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- Didier MARTZ
- (sous la direction
de)
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- Alzheimer :
vous avez dit démence ?
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- François
BLANCHARD - Gérard CHEMLA
- René
DAVAL - Isabelle MORRONE
- Jean-Luc NOVELLA
- Elizabeth QUIGNARD
Essai - Collection "Santé"
Format: 12x19 140 pages
Date de parution : septembre 2006
ISBN : 2-915651-26-4
Prix : 14 TTC
Port et emballage compris pour la CEE
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Ce livre part dun
constat dont la mesure ne semble pas être prise :
une population vieillissante, une population plus fragile, plus
exposée à des maladies diverses et variées,
en particulier la maladie dAlzheimer et la forme de démence
qui lui est liée. Des progrès sont faits dans le traitement
de cette maladie et dans la prise en charge des patients, la
recherche avance à grands pas, toutes choses qui suscitent
des espoirs pour les malades, les familles, les personnels soignants
et laissent penser à une amélioration au moins
partielle à terme. Mais aujourdhui, et sans doute pour longtemps
encore, les mêmes patients, familles et personnels sont
démunis pour des raisons qui touchent à des problèmes
dordre économique, financier, social, juridique,
médical. La maladie fait irruption alors que personne
nest préparé à la prise en compte
dun événement pathologique pas tout à
fait comme les autres sur le plan quantitatif et surtout qualitatif.
Chacun invente au quotidien, au moins pour ceux qui font face
concrètement aux situations, des réponses plus
ou moins adaptées avec en arrière-fond une question
lancinante qui traverse explicitement ou implicitement toutes
les prises de positions, les actions, les pratiques : Quen
est-il de celle ou de celui qui était là avec toutes
ses qualités de femme ou dhomme et qui ne les a
plus ? Quen est-il de la personne ou du sujet ?
Quel statut pour la personne atteinte de maladie dAlzheimer
dont on voit progressivement disparaître tout ce qui la
caractérisait comme sujet ? Et comme sujet humain ?
- Le livre aborde les points de vue du juriste, du
psychologue, du médecin, du philosophe, de lartiste
et celles et ceux qui ont été, un jour, confronté
à la maladie.
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- Un livre tout
public qui touchera plus particulièrement les soignants,
les familles..
- Didier MARTZ est directeur de cabinet du recteur de
lAcadémie de Reims. Il est aussi professeur de philosophie
et enseigne à lUniversité de Reims Champagne-Ardennes.
Il anime à Reims, depuis plusieurs années, un café
de philosophie et de nombreuses émissions de radio. Il
a publié, en 2003, Vous avez dit euthanasie ?
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- LES PREMIÈRES LIGNES DU LIVRE
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- PRÉAMBULE
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- Ce livre part d'un constat largement connu maintenant
mais dont la mesure ne semble pas être prise : le
vieillissement de la population, donc une population plus fragile,
une population plus exposée à des maladies diverses,
en particulier à la maladie d'Alzheimer. Des progrès
sont faits dans le traitement de cette maladie dans la prise
en charge des malades et la recherche avance à grands
pas. Toutes choses qui suscitent des espoirs pour les patients,
les familles, les personnels soignants et qui laissent penser
à une amélioration au moins partielle à
terme.
- Mais aujourd'hui, et sans doute pour longtemps
encore, les mêmes patients, familles et personnels soignants
sont démunis pour des raisons qui touchent à des
problèmes d'ordre économique, financier, social,
sanitaire et identitaire. La maladie fait irruption alors que
personne n'est préparée à la prise en compte
d'un événement pathologique pas tout à fait
comme les autres. Chacun invente au quotidien, (au moins pour
ceux qui font face concrètement aux situations) des réponses
plus ou moins adaptées. Mais avec, en arrière-fond,
une question lancinante qui traverse explicitement ou implicitement
toutes les prises de position et les actes : qu'en est-il de
celle ou de celui qui était là avec toutes ses
qualités de femme ou d'homme et qui ne les a plus ?
Qu'en est-il de la personne ou du sujet ? Quel statut pour
la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer et dont on voit
progressivement disparaître ce qui la caractérisait
comme sujet ? Et plus loin encore : de quelle humanité
s'agit-il ?
- Il peut sembler extravagant, voire immoral, de
poser encore cette question à l'heure où l'intégration
de toutes les formes de marginalité est à l'ordre
du jour et où, sans cesse, est réaffirmée
l'appartenance à la communauté des hommes - ceux
qu'on pouvait considérer, il n'y a pas si longtemps encore,
comme "a-normaux". Et pourtant, dans le temps même
où se multiplient les discours intégrateurs, se
développent également des pratiques de marginalisation
et d'exclusion. Les discours ont la vertu de faire "bouger
le réel". Ils ont aussi un vice : celui de maintenir
les situations en l'état.
- De plus, l'histoire a ses fragilités et
ses contradictions. Elle l'a prouvé dans maints domaines.
Loin d'offrir des processus univoques et idylliques, elle s'emploie
à produire en même temps que ses positivités,
ses propres négations. Loin de réduire l'écart,
elle le maintient en dépit de son "bon vouloir."
- C'est sans doute là une des raisons à
la surdose éthique actuelle : prévenir - ou se
prémunir - par une "hyperéthique". Les
manquements de l'histoire conduisent, quand les conjonctures
se désolent, à la désocialisation, à
la marginalisation, à l'exclusion, voire à l'extermination,
même si les enseignements semblent toujours tirés
et les leçons apprises. Comme s'il fallait plus que jamais
redoubler d'efforts devant le risque de marginalisation d'une
population fragilisée. La promotion récente au
statut de sujet des individus "de couleur", des "primitifs",
des "fous", des "handicapés", bref
de toutes les formes de marginalité et d'altérité,
s'est faite au forceps. N'oublions pas que la constitution du
sujet occidental, comme sujet de raison, repose sur un rejet
: celui de la différence, de l'étrangeté,
de la monstruosité ; la folie et ses variantes n'en
étant qu'une infime partie. La chose est toujours loin
d'être gagnée, et l'enfer toujours pavé de
bonnes intentions.
- Aussi, loin de se laisser bercer par l'idéologie
naïve des " lendemains qui chantent " qui gomme
les peurs et les angoisses, la question du sujet se pose à
nouveau et tout particulièrement avec le développement
de différentes formes de démence.
- C'est cette question que nous avons voulu reprendre
dans ses fondements en convoquant à la table des points
de vue différents : juridique, psychologique, médical,
éthique, philosophique et des témoignages comme
nous l'avions fait dans le livre précédent Vous avez dit euthanasie ? Différences,
parfois divergences, nécessaires compte tenu de la complexité
d'une telle question.
- Aussi fallait-il d'abord reprendre les choses dans
leurs évidences. Les débusquer lorsqu'elles sont
prises dans les rets du langage ("La ronde des mots")
ou dans la complexité des situations, là où
elles ne peuvent plus se penser ("Coup de tonnerre"
et "Si loin, si proche
") ; aller les chercher
dans leur histoire, là où elles deviennent ce qu'elles
sont aujourd'hui : des obstacles à la prise de conscience.
Ainsi en est-il de la notion de démence et de son lent
passage à la notion de maladie ("De la folie à
la démence").
- Aussi fallait-il partir de l'évidence des
choses : il y a toujours de l'humain dès lors qu'il y
a de l'homme - encore faut-il en faire le pari (" Dieu des
âmes perdues ") et en garantir le statut par une démarche
éthique rigoureuse (" Éthique et démence
").
- La question du sujet demeure cependant. Peut-on
encore parler de sujet quand on se substitue à lui, agit
et
pense pour lui (" Démence et droit des personnes")
? Peut-on parler encore de sujet quand il ne reste rien ou si
peu des qualités qui le caractérisent ? La question
du "reste" est omniprésente dans toute la littérature.
Elle est travaillée ici par le philosophe ("Que reste-t-il
quand on a tout perdu ?") et le juriste confronté
à son corollaire, la responsabilité ("Protégez-nous
du droit").
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