Un
site consacré à ce livre (photos, etc.)
- LE LIVRE
-
« La première fois
que jai mis les pieds au Père-Lachaise, cétait
pour mon enterrement
»
Quand un roman débute par la fin, cest probable
quon mette peu de temps pour le finir
Dévorez-le, Du Caviar sur les Méninges est
de ce type...
Cest aussi le premier roman de
cimetière que vous devez impérativement décrypter
si vous répondez "oui" à au moins une
de ces questions
- ***
* Le Caviar, ce sont des ufs desturgeon,
pas de carpe diem
- * Les Méninges
est la formidable demeure où Pascal écrivit ses
Pensées
* Le Père-Lachaise est un Palace parisien à ciel
ouvert
* Pendant la canicule de lété 2003, toutes
les bières surchauffaient
* Machin chose croit en la métempsychose
* Lénergie électrique nest pas inépuisable
* Les masseuses thaïes sont plutôt cocottes
* Jai rencontré Dieu, je crois quil sappelle
Francis Lefebvre * Les autistes ne sont pas tous de gros cons
* Apollinaire est définitivement mort. Il est au Père-Lachaise
* Chopin nous a quitté à 39 ans, comme son voisin
de caveau Apollinaire
* Victor Gogo a été la première victime
célèbre du spiritisme * Pierre Desproges qui nous
manque est aussi enterré au Père-Lachaise
* Savoir au bout du compte ce qui se passe réellement
après la mort mintéresse
-
- La première phrase du
livre
-
La première
fois que jai mis les pieds au Père-Lachaise, cétait
pour mon enterrement.
-
-
- Extraits
-
Pour en finir définitivement,
grâce au ciel, la dernière fée patentée
qui se pencha sur mon tombeau avant le noir intégral,
alors que pas une de ces bêcheuses navait daigné
le faire sur mon berceau de nouveau-né, ce fut Ashara,
ma fée qua deux bosses, ma petite masseuse aux tétons
béton, ma fraîche Vénus thaïe. En me
stupéfiant par son apparition inescomptée, elle
escamota sur-le-champ les cauchemars précédents.
Avec elle, la jouvence et la beauté reprenaient le dessus.
Ressuscitée la vie. Depuis le fond de la fosse la perspective,
au poil, me permettait précisément de la contempler,
saint des saints nu et adorablement glabre sous sa courte robe
de lin noir, petit mouchoir froissé, probablement en signe
dadieu chagrineux. Elle était, en accord avec nos
conventions, sans dessous-dessous
Tant mieux ! Une
dernière fois. Pour moi. Lorigine du monde pissant
à la face de la mort, vous voyez le tableau ! Soulevant
sa voilette en favorite de harem, elle eut la délicatesse
extrême-orientale de me mouiller de la plus belle larme.
Rosée dEden. Tiède, légèrement
huilée, suave et salée comme sa peau cacahuète.
Noire de rimmel. Un bien joli point final fluide, premier et
dernier acte gratuit, pour clore nos divers échanges,
encore en liquide. Une fois de plus je ne parvenais pas à
savoir si elle pleurait sur le manque à gagner occasionné
par mon départ prématuré ou sur cette relation
diablement ambiguë et quasi incestueuse (au moins trente
ans de plus quelle quand je lavais découverte),
liaison fusion de tous nos jeudis depuis trois ans
-
- ***
-
Cest sans
doute une vacherie de chat noir qui me fit hérisser le
poil. Ou probablement, station Père-Lachaise, vingt secondes
darrêt, attention à la marche, le métro
qui ramait quelques mètres en dessous, qui me réveilla.
Je dis noir pour le matou mais en fait je ne lai pas réellement
vu. Parce que je suis mort, bien mort. Je lai vraisemblablement
entendu
Cest alors, après une longue introspection,
que je me suis dit finalement que je nétais ni vivant
ni mort, car, en un mot, je pensais. Je pensais encore, nom de
Dieu ! Je pensais toujours. Mieux que jamais peut-être...
Et je sentais aussi... Mais malgré tout, jétais
bien enterré. Frais cadavre. Là. Sous terre. Immobile.
Normalement, jaurais dû paniquer et tambouriner sur
le couvercle de mon cercueil comme un désespéré.
Suffoquer à men crever les bronches, enfoui sous
ces quintaux de terre pandémoniaque encore chaude de lumière
céleste. Crier à men péter les carotides.
Pleurer à men racornir lâme. Maffoler
à men détremper le linceul puis noyer mes
mânes. Et, dans un même temps de panique noire, jusquau
sang, ruiner mes ongles devenus ardoises, dérisoires griffes
de fer blanc se décarcassant dans lhumus. Enfin,
après des heures denfer et une chance innommable,
sortir une bonne fois pour toutes, comme un zombie charbonné
capable deffrayer toute la famille Adams et les gothiques
les plus percés.
Mais je nai rien fait de tout cela. Car après la
mort, les choses se dénaturent beaucoup plus que ce que
vous pensez. Tant mieux ! Je vais essayer de vous le raconter.
- L'AUTEUR
-
Georges Etesse, drôle de pèlerin,
naît en plein Baby-boom à Lourdes. Jusqu'à
12 ans, l'enfant est tellement exceptionnel qu'on croit à
un miracle. Heureusement, l'infidèle se fait vite remarquer
en vendant le Journal de la Grotte page par page, multipliant
fidèles benoîts et bénéfices illicites.
Déçu par
la religion et ses moralistes rabat-joie, il devient moniteur
de ski et champion du planter de bâton. Ses cent premières
maîtresses le trouvant doué pour la musique, il
se balance DJ, ouvre des night-clubs, turbine comme GO au Club
Med et abuse de la vie.
Pour déjà se racheter de son 1er quart de siècle
de viveur, déguisé en clergyman évangéliste,
il vend la Bible en BD. Quand il a rempli les caves des églises
et son compte en banque, incorrigible, il opte pour le prêt-à-porter
et les longues jambes des mannequins. Dix ans de défilés
plus tard, touche-à-tout leste et opportuniste, il sévit
en fils de Pub. Mais l'Amérique l'appelle forcément.
Il devient donc émigré de luxe dans un pays très
très riche et plein de soleil, la Californie.
Epaulé par son frère, il devient restaurateur à
Los Angeles, ouvre la Brasserie des Artistes et se voit désigné
" # 1 host in LA ", amphitryon local (complètement)
toqué. Là, les stars le côtoient et il se
fait beaucoup d'ami(e)s. Ethnologue tout terrain dans cette Babel
du sexe, il y découvre des beautés de toutes les
races, toutes les nationalités. Il fait d'ailleurs plusieurs
fois le tour du monde dans sa chambre et y perd quelques kilos.
Parfois stone, au pays des roberts refaits, il hésitera
pendant 12 ans entre Sharon Stone et Julia Roberts, mais, avant
de déclamer sa flamme, il est stoppé net par un
cancer taille pomelo qui manque de le renvoyer à la case
départ. Son patronyme, Etesse, vague interrogation rétroactive,
prend alors tout son sens. Sa recette fétiche, Pamplemousse
du Chef au Crabe, aussi
Etonnant, non ?
Revenu d'outre-tombe et des Etats-Unis, il nous livre sur un
plateau son premier roman hors-série noir, Du Caviar
pour les Méninges. Un régal rare.
|
|
|