EDITIONS LE BORD DE L'EAU
Accueil _Nous contacter Diffusion

Ferdinand BUISSON
 
La Foi laïque
Présentation de Mireille GUEISSAZ

Collection : Bibliothèque républicaine
dirigée par Vincent Peillon
 
Format: 13 x 20,5 — 294 pages
Date de parution : mai 2007
ISBN : 978-2-915651-61-4


Prix : 22 € TTC
Port et emballage compris pour la CEE
Pour le recevoir chez vous
sous 48 heures (hors week end) :
Paiement sécurisé par
 

Pour commander par email Commander
Bon de commande

Dans la même collection:

Pour la laïque de Jean Jaurès, présentation de Laurence Loeffel.
La Morale sociale de Benoît Malon, présentation de Philippe Chanial.
Les Idées égalitaires de Célestin Bouglé, présentation de Serge Audier.
Anthologie de Pierre Leroux, présentation de Bruno Viard.
LE LIVRE
 
Prix Nobel de la paix (1927), président de la Ligue des Droits de l'homme et de la Ligue de l'enseignement, fondateur du Parti radical-socialiste Ferdinand Buisson (1841-1932), a non seulement été le directeur de l'enseignement primaire durant les 17 années de l'établissement de la IIIe République, mais aussi comme philosophe, le théoricien le plus exigeant et le plus accompli de la laïcité française. Protestant libéral, philosophe spiritualiste, ami de Jaurès, pédagogue exemplaire, militant pacifiste engagé dans la lutte contre le Second Empire, ce disciple de Quinet fait le lien entre l'idéal humanitaire des démocrates-socialistes et l'idéal républicain d'une IIIe République qui ne peut se réduire au seul positivisme de Littré et de Ferry.
Au moment où la République s'interroge sur le crise de l'esprit public qui la fragilise et l'inquiète, il est urgent de redécouvrir celui qui fut le plus vigoureux théoricien d'une République laïque qui est aussi une République spirituelle. C'est là toute l'importance de ce texte fondateur La Foi laïque.

Mireille GUEISSAZ

Mireille Gueissaz est chercheure au CNRS. Elle est membre du laboratoire « Groupe Sociétés, Religions, Laïcité » depuis 2005. Elle est l’auteure d’une thèse d’histoire sur Ferdinand Buisson et travaille actuellement sur les formes du cosmopolitisme des protestants français au XIXe siècle et sur le rôle des spiritualismes dans l’histoire de « l’individualisme démocratique » en France (en collaboration avec Laurence Loeffel).
Elle est considérée comme "la grande spécialiste de l'œuvre de Ferdinand Buisson".

Le Nouvel observateur
31 mai - 6 juin 2007
Les boussoles de Peillon
Et si, avant de rénover la gauche, il fallait redécouvrir les grands classiques du républicanisme ?
par François Bazin
 
C'est Philippe Chanial, un sociologue, secrétaire de la " Revue du Mauss ", qui va dire l'essentiel en quelques mots. Il a livré une belle préface à la réédition de " la Morale sociale " de Benoît Malon. Sur cette figure oubliée de la gauche française de la fin du XIX' siècle, théoricien méconnu d'un socialisme réformiste et républicain, il est intarissable. Malon l'éclectique, comme disait Marx avec mépris ? Et alors... Avec lui, autour de lui, parfois même contre lui, c'est toute une école qu'on redécouvre. Pas simplement par goût de l'érudition académique. Derrière " la Bibliothèque républicaine" (1) que lancent les Éditions du Bord de l'Eau, il y a un projet intellectuel et politique de première importance. Philippe Chanial en est conscient : " La droite s'est ressourcée, à partir des années 1970, dans une relecture critique des théoriciens du libéralisme français, Tocqueville ou Constant. Si la gauche réformiste, à son tour, ne fait pas ce travail avec les siens, alors... "
Refondation ? Dites plutôt redécouverte. Le chef d'orchestre de cette opération s'appelle Vincent Peillon. Il est parlementaire européen. C'est un des espoirs du PS, où l'on reste un jeune quand on n'a pas encore 50 ans. Philosophe et militant. Historien et élu. Peillon est un cas. Encore un éclectique... Le drame du socialisme français s'est noué à ses yeux en 1905, quand Jaurès, pour obtenir l'unité de l'organisation, a cédé l'essentiel au marxisme vulgaire de Guesde en comptant sur le temps pour rattraper le terrain perdu. Ce temps lui a manqué un jour d'août 1914. La gauche ne s'en est jamais remise.
C'est tout un continent intellectuel qui a ainsi disparu, il y a de cela un siècle. Des socialistes libertaires, des républicains de progrès, des utopistes, des laïques, des associatifs aussi... Tellement divers mais finalement si proches. Parfois datés mais souvent riches de problématiques qu'une gauche vaguement marxiste n'a eu de cesse de disqualifier. Quoi de commun entre Ferdinand Buisson et Pierre Leroux ? Quel rapport entre Alfred Fouillée et Célestin Bouglé ? Quels liens entre Benoît Malon et Léon Bourgeois ? Ceux-là ne forment pas une école à proprement parler. Ils dessinent plutôt une communauté de pensée. Ils ont tous leur place dans la même bibliothèque.
Curieux hasard - mais en est-ce vraiment un ? - que ce retour à des auteurs oubliés au moment même où la gauche réformiste cherche, dans la défaite, de nouvelles boussoles. D'autant qu'avec Bourgeois, Malon, Fouillée and Co, c'est toute une génération de jeunes historiens, philosophes et sociologues qui s'affirme ou pointe le bout de son nez. Vincent Peillon réédite. Eux préfacent. Leurs noms ? Philippe Chanial mais aussi Jean-Fabien Spitz, auteur il y a quelques années d'un très remarquable " Moment républicain en France " (Gallimard), ou Serge Audier, dont l'ouvrage sur "le Socialisme libéral " (La Découverte) aurait mérité d'être davantage commenté, à gauche notamment. Tous disent finalement la même chose. Le réformisme, dans la tradition française, n'est pas qu'un pragmatisme au [d de l'eau. Le républicanisme est une école qui mérite mieux que les statues de marbre qui lui ont été consacrées. Le reconnaître, n'est-ce pas déjà reconstruire ?
 
François Bazin
 
(1) Déjà publié aux Éditions Le Bord de l'Eau : " Pour la laïque et autres textes ", de Jean Jaurès ; " la Morale sociale ", de Benoît Malan ; " la Foi laïque ", de Ferdinand Buisson.