LE BORD DE L'EAU
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Je veux tout de la vie, être une femme et aussi un homme, avoir beaucoup d'amis, et aussi la solitude, travailler énormément, écrire de bons livres, et aussi voyager, m'amuser, être égoïste et aussi généreuse… Vous voyez, ce n'est pas facile d'avoir tout ce que je veux. Or quand je n'y parviens pas, ça me rend folle de colère.

Simone de Beauvoir




Le centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir (Paris, 9 janvier 1908) est l'occasion de lui rendre un hommage national tout au long de l'année 2008, à l'heure où la question de l'égalité politique entre les hommes et les femmes est à nouveau, en France, au coeur du débat.

Avec Le Deuxième sexe (1949), livre fondateur de la réflexion occidentale sur la condition féminine, Simone de Beauvoir a conquis un prestige international immense à partir des années 60, notamment aux États-Unis. Ce prestige reste très vivant aujourd'hui : des colloques internationaux vont se succéder tout au long de l'année 2008, au Canada en mars, à New York en avril, à Nankin (Chine) en octobre.

UN FILM


Le film documentaire s'attache à montrer l'importance historique, politique et citoyenne du Deuxième sexe, à travers ce que l'évolution du droit des femmes et l'actualité politique du féminisme doivent à Simone de Beauvoir. L'immense portée de cet ouvrage est replacée dans le contexte de la vie et de l'œuvre de son auteur bouleversées par la progressive prise de conscience de la spécificité de la condition féminine, puis de sa réception en France et à l'étranger.

Des femmes et des hommes qui ont rencontré Simone de Beauvoir :
Sylvie Le Bon de Beauvoir
Dominique Desanti
Madeleine Gobeil
Francis Jeanson

 

qui ont étudié son œuvre :
Julia Kristeva
Danièle Sallenave
Toril Moi
Hazel Rowley
Michel Kaïl
Françoise Héritier
Michelle Perrot
Elizabeth Badinter
Cynthia Fleury
Janine Mossuz-Lavau
Eric Fassin

 

dont la vie a été changée par la lecture du Deuxième sexe :
Annie Ernaux
Catherine Millot
Geneviève Brisac

 

qui l'ont incarnée :
Anne Alvaro,
Anna Mouglalis
 
qui ont partagé ses combats :
Anne Zelenski
Simone Veil
Yvette Roudy
Gisèle Halimi
 
ou dont la recherche et l'action puisent à la racine de ses thèses :
Yvonne Knibiehler
Sylvie Chaperon
Sylviane Agacinski
Fatou Diome
Farida Belyazid
Zhou Ran
Fadela Amara
Judith Butler
Marcela Iacub
Nathalie Heinich
 
témoignent de son influence considérable dans la pensée et la vie des femmes d'aujourd'hui.
Tissée avec ces contributions, la parole de "gens ordinaires" donne un prolongement et une actualité vivante aux principes éthiques dont l'œuvre de Simone de Beauvoir est porteuse.

Titre du film
JE VEUX TOUT DE LA VIE
La liberté selon Simone de Beauvoir


Auteur : Pascale Fautrier
Réalisateur : Pierre Séguin
Genre : documentaire
Durée : 60 minutes
Tournage : mi-décembre 07, janvier 08
Post production : février mars 08
Livraison : avril 08

Production déléguée
Saraband Films
Anne Marie Marsaguet

Coproduction déléguée
Institut National de l'Audiovisuel
Sylvie Blum

Coproduction
Le Bord de l'Eau (éditions et productions)
Dominique-Emmanuel Blanchard
Jean Luc Veyssy

Coproduction et diffusion
La Chaîne Parlementaire
Richard Michel, Christophe Mouton
Images Plus
Dominique Renauld

Avec la participation de
Centre National de la Cinématographie
Association Centenaire Simone de Beauvoir 2008
Région Aquitaine
Ministère des Affaires Étrangères et Européennes
Contact
Saraband Films
5, rue Barbette 75003 Paris, T : 0142778102, 0615091011

UN COLLOQUE

 

Auparavant, un Colloque International aura ouvert le Centenaire à Paris, les 9, 10 et 11 janvier : dirigé par Julia Kristeva et soutenu par de nombreux partenaires (Université Paris Diderot, Florence Gould Foundation, Conseil Régional d'Île-de-France, Ville de Paris, Ministère de la Culture), son objectif est de rendre hommage à l'ensemble de l'œuvre de Simone de Beauvoir, littéraire, philosophique, militante. Sylvie Le Bon de Beauvoir, la fille adoptive et légataire universelle de l'écrivain, en assurera l'ouverture. De nombreux intervenants français et étrangers commenteront la totalité de l'œuvre beauvoirienne.


UNE EXPOSITION
 
La diffusion du film en mai 2008 sera contemporaine d'une exposition audiovisuelle sur la Passerelle "Simone de Beauvoir" (Paris 13ème, entre la Grande Bibliothèque et la Cinémathèque) réalisée en partenariat avec la Région Île-de-France et la Ville de Paris. Les automobilistes des quais, les touristes des bateaux-mouches, les promeneurs et les curieux, pourront ainsi découvrir des citations tirées du Deuxième sexe ainsi qu'une palette large de modules extraits du film selon une scénographie imaginée par l'architecte Dietmar Feichtinger.



UN LIVRE

 

Dans le prolongement du Colloque, Les éditions Le Bord de l'Eau publieront en mars avril 2008 un livre-hommage

 

(Re)découvrir l'oeuvre de Simone de Beauvoir :
du Deuxième sexe à la cérémonie des adieux

 

(Collection "Documents BDL" - 250 pages) sous la direction de Pascale Fautrier, comprenant des contributions et des témoignages biographiques de certains participants évoquant leur "rencontre" avec Simone de Beauvoir, l'œuvre et/ou la femme.


Un Colloque International se tiendra aussi à New York dans le courant de l'année 2008, à l'occasion de la publication d'une nouvelle traduction du Deuxième Sexe : dirigé par Tom Bishop, Denis Hollier et Pascale Fautrier (Center for French Civilization and Culture, New York University), ce colloque sera particulièrement consacré à la réception dans le monde de l' "essai majeur" de l'écrivain.
Ces événements sont soutenus ou organisés par l'association Centenaire Simone de Beauvoir 2008.


L'actualité politique récente en France n'a pas été sans faire affleurer un débat ancien. Et il est plaisant de se remémorer ici le traité De l'égalité des deux sexes où François Poulain de la Barre dénonçait en 1676 le préjugé de l'infériorité naturelle de la femme auquel il opposait l'idée nouvelle d'une différenciation culturelle des sexes :
"Que ce serait chose plaisante de voir une femme enseigner dans une chaire l'éloquence ou la médecine en qualité de professeur, marcher par les rues suivies de commissaires et de sergents pour y mettre la police, haranguer devant les juges en qualité d'avocat, être assise au tribunal pour y rendre la justice, à la tête d'un parlement, conduire une armée, livrer une bataille et parler devant les républiques ou les princes comme chef d'une ambassade. J'avoue que cet usage nous surprendrait, mais ce ne serait que par la raison de la nouveauté."
Peu compris à son époque, il reviendra à Simone de Beauvoir de donner le prolongement que l'on sait à la thèse selon laquelle la féminité n'est pas un destin.
C'est d'ailleurs presque "gratuitement", disait-elle, qu'elle est arrivée au féminisme : en cherchant à faire de sa propre existence l'objet de sa réflexion et son écriture, elle a découvert que son entreprise autobiographique exigeait pour pouvoir être menée à bien une description détaillée de la condition féminine en général. En voulant parler d'elle, ce sont donc aussi les autres qu'elle s'est proposée de peindre.
Mais si ce livre porte la marque d'une expérience singulière, il faut souligner que Le deuxième sexe est d'abord un ouvrage scientifique : il se réfère aux travaux les plus marquants dans les sciences naturelles, expérimentales et humaines, et son écriture est sous-tendue par une connaissance approfondie des écrits parus avant elle.
Au sein du contexte commémoratif de l'année 2008, la production d'un film qui contribue à faire connaître les grandes thèses de cet ouvrage fondateur, dont la finesse et l'actualité de l'analyse ne cessent de surprendre à chaque ligne, est un acte essentiel tourné vers le public le plus divers et le plus large possible.
Dans le projet artistique que Pascale Fautrier et Pierre Seguin ont à cœur, et auquel je m'associe avec enthousiasme, il y a la ferme volonté de réaliser un film qui fera référence sur le sujet et qui s'attachera à transmettre aux générations qui viennent toute la pertinence du propos de Simone de Beauvoir.
Parce que le film est construit sur la parole de lectrices et de lecteurs - en particulier de femmes à travers la façon qu'elles ont eu de recevoir pour elles-mêmes le travail fondateur de Simone de Beauvoir et son engagement à le vivre - il donne un écho contemporain aux analyses précises et directes d'un livre paru il y a bientôt soixante ans et qui demeure un viatique indispensable pour comprendre et agir dans notre époque.
AM.M.

Intention de l'auteur

L'importance historique, politique et citoyenne du Deuxième Sexe sera montrée en articulant prise de conscience intime et prise de conscience intellectuelle et politique de la spécificité de la condition féminine par Simone de Beauvoir et par ses lectrices.
Des citations choisies retraceront l'expérience de la femme en général et formeront la trame narrative du film. Les citations du Deuxième Sexe ainsi que d'autres ouvrages de Simone de Beauvoir seront données à lire et à commenter aux intervenant(e)s du film.
À l'appui de ces propos, l'expérience de Simone de Beauvoir et sa découverte de la spécificité de la condition féminine seront évoqués à travers des documents et le témoignages de certaines d'entre elles.
Les interviews permettront :
- de donner à comprendre au public le plus large les grandes thèses du Deuxième Sexe, . de retracer le parcours de Simone de Beauvoir de la prise de conscience intime à la prise de conscience intellectuelle (écriture du Deuxième Sexe) puis politique (militantisme dans le Mouvement des Femmes des années 70) . de montrer l'ampleur de la révolution des consciences, des mœurs et des lois, que ce texte a annoncé et contribué à rendre possible.
Chacun(e) des interviewé(e) témoignera du bouleversement qu'a entraîné dans sa propre vie la lecture des œuvres de Simone de Beauvoir et en premier lieu Le Deuxième sexe.
Aussi le récit sous-jacent aux citations et commentaires s'articulera-t-il sur quatre moments :
1. FORMATION. La progressive prise de conscience de la spécificité de la condition féminine par Simone de Beauvoir : 1908-1949 ; et en parallèle la manière dont elle décrit la formation des filles.
2. SITUATION. Prise de conscience conduisant à la nécessité d'une réflexion approfondie et documentée sur la condition féminine (1947-49), d'où sortira Le Deuxième Sexe, publié en 1949, soit cinq ans après la loi sur le vote des femmes (1944)
3. VERS LA LIBERATION ? LA RECEPTION DU DEUXIEME SEXE. La réception houleuse du livre en France en 1949, puis par contraste, aux Etats-Unis, avec son immédiat retentissement et son influence sur la naissance du mouvement féministe américain et ses évolutions ultérieures des années 70 jusqu'à aujourd'hui.
4. VERS LA LIBERATION ? LES COMBATS. Enfin, par contrecoup, la conversion de Simone de Beauvoir à l'idée de la nécessité d'un combat politique spécifiquement féministe : gagnée par la ferveur des féministes américaines qu'elle découvre alors, elle accompagne activement la naissance du Mouvement pour la Libération des Femmes au début des années 70, ainsi que les grandes luttes pour les droits des femmes qui se mèneront dans son sillage : libéralisation de l'avortement (Manifeste des 343 salopes, loi Veil de 1975), lois antisexistes du premier septennat Mitterrand (lois Roudy).
L'actuel regain d'intérêt pour les droits politiques des femmes porte la marque à plusieurs titres de l'influence de Simone de Beauvoir : les protagonistes de la bataille théorique qui s'est menée autour de la loi dite de la "parité" (1999) se sont souvent référés à son œuvre, qui est devenue le champ de bataille d'interprétations contradictoires opposant notamment les courants dits "universaliste" et "différentialiste" du féminisme français.
L'influence actuelle de Simone de Beauvoir est également plus diffuse : l'autre objectif de ce film documentaire est de faire comprendre pourquoi et comment la lecture d'un livre, en l'occurrence, Le Deuxième Sexe, a pu être un événement déterminant dans la vie de ses lectrices et de ses (plus rares) lecteurs.
De ces deux types d'influence, politique et éthique, les intervenant(e)s témoigneront largement.
Pascale fautrier
 
Intention du réalisateur


La structure du film repose sur la conjugaison de trois types d'éléments : des entretiens réalisés pour le film, des archives, de courtes saynètes et des interviews "micro-trottoirs" en forme de ponctuation :
1. Des archives (documents photographiques, audiovisuels, sonores, ouvrages et manuscrits de Simone de Beauvoir) illustrent le récit sous-jacent aux divers témoignages, permettant notamment au spectateur de situer le propos dans l'espace et dans le temps.
2. Les intervenant(e)s sont filmé(e)s avec le même cadrage, en plan fixe rapproché, favorisant la proximité et la résonance des propos pour tout un chacun.
3. Les saynètes récurrentes interviennent selon un tempo qui donne au film sa respiration :
- Différents plans à la terrasse du Flore : une femme enturbannée écrit à une table (n&b) ; d'autres femmes la rejoignent (couleur),
- Micro-trottoirs : des passant(e)s des rues à Paris réagissent à la citation : On ne naît pas femme, on le devient,
- des étudiants bilingues du cours de théâtre de New York University s'approprient et mettent en scène diverses citations, On ne naît pas femme, on le devient, et d'autres, sous la direction de Cécile Cotté,
- à Pékin, de jeunes femmes commentent le sens de "devenir femme" dans la société chinoise d'aujourd'hui.
La continuité ci-après indique les citations lues et commentées par les intervenant(e)s organisées en quatre chapitres et la thématique probable du commentaire.
L'introduction des citations et extraits commentés suit un principe : en off, la voix de l'intervenant(e) lit la citation, tandis qu'à l'image se déroule une saynète ou bien apparaissent des documents d'archives, photos ou films, en rapport avec le contenu qui suit, et/ou le manuscrit ou le livre imprimé, filmé en mouvement de manière à suivre la citation lue, à en souligner des passages importants. Puis l'intervenant(e), le livre à la main, termine sa lecture et amorce son commentaire.
Outre le commentaire sur un extrait choisi, tous les intervenant(e)s sont invité(e)s à donner leur propre commentaire de On ne naît pas femme, on le devient.
Une musique originale introduit des pauses au cœur de la polyphonie des prises de parole.
P.S.
Continuité indicative

t Une femme, turban autour de la tête, écrit à la terrasse du Café de Flore. On s'approche d'elle. Apparaît le manuscrit de la lettre de Simone de Beauvoir à Nelson Algren où on peut lire :
Jamais je n'ai souffert d'être une femme et parfois même je m'en félicite.
(Lettre à Algren, 2 janvier 1948)
‡ En off, la voix Hélène de Beauvoir dit la citation, puis elle apparaît et commente le récit bref de l'enfance et de l'adolescence parisienne sans histoire de sa sœur aînée. Vivacité et autorité de l'aînée.
FORMATION
t Photos de la petite Simone et de sa sœur Hélène, de la famille, du 103 bd Montparnasse, de Simone de Beauvoir à l'âge dit ingrat puis en 1949, écrivant. Banc-titre sur des textes imprimés.
‡ Catherine Millot lit [off] :
" Pour la jeune fille, il y a divorce entre sa condition proprement humaine et sa vocation féminine. Et c'est pourquoi l'adolescence est pour la femme un moment si difficile et si décisif. Jusqu'alors elle était un individu autonome : il lui faut renoncer à sa souveraineté. Un conflit éclate entre sa revendication originelle qui est d'être sujet, activité, liberté, et d'autre part ses tendances érotiques et les sollicitations sociales qui l'invitent à s'assumer comme objet passif.
(DS II 98, 99).
Catherine Millot a lu Le Deuxième sexe très jeune, à l'adolescence. Elle témoigne de la résonance de ces phrases en elle. Elle s'interroge sur l'impact qu'a pu avoir sur elle, à un si jeune âge, la lecture des textes de Beauvoir. Qu'est-ce que ça a pu changer dans son "destin" de jeune fille, de femme, dans son rapport à soi, aux hommes. Liberté ou une autre sorte de mythe aliénant : la "femme libre" ?
t Photo de la mère de Simone de Beauvoir, Toril Moi lit [off] :
" Ma mère m'inspirait des sentiments amoureux. Elle apparaissait parfois la nuit près de mon lit, belle dans sa robe ornée d'une fleur mauve… J'appris de maman à m'effacer, à contrôler mon langage, à censurer mes désirs. Tout reproche de ma mère, le moindre de ses froncements de sourcils mettait en jeu ma sécurité. Privée de son approbation, je ne me sentais plus le droit d'exister.
(Mémoires d'une jeune fille rangée)
Toril Moi explique comment Simone de Beauvoir analyse avec lucidité l'importance de la fixation infantile des femmes à leur mère, fixation qui entrave le libre développement de leur sexualité, et comment elle en témoigne en écrivant son premier roman, L'Invitée, et plus tard dans le livre qu'elle consacre à sa mère Une mort très douce.
t Photo du père de Simone de Beauvoir ou zoom sur la photo familiale déjà montrée.
‡ Sylvie Le Bon de Beauvoir lit [off] :
" Papa disait volontiers, Simone a un cerveau d'homme, Simone est un homme. Vous, mes petites, vous ne vous marierez pas, répétait-il souvent, vous n'avez pas de dot, il faudra travailler. Je préférais infiniment la perspective d'un métier à celle du mariage : elle autorisait des espoirs.
(Mémoires d'une jeune fille rangée)
Sylvie Le Bon de Beauvoir évoque le père de Simone de Beauvoir, son ambivalence envers ses filles et notamment de Simone - "mon père me trouvait laide" - qui a paradoxalement aidé celle-ci à éviter le destin aliénant de la plupart des filles de son époque et dans son milieu vouées au "bon mariage", et à trouver la voie de l'autonomie. Il l'encourage à passer l'agrégation de philosophie, privilège rare pour les filles à l'époque, qu'elle réussit en 1929, la même année que Sartre, qu'elle rencontre à cette occasion.
t Photo de Simone de Beauvoir en 1949, année de la publication du Deuxième sexe.
‡ Julia Kristeva lit [off]:
" J'ai dit déjà que ce que Freud appelle "complexe d'Electre" n'est pas, comme il le prétend, un désir sexuel ; c'est une abdication profonde du sujet qui consent à se faire objet dans la soumission et l'adoration.
(DS II, 39, 40)
Julia Kristeva évoque le reproche qui a souvent été fait à Simone de Beauvoir de surestimer la puissance masculine : la fixation de Beauvoir à la figure maternelle l'a placée dans cette posture de se trouver par son rapport à son père dans l'alternative d'une rivalité agressive ou d'une abdication masochiste. Alternative qu'on retrouve dans beaucoup de destins féminins : toute son œuvre atteste de sa grande attention et de sa lucidité à l'égard du masochisme qui résulte de cette posture des filles "vouées au père".
t Photo de Simone en compagnie de Zaza
‡ Danièle Sallenave lit [off] :
" Je ne concevais rien de mieux au monde que d'être moi-même et d'aimer Zaza… J'ai longtemps pensé que j'avais payé ma liberté de sa mort.
(Mémoire d'une jeune fille rangée)
Danièle Sallenave raconte le destin de Zaza, empêchée par sa mère d'épouser l'homme qu'elle aime et qui meurt de consomption : c'est à travers l'injustice profonde du sort de Zaza que Simone de Beauvoir prend conscience d'abord d'un certain malheur typiquement féminin. Elle s'en sent préservée pour elle-même ; il lui faudra écrire Le deuxième sexe, pour pouvoir faire de la mort si douloureuse de Zaza le récit exemplaire de sa propre révolte contre l'inéluctable tragédie de ce destin.
t Photos montrant Sartre et Beauvoir, regards croisés, amoureux, balayées par la caméra.
Les jardins du Carrousel aujourd'hui : un couple assis sur un banc de pierre, accoté à une des ailes du Louvre.
‡ Dominique Desanti lit [off] puis commente la citation suivante :
" Nous étions descendus à pied jusqu'aux jardins du Carrousel. C'est à ce moment-là que Sartre a proposé : " Signons un bail de deux ans". Après, il me conseillait de solliciter, moi aussi, un poste à l'étranger. Nous resterions séparés deux ou trois ans, et nous nous retrouverions quelque part sur terre pour reprendre, pendant un temps plus ou moins long, une vie plus ou moins commune.
Jamais nous ne deviendrions étrangers l'un à l'autre, jamais l'un ne ferait en vain appel à l'autre, et rien ne prévaudrait contre cette alliance ; mais il ne fallait pas qu'elle dégénérât en contrainte ni en habitude.
Nous étions d'une même espèce et notre entente durerait autant que nous : elle ne pouvait suppléer aux éphémères richesses avec des êtres différents.
Nous conclûmes un autre pacte : non seulement aucun des deux ne mentirait jamais à l'autre, mais il ne lui dissimulerait rien. Il fut convenu que nous nous dirions tout. (La force de l'âge, 30 31 32)
Dominique Desanti raconte la rencontre amoureuse de Sartre et Beauvoir et le couple exemplaire qu'ils ont construit à l'ombre du "pacte" de transparence et d'infidélité qu'ils ont passé. Elle-même et son compagnon, Jean-Toussaint Desanti, ont perçu comme un "modèle" cette vie de couple révolutionnaire, et s'en sont inspirés pour construire leur propre relation.
t Photos montrant Sartre et Beauvoir, des plus amoureuses aux plus équivoques, montrant l'abdication dont Beauvoir parle, balayées par la caméra.
‡ Hazel Rowley lit [off] puis commente la citation suivante :
" Je lui faisais si totalement confiance qu'il me garantissait, comme autrefois mes parents, comme Dieu, une définitive sécurité… Peut-être n'est-il commode pour personne d'apprendre à coexister avec autrui ; je n'en avais jamais été capable. Je régnais ou je m'abîmais. Subjuguée par Zaza, j'avais sombré dans l'humilité : [avec Sartre] la même histoire se répétait, seulement j'étais tombée de plus haut et ma confiance en moi avait été brutalement pulvérisée. Dans les deux cas, je gardais ma sérénité ; fascinée par l'autre, je m'oubliais au point qu'il ne restait personne pour se dire : je ne suis rien.
(La force de l'âge, 30-33-72-73)
Hazel Rowley parle de l'ambiguïté de la position de Beauvoir, qui reconquiert peu à peu confiance et autonomie grâce à l'écriture ; elle continue à écrire des Carnets (qui viennent de paraître aux États-Unis), puis s'attèle à ce qui sera Anne, ou quand prime le spirituel, dans lequel elle dresse un premier portrait de la grande amie de son adolescence, Zaza.
t Photo de l'édition américaine des Carnets.
Photo du folio récent de Anne ou quand prime le spirituel.
Saynète : à la terrasse du Flore, la femme au turban a été rejointe par une jeune femme.
Photos de Beauvoir et Sartre au café le Dôme, ou travaillant ensemble au Flore.
Extrait du documentaire "Le portrait croisé Sartre-Beauvoir" de Madeleine Gobeil.
Photos de L'Invitée et de L'être et le néant.
Images de la Libération de Paris.
Coupures de presse et titres de journaux manifestant la gloire nouvelle de l'existentialisme et du couple qui l'incarne, Sartre-Beauvoir.
‡ Michel Kaïl lit [off] :
" En se voulant lucides, les écrivains féminins rendent le plus grand service à la cause de la femme ; mais - sans généralement s'en rendre compte - elles demeurent trop attachées à servir cette cause pour adopter devant l'univers cette attitude désintéressée qui ouvre les plus vastes horizons. […]
"Les femmes ne dépassent jamais le prétexte", me disait un écrivain. C'est assez vrai. Encore tout émerveillées d'avoir reçu la permission d'explorer ce monde, elles en font l'inventaire sans chercher à en découvrir le sens.
(DS, II 635)
Michel Kaïl se demande dans quelle mesure Beauvoir vise dans son écriture philosophique et fictionnelle de l'immédiat après-guerre un dépassement de son écriture littéraire d'inspiration autobiographique ? Quelle sorte de philosophe était-elle ? Était-elle seulement une disciple de Sartre ? Comment Le deuxième sexe s'inscrit-il dans cette démarche philosophique : parvient-elle à concilier l'exigence d'authenticité (parler de sa situation notamment en tant que femme) et son exigence de sens.
t Photos des essais philosophiques : Pyrrhus et Cinéas, 1944, Pour une morale de l'ambiguïté, 1947, Faut-il brûler Sade, 1972.
Puis photos des œuvres de fiction : Le sang des autres, 1945, Les Bouches inutiles (théâtre), 1945, Tous les hommes sont mortels, 1946.
‡ Annie Ernaux lit [off] :
" Chaque matin, avant même d'ouvrir les yeux, je reconnais mon lit, ma chambre. Mais si je dors l'après-midi dans mon studio, il m'arrive d'éprouver au réveil une stupeur puérile : pourquoi suis-je moi ? Ce qui me surprend - comme l'enfant quand il prend conscience de sa propre identité - c'est de me retrouver ici, maintenant, au cœur de cette vie et non d'une autre : par quel hasard ?
(Tout compte fait 11,12)
Je voulais me faire exister pour les autres en leur communiquant, de la manière la plus directe, le goût de ma propre vie : j'y ai à peu près réussi.
(Tout compte fait, 634).
Annie Ernaux partage-t-elle cet étonnement renouvelé de Beauvoir devant l'énigmatique singularité des vies humaines et le projet de la cerner au plus près ? Elle revendique en tout cas, on le sait, l' "authenticité" beauvoirienne comme principe éthique de sa propre écriture.
t Photos des œuvres autobiographiques : Mémoires d'une jeune fille rangée, 1958, La Force de l'âge, 1960, La Force des Choses, 1963, Tout compte fait, 1972, La Cérémonie des adieux, 1981.
SITUATION
t Saynète micro-trottoir : filmé(e)s dans les rues de Paris de tous quartiers, des inconnu(e)s lisent (off ou on) la célèbre phrase :
" On ne naît pas femme, on le devient.
t Saynète cours théâtre, New York University in France : des étudiant(e)s découvrent, lisent, commente [off et on] une partie de, ou toute, la citation :
" On ne naît pas femme, on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin.
(DS II, 13)
t Texte imprimé et manuscrit de la citation - apparaît puis disparaît en surimpression.
Photo de la première édition du Deuxième Sexe, photos de Beauvoir à l'époque.
‡ Sheila Malovany-Chevallier et Constance Borde lisent [off] en duo leur traduction américaine de "On ne naît pas femme, on le devient".
Interviews croisées. Elles commentent leur nouvelle traduction du Deuxième Sexe qui devrait paraître en Angleterre l'année prochaine ; elles reviennent sur les circonstances de la première édition, l'engouement et les malentendus suscités et l'impact immédiat sur le mouvement féministe aux États-Unis.
‡ Françoise Héritier lit [off] :
" Ce n'est pas en donnant la vie, c'est en risquant sa vie que l'homme s'élève au-dessus de l'animal ; c'est pourquoi, dans l'humanité, la supériorité est accordée non au sexe qui engendre mais à celui qui tue.
(DS I, 113)
Françoise Héritier discute la thèse de Beauvoir sur l'origine de l'inégalité entre les sexes.
Elle développe dans ses livres une idée concurrente sur l'origine de l'inégalité entre les sexes : à savoir la jalousie que les hommes auraient contractée envers la capacité inouïe de la matrice féminine d'accoucher d'êtres d'un autre sexe.
tOlympe de Gouges, 1784, Aquarelle, Musée Carnavalet.
Texte de la Déclaration des droits de la femme d'Olympe de Gouges qui dans son article 1 déclare "La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune".
‡ Michelle Perrot dit [off] :
" On pourrait s'attendre que la Révolution eût changé le sort de la femme. Il n'en fut rien.
(DS I, 186)
Michelle Perrot commente la partie Histoire du Deuxième Sexe.
Elle parle des figures féministes de la Révolution française, notamment Olympe de Gouges, mais aussi de la misogynie des révolutionnaires et des républicains ou démocrates du XIXème et même du XXème siècle ensuite.
t Photo de Picasso peignant ; Portrait de Dora Maar, par Picasso ; ou Buveur caressant sa chimère (eau-forte), Picasso (1938), Musée Picasso ; ou Dora Maar photographiée par Picasso, Picasso photographié par Dora Maar (on ne voit que son œil).
‡ Cynthia Fleury lit [off] :
" Ce qui définit d'une manière singulière la situation de la femme, c'est que, étant comme tout être humain, une liberté autonome, elle se découvre et se choisit dans un monde où les hommes lui imposent de s'assumer comme l'Autre : on prétend la figer en objet, et la vouer à l'immanence puisque sa transcendance sera perpétuellement transcendée par une autre conscience essentielle et souveraine. Le drame de la femme, c'est ce conflit entre la revendication fondamentale de tout sujet qui se pose toujours comme l'essentiel et les exigences d'une situation qui la constitue comme inessentielle.
(DS, I 31)
Cynthia Fleury commente la "femme d'aujourd'hui". Est-elle cette femme-objet, inessentielle ? Qu'en est-il de la deuxième étape de l'émancipation féminine que certain(e)s - Dominique Méda et Hélène Perrier dans un livre récent - réclament.
t Photos de couples et de femmes tirées de magazines des années 40-50.
Dora et le Minotaure, Picasso (1936), encre de chine, Musée Picasso.
‡ Janine Mossuz-Lavau lit [off] :
" L'asymétrie de l'érotisme mâle et femelle crée des problèmes insolubles tant qu'il y a lutte des sexes ; ils peuvent aisément se trancher quand la femme sent chez l'homme à la fois désir et respect ; s'il la convoite dans sa chair tout en reconnaissant sa liberté, elle se retrouve l'essentiel au moment où elle se fait objet, elle demeure libre dans la soumission à laquelle elle consent.
(DS, II 189)
Janine Mossuz-Lavau évoque ce qu'il en est aujourd'hui de la "lutte des sexes" de la question du viol, de la libéralisation et l'égalitarisation des mœurs sexuelles.
t Offrande avec visage caché, Ambivalences 1, 2 et 3, Deux femmes entre elles : cinq tableaux d'Egon Schiele.
‡ Eric Fassin lit [off] :
" Si l'on invoque la nature, on peut dire que naturellement toute femme est homosexuelle. Ce qu'il faut expliquer chez l'invertie, ce n'est donc pas l'aspect positif de son choix, c'en est la face négative : elle ne se caractérise pas par son goût pour les femmes, mais par l'exclusivité de ce goût.
(DS, II 195-196)
Eric Fassin aborde les questions de sexe, de genre, de l'image actuelle du lesbianisme, du problème des discriminations.
t Scènes de la vie conjugale de Ingmar Bergman
Un intérieur à la fois confortable et désuet : assis sur le sofa un couple - Liv Ullman et Erland Josephson - et leurs deux filles sont photographiés. En off la voix du photographe. Les enfants quittent le cadre. La journaliste, lunette noire sur le front, sourit à l'homme:
- La journaliste
Décrivez-vous en quelques mots.
- Le mari
C'est difficile ; Je passerais pour prétentieux si je disais que je suis intelligent ; j'ai une conscience politique, je suis cultivé, sociable, je suis bon père et bon fils … je n'ai pas de dette, je paie régulièrement mes impôts, je ne crois pas en dieu… et je crois, (il se tourne vers sa femme), je crois que je suis un bon amant.
La journaliste rit,
- La journaliste :
Laissons cela. Et toi Marianne qu'as-tu à dire ?
- La femme
Je suis la femme de Johan et j'ai deux filles.
L'extrait est maintenant muet ; on peut lire les sous-titres " je n'ai rien d'autre à dire", " Johan est un bon mari" … "Pour être honnête, j'ai une très bonne vie, j'ai deux enfants merveilleux"…
‡ Fatou Diome lit [off] :
" Le paradoxe du mariage, c'est qu'il a à la fois une fonction érotique et une fonction sociale : cette ambivalence se reflète dans la figure que le mari revêt pour la jeune femme. Il est un demi-dieu doué de prestige viril et destiné à remplacer le père : protecteur, pourvoyeur, tuteur, guide ; servante et maîtresse, c'est dans son ombre que la vie de l'épouse doit s'épanouir. (DS II 290)
Combien de femmes englouties dans le mariage ont été, selon le mot de Stendhal "perdues pour l'humanité" ! On a dit que le mariage diminue l'homme : c'est souvent vrai ; mais presque toujours il annihile la femme.
(DS, II 321)
Fatou Diome commente la critique du mariage chez Beauvoir. Que pense-t-elle de l' "idéal" énoncé par Beauvoir.
t Images de femmes seules et de femmes entre elles à l'intérieur des maisons dans le Maghreb actuel : quelques rushes du film de Catherine Belkhodja, Femmes d'Alger.
‡ Farida Belyazid lit [off]
" Le divorce n'est pour la femme qu'une possibilité abstraite si elle n'a pas les moyens de gagner elle-même sa vie : le sort de la femme, de la mère abandonnée avec une pension dérisoire est un scandale.
(DS, II 326)
Farida Belyazid commente la situation actuelle des femmes au Maroc suite à l'évolution récente du droit des femmes, notamment en ce qui concerne le divorce.
t Des femmes affairées, de différentes conditions sociales, dans les rues de Shanghai, en 2007.
‡ Zhou Ran lit [off] :
" Il n'y a qu'un travail autonome qui puisse assurer à la femme une authentique autonomie.
(DS, II 315)
Zhou Ran explique comment se pose la question de l'autonomie sociale des femmes dans la Chine actuelle ; elle commente le contexte de la parution du Deuxième Sexe en Chine en 2008.
t Images de maternité.
‡ Yvonne Knibiehler lit [off] :
" C'est un leurre décevant que de rêver atteindre par l'enfant une plénitude, une chaleur, une valeur qu'on n'a pas su créer soi-même ; il n'apporte de joie qu'à la femme capable de vouloir avec désintéressement le bonheur d'un autre, à celle qui sans retour sur soi cherche un dépassement de sa propre existence.
(DS, II 385)
Yvonne Knibiehler évoque son évolution personnelle quant à la conception beauvoirienne démystificatrice de la maternité.
t Images d'archives de manifestations des années 70 en faveur de la libéralisation de l'avortement. Affiche du film de Claude Chabrol, Une affaire de femmes.
‡ Isabelle Huppert, qui jouait le rôle de la faiseuse d'anges condamnée à mort par Pétain dans le film de Chabrol, Une affaire de femmes, lit [off] :
Un point sur lequel s'accordent partisans et ennemis de l'avortement légal, c'est le radical échec de la répression. Il y a en France chaque année autant d'avortements que de naissances. En 1941, le docteur Aubertin de Bordeaux hésitait entre huit cent mille et un million. Du fait que l'opération se pratique dans des conditions clandestines souvent désastreuses, beaucoup d'avortements se terminent par la mort de l'avortée.
(DS, II 331, 334)
Isabelle Huppert commente : pourquoi a-t-elle accepté de jouer ce rôle assez ingrat de meurtrière (une des avortées de la faiseuse d'anges meurt) ?

VERS LA LIBERATION ? 1
Réception du Deuxième Sexe
t Photo de Beauvoir et Algren sur une balancelle. Coupure de presse. Beauvoir écrivant.
‡ Geneviève Brisac lit [off]
" Des hommes ont pu être à certains moments de leur existence des amants passionnés, mais il n'en est pas un qu'on puisse définir comme "un grand amoureux" ; dans leur emportement les plus violents, ils n'abdiquent jamais totalement ; même s'ils tombent à genoux devant leur maîtresse, ce qu'ils souhaitent encore c'est la posséder, l'annexer…
(DS II, 546)
Geneviève Brisac explique comment l'intime et le théorique se conjuguent, en l'occurrence ici l'amour "transatlantique" de Beauvoir pour Algren, et l'effort théorique d'écriture du Deuxième sexe.
t Coupures de presse hostiles au Deuxième sexe.
‡ Francis Jeanson lit [off] :
" Il est peu de sujets sur lesquels la société bourgeoise déploie plus d'hypocrisie : l'avortement est un crime répugnant auquel il est indécent de faire allusion. Q'un écrivain décrive les joies et les souffrances d'une accouchée, c'est parfait ; qu'il parle d'une avortée, on l'accuse de se vautrer dans l'ordure et de décrire l'humanité sous un jour abject : or, il y a en France chaque année autant d'avortement que de naissances.
(DS, II 331)
Témoin de la sortie du Deuxième sexe, Francis Jeanson raconte ses impressions de l'époque ; puis comment il en est venu à écrire son livre magistral sur Simone de Beauvoir : Simone de Beauvoir ou l'entreprise de vivre.
t Photos de lettres de femmes écrites à Simone de Beauvoir à la parution du Deuxième Sexe.
‡ Sylvie Chaperon lit off les dernières lignes du Deuxième Sexe.
" C'est au sein du monde donné qu'il appartient à l'homme de faire triompher le règne de la liberté ; pour remporter cette suprême victoire il est entre autres nécessaire que par-delà leurs différenciations naturelles hommes et femmes affirment sans équivoque leur fraternité.
Sylvie Chaperon commente ces dernières lignes qui ont fait couler beaucoup d'encre : notamment parce que cette " fraternité" donne le dernier mot au genre masculin : il réfère en outre à la nécessité à laquelle croit Beauvoir en 1949 d'un bouleversement révolutionnaire et de l'avènement d'un socialisme démocratique, pour qu'une telle fraternité puisse voir le jour.
t Photo d'une banderole de "Ni putes ni soumises".
‡ Fadela Amara lit [off] :
" Une femme qui se dépense, qui a des responsabilités, qui connaît l'âpreté de la lutte contre les résistances du monde, a besoin - comme le mâle - non seulement d'assouvir ses désirs physiques mais de connaître la détente, la diversion, qu'apportent d'heureuses aventures sexuelles. Or, il y a encore des milieux où cette liberté ne lui est pas concrètement reconnue : elle risque, si elle en use, de compromettre sa réputation, sa carrière ; du moins réclame-t-on d'elle une hypocrisie qui lui pèse.
(DS, II 606)
Fadela Amara commente la chiennerie française hier et aujourd'hui, la concurrence économique, les autres causes. Fadela Amara élargit le propos sur la " chiennerie " masculine en général et son propre combat, de la Marche des Beurs à "Ni putes ni soumises".
t Images d'archives de femmes dans les rues de Paris, années 50 ;
Saynète micro-trottoirs : retour sur des images de femmes dans les rues de Paris en 2007 : femmes féminines, femmes " masculines", androgynes, etc.
‡ Sylviane Agacinski lit [off] :
" Je me suis agacée parfois au cours de discussions abstraites d'entendre des hommes me dire : 'Vous pensez telle chose parce que vous êtes une femme' ; mais je savais que ma seule défense, c'était de répondre : 'Je la pense parce qu'elle est vraie' éliminant par là ma subjectivité ; il n'était pas question de répliquer : 'Et vous pensez le contraire parce que vous êtes un homme'' ; car il est entendu que le fait d'être un homme n'est pas une singularité ; un homme est dans son droit en étant homme, c'est la femme qui est dans son tort.
(DS, I 14)
Sylviane Agacinski expose le point de vue dit "différentialiste" du féminisme français. Son point de vue sur le caractère naturel ou au contraire culturel des dissemblances entre hommes et femmes et l'affirmation d'une différence culturelle relevant du courant "universaliste".
t Un homme vient s'asseoir à la terrasse du Flore, près de la femme au turban, ils se saluent, se parlent.
‡ Élisabeth Badinter lit [off] :
" Affranchir la femme, c'est refuser de l'enfermer dans les rapports qu'elle soutient avec l'homme, mais non les nier ; qu'elle se pose pour soi elle n'en continuera pas moins à exister aussi pour lui : se reconnaissant mutuellement comme sujet chacun demeurera cependant pour l'autre un autre ; la réciprocité de leurs relations ne supprimera pas les miracles qu'engendre la division des êtres humains en deux catégories séparées.
(DS, II 662)
Élisabeth Badinter commente le courant "universaliste" et se confronte à ce passage du DS qui évoque une "division" ineffaçable, naturelle, entre les sexes.
t Photos de la première édition originale américaine du Deuxième Sexe, Knopf.
Extrait du film de Madeleine Gobeil Simone de Beauvoir où on la voit, jeune femme, interviewer Simone de Beauvoir.
‡ Judith Butler [ou François Cusset ] lit [off]:
" Quand enfin il sera possible à tout être humain de placer son orgueil par-delà la différenciation sexuelle, dans la difficile gloire de sa libre existence, alors seulement la femme pourra confondre son histoire, ses problèmes, ses doutes, ses espoirs, avec ceux de l'humanité ; alors seulement elle pourra chercher dans sa vie et ses œuvres à dévoiler la réalité tout entière et non seulement sa personne. Tant qu'elle a encore à lutter pour devenir un être humain, elle ne saurait être une créatrice.
(DS, II 640)
Judith Butler revient sur la naissance du mouvement féministe aux États-Unis : les deux grands courants du féminisme américain et leurs rapports respectifs à l'œuvre de Beauvoir ; ainsi que sur la genèse de sa propre position : la théorie du "gender" et du "queer", dont l'écho n'est parvenu que très récemment jusqu'en France ; commentaires sur ces allers-retours entre ce la pensée française et les recherches américaines.
VERS LA LIBERATION ? 2
Les combats
‡ Madeleine Gobeil lit [off] :
" J'ai lu la littérature féministe américaine, j'ai correspondu avec des militantes, j'en ai rencontré quelques-unes et j'ai été heureuse d'apprendre que le nouveau féminisme américain se réclame du Deuxième Sexe : en 1969, le tirage, en édition de poche, atteignait sept cent cinquante mille exemplaires. Que la femme soit fabriquée par la civilisation et non biologiquement déterminée, c'est un point qu'aucune féministe ne met en doute. Là où elles s'éloignent de mon livre, c'est sur le plan pratique : elles refusent de faire confiance à l'avenir, elles veulent prendre dès aujourd'hui leur sort en main. C'est sur ce point que j'ai changé : je leur donne raison.
(Tout compte fait, 622-623)
Madeleine Gobeil , jeune journaliste nord-américaine en ces années 65-70, raconte sa rencontre avec Beauvoir à qui elle fait lire La femme mystifiée de la féministe américaine Betty Friedan, paru en 1964 en France ; elle témoigne de son évolution sur la question de la nécessité d'un militantisme spécifiquement féministe au tournant des années 70.
t Images du livre de Betty Friedan, La femme mystifiée, ainsi que du livre de Kate Millett, Sexual Politics, 1969.
t Archives filmées du combat des femmes en France.
‡ Anne Zélenski, Gisèle Halimi, Yvette Roudy, Simone Veil rappellent les grands moments des luttes pour les droits des femmes depuis 1944.
Le droit de vote accordé aux femmes en 1944.
Les femmes mariées qui doivent attendre 1965 pour pouvoir ouvrir un compte bancaire à leur nom ou exercer une profession sans l'accord de leur mari, qui décide seul du lieu de résidence du couple.
La contraception légalisée en 1967.
L'autorité parentale dont les femmes ne disposent qu'à partir de 1970.
L'avortement illégal jusqu'en 1973.
Le Manifeste des 343 salopes initié par Anne Zélensky en 1971.
La légalisation de l'avortement en 1975.
Les lois anti-sexistes du Ministère Roudy en 1983.
La loi dite de la " parité " en 2000.
t Extraits du film de Carole Roussopoulos, Debout !
Images d'archives montrant Simone Veil plaidant en faveur de loi de libéralisation de l'avortement, Yvette Roudy, Simone de Beauvoir et Ségolène Royal sur les marches de l'Elysée en 1983, Gisèle Halimi rapporteur de la loi dite de la "parité" adoptée le 6 juin 2000.
Images de femmes " indépendantes " dans les rues de Paris : seules au café, au volant de leur voiture, au travail, avec des enfants dans les bras, dans des poussettes.
‡ Nathalie Heinich lit [off] :
" La femme qui s'affranchit économiquement de l'homme n'est pas pour autant dans une situation morale, sociale, psychologique identique à celle de l'homme.
(DS, II 600)
La femme indépendante est aujourd'hui divisée entre ses intérêts professionnels et les soucis de sa vocation sexuelle ; elle a peine à trouver son équilibre ; si elle l'assure c'est au prix de concessions, de sacrifices, d'acrobaties qui exigent d'elle une perpétuelle tension. (DS, II 618)
Nathalie Heinich évoque les anciens schémas de construction identitaire qui pèsent encore aujourd'hui sur les femmes, et sur les difficultés actuelles des femmes dites "émancipées".
t Images d'actualité : Gay Pride, lapidation en Iran, pétition contre la lapidation d'Amina Lawal (Nigéria, 2002), campagne de lutte contre l'excision (MGM) en Afrique subsaharienne, campagne contre la discrimination à l'égard des filles en Chine.
‡ Marcela Iacub lit [off ] :
" Assurément l'autonomie de la femme, si elle épargne aux mâles bien des ennuis, leur déniera aussi maintes facilités ; assurément il est certaines manières de vivre l'aventure sexuelle qui seront perdues dans le monde de demain : mais cela ne signifie pas que l'amour, le bonheur, la poésie, le rêve en seront bannis (…)
Entre les sexes naîtront de nouvelles relations charnelles et affectives dont nous n'avons pas idée : déjà sont apparues entre hommes et femmes des amitiés, des rivalités, des complicités, des camaraderies, chastes ou sexuelles, que les siècles révolus n'auraient su inventer.
(DS, II 661)
Marcela Iacub commente l'avenir des relations libres entre hommes et femmes : politique-fiction.
t Extraits de la bande dessinée Barbarella, Jean-Claude Forest, et/ou du film de Roger Vadim, Barbarella, 1968.
Simone de Beauvoir âgée. La tombe de Simone de Beauvoir jonchée de petits billets et de fleurs laissées par des femmes de tous les pays.
‡ Elizabeth Badinter raconte les circonstances (la mort de Simone de Beauvoir) dans lesquelles elle a prononcé cette phrase désormais historique : Femmes, vous lui devez tout !
‡ Marie-France Pisier lit :
" Vous savez, pour moi l'existence ne va pas de soi, bien que j'aie toujours été très heureuse, peut-être parce que je veux tellement être heureuse. J'aime avec passion la vie, j'abomine l'idée de devoir mourir. Je suis terriblement avide, aussi, je veux tout de la vie, être une femme et aussi un homme, avoir beaucoup d'amis, et aussi la solitude, travailler énormément, écrire de bons livres, et aussi voyager, m'amuser, être égoïste et aussi généreuse... Vous voyez, ce n'est pas facile d'avoir tout ce que je veux. Or quand je n'y parviens pas, ça me rend folle de colère.
(Lettre à Algren, 2 juillet 1947)
Le visage de Marie-France Pisier passe de la couleur au noir et blanc, puis s'efface ; apparaît celui de Simone de Beauvoir jeune en gros plan (n&b).
Lorsque la lecture de Marie-France Pisier est terminée, vient s'inscrire en surimpression de la photo de Simone de Beauvoir, son nom, ses dates de naissance et de mort, puis défilent la citation que Marie-France Pisier vient de lire :
" Je veux tout de la vie, être une femme et aussi un homme, avoir beaucoup d'amis, et aussi la solitude, travailler énormément, écrire de bons livres, et aussi voyager, m'amuser, être égoïste et aussi généreuse…


PASCALE FAUTRIER
Docteur agrégée de Lettres Modernes.
PRAG (Professeur Agrégée affectée dans l'enseignement supérieur) en poste à l'Université du Havre, enseigne à l'antenne parisienne de New York University ; participe au séminaire Littérature et cinéma, organisé par Marc Cerisuelo et Valérie Berty à NYU Paris.
Membre de l'ITEM-CNRS, groupe Sartre ; membre du Groupe d'Études Sartriennes (GES)
Auteur du film Simone de Beauvoir, FR3 (Collection Un siècle d'écrivains), 1999 ; direction du colloque Actualité de Simone de Beauvoir, 1997, Paris 7 ; membre du comité d'organisation du colloque international de Paris Hommage à Simone de Beauvoir, Paris 7, 9, 10, 11 janvier 2008.
Spécialiste de Nathalie Sarraute (thèse en 97 sous la direction de Julia Kristeva, nombreux articles dans Critique, Revue des Sciences Humaines, Roman 20/50, L'Infini), édition commentée de Pour un oui ou pour un non, Bibliothèque Gallimard, 2006 ; édition des actes du colloque de 1999, Éthiques du tropisme, Paris 7/L'Harmattan, 2000)
Articles en ligne (sur Sartre) :
o Le cinéma de Sartre, in Ce que le cinéma fait à la littérature (et réciproquement) Fabula LHT (Littérature, histoire, théorie), n°2, décembre 2006
http://www.fabula.org/lht/2/Fautrier.html
o Anatomie d'un couple, rubrique Rebonds, Libération, mardi 12 décembre 2006, http://www.liberation.fr/rebonds/ /222609.FR.php:le couple Sartre/Beauvoir
Derniers articles parus (sur Sartre) :
o Sartre, l'amour et la révolution, in Cinéma et révolution, (commentaire et édition du scénario inédit de Sartre Joseph Lebon), textes réunis par Gilles Philippe et Vincent de Coorebyter, Études sartriennes, n°11, 2007.
o Sarraute à l'épreuve de Sartre, Études Sartriennes n°10, 2006, essai.
o Libérez Henri Martin, in Pourquoi Sartre ?, Éditions du Bord de l'Eau, sous la direction de Vincent von Wroblewsky, juin 2005.
o Recension du livre d'Isabelle Grell Les Chemins de la liberté de Sartre, genèse et écriture (1938-1952), éditions Peter Lang, Berne, 2005, in L'Année sartrienne, juin 2005.
o Entrées Le Mur (un article générique et un article par nouvelle du recueil, soit 5 articles), ainsi que Nathalie Sarraute et Préface à Portrait d'Un Inconnu in Dictionnaire Sartre, Éditions Champion, sous la direction de Gilles Philipe et François Noudelmann, décembre 2004.
o Roman de la philosophie, philosophie du roman : Le siècle de Sartre de Bernard-Henri Lévy, in L'Infini n°73, printemps 2001, essai.
Audiovisuel :
o Conseiller littéraire du documentaire Sartre : objectif 58/64, Virtuel Production/Jem Productions, diffusion France 5, 2007.
o Interventions colloque (Sartre/Beauvoir)
o Intervention au colloque annuel du Groupe d'Études Sartriennes, Sorbonne, amphithéâtre Guizot, 23 juin 2007 : Les sources du Scénario Lebon : l'Essai sur la psychose révolutionnaire d'Yves Dhôtel.
o Colloque annuel du Groupe d'Études Sartriennes, organisé par Benoît Denis pour le GES, 26 et 27 juin 2004, Paris 4 Sorbonne : Sartre/Barthes et la littérature comme pratique.
o Colloque Simone de Beauvoir, Paris 7, 1997 : Simone de Beauvoir et les impasses du féminin.
 
PIERRE SEGUIN
Réalisateur, scénariste.
Diplômé de l'Université Paris 8
Carte réalisateur CNC n° 6798 (date : 31.03.88)
N° congés-spectacles : R 233787
Documentaires, interviews (réalisation) :
· Sartre et la guerre d'Algérie, Virtuel Production / Jem Productions 52 mn, diffusion France 5, 2007.
· Sartre, l'invention de la vie quotidienne, Virtuel Production / Jem Productions, 52 mn, diffusion France 5, 2007.
· Andy Emler - Concerts live Trio et Megaoctet Jazz, Virtuel Production, 26 mn, 2006.
· Obsidienne et Cie, portrait d'un ensemble musical, Virtuel production, 52 mn, 2005.
· Pierre Vellones, Compositeur de musique, Virtuel Production, 26 mn, 2001.
· Eternel Ephémère - Gilbert Lascaut et Dorothée Selz peintre, Virtuel Production, 26 mn, 2000.
· Michelle Auboiron, un peintre live in New York, Virtuel Production, 26 mn, 1999.
· Conversation Alain Robbe-Grillet / Jonas Mekas, production Anthology Film Archives, New York, 26 mn, Ciné-Cinéma, Antenne 2, 26 mn, 1993.
· John Lurie, musicien, RAI, 26 mn, 1989.
· Documentaire sur les jeunes cinéastes de New York : Susan Seidelman, Jim Jarmush, Spike Lee, New York, 3 x 26 mn, M6 / Canal Plus, 1988.
Films institutionnels (échantillon de ma collaboration régulière avec la société Virtuel Production depuis 1999 (réalisation) :
· Aventis : Le médicament de demain.
· Alliance, Aéroport de Paris.
· Restauration de la Cathédrale Notre-Dame (DRAC)
· Clear Chanel (campagnes de Publicité).
Courts et moyens métrages fiction (réalisation) :
· Pomme de terre, avec Maxime Leroux, Vanessa London ; image : Jimmy Glasberg ; scénario Tito Topin, (prod. Jem Productions / CNC), 60mn, 1996.
· Gabrielle (avec Gabrielle Lazure), 15 mn, 1985.
· Nuits blanches (co-réal. Bruno Vilain ; avec Jean-Philippe Escoffier, Jean-Loup Rajot et l'école de comédiens de Patrice Chéreau / Nanterre), 26 mn,1984.
· A bout de nerfs (avec Jean-Henri Roger, Paris 8), 15 mn, 1984.
Scénarii (écriture) :
· Comédie dramatique, long-métrage fiction, sélectionné aide au premier film CNC, 1997.
· Série Navarro (Tito Topin), continuités : Mort clinique, Les liens du sang, TF1, 1994-95.
· Collaboration avec Alain Robbe-Grillet : réécriture de La Forteresse (projet qui aurait dû être tourné à l'origine avec Michelangelo Antonioni), New York, 1993.

ANNE-MARIE MARSAGUET
a créé Saraband films pour produire des courts et moyens métrages, des programmes culturels et des documentaires pour la télévision ou le cinéma, pour soutenir des projets de jeunes réalisateurs, attentive en particulier aux formes d'écritures associant différents genres - fiction, documentaire, multimédia, spectacle vivant - et aux possibilités de distribution émergeantes.
Après une expérience dans l'action culturelle (diffusion de spectacles, accueil d'artistes, formation), travaille dans la production audiovisuelle depuis 1986, notamment à Initial Groupe, La Sept-Arte, Archipel 33, Périphérie et Les Films à Lou en tant que producteur exécutif de documentaires et de fiction.
Formation universitaire (droit, gestion, information) et continue (administration d'entreprises culturelles, histoire de l'art).
Graduée EAVE 2006 (Les Entrepreneurs de l'Audiovisuel Européen)
Saraband Films est membre du Syndicat des Producteurs Indépendants.
Carte autorisation d'exercice CNC : PS 12875
SIRET : 48314057
APE : 921A

En cours :
La voie de la main gauche, 'documentaire animé' (59') de Sylvie Guérard. Journal de voyage d'une jeune femme sur les routes d'Asie qui, au hasard des rencontres et des situations, s'approprie le réel qui s'offre à elle, à la recherche de la part de poésie et d'absurde que recèle le quotidien, ici ou là, pour qui sait y regarder. Le personnage qui vit cette expérience nomade est dessiné, et c'est à travers toute la palette de ses perceptions et de ses sentiments qu'est transmis le plaisir du voyage sans carte, à la découverte du monde et des autres, qui goûte ce qui se présente avant de repartir ailleurs.
Bourse Villa Médicis Hors les murs, aides à l'écriture Rhône-Alpes, Beaumarchais, aide à la maquette Dicréam. Aide à la production du Fonds d'aide cinéma de la Région Rhône-Alpes et du Département Val-de-Marne. Coproduction Images plus. Avec le soutien du CNC-Cosip sélectif et de la Procirep.
Le Chant des grenouilles, documentaire de création et captation (52') de Philippe Béziat. Grâce à un mode inventif de transmission, des enfants du primaire abordent une œuvre musicale créée il y a presque trois siècles pour un aristocratique auditoire de Cour, dans laquelle ils trouvent aujourd'hui matière à exprimer leur fantaisie, leur goût du jeu et du mime. C'est le pari mené par Mirella Giardelli, cheffe de l'Atelier des Musiciens du LouvreoGrenoble qui leur propose un spectacle interactif en forme de jeu musical, le Jeu de la Grenouille, inspiré de l'inénarrable comédie-ballet Platée de Jean-Philippe Rameau. Au terme d'un apprentissage, les enfants accompagnent les chanteurs de la voix et du geste, toujours prêts à commenter les mésaventures de la Nymphe Platée et son cortège de grenouilles au hasard des dés, puisque la représentation s'invente au fur et à mesure du jeu.
Aide à la production du Fonds Cinéma Région Rhône-Alpes.
Recherche de diffuseur en cours.
La montre cassée, documentaire de création (52') de Henry Colomer inspiré par l'essai homonyme de Tiphaine Samoyault (Verdier 2004) associé à une exposition au Musée du Temps de Besançon. Une montre est cassée : image de la destruction, la scène fonctionne comme un reflet inversé et met en relief a contrario l'importance et la singularité de la précieuse mécanique que nous portons à même la peau, comme le signe de notre destinée dans le temps. La puissance analogique et spéculative de tout mécanisme qui marque l'heure est considérable, et le cinéma, art du temps, l'a souvent prise comme motif dramaturgique pour exprimer l'homme et le monde, le monde dans l'homme et l'homme dans le monde. À travers quelques grands chef-d'œuvres du cinéma international, le projet explore la fiction du temps.
Écriture en cours - Co-développement avec le Musée du Temps de Besançon.
Dans ce cadre de son expérience Anne-Marie Marsaguet a participé à la production de nombreuses œuvres, dont :

Documentaires de création :
'Les vivants et les morts de Sarajevo' de Radovan Tadic (Arte, 1993) ; 'Canova mutilé' de Jacques Deschamps (35', 1993) ;
'La loi du collège' de Mariana Otero (6x26' Arte, 1994) ;
'Reppublica Nostra' de Daniele Incalcaterra (85', Arte, 1995) ;
'Nos guerres imprudentes' de Randa Chahal Sabbag (52', Arte, 1995) ;
'Le convoi' de Patrice Chagnard (85', Arte, 1996) ;
'Profils' 11x80' (dont 'Alessandro Baricco' de Maria Reggiani,
'Miquel Barceló' de Jean-Louis Comolli,