LE BORD DE L'EAU
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Georges ÉTESSE
 
Du caviar sur les méninges
roman
 
Format: 12 x 20,5
268 pages

Date de parution : janvier 2008
EAN : 9782915651874

 
Prix : 18 Euros TTC
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LE LIVRE
 
« La première fois que j’ai mis les pieds au Père-Lachaise, c’était pour mon enterrement… »

Quand un roman débute par la fin, c’est probable qu’on mette peu de temps pour le finir…
Dévorez-le, Du Caviar sur les Méninges est de ce type...
C’est aussi le premier roman de cimetière que vous devez impérativement décrypter si vous répondez "oui" à au moins une de ces questions…

 

***
* Le Caviar, ce sont des œufs d’esturgeon, pas de carpe diem
* Les Méninges est la formidable demeure où Pascal écrivit ses Pensées
* Le Père-Lachaise est un Palace parisien à ciel ouvert
* Pendant la canicule de l’été 2003, toutes les bières surchauffaient
* Machin chose croit en la métempsychose
* L’énergie électrique n’est pas inépuisable
* Les masseuses thaïes sont plutôt cocottes
* J’ai rencontré Dieu, je crois qu’il s’appelle Francis Lefebvre * Les autistes ne sont pas tous de gros cons * Apollinaire est définitivement mort. Il est au Père-Lachaise * Chopin nous a quitté à 39 ans, comme son voisin de caveau Apollinaire
* Victor Gogo a été la première victime célèbre du spiritisme * Pierre Desproges qui nous manque est aussi enterré au Père-Lachaise
* Savoir au bout du compte ce qui se passe réellement après la mort m’intéresse
 
La première phrase du livre
 
La première fois que j’ai mis les pieds au Père-Lachaise, c’était pour mon enterrement.
 
 
Extraits
 
Pour en finir définitivement, grâce au ciel, la dernière fée patentée qui se pencha sur mon tombeau avant le noir intégral, alors que pas une de ces bêcheuses n’avait daigné le faire sur mon berceau de nouveau-né, ce fut Ashara, ma fée qu’a deux bosses, ma petite masseuse aux tétons béton, ma fraîche Vénus thaïe. En me stupéfiant par son apparition inescomptée, elle escamota sur-le-champ les cauchemars précédents. Avec elle, la jouvence et la beauté reprenaient le dessus. Ressuscitée la vie. Depuis le fond de la fosse la perspective, au poil, me permettait précisément de la contempler, saint des saints nu et adorablement glabre sous sa courte robe de lin noir, petit mouchoir froissé, probablement en signe d’adieu chagrineux. Elle était, en accord avec nos conventions, sans dessous-dessous… Tant mieux ! Une dernière fois. Pour moi. L’origine du monde pissant à la face de la mort, vous voyez le tableau ! Soulevant sa voilette en favorite de harem, elle eut la délicatesse extrême-orientale de me mouiller de la plus belle larme. Rosée d’Eden. Tiède, légèrement huilée, suave et salée comme sa peau cacahuète. Noire de rimmel. Un bien joli point final fluide, premier et dernier acte gratuit, pour clore nos divers échanges, encore en liquide. Une fois de plus je ne parvenais pas à savoir si elle pleurait sur le manque à gagner occasionné par mon départ prématuré ou sur cette relation diablement ambiguë et quasi incestueuse (au moins trente ans de plus qu’elle quand je l’avais découverte), liaison fusion de tous nos jeudis depuis trois ans…
 
***
 
C’est sans doute une vacherie de chat noir qui me fit hérisser le poil. Ou probablement, station Père-Lachaise, vingt secondes d’arrêt, attention à la marche, le métro qui ramait quelques mètres en dessous, qui me réveilla. Je dis noir pour le matou mais en fait je ne l’ai pas réellement vu. Parce que je suis mort, bien mort. Je l’ai vraisemblablement entendu… C’est alors, après une longue introspection, que je me suis dit finalement que je n’étais ni vivant ni mort, car, en un mot, je pensais. Je pensais encore, nom de Dieu ! Je pensais toujours. Mieux que jamais peut-être... Et je sentais aussi... Mais malgré tout, j’étais bien enterré. Frais cadavre. Là. Sous terre. Immobile.
Normalement, j’aurais dû paniquer et tambouriner sur le couvercle de mon cercueil comme un désespéré. Suffoquer à m’en crever les bronches, enfoui sous ces quintaux de terre pandémoniaque encore chaude de lumière céleste. Crier à m’en péter les carotides. Pleurer à m’en racornir l’âme. M’affoler à m’en détremper le linceul puis noyer mes mânes. Et, dans un même temps de panique noire, jusqu’au sang, ruiner mes ongles devenus ardoises, dérisoires griffes de fer blanc se décarcassant dans l’humus. Enfin, après des heures d’enfer et une chance innommable, sortir une bonne fois pour toutes, comme un zombie charbonné capable d’effrayer toute la famille Adams et les gothiques les plus percés.
Mais je n’ai rien fait de tout cela. Car après la mort, les choses se dénaturent beaucoup plus que ce que vous pensez. Tant mieux ! Je vais essayer de vous le raconter.


L'AUTEUR
 
Georges Etesse, drôle de pèlerin, naît en plein Baby-boom à Lourdes. Jusqu'à 12 ans, l'enfant est tellement exceptionnel qu'on croit à un miracle. Heureusement, l'infidèle se fait vite remarquer en vendant le Journal de la Grotte page par page, multipliant fidèles benoîts et bénéfices illicites.
Déçu par la religion et ses moralistes rabat-joie, il devient moniteur de ski et champion du planter de bâton. Ses cent premières maîtresses le trouvant doué pour la musique, il se balance DJ, ouvre des night-clubs, turbine comme GO au Club Med et abuse de la vie.
Pour déjà se racheter de son 1er quart de siècle de viveur, déguisé en clergyman évangéliste, il vend la Bible en BD. Quand il a rempli les caves des églises et son compte en banque, incorrigible, il opte pour le prêt-à-porter et les longues jambes des mannequins. Dix ans de défilés plus tard, touche-à-tout leste et opportuniste, il sévit en fils de Pub. Mais l'Amérique l'appelle forcément. Il devient donc émigré de luxe dans un pays très très riche et plein de soleil, la Californie.
Epaulé par son frère, il devient restaurateur à Los Angeles, ouvre la Brasserie des Artistes et se voit désigné " # 1 host in LA ", amphitryon local (complètement) toqué. Là, les stars le côtoient et il se fait beaucoup d'ami(e)s. Ethnologue tout terrain dans cette Babel du sexe, il y découvre des beautés de toutes les races, toutes les nationalités. Il fait d'ailleurs plusieurs fois le tour du monde dans sa chambre et y perd quelques kilos. Parfois stone, au pays des roberts refaits, il hésitera pendant 12 ans entre Sharon Stone et Julia Roberts, mais, avant de déclamer sa flamme, il est stoppé net par un cancer taille pomelo qui manque de le renvoyer à la case départ. Son patronyme, Etesse, vague interrogation rétroactive, prend alors tout son sens. Sa recette fétiche, Pamplemousse du Chef au Crabe, aussi… Etonnant, non ?

Revenu d'outre-tombe et des Etats-Unis, il nous livre sur un plateau son premier roman hors-série noir, Du Caviar pour les Méninges. Un régal rare.
Depuis le14 | 01 | 2008
 
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