-
-
-
-
-
Je veux tout de la vie, être une femme et aussi un
homme, avoir beaucoup d'amis, et aussi la solitude,
travailler énormément, écrire de bons livres, et aussi
voyager, m'amuser, être égoïste et aussi généreuse…
Vous voyez, ce n'est pas facile d'avoir tout ce que je
veux. Or quand je n'y parviens pas, ça me rend folle de
colère.
Simone de Beauvoir
-
Le centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir
(Paris, 9 janvier 1908) est l'occasion de lui rendre un
hommage national tout au long de l'année 2008, à
l'heure où la question de l'égalité politique entre les
hommes et les femmes est à nouveau, en France, au coeur
du débat.
Avec Le Deuxième sexe (1949), livre fondateur de
la réflexion occidentale sur la condition féminine,
Simone de Beauvoir a conquis un prestige international
immense à partir des années 60, notamment aux
États-Unis. Ce prestige reste très vivant aujourd'hui :
des colloques internationaux vont se succéder tout au
long de l'année 2008, au Canada en mars, à New York en
avril, à Nankin (Chine) en octobre.
UN
FILM
Le film documentaire s'attache à montrer l'importance
historique, politique et citoyenne du Deuxième sexe, à
travers ce que l'évolution du droit des femmes et
l'actualité politique du féminisme doivent à Simone de
Beauvoir. L'immense portée de cet ouvrage est replacée
dans le contexte de la vie et de l'œuvre de son auteur
bouleversées par la progressive prise de conscience de
la spécificité de la condition féminine, puis de sa
réception en France et à l'étranger.
-
Des femmes et des hommes
qui ont rencontré Simone de Beauvoir :
-
Sylvie Le
Bon de Beauvoir
-
Dominique
Desanti
-
Madeleine
Gobeil
-
Francis
Jeanson
-
qui ont étudié son œuvre
:
-
Julia
Kristeva
-
Danièle
Sallenave
-
Toril
Moi
-
Hazel
Rowley
-
Michel
Kaïl
-
Françoise
Héritier
-
Michelle
Perrot
-
Elizabeth
Badinter
-
Cynthia
Fleury
-
Janine
Mossuz-Lavau
-
Eric
Fassin
-
dont la vie a été changée
par la lecture du Deuxième sexe :
-
Annie
Ernaux
-
Catherine
Millot
-
Geneviève
Brisac
-
qui l'ont incarnée
:
-
Anne
Alvaro,
-
Anna
Mouglalis
-
-
qui ont partagé ses
combats :
-
Anne
Zelenski
-
Simone
Veil
-
Yvette
Roudy
-
Gisèle
Halimi
-
-
ou dont la recherche et
l'action puisent à la racine de ses thèses
:
-
Yvonne
Knibiehler
-
Sylvie
Chaperon
-
Sylviane
Agacinski
-
Fatou
Diome
-
Farida
Belyazid
-
Zhou
Ran
-
Fadela
Amara
-
Judith
Butler
-
Marcela
Iacub
-
Nathalie
Heinich
-
-
témoignent de son
influence considérable dans la pensée et la vie des
femmes d'aujourd'hui.
-
Tissée avec ces
contributions, la parole de "gens ordinaires" donne un
prolongement et une actualité vivante aux principes
éthiques dont l'œuvre de Simone de Beauvoir est
porteuse.
-
Titre du
film
-
JE VEUX
TOUT DE LA VIE
La liberté selon Simone de Beauvoir
Auteur : Pascale Fautrier
Réalisateur : Pierre Séguin
Genre : documentaire
Durée : 60 minutes
Tournage : mi-décembre 07, janvier 08
Post production : février mars 08
Livraison : avril 08
Production déléguée
Saraband Films
Anne Marie Marsaguet
Coproduction déléguée
Institut National de l'Audiovisuel
Sylvie Blum
Coproduction
Le Bord de l'Eau (éditions et productions)
Dominique-Emmanuel Blanchard
Jean Luc Veyssy
Coproduction et diffusion
La Chaîne Parlementaire
Richard Michel, Christophe Mouton
Images Plus
Dominique Renauld
Avec la participation de
Centre National de la Cinématographie
Association Centenaire Simone de Beauvoir 2008
Région Aquitaine
Ministère des Affaires Étrangères et
Européennes
-
Contact
Saraband Films
5, rue Barbette 75003 Paris, T : 0142778102,
0615091011
-
UN
COLLOQUE
Auparavant, un Colloque International aura
ouvert le Centenaire à Paris, les 9, 10 et 11 janvier :
dirigé par Julia Kristeva et soutenu par de nombreux
partenaires (Université Paris Diderot, Florence Gould
Foundation, Conseil Régional d'Île-de-France, Ville de
Paris, Ministère de la Culture), son objectif est de
rendre hommage à l'ensemble de l'œuvre de Simone de
Beauvoir, littéraire, philosophique, militante. Sylvie
Le Bon de Beauvoir, la fille adoptive et légataire
universelle de l'écrivain, en assurera l'ouverture. De
nombreux intervenants français et étrangers
commenteront la totalité de l'œuvre
beauvoirienne.
-
-
UNE
EXPOSITION
-
-
La diffusion du film en
mai 2008 sera contemporaine d'une exposition
audiovisuelle sur la Passerelle "Simone de Beauvoir"
(Paris 13ème, entre la Grande Bibliothèque et la
Cinémathèque) réalisée en partenariat avec la Région
Île-de-France et la Ville de Paris. Les automobilistes
des quais, les touristes des bateaux-mouches, les
promeneurs et les curieux, pourront ainsi découvrir des
citations tirées du Deuxième sexe ainsi qu'une
palette large de modules extraits du film selon une
scénographie imaginée par l'architecte Dietmar
Feichtinger.
-
UN
LIVRE
-
Dans le prolongement du
Colloque, Les éditions Le Bord de l'Eau publieront en
mars avril 2008 un livre-hommage
-
(Re)découvrir l'oeuvre de Simone de
Beauvoir :
-
du
Deuxième sexe à la cérémonie des
adieux
(Collection "Documents BDL" - 250 pages)
sous la direction de Pascale Fautrier, comprenant des
contributions et des témoignages biographiques de
certains participants évoquant leur "rencontre" avec
Simone de Beauvoir, l'œuvre et/ou la femme.
Un Colloque International se tiendra aussi
à New York dans le courant de l'année 2008, à
l'occasion de la publication d'une nouvelle traduction
du Deuxième Sexe : dirigé par Tom Bishop, Denis Hollier
et Pascale Fautrier (Center for French Civilization and
Culture, New York University), ce colloque sera
particulièrement consacré à la réception dans le monde
de l' "essai majeur" de l'écrivain.
Ces événements sont soutenus ou organisés par
l'association Centenaire Simone de Beauvoir 2008.
-
L'actualité politique
récente en France n'a pas été sans faire
affleurer un débat ancien. Et il est plaisant
de se remémorer ici le traité De l'égalité des
deux sexes où François Poulain de la Barre
dénonçait en 1676 le préjugé de l'infériorité
naturelle de la femme auquel il opposait l'idée
nouvelle d'une différenciation culturelle des
sexes :
"Que ce serait chose plaisante de voir une
femme enseigner dans une chaire l'éloquence ou
la médecine en qualité de professeur, marcher
par les rues suivies de commissaires et de
sergents pour y mettre la police, haranguer
devant les juges en qualité d'avocat, être
assise au tribunal pour y rendre la justice, à
la tête d'un parlement, conduire une armée,
livrer une bataille et parler devant les
républiques ou les princes comme chef d'une
ambassade. J'avoue que cet usage nous
surprendrait, mais ce ne serait que par la
raison de la nouveauté."
Peu compris à son époque, il reviendra à Simone
de Beauvoir de donner le prolongement que l'on
sait à la thèse selon laquelle la féminité
n'est pas un destin.
C'est d'ailleurs presque "gratuitement",
disait-elle, qu'elle est arrivée au féminisme :
en cherchant à faire de sa propre existence
l'objet de sa réflexion et son écriture, elle a
découvert que son entreprise autobiographique
exigeait pour pouvoir être menée à bien une
description détaillée de la condition féminine
en général. En voulant parler d'elle, ce sont
donc aussi les autres qu'elle s'est proposée de
peindre.
Mais si ce livre porte la marque d'une
expérience singulière, il faut souligner que Le
deuxième sexe est d'abord un ouvrage
scientifique : il se réfère aux travaux les
plus marquants dans les sciences naturelles,
expérimentales et humaines, et son écriture est
sous-tendue par une connaissance approfondie
des écrits parus avant elle.
Au sein du contexte commémoratif de l'année
2008, la production d'un film qui contribue à
faire connaître les grandes thèses de cet
ouvrage fondateur, dont la finesse et
l'actualité de l'analyse ne cessent de
surprendre à chaque ligne, est un acte
essentiel tourné vers le public le plus divers
et le plus large possible.
Dans le projet artistique que Pascale Fautrier
et Pierre Seguin ont à cœur, et auquel je
m'associe avec enthousiasme, il y a la ferme
volonté de réaliser un film qui fera référence
sur le sujet et qui s'attachera à transmettre
aux générations qui viennent toute la
pertinence du propos de Simone de Beauvoir.
Parce que le film est construit sur la parole
de lectrices et de lecteurs - en particulier de
femmes à travers la façon qu'elles ont eu de
recevoir pour elles-mêmes le travail fondateur
de Simone de Beauvoir et son engagement à le
vivre - il donne un écho contemporain aux
analyses précises et directes d'un livre paru
il y a bientôt soixante ans et qui demeure un
viatique indispensable pour comprendre et agir
dans notre époque.
AM.M.
-
Intention de
l'auteur
L'importance historique, politique et
citoyenne du Deuxième Sexe sera montrée en
articulant prise de conscience intime et
prise de conscience intellectuelle et
politique de la spécificité de la condition
féminine par Simone de Beauvoir et par ses
lectrices.
Des citations choisies retraceront
l'expérience de la femme en général et
formeront la trame narrative du film. Les
citations du Deuxième Sexe ainsi que d'autres
ouvrages de Simone de Beauvoir seront données
à lire et à commenter aux intervenant(e)s du
film.
À l'appui de ces propos, l'expérience de
Simone de Beauvoir et sa découverte de la
spécificité de la condition féminine seront
évoqués à travers des documents et le
témoignages de certaines d'entre elles.
Les interviews permettront :
- de donner à comprendre au public le plus
large les grandes thèses du Deuxième Sexe, .
de retracer le parcours de Simone de Beauvoir
de la prise de conscience intime à la prise
de conscience intellectuelle (écriture du
Deuxième Sexe) puis politique (militantisme
dans le Mouvement des Femmes des années 70) .
de montrer l'ampleur de la révolution des
consciences, des mœurs et des lois, que ce
texte a annoncé et contribué à rendre
possible.
Chacun(e) des interviewé(e) témoignera du
bouleversement qu'a entraîné dans sa propre
vie la lecture des œuvres de Simone de
Beauvoir et en premier lieu Le Deuxième
sexe.
Aussi le récit sous-jacent aux citations et
commentaires s'articulera-t-il sur quatre
moments :
1. FORMATION. La progressive prise de
conscience de la spécificité de la condition
féminine par Simone de Beauvoir : 1908-1949 ;
et en parallèle la manière dont elle décrit
la formation des filles.
2. SITUATION. Prise de conscience conduisant
à la nécessité d'une réflexion approfondie et
documentée sur la condition féminine
(1947-49), d'où sortira Le Deuxième Sexe,
publié en 1949, soit cinq ans après la loi
sur le vote des femmes (1944)
3. VERS LA LIBERATION ? LA RECEPTION DU
DEUXIEME SEXE. La réception houleuse du livre
en France en 1949, puis par contraste, aux
Etats-Unis, avec son immédiat retentissement
et son influence sur la naissance du
mouvement féministe américain et ses
évolutions ultérieures des années 70 jusqu'à
aujourd'hui.
4. VERS LA LIBERATION ? LES COMBATS. Enfin,
par contrecoup, la conversion de Simone de
Beauvoir à l'idée de la nécessité d'un combat
politique spécifiquement féministe : gagnée
par la ferveur des féministes américaines
qu'elle découvre alors, elle accompagne
activement la naissance du Mouvement pour la
Libération des Femmes au début des années 70,
ainsi que les grandes luttes pour les droits
des femmes qui se mèneront dans son sillage :
libéralisation de l'avortement (Manifeste des
343 salopes, loi Veil de 1975), lois
antisexistes du premier septennat Mitterrand
(lois Roudy).
L'actuel regain d'intérêt pour les droits
politiques des femmes porte la marque à
plusieurs titres de l'influence de Simone de
Beauvoir : les protagonistes de la bataille
théorique qui s'est menée autour de la loi
dite de la "parité" (1999) se sont souvent
référés à son œuvre, qui est devenue le champ
de bataille d'interprétations contradictoires
opposant notamment les courants dits
"universaliste" et "différentialiste" du
féminisme français.
L'influence actuelle de Simone de Beauvoir
est également plus diffuse : l'autre objectif
de ce film documentaire est de faire
comprendre pourquoi et comment la lecture
d'un livre, en l'occurrence, Le Deuxième
Sexe, a pu être un événement déterminant dans
la vie de ses lectrices et de ses (plus
rares) lecteurs.
De ces deux types d'influence, politique et
éthique, les intervenant(e)s témoigneront
largement.
Pascale fautrier
-
-
Intention du
réalisateur
La structure du film repose sur la
conjugaison de trois types d'éléments : des
entretiens réalisés pour le film, des
archives, de courtes saynètes et des
interviews "micro-trottoirs" en forme de
ponctuation :
1. Des archives (documents photographiques,
audiovisuels, sonores, ouvrages et manuscrits
de Simone de Beauvoir) illustrent le récit
sous-jacent aux divers témoignages,
permettant notamment au spectateur de situer
le propos dans l'espace et dans le temps.
2. Les intervenant(e)s sont filmé(e)s avec le
même cadrage, en plan fixe rapproché,
favorisant la proximité et la résonance des
propos pour tout un chacun.
3. Les saynètes récurrentes interviennent
selon un tempo qui donne au film sa
respiration :
- Différents plans à la terrasse du Flore :
une femme enturbannée écrit à une table
(n&b) ; d'autres femmes la rejoignent
(couleur),
- Micro-trottoirs : des passant(e)s des rues
à Paris réagissent à la citation : On ne naît
pas femme, on le devient,
- des étudiants bilingues du cours de théâtre
de New York University s'approprient et
mettent en scène diverses citations, On ne
naît pas femme, on le devient, et d'autres,
sous la direction de Cécile Cotté,
- à Pékin, de jeunes femmes commentent le
sens de "devenir femme" dans la société
chinoise d'aujourd'hui.
La continuité ci-après indique les citations
lues et commentées par les intervenant(e)s
organisées en quatre chapitres et la
thématique probable du commentaire.
L'introduction des citations et extraits
commentés suit un principe : en off, la voix
de l'intervenant(e) lit la citation, tandis
qu'à l'image se déroule une saynète ou bien
apparaissent des documents d'archives, photos
ou films, en rapport avec le contenu qui
suit, et/ou le manuscrit ou le livre imprimé,
filmé en mouvement de manière à suivre la
citation lue, à en souligner des passages
importants. Puis l'intervenant(e), le livre à
la main, termine sa lecture et amorce son
commentaire.
Outre le commentaire sur un extrait choisi,
tous les intervenant(e)s sont invité(e)s à
donner leur propre commentaire de On ne naît
pas femme, on le devient.
Une musique originale introduit des pauses au
cœur de la polyphonie des prises de
parole.
- P.S.
- Continuité
indicative
t Une femme, turban autour de la tête, écrit
à la terrasse du Café de Flore. On s'approche
d'elle. Apparaît le manuscrit de la lettre de
Simone de Beauvoir à Nelson Algren où on peut
lire :
Jamais je n'ai souffert d'être une femme et
parfois même je m'en félicite.
(Lettre à Algren, 2 janvier 1948)
‡ En off, la voix Hélène de Beauvoir dit la
citation, puis elle apparaît et commente le
récit bref de l'enfance et de l'adolescence
parisienne sans histoire de sa sœur aînée.
Vivacité et autorité de l'aînée.
FORMATION
t Photos de la petite Simone et de sa sœur
Hélène, de la famille, du 103 bd
Montparnasse, de Simone de Beauvoir à l'âge
dit ingrat puis en 1949, écrivant. Banc-titre
sur des textes imprimés.
‡ Catherine Millot lit [off] :
" Pour la jeune fille, il y a divorce entre
sa condition proprement humaine et sa
vocation féminine. Et c'est pourquoi
l'adolescence est pour la femme un moment si
difficile et si décisif. Jusqu'alors elle
était un individu autonome : il lui faut
renoncer à sa souveraineté. Un conflit éclate
entre sa revendication originelle qui est
d'être sujet, activité, liberté, et d'autre
part ses tendances érotiques et les
sollicitations sociales qui l'invitent à
s'assumer comme objet passif.
(DS II 98, 99).
Catherine Millot a lu Le Deuxième sexe très
jeune, à l'adolescence. Elle témoigne de la
résonance de ces phrases en elle. Elle
s'interroge sur l'impact qu'a pu avoir sur
elle, à un si jeune âge, la lecture des
textes de Beauvoir. Qu'est-ce que ça a pu
changer dans son "destin" de jeune fille, de
femme, dans son rapport à soi, aux hommes.
Liberté ou une autre sorte de mythe aliénant
: la "femme libre" ?
t Photo de la mère de Simone de Beauvoir,
Toril Moi lit [off] :
" Ma mère m'inspirait des sentiments
amoureux. Elle apparaissait parfois la nuit
près de mon lit, belle dans sa robe ornée
d'une fleur mauve… J'appris de maman à
m'effacer, à contrôler mon langage, à
censurer mes désirs. Tout reproche de ma
mère, le moindre de ses froncements de
sourcils mettait en jeu ma sécurité. Privée
de son approbation, je ne me sentais plus le
droit d'exister.
(Mémoires d'une jeune fille rangée)
Toril Moi explique comment Simone de Beauvoir
analyse avec lucidité l'importance de la
fixation infantile des femmes à leur mère,
fixation qui entrave le libre développement
de leur sexualité, et comment elle en
témoigne en écrivant son premier roman,
L'Invitée, et plus tard dans le livre qu'elle
consacre à sa mère Une mort très douce.
t Photo du père de Simone de Beauvoir ou zoom
sur la photo familiale déjà montrée.
‡ Sylvie Le Bon de Beauvoir lit [off] :
" Papa disait volontiers, Simone a un cerveau
d'homme, Simone est un homme. Vous, mes
petites, vous ne vous marierez pas,
répétait-il souvent, vous n'avez pas de dot,
il faudra travailler. Je préférais infiniment
la perspective d'un métier à celle du mariage
: elle autorisait des espoirs.
(Mémoires d'une jeune fille rangée)
Sylvie Le Bon de Beauvoir évoque le père de
Simone de Beauvoir, son ambivalence envers
ses filles et notamment de Simone - "mon père
me trouvait laide" - qui a paradoxalement
aidé celle-ci à éviter le destin aliénant de
la plupart des filles de son époque et dans
son milieu vouées au "bon mariage", et à
trouver la voie de l'autonomie. Il
l'encourage à passer l'agrégation de
philosophie, privilège rare pour les filles à
l'époque, qu'elle réussit en 1929, la même
année que Sartre, qu'elle rencontre à cette
occasion.
t Photo de Simone de Beauvoir en 1949, année
de la publication du Deuxième sexe.
‡ Julia Kristeva lit [off]:
" J'ai dit déjà que ce que Freud appelle
"complexe d'Electre" n'est pas, comme il le
prétend, un désir sexuel ; c'est une
abdication profonde du sujet qui consent à se
faire objet dans la soumission et
l'adoration.
(DS II, 39, 40)
Julia Kristeva évoque le reproche qui a
souvent été fait à Simone de Beauvoir de
surestimer la puissance masculine : la
fixation de Beauvoir à la figure maternelle
l'a placée dans cette posture de se trouver
par son rapport à son père dans l'alternative
d'une rivalité agressive ou d'une abdication
masochiste. Alternative qu'on retrouve dans
beaucoup de destins féminins : toute son
œuvre atteste de sa grande attention et de sa
lucidité à l'égard du masochisme qui résulte
de cette posture des filles "vouées au
père".
t Photo de Simone en compagnie de Zaza
‡ Danièle Sallenave lit [off] :
" Je ne concevais rien de mieux au monde que
d'être moi-même et d'aimer Zaza… J'ai
longtemps pensé que j'avais payé ma liberté
de sa mort.
(Mémoire d'une jeune fille rangée)
Danièle Sallenave raconte le destin de Zaza,
empêchée par sa mère d'épouser l'homme
qu'elle aime et qui meurt de consomption :
c'est à travers l'injustice profonde du sort
de Zaza que Simone de Beauvoir prend
conscience d'abord d'un certain malheur
typiquement féminin. Elle s'en sent préservée
pour elle-même ; il lui faudra écrire Le
deuxième sexe, pour pouvoir faire de la mort
si douloureuse de Zaza le récit exemplaire de
sa propre révolte contre l'inéluctable
tragédie de ce destin.
t Photos montrant Sartre et Beauvoir, regards
croisés, amoureux, balayées par la caméra.
Les jardins du Carrousel aujourd'hui : un
couple assis sur un banc de pierre, accoté à
une des ailes du Louvre.
‡ Dominique Desanti lit [off] puis commente
la citation suivante :
" Nous étions descendus à pied jusqu'aux
jardins du Carrousel. C'est à ce moment-là
que Sartre a proposé : " Signons un bail de
deux ans". Après, il me conseillait de
solliciter, moi aussi, un poste à l'étranger.
Nous resterions séparés deux ou trois ans, et
nous nous retrouverions quelque part sur
terre pour reprendre, pendant un temps plus
ou moins long, une vie plus ou moins
commune.
Jamais nous ne deviendrions étrangers l'un à
l'autre, jamais l'un ne ferait en vain appel
à l'autre, et rien ne prévaudrait contre
cette alliance ; mais il ne fallait pas
qu'elle dégénérât en contrainte ni en
habitude.
Nous étions d'une même espèce et notre
entente durerait autant que nous : elle ne
pouvait suppléer aux éphémères richesses avec
des êtres différents.
Nous conclûmes un autre pacte : non seulement
aucun des deux ne mentirait jamais à l'autre,
mais il ne lui dissimulerait rien. Il fut
convenu que nous nous dirions tout. (La force
de l'âge, 30 31 32)
- Dominique
Desanti raconte la rencontre amoureuse de
Sartre et Beauvoir et le couple exemplaire
qu'ils ont construit à l'ombre du "pacte" de
transparence et d'infidélité qu'ils ont
passé. Elle-même et son compagnon,
Jean-Toussaint Desanti, ont perçu comme un
"modèle" cette vie de couple révolutionnaire,
et s'en sont inspirés pour construire leur
propre relation.
t Photos montrant Sartre et Beauvoir, des
plus amoureuses aux plus équivoques, montrant
l'abdication dont Beauvoir parle, balayées
par la caméra.
‡ Hazel Rowley lit [off] puis commente la
citation suivante :
" Je lui faisais si totalement confiance
qu'il me garantissait, comme autrefois mes
parents, comme Dieu, une définitive sécurité…
Peut-être n'est-il commode pour personne
d'apprendre à coexister avec autrui ; je n'en
avais jamais été capable. Je régnais ou je
m'abîmais. Subjuguée par Zaza, j'avais sombré
dans l'humilité : [avec Sartre] la même
histoire se répétait, seulement j'étais
tombée de plus haut et ma confiance en moi
avait été brutalement pulvérisée. Dans les
deux cas, je gardais ma sérénité ; fascinée
par l'autre, je m'oubliais au point qu'il ne
restait personne pour se dire : je ne suis
rien.
(La force de l'âge, 30-33-72-73)
Hazel Rowley parle de l'ambiguïté de la
position de Beauvoir, qui reconquiert peu à
peu confiance et autonomie grâce à l'écriture
; elle continue à écrire des Carnets (qui
viennent de paraître aux États-Unis), puis
s'attèle à ce qui sera Anne, ou quand prime
le spirituel, dans lequel elle dresse un
premier portrait de la grande amie de son
adolescence, Zaza.
t Photo de l'édition américaine des
Carnets.
Photo du folio récent de Anne ou quand prime
le spirituel.
Saynète : à la terrasse du Flore, la femme au
turban a été rejointe par une jeune femme.
Photos de Beauvoir et Sartre au café le Dôme,
ou travaillant ensemble au Flore.
Extrait du documentaire "Le portrait croisé
Sartre-Beauvoir" de Madeleine Gobeil.
Photos de L'Invitée et de L'être et le
néant.
Images de la Libération de Paris.
Coupures de presse et titres de journaux
manifestant la gloire nouvelle de
l'existentialisme et du couple qui l'incarne,
Sartre-Beauvoir.
‡ Michel Kaïl lit [off] :
" En se voulant lucides, les écrivains
féminins rendent le plus grand service à la
cause de la femme ; mais - sans généralement
s'en rendre compte - elles demeurent trop
attachées à servir cette cause pour adopter
devant l'univers cette attitude désintéressée
qui ouvre les plus vastes horizons. […]
"Les femmes ne dépassent jamais le prétexte",
me disait un écrivain. C'est assez vrai.
Encore tout émerveillées d'avoir reçu la
permission d'explorer ce monde, elles en font
l'inventaire sans chercher à en découvrir le
sens.
(DS, II 635)
Michel Kaïl se demande dans quelle mesure
Beauvoir vise dans son écriture philosophique
et fictionnelle de l'immédiat après-guerre un
dépassement de son écriture littéraire
d'inspiration autobiographique ? Quelle sorte
de philosophe était-elle ? Était-elle
seulement une disciple de Sartre ? Comment Le
deuxième sexe s'inscrit-il dans cette
démarche philosophique : parvient-elle à
concilier l'exigence d'authenticité (parler
de sa situation notamment en tant que femme)
et son exigence de sens.
t Photos des essais philosophiques : Pyrrhus
et Cinéas, 1944, Pour une morale de
l'ambiguïté, 1947, Faut-il brûler Sade,
1972.
Puis photos des œuvres de fiction : Le sang
des autres, 1945, Les Bouches inutiles
(théâtre), 1945, Tous les hommes sont
mortels, 1946.
‡ Annie Ernaux lit [off] :
" Chaque matin, avant même d'ouvrir les yeux,
je reconnais mon lit, ma chambre. Mais si je
dors l'après-midi dans mon studio, il
m'arrive d'éprouver au réveil une stupeur
puérile : pourquoi suis-je moi ? Ce qui me
surprend - comme l'enfant quand il prend
conscience de sa propre identité - c'est de
me retrouver ici, maintenant, au cœur de
cette vie et non d'une autre : par quel
hasard ?
(Tout compte fait 11,12)
Je voulais me faire exister pour les autres
en leur communiquant, de la manière la plus
directe, le goût de ma propre vie : j'y ai à
peu près réussi.
(Tout compte fait, 634).
Annie Ernaux partage-t-elle cet étonnement
renouvelé de Beauvoir devant l'énigmatique
singularité des vies humaines et le projet de
la cerner au plus près ? Elle revendique en
tout cas, on le sait, l' "authenticité"
beauvoirienne comme principe éthique de sa
propre écriture.
t Photos des œuvres autobiographiques :
Mémoires d'une jeune fille rangée, 1958, La
Force de l'âge, 1960, La Force des Choses,
1963, Tout compte fait, 1972, La Cérémonie
des adieux, 1981.
- SITUATION
t Saynète micro-trottoir : filmé(e)s dans les
rues de Paris de tous quartiers, des
inconnu(e)s lisent (off ou on) la célèbre
phrase :
" On ne naît pas femme, on le devient.
t Saynète cours théâtre, New York University
in France : des étudiant(e)s découvrent,
lisent, commente [off et on] une partie de,
ou toute, la citation :
" On ne naît pas femme, on le devient. Aucun
destin biologique, psychique, économique ne
définit la figure que revêt au sein de la
société la femelle humaine ; c'est l'ensemble
de la civilisation qui élabore ce produit
intermédiaire entre le mâle et le castrat
qu'on qualifie de féminin.
(DS II, 13)
t Texte imprimé et manuscrit de la citation -
apparaît puis disparaît en surimpression.
Photo de la première édition du Deuxième
Sexe, photos de Beauvoir à l'époque.
‡ Sheila Malovany-Chevallier et Constance
Borde lisent [off] en duo leur traduction
américaine de "On ne naît pas femme, on le
devient".
Interviews croisées. Elles commentent leur
nouvelle traduction du Deuxième Sexe qui
devrait paraître en Angleterre l'année
prochaine ; elles reviennent sur les
circonstances de la première édition,
l'engouement et les malentendus suscités et
l'impact immédiat sur le mouvement féministe
aux États-Unis.
‡ Françoise Héritier lit [off] :
" Ce n'est pas en donnant la vie, c'est en
risquant sa vie que l'homme s'élève au-dessus
de l'animal ; c'est pourquoi, dans
l'humanité, la supériorité est accordée non
au sexe qui engendre mais à celui qui tue.
(DS I, 113)
Françoise Héritier discute la thèse de
Beauvoir sur l'origine de l'inégalité entre
les sexes.
Elle développe dans ses livres une idée
concurrente sur l'origine de l'inégalité
entre les sexes : à savoir la jalousie que
les hommes auraient contractée envers la
capacité inouïe de la matrice féminine
d'accoucher d'êtres d'un autre sexe.
tOlympe de Gouges, 1784, Aquarelle, Musée
Carnavalet.
Texte de la Déclaration des droits de la
femme d'Olympe de Gouges qui dans son article
1 déclare "La femme naît libre et demeure
égale à l'homme en droits. Les distinctions
sociales ne peuvent être fondées que sur
l'utilité commune".
‡ Michelle Perrot dit [off] :
" On pourrait s'attendre que la Révolution
eût changé le sort de la femme. Il n'en fut
rien.
(DS I, 186)
Michelle Perrot commente la partie Histoire
du Deuxième Sexe.
Elle parle des figures féministes de la
Révolution française, notamment Olympe de
Gouges, mais aussi de la misogynie des
révolutionnaires et des républicains ou
démocrates du XIXème et même du XXème siècle
ensuite.
t Photo de Picasso peignant ; Portrait de
Dora Maar, par Picasso ; ou Buveur caressant
sa chimère (eau-forte), Picasso (1938), Musée
Picasso ; ou Dora Maar photographiée par
Picasso, Picasso photographié par Dora Maar
(on ne voit que son œil).
‡ Cynthia Fleury lit [off] :
" Ce qui définit d'une manière singulière la
situation de la femme, c'est que, étant comme
tout être humain, une liberté autonome, elle
se découvre et se choisit dans un monde où
les hommes lui imposent de s'assumer comme
l'Autre : on prétend la figer en objet, et la
vouer à l'immanence puisque sa transcendance
sera perpétuellement transcendée par une
autre conscience essentielle et souveraine.
Le drame de la femme, c'est ce conflit entre
la revendication fondamentale de tout sujet
qui se pose toujours comme l'essentiel et les
exigences d'une situation qui la constitue
comme inessentielle.
(DS, I 31)
Cynthia Fleury commente la "femme
d'aujourd'hui". Est-elle cette femme-objet,
inessentielle ? Qu'en est-il de la deuxième
étape de l'émancipation féminine que
certain(e)s - Dominique Méda et Hélène
Perrier dans un livre récent - réclament.
t Photos de couples et de femmes tirées de
magazines des années 40-50.
Dora et le Minotaure, Picasso (1936), encre
de chine, Musée Picasso.
‡ Janine Mossuz-Lavau lit [off] :
" L'asymétrie de l'érotisme mâle et femelle
crée des problèmes insolubles tant qu'il y a
lutte des sexes ; ils peuvent aisément se
trancher quand la femme sent chez l'homme à
la fois désir et respect ; s'il la convoite
dans sa chair tout en reconnaissant sa
liberté, elle se retrouve l'essentiel au
moment où elle se fait objet, elle demeure
libre dans la soumission à laquelle elle
consent.
(DS, II 189)
Janine Mossuz-Lavau évoque ce qu'il en est
aujourd'hui de la "lutte des sexes" de la
question du viol, de la libéralisation et
l'égalitarisation des mœurs sexuelles.
t Offrande avec visage caché, Ambivalences 1,
2 et 3, Deux femmes entre elles : cinq
tableaux d'Egon Schiele.
‡ Eric Fassin lit [off] :
" Si l'on invoque la nature, on peut dire que
naturellement toute femme est homosexuelle.
Ce qu'il faut expliquer chez l'invertie, ce
n'est donc pas l'aspect positif de son choix,
c'en est la face négative : elle ne se
caractérise pas par son goût pour les femmes,
mais par l'exclusivité de ce goût.
(DS, II 195-196)
Eric Fassin aborde les questions de sexe, de
genre, de l'image actuelle du lesbianisme, du
problème des discriminations.
t Scènes de la vie conjugale de Ingmar
Bergman
Un intérieur à la fois confortable et désuet
: assis sur le sofa un couple - Liv Ullman et
Erland Josephson - et leurs deux filles sont
photographiés. En off la voix du photographe.
Les enfants quittent le cadre. La
journaliste, lunette noire sur le front,
sourit à l'homme:
- La journaliste
Décrivez-vous en quelques mots.
- Le mari
C'est difficile ; Je passerais pour
prétentieux si je disais que je suis
intelligent ; j'ai une conscience politique,
je suis cultivé, sociable, je suis bon père
et bon fils … je n'ai pas de dette, je paie
régulièrement mes impôts, je ne crois pas en
dieu… et je crois, (il se tourne vers sa
femme), je crois que je suis un bon amant.
La journaliste rit,
- La journaliste :
Laissons cela. Et toi Marianne qu'as-tu à
dire ?
- La femme
Je suis la femme de Johan et j'ai deux
filles.
L'extrait est maintenant muet ; on peut lire
les sous-titres " je n'ai rien d'autre à
dire", " Johan est un bon mari" … "Pour être
honnête, j'ai une très bonne vie, j'ai deux
enfants merveilleux"…
- ‡ Fatou Diome lit
[off] :
" Le paradoxe du mariage, c'est qu'il a à la
fois une fonction érotique et une fonction
sociale : cette ambivalence se reflète dans
la figure que le mari revêt pour la jeune
femme. Il est un demi-dieu doué de prestige
viril et destiné à remplacer le père :
protecteur, pourvoyeur, tuteur, guide ;
servante et maîtresse, c'est dans son ombre
que la vie de l'épouse doit s'épanouir. (DS
II 290)
Combien de femmes englouties dans le mariage
ont été, selon le mot de Stendhal "perdues
pour l'humanité" ! On a dit que le mariage
diminue l'homme : c'est souvent vrai ; mais
presque toujours il annihile la femme.
(DS, II 321)
Fatou Diome commente la critique du mariage
chez Beauvoir. Que pense-t-elle de l' "idéal"
énoncé par Beauvoir.
t Images de femmes seules et de femmes entre
elles à l'intérieur des maisons dans le
Maghreb actuel : quelques rushes du film de
Catherine Belkhodja, Femmes d'Alger.
‡ Farida Belyazid lit [off]
" Le divorce n'est pour la femme qu'une
possibilité abstraite si elle n'a pas les
moyens de gagner elle-même sa vie : le sort
de la femme, de la mère abandonnée avec une
pension dérisoire est un scandale.
(DS, II 326)
Farida Belyazid commente la situation
actuelle des femmes au Maroc suite à
l'évolution récente du droit des femmes,
notamment en ce qui concerne le divorce.
t Des femmes affairées, de différentes
conditions sociales, dans les rues de
Shanghai, en 2007.
‡ Zhou Ran lit [off] :
" Il n'y a qu'un travail autonome qui puisse
assurer à la femme une authentique
autonomie.
(DS, II 315)
Zhou Ran explique comment se pose la question
de l'autonomie sociale des femmes dans la
Chine actuelle ; elle commente le contexte de
la parution du Deuxième Sexe en Chine en
2008.
t Images de maternité.
‡ Yvonne Knibiehler lit [off] :
" C'est un leurre décevant que de rêver
atteindre par l'enfant une plénitude, une
chaleur, une valeur qu'on n'a pas su créer
soi-même ; il n'apporte de joie qu'à la femme
capable de vouloir avec désintéressement le
bonheur d'un autre, à celle qui sans retour
sur soi cherche un dépassement de sa propre
existence.
(DS, II 385)
Yvonne Knibiehler évoque son évolution
personnelle quant à la conception
beauvoirienne démystificatrice de la
maternité.
t Images d'archives de manifestations des
années 70 en faveur de la libéralisation de
l'avortement. Affiche du film de Claude
Chabrol, Une affaire de femmes.
‡ Isabelle Huppert, qui jouait le rôle de la
faiseuse d'anges condamnée à mort par Pétain
dans le film de Chabrol, Une affaire de
femmes, lit [off] :
Un point sur lequel s'accordent partisans et
ennemis de l'avortement légal, c'est le
radical échec de la répression. Il y a en
France chaque année autant d'avortements que
de naissances. En 1941, le docteur Aubertin
de Bordeaux hésitait entre huit cent mille et
un million. Du fait que l'opération se
pratique dans des conditions clandestines
souvent désastreuses, beaucoup d'avortements
se terminent par la mort de l'avortée.
(DS, II 331, 334)
Isabelle Huppert commente : pourquoi a-t-elle
accepté de jouer ce rôle assez ingrat de
meurtrière (une des avortées de la faiseuse
d'anges meurt) ?
VERS LA LIBERATION ? 1
Réception du Deuxième Sexe
t Photo de Beauvoir et Algren sur une
balancelle. Coupure de presse. Beauvoir
écrivant.
‡ Geneviève Brisac lit [off]
" Des hommes ont pu être à certains moments
de leur existence des amants passionnés, mais
il n'en est pas un qu'on puisse définir comme
"un grand amoureux" ; dans leur emportement
les plus violents, ils n'abdiquent jamais
totalement ; même s'ils tombent à genoux
devant leur maîtresse, ce qu'ils souhaitent
encore c'est la posséder, l'annexer…
(DS II, 546)
Geneviève Brisac explique comment l'intime et
le théorique se conjuguent, en l'occurrence
ici l'amour "transatlantique" de Beauvoir
pour Algren, et l'effort théorique d'écriture
du Deuxième sexe.
t Coupures de presse hostiles au Deuxième
sexe.
‡ Francis Jeanson lit [off] :
" Il est peu de sujets sur lesquels la
société bourgeoise déploie plus d'hypocrisie
: l'avortement est un crime répugnant auquel
il est indécent de faire allusion. Q'un
écrivain décrive les joies et les souffrances
d'une accouchée, c'est parfait ; qu'il parle
d'une avortée, on l'accuse de se vautrer dans
l'ordure et de décrire l'humanité sous un
jour abject : or, il y a en France chaque
année autant d'avortement que de
naissances.
(DS, II 331)
Témoin de la sortie du Deuxième sexe, Francis
Jeanson raconte ses impressions de l'époque ;
puis comment il en est venu à écrire son
livre magistral sur Simone de Beauvoir :
Simone de Beauvoir ou l'entreprise de
vivre.
t Photos de lettres de femmes écrites à
Simone de Beauvoir à la parution du Deuxième
Sexe.
‡ Sylvie Chaperon lit off les dernières
lignes du Deuxième Sexe.
" C'est au sein du monde donné qu'il
appartient à l'homme de faire triompher le
règne de la liberté ; pour remporter cette
suprême victoire il est entre autres
nécessaire que par-delà leurs
différenciations naturelles hommes et femmes
affirment sans équivoque leur fraternité.
Sylvie Chaperon commente ces dernières lignes
qui ont fait couler beaucoup d'encre :
notamment parce que cette " fraternité" donne
le dernier mot au genre masculin : il réfère
en outre à la nécessité à laquelle croit
Beauvoir en 1949 d'un bouleversement
révolutionnaire et de l'avènement d'un
socialisme démocratique, pour qu'une telle
fraternité puisse voir le jour.
t Photo d'une banderole de "Ni putes ni
soumises".
- ‡ Fadela Amara lit
[off] :
" Une femme qui se dépense, qui a des
responsabilités, qui connaît l'âpreté de la
lutte contre les résistances du monde, a
besoin - comme le mâle - non seulement
d'assouvir ses désirs physiques mais de
connaître la détente, la diversion,
qu'apportent d'heureuses aventures sexuelles.
Or, il y a encore des milieux où cette
liberté ne lui est pas concrètement reconnue
: elle risque, si elle en use, de
compromettre sa réputation, sa carrière ; du
moins réclame-t-on d'elle une hypocrisie qui
lui pèse.
(DS, II 606)
Fadela Amara commente la chiennerie française
hier et aujourd'hui, la concurrence
économique, les autres causes. Fadela Amara
élargit le propos sur la " chiennerie "
masculine en général et son propre combat, de
la Marche des Beurs à "Ni putes ni
soumises".
t Images d'archives de femmes dans les rues
de Paris, années 50 ;
Saynète micro-trottoirs : retour sur des
images de femmes dans les rues de Paris en
2007 : femmes féminines, femmes "
masculines", androgynes, etc.
‡ Sylviane Agacinski lit [off] :
" Je me suis agacée parfois au cours de
discussions abstraites d'entendre des hommes
me dire : 'Vous pensez telle chose parce que
vous êtes une femme' ; mais je savais que ma
seule défense, c'était de répondre : 'Je la
pense parce qu'elle est vraie' éliminant par
là ma subjectivité ; il n'était pas question
de répliquer : 'Et vous pensez le contraire
parce que vous êtes un homme'' ; car il est
entendu que le fait d'être un homme n'est pas
une singularité ; un homme est dans son droit
en étant homme, c'est la femme qui est dans
son tort.
(DS, I 14)
Sylviane Agacinski expose le point de vue dit
"différentialiste" du féminisme français. Son
point de vue sur le caractère naturel ou au
contraire culturel des dissemblances entre
hommes et femmes et l'affirmation d'une
différence culturelle relevant du courant
"universaliste".
t Un homme vient s'asseoir à la terrasse du
Flore, près de la femme au turban, ils se
saluent, se parlent.
- ‡ Élisabeth Badinter
lit [off] :
" Affranchir la femme, c'est refuser de
l'enfermer dans les rapports qu'elle soutient
avec l'homme, mais non les nier ; qu'elle se
pose pour soi elle n'en continuera pas moins
à exister aussi pour lui : se reconnaissant
mutuellement comme sujet chacun demeurera
cependant pour l'autre un autre ; la
réciprocité de leurs relations ne supprimera
pas les miracles qu'engendre la division des
êtres humains en deux catégories séparées.
(DS, II 662)
Élisabeth Badinter commente le courant
"universaliste" et se confronte à ce passage
du DS qui évoque une "division" ineffaçable,
naturelle, entre les sexes.
t Photos de la première édition originale
américaine du Deuxième Sexe, Knopf.
Extrait du film de Madeleine Gobeil Simone de
Beauvoir où on la voit, jeune femme,
interviewer Simone de Beauvoir.
‡ Judith Butler [ou François Cusset ] lit
[off]:
" Quand enfin il sera possible à tout être
humain de placer son orgueil par-delà la
différenciation sexuelle, dans la difficile
gloire de sa libre existence, alors seulement
la femme pourra confondre son histoire, ses
problèmes, ses doutes, ses espoirs, avec ceux
de l'humanité ; alors seulement elle pourra
chercher dans sa vie et ses œuvres à dévoiler
la réalité tout entière et non seulement sa
personne. Tant qu'elle a encore à lutter pour
devenir un être humain, elle ne saurait être
une créatrice.
(DS, II 640)
Judith Butler revient sur la naissance du
mouvement féministe aux États-Unis : les deux
grands courants du féminisme américain et
leurs rapports respectifs à l'œuvre de
Beauvoir ; ainsi que sur la genèse de sa
propre position : la théorie du "gender" et
du "queer", dont l'écho n'est parvenu que
très récemment jusqu'en France ; commentaires
sur ces allers-retours entre ce la pensée
française et les recherches américaines.
- VERS LA LIBERATION ?
2
Les combats
‡ Madeleine Gobeil lit [off] :
" J'ai lu la littérature féministe
américaine, j'ai correspondu avec des
militantes, j'en ai rencontré quelques-unes
et j'ai été heureuse d'apprendre que le
nouveau féminisme américain se réclame du
Deuxième Sexe : en 1969, le tirage, en
édition de poche, atteignait sept cent
cinquante mille exemplaires. Que la femme
soit fabriquée par la civilisation et non
biologiquement déterminée, c'est un point
qu'aucune féministe ne met en doute. Là où
elles s'éloignent de mon livre, c'est sur le
plan pratique : elles refusent de faire
confiance à l'avenir, elles veulent prendre
dès aujourd'hui leur sort en main. C'est sur
ce point que j'ai changé : je leur donne
raison.
(Tout compte fait, 622-623)
Madeleine Gobeil , jeune journaliste
nord-américaine en ces années 65-70, raconte
sa rencontre avec Beauvoir à qui elle fait
lire La femme mystifiée de la féministe
américaine Betty Friedan, paru en 1964 en
France ; elle témoigne de son évolution sur
la question de la nécessité d'un militantisme
spécifiquement féministe au tournant des
années 70.
t Images du livre de Betty Friedan, La femme
mystifiée, ainsi que du livre de Kate
Millett, Sexual Politics, 1969.
t Archives filmées du combat des femmes en
France.
‡ Anne Zélenski, Gisèle Halimi, Yvette Roudy,
Simone Veil rappellent les grands moments des
luttes pour les droits des femmes depuis
1944.
Le droit de vote accordé aux femmes en
1944.
Les femmes mariées qui doivent attendre 1965
pour pouvoir ouvrir un compte bancaire à leur
nom ou exercer une profession sans l'accord
de leur mari, qui décide seul du lieu de
résidence du couple.
La contraception légalisée en 1967.
L'autorité parentale dont les femmes ne
disposent qu'à partir de 1970.
L'avortement illégal jusqu'en 1973.
Le Manifeste des 343 salopes initié par Anne
Zélensky en 1971.
La légalisation de l'avortement en 1975.
Les lois anti-sexistes du Ministère Roudy en
1983.
La loi dite de la " parité " en 2000.
t Extraits du film de Carole Roussopoulos,
Debout !
Images d'archives montrant Simone Veil
plaidant en faveur de loi de libéralisation
de l'avortement, Yvette Roudy, Simone de
Beauvoir et Ségolène Royal sur les marches de
l'Elysée en 1983, Gisèle Halimi rapporteur de
la loi dite de la "parité" adoptée le 6 juin
2000.
Images de femmes " indépendantes " dans les
rues de Paris : seules au café, au volant de
leur voiture, au travail, avec des enfants
dans les bras, dans des poussettes.
‡ Nathalie Heinich lit [off] :
" La femme qui s'affranchit économiquement de
l'homme n'est pas pour autant dans une
situation morale, sociale, psychologique
identique à celle de l'homme.
(DS, II 600)
La femme indépendante est aujourd'hui divisée
entre ses intérêts professionnels et les
soucis de sa vocation sexuelle ; elle a peine
à trouver son équilibre ; si elle l'assure
c'est au prix de concessions, de sacrifices,
d'acrobaties qui exigent d'elle une
perpétuelle tension. (DS, II 618)
Nathalie Heinich évoque les anciens schémas
de construction identitaire qui pèsent encore
aujourd'hui sur les femmes, et sur les
difficultés actuelles des femmes dites
"émancipées".
t Images d'actualité : Gay Pride, lapidation
en Iran, pétition contre la lapidation
d'Amina Lawal (Nigéria, 2002), campagne de
lutte contre l'excision (MGM) en Afrique
subsaharienne, campagne contre la
discrimination à l'égard des filles en
Chine.
- ‡ Marcela Iacub lit
[off ] :
" Assurément l'autonomie de la femme, si elle
épargne aux mâles bien des ennuis, leur
déniera aussi maintes facilités ; assurément
il est certaines manières de vivre l'aventure
sexuelle qui seront perdues dans le monde de
demain : mais cela ne signifie pas que
l'amour, le bonheur, la poésie, le rêve en
seront bannis (…)
Entre les sexes naîtront de nouvelles
relations charnelles et affectives dont nous
n'avons pas idée : déjà sont apparues entre
hommes et femmes des amitiés, des rivalités,
des complicités, des camaraderies, chastes ou
sexuelles, que les siècles révolus n'auraient
su inventer.
(DS, II 661)
Marcela Iacub commente l'avenir des relations
libres entre hommes et femmes :
politique-fiction.
t Extraits de la bande dessinée Barbarella,
Jean-Claude Forest, et/ou du film de Roger
Vadim, Barbarella, 1968.
Simone de Beauvoir âgée. La tombe de Simone
de Beauvoir jonchée de petits billets et de
fleurs laissées par des femmes de tous les
pays.
‡ Elizabeth Badinter raconte les
circonstances (la mort de Simone de Beauvoir)
dans lesquelles elle a prononcé cette phrase
désormais historique : Femmes, vous lui devez
tout !
‡ Marie-France Pisier lit :
" Vous savez, pour moi l'existence ne va pas
de soi, bien que j'aie toujours été très
heureuse, peut-être parce que je veux
tellement être heureuse. J'aime avec passion
la vie, j'abomine l'idée de devoir mourir. Je
suis terriblement avide, aussi, je veux tout
de la vie, être une femme et aussi un homme,
avoir beaucoup d'amis, et aussi la solitude,
travailler énormément, écrire de bons livres,
et aussi voyager, m'amuser, être égoïste et
aussi généreuse... Vous voyez, ce n'est pas
facile d'avoir tout ce que je veux. Or quand
je n'y parviens pas, ça me rend folle de
colère.
(Lettre à Algren, 2 juillet 1947)
Le visage de Marie-France Pisier passe de la
couleur au noir et blanc, puis s'efface ;
apparaît celui de Simone de Beauvoir jeune en
gros plan (n&b).
Lorsque la lecture de Marie-France Pisier est
terminée, vient s'inscrire en surimpression
de la photo de Simone de Beauvoir, son nom,
ses dates de naissance et de mort, puis
défilent la citation que Marie-France Pisier
vient de lire :
" Je veux tout de la vie, être une femme et
aussi un homme, avoir beaucoup d'amis, et
aussi la solitude, travailler énormément,
écrire de bons livres, et aussi voyager,
m'amuser, être égoïste et aussi
généreuse…
- PASCALE FAUTRIER
Docteur agrégée de Lettres Modernes.
PRAG (Professeur Agrégée affectée dans
l'enseignement supérieur) en poste à
l'Université du Havre, enseigne à l'antenne
parisienne de New York University ; participe
au séminaire Littérature et cinéma, organisé
par Marc Cerisuelo et Valérie Berty à NYU
Paris.
Membre de l'ITEM-CNRS, groupe Sartre ; membre
du Groupe d'Études Sartriennes (GES)
Auteur du film Simone de Beauvoir, FR3
(Collection Un siècle d'écrivains), 1999 ;
direction du colloque Actualité de Simone de
Beauvoir, 1997, Paris 7 ; membre du comité
d'organisation du colloque international de
Paris Hommage à Simone de Beauvoir, Paris 7,
9, 10, 11 janvier 2008.
Spécialiste de Nathalie Sarraute (thèse en 97
sous la direction de Julia Kristeva, nombreux
articles dans Critique, Revue des Sciences
Humaines, Roman 20/50, L'Infini), édition
commentée de Pour un oui ou pour un non,
Bibliothèque Gallimard, 2006 ; édition des
actes du colloque de 1999, Éthiques du
tropisme, Paris 7/L'Harmattan,
2000)
- Articles en ligne (sur
Sartre) :
o Le cinéma de Sartre, in Ce que le cinéma
fait à la littérature (et réciproquement)
Fabula LHT (Littérature, histoire, théorie),
n°2, décembre 2006
http://www.fabula.org/lht/2/Fautrier.html
o Anatomie d'un couple, rubrique Rebonds,
Libération, mardi 12 décembre 2006,
http://www.liberation.fr/rebonds/
/222609.FR.php:le couple Sartre/Beauvoir
Derniers articles parus (sur Sartre) :
o Sartre, l'amour et la révolution, in Cinéma
et révolution, (commentaire et édition du
scénario inédit de Sartre Joseph Lebon),
textes réunis par Gilles Philippe et Vincent
de Coorebyter, Études sartriennes, n°11,
2007.
o Sarraute à l'épreuve de Sartre, Études
Sartriennes n°10, 2006, essai.
o Libérez Henri Martin, in Pourquoi Sartre ?,
Éditions du Bord de l'Eau, sous la direction
de Vincent von Wroblewsky, juin 2005.
o Recension du livre d'Isabelle Grell Les
Chemins de la liberté de Sartre, genèse et
écriture (1938-1952), éditions Peter Lang,
Berne, 2005, in L'Année sartrienne, juin
2005.
o Entrées Le Mur (un article générique et un
article par nouvelle du recueil, soit 5
articles), ainsi que Nathalie Sarraute et
Préface à Portrait d'Un Inconnu in
Dictionnaire Sartre, Éditions Champion, sous
la direction de Gilles Philipe et François
Noudelmann, décembre 2004.
o Roman de la philosophie, philosophie du
roman : Le siècle de Sartre de Bernard-Henri
Lévy, in L'Infini n°73, printemps 2001,
essai.
- Audiovisuel :
o Conseiller littéraire du documentaire
Sartre : objectif 58/64, Virtuel
Production/Jem Productions, diffusion France
5, 2007.
o Interventions colloque (Sartre/Beauvoir)
o Intervention au colloque annuel du Groupe
d'Études Sartriennes, Sorbonne, amphithéâtre
Guizot, 23 juin 2007 : Les sources du
Scénario Lebon : l'Essai sur la psychose
révolutionnaire d'Yves Dhôtel.
o Colloque annuel du Groupe d'Études
Sartriennes, organisé par Benoît Denis pour
le GES, 26 et 27 juin 2004, Paris 4 Sorbonne
: Sartre/Barthes et la littérature comme
pratique.
o Colloque Simone de Beauvoir, Paris 7, 1997
: Simone de Beauvoir et les impasses du
féminin.
-
- PIERRE
SEGUIN
Réalisateur, scénariste.
Diplômé de l'Université Paris 8
Carte réalisateur CNC n° 6798 (date :
31.03.88)
N° congés-spectacles : R 233787
Documentaires, interviews (réalisation) :
· Sartre et la guerre d'Algérie, Virtuel
Production / Jem Productions 52 mn, diffusion
France 5, 2007.
· Sartre, l'invention de la vie quotidienne,
Virtuel Production / Jem Productions, 52 mn,
diffusion France 5, 2007.
· Andy Emler - Concerts live Trio et
Megaoctet Jazz, Virtuel Production, 26 mn,
2006.
· Obsidienne et Cie, portrait d'un ensemble
musical, Virtuel production, 52 mn, 2005.
· Pierre Vellones, Compositeur de musique,
Virtuel Production, 26 mn, 2001.
· Eternel Ephémère - Gilbert Lascaut et
Dorothée Selz peintre, Virtuel Production, 26
mn, 2000.
· Michelle Auboiron, un peintre live in New
York, Virtuel Production, 26 mn, 1999.
· Conversation Alain Robbe-Grillet / Jonas
Mekas, production Anthology Film Archives,
New York, 26 mn, Ciné-Cinéma, Antenne 2, 26
mn, 1993.
· John Lurie, musicien, RAI, 26 mn, 1989.
· Documentaire sur les jeunes cinéastes de
New York : Susan Seidelman, Jim Jarmush,
Spike Lee, New York, 3 x 26 mn, M6 / Canal
Plus, 1988.
Films institutionnels (échantillon de ma
collaboration régulière avec la société
Virtuel Production depuis 1999 (réalisation)
:
· Aventis : Le médicament de demain.
· Alliance, Aéroport de Paris.
· Restauration de la Cathédrale Notre-Dame
(DRAC)
· Clear Chanel (campagnes de Publicité).
Courts et moyens métrages fiction
(réalisation) :
· Pomme de terre, avec Maxime Leroux, Vanessa
London ; image : Jimmy Glasberg ; scénario
Tito Topin, (prod. Jem Productions / CNC),
60mn, 1996.
· Gabrielle (avec Gabrielle Lazure), 15 mn,
1985.
· Nuits blanches (co-réal. Bruno Vilain ;
avec Jean-Philippe Escoffier, Jean-Loup Rajot
et l'école de comédiens de Patrice Chéreau /
Nanterre), 26 mn,1984.
· A bout de nerfs (avec Jean-Henri Roger,
Paris 8), 15 mn, 1984.
Scénarii (écriture) :
· Comédie dramatique, long-métrage fiction,
sélectionné aide au premier film CNC,
1997.
· Série Navarro (Tito Topin), continuités :
Mort clinique, Les liens du sang, TF1,
1994-95.
· Collaboration avec Alain Robbe-Grillet :
réécriture de La Forteresse (projet qui
aurait dû être tourné à l'origine avec
Michelangelo Antonioni), New York,
1993.
ANNE-MARIE
MARSAGUET
- a créé Saraband films
pour produire des courts et moyens métrages,
des programmes culturels et des documentaires
pour la télévision ou le cinéma, pour
soutenir des projets de jeunes réalisateurs,
attentive en particulier aux formes
d'écritures associant différents genres -
fiction, documentaire, multimédia, spectacle
vivant - et aux possibilités de distribution
émergeantes.
Après une expérience dans l'action culturelle
(diffusion de spectacles, accueil d'artistes,
formation), travaille dans la production
audiovisuelle depuis 1986, notamment à
Initial Groupe, La Sept-Arte, Archipel 33,
Périphérie et Les Films à Lou en tant que
producteur exécutif de documentaires et de
fiction.
Formation universitaire (droit, gestion,
information) et continue (administration
d'entreprises culturelles, histoire de
l'art).
Graduée EAVE 2006 (Les Entrepreneurs de
l'Audiovisuel Européen)
Saraband Films est membre du Syndicat des
Producteurs Indépendants.
Carte autorisation d'exercice CNC : PS
12875
SIRET : 48314057
APE : 921A
En cours :
La voie de la main gauche, 'documentaire
animé' (59') de Sylvie Guérard. Journal de
voyage d'une jeune femme sur les routes
d'Asie qui, au hasard des rencontres et des
situations, s'approprie le réel qui s'offre à
elle, à la recherche de la part de poésie et
d'absurde que recèle le quotidien, ici ou là,
pour qui sait y regarder. Le personnage qui
vit cette expérience nomade est dessiné, et
c'est à travers toute la palette de ses
perceptions et de ses sentiments qu'est
transmis le plaisir du voyage sans carte, à
la découverte du monde et des autres, qui
goûte ce qui se présente avant de repartir
ailleurs.
Bourse Villa Médicis Hors les murs, aides à
l'écriture Rhône-Alpes, Beaumarchais, aide à
la maquette Dicréam. Aide à la production du
Fonds d'aide cinéma de la Région Rhône-Alpes
et du Département Val-de-Marne. Coproduction
Images plus. Avec le soutien du CNC-Cosip
sélectif et de la Procirep.
Le Chant des grenouilles, documentaire de
création et captation (52') de Philippe
Béziat. Grâce à un mode inventif de
transmission, des enfants du primaire
abordent une œuvre musicale créée il y a
presque trois siècles pour un aristocratique
auditoire de Cour, dans laquelle ils trouvent
aujourd'hui matière à exprimer leur
fantaisie, leur goût du jeu et du mime. C'est
le pari mené par Mirella Giardelli, cheffe de
l'Atelier des Musiciens du LouvreoGrenoble
qui leur propose un spectacle interactif en
forme de jeu musical, le Jeu de la
Grenouille, inspiré de l'inénarrable
comédie-ballet Platée de Jean-Philippe
Rameau. Au terme d'un apprentissage, les
enfants accompagnent les chanteurs de la voix
et du geste, toujours prêts à commenter les
mésaventures de la Nymphe Platée et son
cortège de grenouilles au hasard des dés,
puisque la représentation s'invente au fur et
à mesure du jeu.
Aide à la production du Fonds Cinéma Région
Rhône-Alpes.
Recherche de diffuseur en cours.
- La montre cassée,
documentaire de création (52') de Henry
Colomer inspiré par l'essai homonyme de
Tiphaine Samoyault (Verdier 2004) associé à
une exposition au Musée du Temps de Besançon.
Une montre est cassée : image de la
destruction, la scène fonctionne comme un
reflet inversé et met en relief a contrario
l'importance et la singularité de la
précieuse mécanique que nous portons à même
la peau, comme le signe de notre destinée
dans le temps. La puissance analogique et
spéculative de tout mécanisme qui marque
l'heure est considérable, et le cinéma, art
du temps, l'a souvent prise comme motif
dramaturgique pour exprimer l'homme et le
monde, le monde dans l'homme et l'homme dans
le monde. À travers quelques grands
chef-d'œuvres du cinéma international, le
projet explore la fiction du temps.
Écriture en cours - Co-développement avec le
Musée du Temps de Besançon.
Dans ce cadre de son expérience Anne-Marie
Marsaguet a participé à la production de
nombreuses œuvres, dont :
Documentaires de création :
- 'Les vivants et les
morts de Sarajevo' de Radovan Tadic (Arte,
1993) ; 'Canova mutilé' de Jacques Deschamps
(35', 1993) ;
- 'La loi du collège' de
Mariana Otero (6x26' Arte, 1994) ;
- 'Reppublica Nostra' de
Daniele Incalcaterra (85', Arte, 1995)
;
- 'Nos guerres
imprudentes' de Randa Chahal Sabbag (52',
Arte, 1995) ;
- 'Le convoi' de Patrice
Chagnard (85', Arte, 1996) ;
- 'Profils' 11x80' (dont
'Alessandro Baricco' de Maria
Reggiani,
- 'Miquel Barceló' de
Jean-Louis Comolli,
| | |