|
DALAYER Christian
-
- Un crime
médiatique contre lAfrique
- Les Africains
sont-ils tous nuls ?
Genre
essai
Collection : documents
Nombre de pages : 220 pages
Format: 14 x 21,5
Date de parution : novembre 2004
ISBN : 2-911803-98-1
-
- Prix
de vente public : 18
euros TTC
- Port
et emballage compris en CEE
- Livraison
: 48 heures hors week end
- Acheter
en ligne
- Pour
commander par email borddeleau@aol.com
- Pour
commander par courrier Charger le bon de commande
-
-
Un
livre qui fait la démonstration que la vision la plus
répandue, « médiatique »
en somme, de lhistoire économique et sociale de
lAfrique est une vision biaisée et le plus souvent
mensongère. Les évolutions importantes du continent
africain au cours des dernières décennies nont
pas été perçues par lOccident dont
les médias, tout au contraire, se sont acharnés
à présenter lAfrique comme un univers à
part, « à la dérive ». Ce
faisant, ils ont dissuadé les investisseurs de sy
intéresser participant de ce fait à une sorte de
« crime médiatique contre les Africains ».
- Un livre argumenté,
vif, écrit dans une langue claire par un spécialiste
du continent africain.
- Un livre tout
public.
-
Sommaire
Introduction : les Africains sont-ils tous nuls ?
- Chapitre
1 :
le déchaînement médiatique
De Lévi-Strauss à Bokassa De lamour
à la répulsion
- Chapitre
2 :
petite leçon déconomie du développement
Les ressorts de la production : travail, capital
-
Et facteur résiduel De lutilité
économique des femmes au travail
- Chapitre
3 :
lenvol démographique africain - Bientôt autant
que les Chinois Noublie pas les civilisations qui
ont disparu !
- Chapitre
4 :
une révolution culturelle : De la brousse à
la ville La réussite de lalphabétisation
Le statut de la femme évolue vite Des clivages
politiquement incorrects qui ressurgissent La guerre et
la main de Dieu Ghana/Corée du sud, une comparaison
qui navait pas lieu dêtre Du socialisme
au néo-libéralisme
- Chapitre
5 :
le financement insuffisant du développement africain
Des prix bien capricieux Une corruption moins pesante
quen Occident Le coût des infrastructures
Très chers expatriés
africains
Des investissements étrangers ridicules Mieux vaut
être en paix quen guerre pour attirer les investisseurs !
Une aide qui rend mal à laise
- Chapitre
6 :
un crime médiatique contre lhumanité
Mesdames, Messieurs, pas de cour ! Lafro-pessimisme
est un dire grave Une erreur de jugement en cascade
Le mépris La perte de savoir A la recherche
du futur
-
- Lauteur : Christian DAlayer
est journaliste et spécialiste de lAfrique. Il écrit
pour Le Parisien, lIntelligent, Economica, Ecofinance,
Géopolitique africaine. Il a accompli de nombreuses missions
en Algérie, Cameroun, Congo, Djibouti, Guinée équatoriale,
Mali, Maroc, Mauritanie, Sénégal
Il a publié
deux guides touristiques Djibouti Aujourdhui, Le Congo Aujourdhui
(éditions du Jaguar). Il partage son temps entre lAfrique
et Paris.
-
DANS
LES MEDIAS
FRANCE INTER (13 janvier 2005)
- Journal de 13-14
h
- Christian D'Alayer
pour :
- Un crime
médiatique contre l'Humanité - Les Africains sont-ils
tous nuls ?
-
-
- METRO
- Toutes éditions - jeudi 13 janvier 2005
- "On
fantasme sur l'Afrique" Cliquez ici pour accéder
à la page de l'article au format PDF
-

- LE MESSAGER
- 28 janvier 2005
-
- Un crime médiatique
contre lAfrique Les Africains sont-ils tous nuls
?*
- Ancien rédacteur
en chef de Jeune Afrique, Christia DAlayer est journaliste
et spécialiste de lAfrique; il écrit pour
de nombreux journaux. Il a accompli de nombreuses missions en
Algérie, Cameroun, Congo, Djibouti, Guinée équatoriale,
Mali, Maroc, Mauritanie, Sénégal
Il a publié
deux guides touristiques, Djibouti Aujourdhui, Le Congo
Aujourdhui (éditions du Jaguar). Il partage son
temps entre lAfrique et Paris.
- Votre livre
arrive dans un contexte où l'attention est cristallisée
sur la situation en Asie. Un tel élan de solidarité
peut-il encore se produire en faveur de l'Afrique ?
Oui. Mais uniquement si une catastrophe naturelle identique se
produit sur votre continent. Or, heureusement, le rift
, cette faille entre les plaques tectoniques de lAsie
et de lAfrique qui court de la mer Rouge au Mozambique,
sécarte au lieu de cogner contre une autre plaque
comme cela vient de se passer au fin fond du Pacifique.
- Vous dites l'Afrique
victime d'un crime médiatique. Qui en serait l'auteur
et comment cela se manifesterait-il dans les faits ?
Il ny a pas de complot , comme je lexplique
dans le livre, mais la coïncidence de milliers de petits
faits qui aboutit à un crime de lèse image
de marque du continent. Parce que les Occidentaux méprisent
les Africains, ils ne songent même pas à largent
quils pourraient gagner en investissant chez eux. Le résultat
est une couverture médiatique du continent totalement
indigne, centrée essentiellement sur lincapacité
dans laquelle vous seriez dêtre démocrates
et de gérer convenablement largent quils pensent
vous donner en quantité astronomique (ce qui est totalement
faux). Peut-être les Blancs pensent-ils cela pour ne pas
penser aux atrocités que leurs parents ont commises chez
vous ?
- Depuis la chute
du Mur de Berlin une partie des Africains estime que la fin de
la Guerre froide a fait des heureux partout, sauf en Afrique.
Etes-vous de cet avis ?
Oui et non. Regardez les conflits dans lex-Yougoslavie
Le boom de la démocratie (élections
libres, pluralisme politique, liberté de la presse, etc.)
qui a suivi la fin de la Guerre froide nest pas en soi
un mal. Sans doute ce boom a-t-il joué un rôle dans
la fin de lApartheid ou bien dans la fin de la guerre civile
en Angola ? Mais il a eu des effets néfastes, notamment
là où lautoritarisme étatique seul
permettait de faire vivre les gens ensemble. Jai cité
la Yougoslavie mais jaurais pu citer de même bon
nombre de pays africains dans lesquels sont mêlés
des gens dorigines très diverses. Ce qui me frappe
en Afrique est, finalement, limpact relativement mesuré
de louverture pourtant brutale de la boîte
de Pandore : on vous a imposé la démocratie
en un peu plus dune décennie et, malgré cette
extrême brutalité, vous navez connu quun
véritable drame ethnique, celui des Hutus et des Tutsis.
Au-delà, jattire votre attention sur la désillusion
qui augmente dans les anciens pays de lEst face aux difficultés
de la vie courante : pour eux, la démocratie sest
traduite par léconomie de marché ultra-libérale
et vous connaissez mieux que quiconque les sujétions liées
à ce type de régime. Pour linstant, les gens
espèrent toujours, ce pourquoi ils ne contrarient pas
la vision densemble, du fait notamment de la perspective
dentrée de leur pays dans le Marché commun
- En tant que
journaliste français, comment accueillez-vous cette critique
selon laquelle les médias occidentaux ne s'intéressent
à l'Afrique qu'à travers le prisme réducteur
et déformant des crises et catastrophes naturelles ?
Jadis, ces médias sintéressaient à
la pauvreté en tant que telle, mais sans remettre en cause
le comportement de leurs concitoyens, à savoir leur frilosité
en matière dinvestissements et leur refus de payer
les matières premières à leur juste prix.
Depuis quelques années ils ne regardent plus que ce qui
va très mal. Chez vous, ce sont dailleurs plus les
conflits armés que les catastrophes naturelles. La pauvreté
ne passe plus tant les Occidentaux sont persuadés
quelle est le fait des Africains eux-mêmes. Au point
davoir persuadé de nombreux de vos compatriotes
du bien-fondé de cette pensée stupide.
- Au-delà
des médias, vous n'êtes pas tendre vis-à-vis
des institutions internationales et de Transparency International.
Que leur reprochez-vous par rapport au sous-développement
de l'Afrique ?
Tout simplement, de participer au crime médiatique contre
lAfrique que je dénonce. En ce qui concerne Transparency
International, ma dureté est justifiée : ses classements
de pays corrompus sont fallacieux et aboutissent à passer
sous silence la grande corruption occidentale. En ce qui concerne
les institutions de lOnu, elles alimentent les dérives
médiatiques de nos journalistes. Je suis confondu devant
la masse énorme de fausses idées de développement
qui sont sorties de la Banque mondiale et du Fmi. Prenez lexemple,
que je donne dans mon livre, du coton dAfrique francophone
: à lire ces organismes, puis les journaux qui les relaient,
sa mauvaise santé actuelle nest due quà
sa mauvaise gestion, notamment publique (cas du Mali). Alors
que ce coton est le moins cher du monde à produire, en-dessous
de 50 cents la livre en moyenne, prix malheureusement encore
trop élevé par rapport à un prix mondial
totalement faussé par les subventions, surtout américaines,
à leurs producteurs.
- Quand vous parlez
de crime contre l'Afrique l'on peut déduire que vous considérez
les Africains comme de simples victimes qui ne sont ni responsables,
ni coupables de tout ce qui leur arrive. Est-ce le cas et sur
quoi se fonderait votre conviction ?
Compte tenu de ce qui leur est arrivé dans le passé,
on ne peut raisonnablement pas dire que les Africains sont responsables
de leur pauvreté actuelle. Cest pourquoi, voyant
que même de grands intellectuels africains battaient leur
coulpe, jai tenu à rappeler quelques faits historiques
indéniables : lhistoire de votre démographie,
la réussite de votre lutte contre lanalphabétisme,
lévolution très rapide du statut de vos femmes,
votre urbanisation croissante, lenvol de votre secteur
vivrier et jen passe.
Il sagit de faits indéniables et vérifiables.
Jattends des contradictions scientifiques et non des anathèmes
venant de gens qui, pour la plupart, vivent de
lafro-pessimisme comme dune sorte de rente
- Quelles sont
selon vous les vraies causes du retard de l'Afrique sur le reste
du monde ?
Le manque dinvestissements étrangers. Cest
dailleurs pourquoi jaccuse les médias occidentaux
de crime , car, en grande partie, ce manque dinvestissements
leur est dû. A les lire, on na aucunement envie de
dépenser ne serait-ce quun franc Cfa dans vos pays,
des foutoirs exotiques remplis de militaires en
guenilles qui rançonnent les passants, de fonctionnaires
corrompus, de politiciens anti-démocrates, magouilleurs
et voleurs, ainsi que de populations passives et incompétentes.
Et cette description apocalyptique est à peine caricaturale
!
Les conséquences sont dramatiques : sans compter le chômage,
vous avez des usines vétustes, donc non compétitives,
dont on ne remplace les installations que lorsquelles sont
définitivement hors dusage. Vos engins de transport,
de même sont délabrés et, au plan de la formation,
vous navez connu la modernité quavec linformatique,
et encore ! Statistiquement, ce syndrome africain
est encore plus net : lAfrique héberge 12,5% de
la population mondiale mais ne reçoit que 1,5 % des
Investissements directs étrangers , ces Ide qui
font décoller les économies aussi sûrement
que leau fait pousser les oignons dans les jardins
- Vous semblez
d'un optimisme que l'on trouve rarement même au sein des
communautés africaines lorsque vous évoquez les
chances de l'Afrique de s'en sortir. Quel est le ressort de votre
optimisme ?
Les Africains eux-mêmes. Car, face aux difficultés
innombrables que vous devez surmonter, vous vous développez
avec un rare sens de ladaptation des réponses qui
vous sont propres. Regardez la démographie : vous avez
multiplié votre nombre dhabitants par quatre depuis
les Indépendances avec des moyens, notamment sanitaires,
que le monde entier considère comme dérisoires.
Idem en ce qui concerne la lutte contre lanalphabétisme.
Idem en ce qui concerne le manque dinvestissements productifs
: vos formidables secteurs informels ont secrété
des Pme en masse, capables de produire avec très peu de
capitaux. Et, aujourdhui, vos expatriés vous envoient
de plus en plus dargent, un phénomène qui
est à lorigine, plus que les investissements étrangers,
du décollage économique de la Chine. Ces rapatriements
dargent dAfricains vivant à létranger
représentent déjà plus que les recettes
touristiques au Maroc et en Egypte. Et bien que je naie
pu trouver de chiffre pour le Cameroun, je suis persuadé
que ces rapatriements sont à présent bien plus
importants que lensemble des fonds reçus autrement
dans votre pays (investissements et aide internationale)
- L'aide au développement
fait partie - selon vous - des fausses bonnes solutions pour
développer le continent africain. Si tel est le cas, comment
pourrait-on financer autrement le développement des pays
africains ?
Pour bien comprendre mon propos, il faut voir où va largent
: laide va essentiellement aux infrastructures tandis quelle
est presque insignifiante (il ne faut pas confondre ici les dons
et les prêts). Elle crée donc des emplois, cest
vrai, puisquil faut bien construire lesdites infrastructures.
Mais une fois construites, celles-ci ne génèrent
plus rien, sinon des dépenses. Tandis que linvestissement
productif, lui, génère des emplois dans un premier
temps, des taxes dans un second, puis tout un ensemble dactivités
dans un troisième. Cest comme une boule de neige
qui grossit au fur et à mesure quon la roule. Je
préférerais de loin quon remplace laide
par des investissements industriels et quon ne crée
les infrastructures quavec les taxes payées par
les industriels !
Tout ceci est bien entendu résumé et donc trop
schématique. Dans la réalité, il existe
des infrastructures qui ne peuvent que précéder
les investissements productifs, telles les routes rurales sans
lesquelles il ne peut y avoir de production rurale. Ce, face
à des opérateurs, les paysans, qui nont pas
les moyens de pré-financer leurs infrastructures
Mais, globalement, mon raisonnement tient la route, dautant
que, contrairement à laide, linvestissement
productif est bien moins sujet à détournement :
derrière, il y a un bonhomme (ou une bonne femme !) qui
tient à ses sous comme à la prunelle de ses yeux.
- Le Cameroun
fait aujourd'hui partie du panthéon du football africain
et constitue une puissance à l'échelle de l'Afrique
centrale. A-t-il les moyens matériels et humains de devenir
à plus ou moins long terme un "dragon" africain
?
Je pense que le Cameroun sera lun des tout premiers pays
dAfrique subsaharienne francophone à émerger.
Son Pib a aujourdhui dépassé celui de la
Côte dIvoire, sa population est dynamique et économe
et le pays est politiquement apaisé et stable. Ce, au
sein dune région qui a, elle, connu des soubresauts
énormes depuis une dizaine dannées. Le pays,
de ce fait, a récupéré une grande partie
des atouts culturels qui, hier encore, étaient attachés
aux noms de Brazzaville et de Kinshasa : Douala devrait réussir
à devenir la grande métropole sous-régionale
quelle ambitionne dêtre et pour laquelle elle
dépense aujourdhui des milliards de dollars. Elle
le fera malheureusement au rythme de ses seules finances puisque
les investisseurs étrangers ne viennent toujours pas.
Donc plus lentement que cela ne devrait normalement se passer,
si par exemple le Cameroun était un pays dAsie.
De notre corespondant à Paris:
Louis Magloire Keumajou
-
- * Edité
chez le Bord de Eau,Paris
- Le messager
Le 28-01-2005
|