ainsi de façon spontanée,
ne soit pas l'objet de retouches; l'auteur éprouvant,
a posteriori, le mouvement de sa pensée et souhaitant
l'accorder à l'actualité. Ici, le livre se déploie
au plus près de l'oralité tant chez Misrahi l'échange
est constant entre la cohérence de la réflexion
et l'intensité de l'expérience. On découvre
un philosophe impatient de répondre, serein souvent, vivant
toujours.
- Victor Segalen
est un des auteurs privilégiés de Robert Misrahi.
Lui aussi érige une Stèle au désir. Lui
aussi juge le réel plus riche que l'imaginaire. La muraille
de sa Cité est de couleur rouge. Celle de Misrahi, d'un
bleu profond. C'est là, au bord de l'eau, que ces entretiens
ont eu lieu, du mois de mai au mois de septembre 1999, dans les
environs de Paris. La Seine déposera ce livre sur les
berges de la Garonne. Près de l'éditeur.
- Du magnétophone
monte encore le murmure ensoleillé du fleuve.
- Nicolas MARTIN
- 1. Charlie Hebdo,
Robert Misrahi s'entretient avec Stéphane Bou et Philippe
Val, dessins de Cabu, le 30 juin 1999.
- 2. Voir le très
beau livre de Pierre AUTIN-GRENIER «Les radis bleus»,
le dé bleu, 1990.
- 3. Victor SEGALEN
«Stèles», Poésie/Gallimard, 1973; et
René Leys, LGF, 1999.
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DANS
LA PRESSE
20 juillet
2000
Itinéraires
d'un philosophe heureux
Dans ce livre d'entretiens avec le journaliste Nicolas Martin,
Robert Misrahi, dont on connaît les travaux sur Spinoza,
L'éthique et la jouissance d'être, s'exprime sur
son itinéraire d'homme de désir et de pensée.
Destin assez exceptionnel de cet enfant d'origine juive qui,
dans son refus de porter l'étoile jaune, découvre
le combat contre la barbarie. Cette résistance à
l'inacceptable l'amènera à retrouver en lui le
désir de joie comme socle fondamental d'une pensée
qu'il définit ainsi : « réflexion, conversion,
réciprocité ». Ce travail philosophique
permet à l'homme de quitter la jungle du droit de la nature
que voudrait perpétuer le libéralisme, pour construire
la démocratie « le seul régime qui soit
appuyé sur l'existence même et l'épanouissement
de sujets individuels ». Philosophe athée de
toutes les religions enseignant à l'homme de se réaliser
ailleurs que dans ce monde, Misrahi reconnaît l'intérêt
du dialogue et de l'amitié démocratiques « avec
un bouddhiste avec un marxiste, avec certains chrétiens
de gauche, des chrétiens qui ont souvent un sentiment
assez fort de la joie ». Le grand intérêt
de la pensée de Misrahi est de manfester le lien intrinsèque
entre le politique et l'existentiel. C'est le chemin de
qu'il appelle le travail de conversion, « passage
d'une attitude spontanée à une attitude réflexive.
Ce passage est un acte, un acte de reprise intérieure,
qu'il faut renouveler perpétuellement ». A
l'heure où les philosophies désenchantées
n'en finissent pas de faire le deuil des défuntes croyances
idéologiques, Misrahi, tout en affrontant les duretés
du temps, nous invite à que notre joie demeure.
Bernard Ginisty
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